06 janvier 2026

Bienveillance













J'ai eu la joie, dernièrement, de partager un moment d'exception avec Lucia* et Damien*, deux anciens élèves des tout premiers temps de ma carrière. J'avais parlé de l'un d'eux ICI
C'était bien loin d'aujourd'hui, autant dire qu'ils sont devenus des adultes depuis longtemps. Sensibles, accomplis, émouvants dans leurs fragilités comme dans leurs forces. Et ils en ont beaucoup, de la force, pour traverser les écueils de l'existence.
A l'évocation de leurs souvenirs de CM2, admiratifs et sincères, je me suis prise à penser que j'avais eu raison, somme toute, d'être une maîtresse d'école exigeante et bienveillante. Deux qualités qui ne sont contradictoires qu'en apparence.
Ah ! La bienveillance... Dans les arcanes de l'Education Nationale, on n'a plus que ce mot-là à la bouche. Mais on en a fait une sorte d'indulgence molle proche de la capitulation, qui incite les professeurs à ne plus rien exiger de leurs élèves, par peur de passer pour des tortionnaires. 
Ou les jeunes parents à faire de leurs enfants des rois capricieux et névrosés.




Le dictionnaire, lui, dit que la bienveillance, c'est un « sentiment qui porte à vouloir du bien à autrui ». Ce qui ne veut pas dire que l'on doit tout accepter d'autrui. Là est toute la nuance.
Une nuance subtile... tendre pléonasme. Une nuance est toujours subtile, et inaccessible aux esprits binaires. J'ai toujours voulu le bien de mes élèves, les aider, les comprendre, les accompagner, mais aussi les émanciper, les pousser pour qu'ils trouvent le meilleur d'eux-mêmes, ce meilleur souvent enfoui sous des monceaux d'idées reçues et de préjugés négatifs.

Les pousser, oui, mais sans jamais avoir à hausser le ton, à menacer, à humilier, à faire mal, a montrer une autorité abusive. 
Comme l'a très bien dit Lucia, qui vit en Italie, les Italiens ont deux mots pour désigner l'autorité. La Autorità, conférée par un titre ou un grade, exercée par le commandement ou la contrainte et à laquelle on obéit. Et la autorevolezza, crédit ou confiance que les autres vous accordent, en raison de votre sagesse, votre compétence ou votre intégrité. L'autorité naturelle en quelque sorte, que l'on a envie de suivre librement.
Je crois pouvoir dire que je possède cette autorevolezza. Comme innée en moi. Elle s'appuie sur un profond amour des gens. Et continue à m'animer, dans chaque moment de ma passionnante vie, même si je n'enseigne plus. (quoique...) Je pense aussi avoir été une « mère veilleuse ». Ni copine, ni démissionnaire, ni injuste. 
J'apprends aussi, depuis quelques années, à être bienveillante avec moi-même. 
Pas le plus facile !

Il y a du merveilleux dans cette bienveillance-là. Dans cette mansuétude qui prend soin. 
Qui « veille sur » sans « surveiller ». Qui panse les blessures avec des gestes ou des mots pleins d'humanité. Qui secoue sans bousculer. Qui respecte.
Certaines personnes croient être sincères et franches, mais ne parviennent qu'à blesser l'autre dans son amour-propre et sa confiance en soi. C'est contre-productif en diable. Un simple mot d'elles peut piquer comme un dard empoisonné. Leurs œillères les empêchent d'élargir et d'adoucir leurs jugements. Cette violence larvée, sans doute inconsciente, cache certainement des failles narcissiques. A moins qu'elles ne reproduisent ce qu'elles ont subi.
Vous voyez, ma bienveillance me pousse à leur trouver des excuses...mais je ne recherche pas leur compagnie. 
La vie est trop courte pour être petite.


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* J'ai changé les prénoms, mais ils se reconnaîtront...





01 janvier 2026

2026


« On ne réussit que ses rêves. C'est l'intensité de la vie, plus que sa durée, qui compte. »
Jacques Brel










Avec les années, qui s'égrènent de plus en plus vite, on engrange les leçons de vie comme autant d'épis de blé nourrissant l'âme. 
Vous l'avez remarqué, on demande toujours aux personnes très âgées quel est leur secret de longévité.
Mais la longévité commence sans doute bien plus tôt, quand on est encore en pleine jeunesse. Apprendre à grandir de ses erreurs en tâchant de ne pas les reproduire. Faire une force de chacune de ses faiblesses.  Se forger des règles personnelles, ou plutôt des outils précieux, qui permettent d'accueillir la vie sous toutes ses formes. Qu'elle soit clémente et nous réjouisse,  ou féroce quand elle nous blesse.

Depuis mon premier souffle, mon chemin a suivi des crêtes joyeuses, des rebords vertigineux, des déserts ingrats, des étangs boueux, des sentiers parfumés, des tunnels funestes, des anses lumineuses, des ciels maussades. J'ai tout écrit. Depuis toujours. Ecrire m'a aidée à aller de l'avant, à chaque fois que je m'enlisais. Ecrire m'aide encore à fixer mes instants de vie. Surtout ceux, merveilleux, que je vis depuis quelques années.
Nos écrits passés nous aident à mesurer le chemin parcouru. Nous en sommes convenues, Mathilde et moi. 
Mathilde, c'est une chouette amie de coeur. J'aime parler avec elle.

Alors voilà quelques uns de mes petits grains de blé. Je te les offre. Oui, à toi qui passes par ici, en ce début d'an tout frémissant de givre et de bulles. Ni conseils prétentieux ni bonnes résolutions. Juste quelques petits brins de sagesse. Je te souhaite de te les approprier.
C'est cadeau :

    Ne sois pas envieux. Réjouis-toi plutôt de ce que la vie t'a donné.
    Ne laisse pas les idées sombres prendre le dessus. 
    Sois conscient, mais confiant.
    Ne te plains pas de tes petits bobos. Rigole de tes contrariétés. 
    Aime les instants de grâce légère où les épreuves font une pause, où s’envolent les soucis, les blessures, les aversions. 
    Juste un moment. 
    Le temps d'une parenthèse d'étoile. 
    Aie toujours un projet en tête. Cela fait pétiller le cerveau.
    Souris. Remercie. Pardonne. Admire. Etonne-toi. Emerveille-toi. 
    Réfugie toi dans la nature, grande consolatrice, merveilleuse bibliothèque toujours nouvelle, à coeur ouvert.
    Crée de tes mains. C'est source de joie.
    Et surtout, ne crains pas de cultiver l'amour. 
    Dans ce monde cacophonique, l'amour remet de l'harmonie.

Très bonne année 2026, mes chers lecteurs que j'aime.

Votre 


           e    S     t

        l                      i

    é                         n  

 C                                    e¸¸.•*¨*• ☆