03 mars 2026
La pédagogie des coccinelles
06 janvier 2026
Bienveillance
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
* J'ai changé les prénoms, mais ils se reconnaîtront...
27 août 2025
Quand les ombres s'allongent
17 novembre 2023
Un arc-en-ciel
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
03 février 2023
La fabrique d'images
Mon père m'offrit un jour un petit tube en carton, qui faisait, quand on l'agitait, un bruit délicat de bâton de pluie. « Tiens, me dit-il, c'est un kaléidoscope. »
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
09 janvier 2023
La folie des notes
Excellent ! Très bien ! Passable...Insuffisant. Nul.
Ah...le pouvoir fascinant des mots, et des nombres qui leur sont associés... Un pouvoir psychologique inquiétant, par le jeu des effets Pygmalion ou Golem, réduisant un être, une vie, à un mot ou un chiffre.
Depuis quelques années, cette folie collective augmente, elle est même en passe, selon moi, d'atteindre une sorte de paroxysme du ridicule.
Sans arrêt, nous sommes sommés d'exprimer notre avis, en distribuant les bonnes notes (ou les mauvaises) à tout et n'importe quoi.
Vous me direz que ce n'est pas nouveau. Au lycée, dans ma folle jeunesse, certains garçons attribuaient des notes aux filles en fonction de critères anatomiques précis comme la grosseur ou la forme de leurs seins... je reste soft, évidemment, eu égard à la tenue (la teneur ?) de cet admirable blog. Vous risqueriez de me mettre une mauvaise note ! mais par souci de parité, je devrais aussi parler de nos petits carnets de filles où nous notions soigneusement nos camarades masculins en fonction de critères que je laisse à votre imagination...
De nos jours, c'est devenu systématique. Tout doit passer par les fourches caudines du consommateur exigeant et nanti d'un pouvoir incontrôlé.
Vous me connaissez, chers lecteurs, j'aime bien m'interroger sur les phénomènes de société.
Quelle baguette maléfique nous transforme-t-elle tous, à notre corps défendant, en professeurs, parfois indulgents, mais assez souvent intransigeants ? D'où vient ce besoin de juger, voire de condamner, constamment son prochain, abrités, bien sûr, derrière des pseudonymes bien pratiques ?
Serait-ce une sorte de vengeance inconsciente contre ces fameux profs qui nous en firent baver, voire nous détruisirent par leurs remarques au vitriol et leurs zéros pointés ?
Serait-ce la revanche des opprimés contre l'ancestrale Terreur du stylo rouge ?
On assiste alors à la naissance d'une Terreur moderne : celle du clic ravageur sur une échelle de un à dix.
Bizarrement, le seul endroit où les notes sont devenues indésirables, néfastes et bannies, c'est à l'école.
La bienveillance n'irait pas de pair avec l'évaluation chiffrée soi-disant. Il ne s'agirait pas de traumatiser les têtes blondes, brunes ou rousses. Alors on colle sur les cahiers de petits bonshommes verts, orange ou rouges, allant du sourire béat à la tronche patibulaire. Les enfants, eux, comptent leurs bonhommes verts avec la ferveur des chercheurs d'or ou des collectionneurs. Rétablissant la suprématie du nombre mathématique sur l'à-peu-près subjectif.
Les parents comptent les bonshommes rouges pour décider ou non de priver leur progéniture de tablette ou de console. (Objet qui porte si bien son nom...)
Dès sa sortie de l'école, par contre, notre écolier se verra confronté à la « vraie vie », catapulté dans un monde impitoyable d'examens, de colles, de zéros éliminatoires, de concours d'entrée ou de sortie, de compétitions, de pouces en l'air ou en bas sur les réseaux sociaux, d'entretiens d'embauche, de CV, de DRH, de code de la route, de points sur son permis, de promotions au mérite, d'enquêtes de satisfaction, le tout sous la houlette du Ministère de l'Evaluation et de la Prospective....
Il ne lui restera comme consolation que le plaisir subtil et sournois de publier à son tour des commentaires salés sur son livreur de pizzas, ou de déboulonner son garagiste...
Ô temps pourris, ô Maurice...J'adore notre épique époque.
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
PS. Je vous saurais gré de bien vouloir évaluer ce billet de manière totalement objective. Cela ne vous prendra que trois heures quarante-huit.
02 juin 2022
Comme une brise d'été...Une semaine de la vie d'une femme
C'est le sud. L'endroit où les cigales crissent d'impatience dans les genêts. Une chape de plomb blanc couvre la vallée. Tel un feu de ciel immobile, blanc à force d'être bleu. Moi, je suis comme mes lys orangés et mes bégonias, j'attends la pluie. Ce n'est pas que je n'aime pas le soleil. Mais j'attends la pluie, et elle ne vient pas. On se croirait dans la colline grillée d'Ugolin. Les nuages noirs moutonnent sur les Monts du Matin, puis se séparent en bons termes, et s'en vont arroser ailleurs.
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
13 septembre 2021
Nous nous sommes tant aimés
J’ai regardé ces petits poulbots courir après leur balle en mousse un peu élimée. Ils portaient au front toute l’innocence et l’espoir du monde.
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
19 juin 2021
Petits cahiers d'amour
J'ai commencé un cahier de jardin. J'y raconte la vie de mes fleurs avec passion. Leurs noms étranges ou jolis, leurs couleurs. Mais aussi, les soins à leur prodiguer, les dates de leurs poussées de croissance et celles de leur mise en repos, et puis leurs préférences : les fougueuses qui adorent le soleil à s'en faire péter la corolle, les timides qui n'aiment que la fraîcheur des sous-bois. Et puis les indécises qui minaudent, mi-ombre, mi-soleil, éventées doucement par une brise délicate mais blessées par le Mistral.
Mon amie Dolce Vita me trouve méthodique. Je crois que je suis surtout une poétesse du jardinage. Pas certaine d'être toujours très orthodoxe dans mes pratiques...Mais quelle importance ? Où que mon regard se pose, je m'arrange pour y trouver du bonheur.
J'ai toujours aimé les petits cahiers, sans doute une réminiscence de ce métier de jardinière d'âmes qui fut le mien. J'entends tousser au fond de la salle : un vieux délire d'institutrice, penseront certains. Sans doute. Cette odeur subtile de papier neuf, de crayons neufs, de gommes neuves, cette odeur d'encre, ce parfum de rentrée des classes m'ont envoûtée toute ma vie. Commencer un cahier est un plaisir de gourmet. J'ai fait des cahiers de tout.
Mes cahiers d'adolescentes racontaient ma vie de lycéenne, enflammée de coups de coeur et ternie d'ombres grises. J'ai eu des cahiers d'accords de guitare, des cahiers de gourmandise, d'escapades, de croquis, dans lesquels j'ai crayonné des portraits maladroits, des paysages émouvants.
En classe, mes cahiers journaux* étaient des oeuvres d'art. Un de mes inspecteurs me dit un jour qu'il n'avait jamais vu cela en trente ans de carrière. Je m'appliquais comme un capitaine de galion remplit son journal de bord. Notant tout. Dans un arc-en-ciel de stabilos. Avec des dessins, des photos, des cartes. Bref, un truc vivant, agréable à lire et relire.
Dans mon cahier de lectures, j'ai consigné les centaines de livres que j'ai dévorés jusque tard dans la nuit. Car vous le savez, j'ai eu la fièvre des mots bien avant celle du samedi soir.
Et puis j'oubliais, mon cahier de chers poèmes qu'un malotru désinvolte m'emprunta un jour et que je faillis ne plus jamais revoir. Confiante, innocente, je n'avais pas pensé à lui préciser que j'y tenais comme à mes yeux. Et cet idiot qui l'avait laissé traîner sur un banc de la cour...
Mes chers lecteurs, vous faites partie d'un de mes plus beaux cahiers. Il est virtuel, il porte le nom de blog, mais je le tiens avec un soin extrême, veillant aux illustrations, à l'harmonie des mots et à la beauté de la présentation. Et vous écrire mes petits billets me rend heureuse.
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
*
Pour les Plumes d'Asphodèle chez Emilie, les mots à placer étaient:
REGARD DELIRE PASSION DANSER SAMEDI NUIT THERMOMETRE TOUSSER OMBRE FRAICHEUR ENVOUTER ENFLAMMER EVENTER.
*Tenir son cahier-journal était une des obligations quotidiennes des maîtres d'école. Enfin, je crois qu'il l'est toujours...
01 mars 2021
Eau paisible
Mars, déjà, et son cortège d'oiseaux. Mars et sa promesse de beau sous les giboulées, vibrant sous chaque feuille, sous chaque bourgeon éclatant avec son petit "pop" miraculeux...
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
09 mars 2020
Oui, mais...
Je me souviens de ce film où Jugnot jouait un psychothérapeute jovial faisant remarquer avec justesse combien certaines personnes négatives commencent systématiquement leur réponse par « oui mais » dès qu'on essaie de leur proposer un bout de solution à leurs problèmes. S'ensuit toujours un flot de bonnes excuses et de cramponnements à des bénéfices secondaires pour ne pas bouger un auriculaire à améliorer leur situation, dont ils se plaignent pourtant avec application.
En clair, ils veulent bien, soi-disant, oui mais...ils ne peuvent pas.
Certes, ce film n'était pas un traité de psychologie, juste une comédie tendre et amère sur certaines incommunicabilités, certains blocages, certaines impasses ou difficultés de la vie, et leur possible résolution.
Cependant, il donnait une vision assez juste de ce comportement étrange et pourtant répandu : on s'emporte contre sa vie, on peste, on râle, « oui mais » on ne fait rien pour la changer. On se laisse submerger au lieu de se battre, on reproduit inlassablement les mêmes schémas, les mêmes erreurs, on baisse les bras au lieu de relever le front.
La vie m'a appris que les « oui mais » sont souvent des compromissions, des frilosités qui ne donnent rien de bon au final. Qui paralysent et empêchent d'agir.
Peut-être ai-je été élevée dans le principe (qui pourra paraître maladroit, vieillot, exagéré ou un peu magique) que « quand on veut, on peut » ?
A moins que cette volonté d'acier, cette rage de vaincre qui m'anime, de vaincre mes faiblesses et les peurs ne vienne justement d'un désir farouche d'échapper à mes conditionnements ?
Je ne sais pas. On ne sait jamais vraiment quand on touche au subtil. Mais je rends grâce à mon éducation et à mon chemin de vie d'avoir « forgé mon âme plutôt que de l'avoir meublée » comme disait Montaigne.
Toujours est-il que ces pensées tournoient dans ma tête depuis quelques temps. Je ne puis m'empêcher de repenser à ma vie d'enseignante, d'éducatrice et de mère, certes pas infaillible, mais animée de valeurs et de sains questionnements, quand je vois de plus en plus d'enfants tyranniques, irascibles et névrosés par un mal à la mode « l'intolérance à la frustration ». Des parents croyant en toute bonne foi que leur rôle est de faire plaisir à leurs enfants. Des enfants à qui l'on cède tout, calcinés par l'angoisse que leur procure ce « no limit » permanent, et qui n'apprennent pas, de ce fait, à cultiver leur trésor intérieur.
Or c'est ce trésor intérieur qui permet, plus tard, de se sortir des plus épineuses circonstances de la vie. D'allumer la petite incandescence du coeur, qui fait de l'adulte le créateur, conscient et responsable, de ses rêves d'enfant.
C'est ce feu qui permet de se préparer à affronter n'importe quel lendemain, qu'il chante ou non. Et de dire oui à la Vie.
Un oui beau et franc, inconditionnel comme l'amour devrait toujours l'être.
Pour l'atelier de Lakévio chez le Goût.
A mon amie Den, qui se bat comme une lionne.
A vous tous, mes amis, qui savez cultiver votre trésor intérieur.
28 novembre 2018
Trois bons petits diables
![]() |
| Photo du net |















