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18 août 2017

Forêt de symboles

Photo du net






Au cours préparatoire,  on apprend à déchiffrer. Décortiquer ces signes cabalistiques que sont les lettres et les mots. On comprend la combinatoire, cette science qui agence entre eux les sons consonnes et voyelles. Les sons qu'on sonne avec la langue, avec les dents...
B, A, BA...Balbutiement de ce qui sera la quête de toute vie... Pour vous rappeler combien c'est difficile, pour un enfant de six ans, essayez donc de lire rapidement et aisément ce texte à l'envers.




La fluidité ne s'acquiert pas en un jour.
Ensuite, aux cours élémentaires et moyens on apprend théoriquement à lire de façon aisée et coulante. On apprend que la lecture, c'est comprendre ce qui est écrit. Donner du sens.
La dernière étape, la plus longue aussi,  étant de comprendre aussi ce qui n'est pas écrit. Lire entre les lignes. Accéder à l'implicite, rude tâche pour l'apprenti lecteur. L'apprenti citoyen, l'apprenti électeur, l'apprentie femme, l'apprenti homme. 
Apprentissage qui dure toute l'existence. Décoder le non-dit, le non-écrit. Accéder au subtil message des signes en déjouant les pièges de la précipitation, de l'approximation ou de l'inconscience aveugle.
Mobiliser ses connaissances, son expérience et tous ses sens pour appréhender celui de la vie. Voir le vent même quand il ne souffle pas. 

J'ai tellement aimé apprendre à lire, délicieuse et ambivalente expression évoquant à la fois l'élève et le maître...
Observer les signaux. Interpréter les augures, émietter le marc de café du destin entre ses doigts. Compter les hirondelles.
Et penser que personne n'a l'explication formelle de ce qui nous arrive, à part nous-mêmes.

Décoder la vie, cette fascinante forêt de symboles. Avancer à pas de louve. Sans machette, avec juste son coeur en bandoulière. Connaître son langage, le murmure des sources, les énigmes de la nature et les leçons que nous dispensent à chaque minute les battements sourds d'un coeur invisible mais si présent. 
Quel que soit le nom qu'on lui donne.


¸¸.•*¨*• ☆



Musique: Charlotte Gainsbourg. L'un part et l'autre reste.

20 juillet 2016

Ombre et lumières





Juillet.
Ils sont assis sur le long balcon surplombant la ville,  devant le crépuscule naissant. 
Les murs semblent d’or.
Elle ferme les yeux à demi devant l’aveuglante clarté du couchant. 
Lui fixe crânement le soleil qui descend face à eux, dans un plongeon silencieux de lumière poudrée, comme une grosse orange éclatée. 
Le ciel s’ocre. 
Puis blanchit.
L’ombre envahit peu à peu les ruelles, pressant le pas des passants.
C’est beau, une ville qui éclaire une à une ses lampes comme autant d’étoiles. 
Tu sais, chacune semble raconter un morceau d’histoire. 
Comme celles du ciel.
En bas la rue bourdonne d’une rumeur sourde.
Le vent se lève. 
Tiède. 
Presque chaud. 
Le balcon se moire d’ombres violettes allongeant la silhouette des cyprès en pot de grès.
Le vent glisse sur sa peau, sur ses seins qui frissonnent. 
Son chemisier de soie blanche claque comme une voile sur la mer. 
Ses cheveux volent dans ses yeux.
La nuit recouvre chaque façade de son drap de velours sombre.
Ça sent la tubéreuse, et le lys. 
Ah, et le jasmin aussi, par moment.
La lune semble une rognure d’ongle luisant au-dessus des arbres. 
Ils rient de cette image. 
Leurs mains se serrent.
Ils sont bien. 
Seuls, dans cet instant d’éternité splendide et quotidienne.

¸¸.•*¨*• ☆

Pour les Impromptus littéraires.
Et pour le défi du 20 de Jacou.



20 octobre 2015

Plaisir solitaire

Un de mes plaisirs, depuis que j’ai quitté les eaux mouvementées où croisait mon rafiot, dont je vous ai tant rebattu les oreilles, c’est de ne plus avoir d’horaires. D’avoir balancé cul par-dessus tête les dates, les agendas, les calendriers, les listes, les rendez-vous.
Aussi quand, le vingt septembre, Antiblues parla du prochain « défi du vingt », je promis imprudemment de participer à l’exercice. Le sujet m’alléchait : « Racontez un plaisir solitaire »…mais voilà, le vingt est arrivé, et je n’ai rien vu venir. Je n’ai pas prévenu le chef, je n’ai pas fait les choses en règle, j’ai découvert les choses en ouvrant l’œil et mon ordinateur. Impardonnable…
En même temps, le vingt, c’est jusqu’à ce soir minuit…et je suis, de toutes façons, un électron libre.

Bon, je me (free) lance.

Mon plaisir solitaire se pratique n’importe où, mais de préférence dans un endroit confortable. Il naît d’un désir et d’un besoin irrépressible de m’abandonner, les yeux fermés, et de me mettre à l’écoute de mon corps. Un fond musical doux peut augmenter encore le plaisir. Plaisir que je sens monter comme une vague qui m'attire irrépressiblement en position allongée...Le must, c’est au soleil, à la mi-saison, quand il n’est pas encore trop agressif, ou à l’ombre, l’été, au moment brûlant et moite de la journée.Un plaisir intense que les japonais connaissent avec un certain raffinement... Dans la nature, sur une plage désertée en automne, dans l’herbe bourdonnante d’insectes au beau milieu d’une randonnée en montagne. Mais ça me prenait même dans mon bureau, à l’époque, et je fermais la porte à clé pour pouvoir jouir d’une intimité indispensable. Ça doit être bref, mais profond, et régénérant.

Bref, ça me donne vraiment la patate, la sieste.
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