Affichage des articles dont le libellé est Japon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Japon. Afficher tous les articles

12 avril 2026

Deux

 




Aujourd'hui cela fait un an que nous nous sommes dit oui. Oui à notre vie belle comme un film en technicolor...
Après Sept Ans de Réflexion, nous nous la sommes joué Un Homme et une Femme, Pour le Meilleur et pour le Rire.
Une jolie sculpture en raku de notre amie artiste Laurence Antérion, un petit Prince sur sa planète, avec sa rose, a trouvé sa place dans la maison de la colline. Pour sceller la magie de cette année de coton.
Oui, ces jours-ci, nous avons bien fêté le temps qui passe. 
En Camargue, trois jours dans un écrin venté d'étangs gris-vert et de flamants roses; près d'une mer étincelante et turquoise.
Dans le Vieux Lyon, de traboules et traboules, pour préparer une visite spéciale en vue d'un jubilé dont j'aurai le temps de reparler. 
Dans notre jardin aussi, où, avec le temps sublime de Pâques, notre coin japonais s'est encore embelli. Une explosion de fleurs et de pollen. 
Pardon par avance à ceux qui voudraient mais n'ont pas (encore) trouvé l'âme sœur, à ceux qui l'avaient trouvée mais dont le destin les a cruellement privés,  et aussi à ceux qui pourraient aisément la trouver mais n'en éprouvent ni l'envie ni le besoin : que c'est bien d'être deux ! Le mot le plus beau qui me vient, pour qualifier la force de l'amour, mélangée aux fous-rires et à l'évidence des jours, c'est complicité
Une complicité respectueuse qui lie sans entraver, un battement d'âmes qui fait danser le quotidien sans le transformer en mortelle routine.
Une force qui nous entraîne l'un l'autre, dans un cercle vertueux très énergisant.
Avoir des rêves, faire des projets, les réaliser petit à petit, sentir dans tout son corps le poids du travail accompli le soir, quand on se glisse dans les draps, et dormir satisfaits, pleins du bonheur des simples choses.
On a peut-être un peu trop porté de bûches de bois, de poutres, de pavés, de sacs de graviers, ou de terreau. L'ostéopathe va encore nous gronder. « Ménagez votre dos, pendant que vous êtes encore jeunes, saperlipopette ! » 
- Ben voui, madame l'os thé aux pattes, mais nous on aime bien ça, les travaux manuels, la construction, la décoration paysagiste...
Allez, on va partir se changer les idées et voir une belle exposition sur le Japon. Histoire de rester in the mood.





•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆



10 avril 2025

Toi, moi et Baudelaire


 « Un mariage heureux est une longue conversation qui semble toujours trop brève. »
André Maurois







Oh mon vivant pilier, mon arbre tutélaire, Baudelaire avait raison. Nous nageons au milieu de symboles, une dense forêt de symboles.
Je vois des signes partout, des clins d'oeil du destin, de la vie, de l'univers, chacun lui donne le nom qu'il veut.
 Nous aimons nos mots, nous aimons nos silences si pleins, entre les mots. 
Notre longue conversation, notre chant du monde, notre cantique des cantiques, je les vois ici, dans ce paysage, là où mes dieux lares se penchent doucement sur moi pour m'insuffler leur force : ils ont pour nom Pagnol, Giono, Mistral, Daudet. Dans un souffle ils me rappellent que mon chemin pierreux s'est couvert de lavandes quand je t'ai rencontré. Les cigales se sont remises à chanter. Les tesselles de mon coeur en miettes ont reconstitué un beau vase aux filets d'or. Tu as fait de moi un Kintsugi. Ne cherche pas, je te donne le sens : « Le Kintsugi est la technique japonaise de réparation à l'or, pour valoriser un objet abîmé en magnifiant ses défauts. »  
La maison, c'est notre amour, solide et ancré à la terre, trait d'union entre ciel et horizon, havre et refuge, entre nature et culture, au confluent de nos deux âmes unies à jamais.
Le roc dur des montagnes, ce sont les difficultés. Qui n'en traverse pas ? Depuis sept ans que nous cheminons ensemble, nous en avons barré, des bateaux vacillants, des tempêtes rugissantes. Nous avons pleuré des rivières et griffé des murs de chagrin. Avec l'amour pour gouvernail. Nous sommes parés comme d'une armure.
 Les fleurs, c'est la douceur, de tes mains, de nos peaux. De nos petits matins, de nos midis gourmands, de nos soirs flamboyants. Ensemble. Et parce que nous avons aussi navigué sur des eaux scintillantes et calmes, sur des lacs miroirs et des torrents frissonnants. Dans la douceur d'un quotidien revigorant, tranquille, départi d'inquiétude.
Le ciel, c'est l'aventure, le voyage, la découverte. Vaste comme la nuit et comme la clarté, sacré Baudelaire ! Comment le dire mieux ?  Le ciel, cet infini toujours renouvelé. Parce que chaque mariage est unique et éclipse toutes les défaites. 
Mon beau pilier, mon loup alpha, mon bel amour d'ombre et d'eau fraîche, je suis heureuse de t'épouser, dans deux jours, dans deux nuits, pour le meilleur et pour le rire.


•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆












24 novembre 2024

Ces tâches que l'on dit ingrates

 


Un beau merle brillant est venu se poser sur le bord de la bassine en fer blanc, sous les chênes. Après quelques gorgées d'eau fraîche, il a sauté tout entier pour s'ébrouer à grandes éclaboussures joyeuses.
Nous en discutions récemment, avec Françoise, les animaux passent de longues heures à leur toilette. Ils s'épouillent, se lissent, se lavent, s'aspergent, barbotent, s'enrobent de boue, comme dans les cures de thalasso, comme si la nature pourvoyait intelligemment à sa propre hygiène.
 Ils arrangent aussi leurs antres, nids, terriers, tanières, de façon à ce qu'ils soient confortables, et propres. A l'abri de l'eau, du vent, du froid... Réservant un endroit à part pour leurs excréments, les seuls déchets qu'ils produisent... Qu'ils sont ingénieux, nos amis que l'on appelle les bêtes ! Et écologistes pour de vrai, de surcroît. 
Le merle a terminé ses ablutions. Je le regarde s'envoler, pensive. Calme. Ravie. Ce matin, je suis restée en tenue de nuit, pour être à l'aise, et sexy, parce que j'aime bien lier l'agréable à l'utile, et que ça ne déplaît pas à qui de droit... Avec un peu de musique, et en se partageant le travail,  nous avons mis du bonheur dans nos gestes, de la joie à nettoyer, à ranger, à briquer, à faire étinceler la maison de la colline.  
Les purs esprits, ceux qui sont au-dessus de ces basses contingences,  ne font sans doute jamais le ménage, mais dans la vraie vie, la poussière, les microbes se nichent avec ténacité dans les moindres recoins (de l'espace). C'est leur rôle de poussière et de microbes. Le nôtre est de les déloger. 
Tâche ingrate ? Revenons à l'étymologie du mot, que diable !
 In-grat, « signifie littéralement privé de gratitude, se dit d'une chose qui ne dédommage guère de la peine qu'elle donne, de l'effort qu'elle coûte. »
Mais c'est tout le contraire ! Ce contentement que l'on éprouve quand on a entretenu son lieu de vie, rendu aux vitres leur transparence, tendu des draps frais et parfumés, chassé les transhumances de moutons sous les meubles, et joué les soubrettes un plumeau à la main, ce contentement béat nous remplit de gratitude. 
Je repense au film « Perfect Days » dans lequel un Japonais trouve sa sérénité et son équilibre dans l'entretien quotidien des toilettes publiques. Quelle leçon ! J'ai adoré.
Je propose que désormais, l'on parle plutôt de tâches gratifiantes. C'est important, la couleur que l'on donne aux choses.

J'ai remis mes chaussures à brides. L'air est doux pour une fin novembre, je vais faire un tour dans le jardin, avec ce sentiment du devoir accompli qui donne la banane. Puis je rentrerai trinquer à l'amour, à la vie, et au balai à franges.















Pour l'atelier du Goût.


 •.¸¸.•*`*•.¸¸☆ •.¸¸.•*`*•.¸¸☆ •.¸¸.•*`*•.¸¸☆ •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

06 juin 2024

Lettres du Japon (13) L'âme japonaise. Fin.




Me revoilà au bercail. La tête et le coeur emplis d'impressions et de souvenirs. Il me reste à trier, ordonner et mettre en page des milliers de photos pour en faire un bel album, comme à chaque fois. Rappelez-vous ce billet. J'y parlais de l'Irlande, de Venise...

Ce fut un beau voyage. Parfois un peu dystopique, dans les méandres des mégalopoles surpeuplées. Souvent plein de magie, dans les hauts-lieux spirituels. Mais toujours empreint de ce parfum mystérieux de l'ailleurs, de l'étrange, de l'exotique au sens premier : ce qui est étranger, en-dehors de soi. Différent.
Je n'ai vu qu'une toute petite partie du Japon. Connait-on jamais un pays ? Je sais qu'en quinze jours, on ne peut voir que l'écume de son âme. La surface des choses.
Je sais que c'est loin d'être un paradis pour la condition féminine, que le taux de suicide y est élevé, que le monde du travail est impitoyable et très hiérarchisé, que le système de retraite est inexistant, ce qui fait que l'on trouve beaucoup de personnes très âgées encore au travail...
En bref, la beauté des jardins et les lignes audacieuses de l'architecture cachent sans doute de tristes réalités. Et le fait de vivre constamment sur une poudrière volcanique, sujette aux séismes, typhons et autres tsunamis, sans parler des accidents nucléaires, n'est pas le moindre des inconvénients. La consommation y est effrénée, le mode de vie artificiel des jeunes épris de mangas et de haute technologie a de quoi inquiéter. Tout comme l'obsession de l'hygiène et la frilosité des rapports humains. On ne se touche que très peu au Japon.
Malgré tous ces points noirs, notre guide semblait très attachée à son pays, à ses racines, son histoire et sa particularité îlienne. Et très fière. Elle ne saurait vivre ailleurs que sur la terre de ses ancêtres. 
Oui, parce que les Japonais sont avant tout des Îliens, tels les Anglais ou les Australiens, d'ailleurs comme eux adeptes de la conduite à gauche.
J'ai aimé vous faire partager mon périple, et je vous remercie de m'avoir suivie, pour certains très fidèlement, dans ces pérégrinations du bout du monde. 
Allez, pour vous, une jolie collection de portraits. Puissent-ils vous donner une image de l'âme japonaise telles que je l'ai perçue.
(Cliquez sur les images pour les agrandir)