Affichage des articles dont le libellé est la vraie vie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est la vraie vie. Afficher tous les articles

05 novembre 2026

Marelle








Une fois de plus j'ai côtoyé l'enfance. Des graines de raison éclose aux éclats de sourires mutins, j'ai été l'humus, la racine, celle qui garde en son sein le précieux du mystère : être née, avoir donné la vie, et contempler le cycle renouvelé. Celle qui sait. Qui sait à quel point tout s'envole trop vite. Celle à qui l'on demande, que l'on écoute, parce que ses histoires ont un goût de vie. Un goût de vrai. Etre grand-mère, c'est une source, un rempart, un chemin de gardienne. Un grelot dans la nuit, une lampe allumée.
Mon séjour chez mes étoiles a tenu ses promesses. Une formidable cure d'énergie. Un creuset d'espoir dans ce monde tremblant. Un tourbillon de rondes, de comptines, et ces regards profonds, innocents, de jasmin et de rose, dans lesquels on se noie, retrouvant les gestes de sa propre enfance : un galet, à cloche pied, de la terre jusqu'au ciel. On y danse, on y sautille. On y perd parfois l'équilibre. On y pleure, on y rit. La vie est une marelle.
Et ce matin, en ouvrant un paquet de café moulu, un pur arabica corseté de velours, dans un rayon d'aurore trouant le chiffon du ciel, c'est le parfum entêtant de toute cette vie si belle qui m'a envahie au profond. C'était un geste anodin, pourtant. Comment expliquer ce ressaut inattendu ?  Mes poumons ont claqué comme voile au vent de cette évidence fragile : je suis faite pour aimer chaque parcelle d'existence, chaque grain de vivre.
La vie est une marelle.






09 octobre 2026

Hisse et ho

Dimanche aux voiles de Saint Tropez.






Je suis repartie, incorrigible décidément, profiter de la douceur de ce début d'automne, parmi les vieux gréements (et les modernes aussi) à Saint Tropez. Une expérience fabuleuse bien que mon estomac n'ait pas vraiment le pied marin... Je vous épargne mes premières heures sur le catamaran, et mon teint gris-vert assorti à la couleur de l'eau.
Et pourtant, j'ai dû avoir des ancêtres matelots, à n'en pas douter. D'où me viendrait, sinon, ce goût pour les métaphores marines et les histoires de navigateurs ? Mon attrait pour la mer et mes envies d'ailleurs ? Peut-être fus-je bercée dès l'enfance par les vers du poète, « homme libre toujours tu chériras la mer. » 
Homme libre, homme libre... D'accord, mais ça marche aussi pour les femmes libres, ô Baudelaire ? Car oui, comme tu l'évoques dans ton poème, les femmes cachent au fond d'elles de ces affres secrètes qui ressemblent aux abysses insondables de l'océan. 
La mer me fascine et m'attire, m'effraie et me repousse aussi. Elle est une hyperbole de mon rapport compliqué à l'eau, et à ma mère atlantique,  j'y travaille depuis longtemps.
Mais remontons à la surface.
Quelle prodigieuse invention qu'un voilier ! Une des plus anciennes réalisations complexes de l'humanité. Comment ne pas penser aux lointains Phéniciens, aux Egyptiens, et en même temps à l'enfant qui regarde sa coquille de noix voguer sur une flaque, dont la voile n'est qu'un triangle de papier enfilé sur une allumette ?  J'aimerais que les enfants d'aujourd'hui s'adonnent toujours à ce jeu délicieux. Il est vrai que dans mon enfance, on avait droit à la colle forte pour faire tenir nos assemblages... L'odeur nous enivrait un peu, mais c'était solide... Je m'égare.
 Ah...tous ces cordages, savamment noués, ces cabestans, ces bômes, ces mâts... Et puis les voiles, le safran, la barre, les haubans... Les drisses, le foc, le génois. Le hunier, la misaine et le grand cacatois. Ce que j'aime le vocabulaire nautique ! 
Un voilier, c'est un poème, une invitation au rêve, un prodige d'équilibre, un bras de fer contre les éléments. Apprivoiser le vent et les vagues, voilà la mince affaire ! Un voilier s'élance tel un oiseau racé à l'assaut des flots, avec un équipage soudé ne formant qu'un seul coeur. C'était beau à voir, cette solidarité moussaillonne, ce fair-play des vaincus acclamant les vainqueurs. Nonobstant les éternels grincheux et leur cortège de reproches sur le côté commercial de l'événement,  j'ai pris un bon bol d'air iodé, et surtout une grosse claque émotionnelle. Quel bonheur ! Mais me connaissant, vous ne trouverez pas cela très étonnant. 
Allez, souquez les artimuses*, moussaillons ! 

•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆


* « En plus, ça veut rien dire, 
souquer les artimuses ! » 
Citation de l'inénarrable « Astérix Mission Cléopâtre, d'Alain Chabat, 2002 »











22 septembre 2026

Un vingt-deux septembre

Le lac de Gerardmer




Un vingt-deux septembre... Je ne peux m'empêcher de songer à la chanson de Brassens, chaque année. Au diable vous partîtes. Moi, je reviens.
J'étais loin de vous, lecteurs adorés, et le temps a passé si vite. 
Un mois déjà que je vous laissais, déconnectée, pour aller découvrir une région de France où la fraîcheur des forêts et la beauté des paysages m'ont rassérénée. Un endroit malmené par l'histoire, déchiré par les guerres comme un os disputé par deux chiens. Mais toujours debout, et fier de ses racines. 
C'est l'Alsace, vous l'avez deviné, plaine fertile sertie entre deux chaînes de montagnes aux sommets verdoyants, arrondis comme des coussins.
De cette belle Alsace avec son vin doré, ses villages riants, ses vignes en étages, ses spécialités délicieuses, aux Vosges et leurs bois humides restés sauvages, je suis allée m'imprégner d'une de ces splendeurs dont notre pays foisonne. Ce n'est pas du chauvinisme, c'est un constat. La France est une terre magnifique, regorgeant de merveilles diverses.
Je suis revenue sur ma colline, et ce soir, le soleil allume un incendie sublime au couchant. Quel spectacle ! le ciel est comme un drap de feu posé sur l'horizon. J'en suis bouleversée.
D'aucuns diront : pourquoi partir, si c'est si beau chez toi ? 
Bien sûr, petits padawans, mais si on ne part pas, comment goûter au plaisir subtil de revenir, tel Ulysse vers son petit Liré ?
Il y a un an, j'étais en Corse. J'ai retrouvé ici cette farouche appartenance à la terre qui caractérise les peuples qui ont subi un joug, ou des souffrances sans nom. 
Saisie à la gorge d'une émotion tremblante en visitant le Camp de concentration du Struthof, et sa sinistre chambre à gaz, j'ai eu du mal à respirer, comme en apnée devant cette horreur. Je serrais les dents à en avoir la mâchoire douloureuse. Pétrifiée.
Retrouvant peu à peu mon souffle en haut du Mont Sainte Odile, dans la tranquillité du couvent millénaire. 
La route des Vins m'a offert des émotions picturales. Mon amie Chinou aurait trouvé là de beaux sujets d'aquarelles ! Quel charme possèdent ces vignobles faisant un écrin soyeux aux villages célèbres, Thann, Riquevihr, Eguisheim, Obernai... Avec ces maisons si typiques, à colombages, ornées de leurs mythiques géraniums. 
De la petite Venise de Colmar à la petite France de Strasbourg, autant de promenades romantiques le longs de canaux lisses comme des miroirs d'argent.
Beaucoup d'escales savoureuses pour savourer les plats traditionnels. Et oublier le régime !
Et puis d'autres randonnées paisibles en forêt, croisant des chevreuils, des lapins, des sangliers. Des méditations au bord de chaque lac rencontré,  une visite incroyable au Parlement Européen en pleine séance plénière, un détour par les maisons troglodytes de Graufthal, l'ascension du Haut-Koenigsbourg et celle du Ballon de Gubwiller, le musée automobile de Mulhouse et son impressionnante collection de vieilles voitures. Le château Bugatti, le Chemin des Cimes, la Montagne des Singes, la Volerie des Aigles, et le Pain d'Epice de Mireille Auster.
Sans oublier, sur le chemin, une étape à la Saline Royale d'Arc et Senans, et à la chapelle de Ronchamp, conçue par Le Corbusier. Je vous conseille les deux, c'est somptueux.
Je dis je, mais je pense nous, car une escapade à deux, dans les bras de l'Amour, c'est comme une morille sur un vol-au-vent. Le plat signature d'une vie trois étoiles.

•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆

L'entrée de la Saline Royale


Le Musée Schlumpf à Mulhouse

La Bugatti royale

Les vignobles de la Route des Vins



La forêt des Vosges




Eguisheim


Les célèbres maisons à colombages

La Petite Venise de Colmar

Riquewihr

Une cigogne qui n'est pas encore partie

Le château du Haut Koenigsbourg

La montagne des Singes

La volerie des Aigles




Le camp du Struthof et son mémorial




Le couvent du Mont Saint Odile

La petite France

Strasbourg


La cathédrale de Strasbourg

Les députés européens en plein vote

Le Conseil de l'Europe




Les maisons troglodytes de Graufthal



Au hasard des randos...

...De belles rencontres


L'arbre de vie, petit clin d'oeil à AlainX qui aime les reportages photos



La star des vins d'Alsace



Notre Dame le Haut, oeuvre du Corbusier


C'est tout pour aujourd'hui !


•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆

19 août 2026

L'été des confidences

 




Fin août, on aimerait pouvoir se dire que ce drôle d'été tire à sa fin. Un été du Cheval de feu, selon l'horoscope chinois. Ce feu qui a tellement ravagé mon sud... Ici on attend toujours la pluie, comme la mousson d'Asie. Danser nue sous les étoiles n'a eu aucun effet, si ce n'est sur l'homme de ma vie... Les étincelles que j'allume dans ses yeux ne mettent heureusement pas le feu à la forêt de chênes qui entoure la Colline.

J'ai beaucoup aimé le temps pris à discuter de choses profondes et subtiles, les seules conversations qui me nourrissent vraiment. J'ai reçu des confidences très intimes. Mon coeur palpite de cette confiance que l'on m'accorde depuis longtemps en déballant son soi profond sur la table des échanges vrais. Sans faux semblant, sans langue de bois.
Des fous-rires, des yeux qui débordent aussi. Une capacité de réflexion étonnante chez certaines âmes jeunes et déjà pleines de sagesse.
  La relation duelle, avec un frère, une nièce, un cousin, une amie, permet d'aller tellement plus loin que ces grandes réunions de famille joyeuses et légères, où chacun met son moi en sourdine pour ne pas assombrir la fête. C'est étonnant un groupe. Assemblage d'individualités fascinantes qui l'espace d'un week-end se consacrent à la cohésion sociale. Ce n'est pas la fourmi Simone qui me contredira. C'est assez énergivore pour moi, et pourtant, j'en ai besoin aussi, de ces bains de gaieté insouciante qui font oublier un peu la réalité parfois lourde.

A ce titre, la cousinade fut une réussite. De belles parties de rigolade, des baignades, des guitares sous les arbres, des profusions de fruits et de légumes, et la merveilleuse candeur des enfants devant les étoiles filantes. 
Ma fille, ma Prunelle, a officialisé son attente d'un heureux événement. J'étais émue aux larmes. 
Quel bilan tirer de cet été, si ce n'est que, plus que jamais, l'amour reste ma boussole ? 
Et que je rêve toujours que ce mot magnifique ne soit plus un « gros mot » chez les encravatés bouffis qui mènent le monde. Que l'on ose enfin s'aimer les uns les autres, et le dire sans passer pour le ravi de la crèche, un doux rêveur, un poète, un fou. Merci à Pierre d'avoir oser parler d'amour dans son billet « Couleur d'orange ».
Un été très émotionnel, donc, ponctué par une éclipse très symbolique de notre étoile. Peut-être que le soleil veut nous dire qu'il fait de son mieux pour ne pas trop nous brûler, et que c'est à nous de changer notre trajectoire suicidaire en revenant à d'autres valeurs. Changer d'ère nous ferait le plus grand bien.


Petit montage célestinien de mes photos 




09 juillet 2026

Oscillations de l'âme

 











Sentez-vous parfois votre âme osciller, tanguer comme une barque sur un remous ? 
J'éprouve depuis quelques jours une fluctuation émotionnelle qui me laisse quelque peu sur le carreau, telle une méduse échouée sur le sable chaud. 
La lecture de Respect, le livre-cri d'Anouk Grinberg, m'a glacée. Son martyre d'enfant, puis d'adulte aux prises avec d'ignobles prédateurs a résonné douloureusement dans mes fibres, au plus profond de ma féminité. Indignation, dégoût, incrédulité. Admiration aussi pour cette femme qui se tient toujours droite malgré les baffes que lui a infligées la vie. Quelle résilience...

Le beau film en deux volets retraçant la Bataille de Gaulle m'a aussi beaucoup secouée. Quelle somme de courage, d'opiniâtreté, d'abnégation et de confiance en un idéal a-t-il fallu aux hommes des heures sombres pour que rejaillisse la lumière... 
Et qu'avons-nous fait de cette lumière ?

J'ai beau travailler d'arrache-corps depuis des années, sur cette sacrée hypersensibilité dont je suis pétrie, elle me rattrape de temps en temps, avec la force d'un ouragan. 
La région de la Drôme où je vis est cernée de violents incendies, du haut de la colline je vois les nuages âcres et noirs qui dévastent les montagnes que j'aime tant. L'été implacable brûle tout sur son passage, sous le soleil-chalumeau les arbres souffrent, mes fleurs dépérissent, l'herbe roussit et les bombardiers d'eau emplissent le ciel de leur sinistre voix de basse mongole. Que d'eau perdue...L'eau si précieuse... 
La nostalgie chemine dans mes pas, comme une ombre. Une photo de ma mère, une pensée pour ma soeur, un souvenir évoqué.

A côté de ces ondes négatives à basse fréquence, je continue de vibrer et de m'émerveiller de tout et de rien. Une pièce de théâtre sous les étoiles, un repas entre amis, une baignade, un morceau de musique que j'arrive à jouer sans fausse note... et la joie s'immisce à nouveau.
Hier soir, un petit renard est venu jusque sur la terrasse, il était tellement mignon avec ses oreilles pointues, et ses yeux qui nous regardaient comme si c'était nous, les bêtes curieuses. C'est sans doute ce que nous sommes, d'ailleurs, nous les z'humains qui nous croyons si supérieurs...
D'étranges imbéciles.

Ma première petite-fille vient de fêter ses huit ans. Quel chemin parcouru déjà ! C'est aussi l'âge de ma rencontre avec Paul. La sécurité affective que j'y ai trouvée est en général un bon thermostat à mes échauffements de boussole intérieure. Mais là, j'ai frisé la surchauffe.
Alors j'écoute doucement mon cœur se calmer, au bord des matins frais.
 Grâce à Pierre, j'apprend le nom des oiseaux. Le bruant zizi, la fauvette à tête noire.
A six heures, devant la fontaine innocente de tout mal,  tout redevient possible à mon âme. 
Même si elle déborde parfois.

•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆



06 mai 2026

Cultiver le temps

 


Dans un coin de ma colline, il y a cette vieille bassine en fer blanc, où les oiseaux ont pris l'habitude de venir boire. Mine de rien, observer chaque matin ce pigeon à l'œil rond m'apprend beaucoup sur la vie. Il suit un rituel immuable, se perchant toujours sur la même branche, s'inclinant vers l'eau claire pour y tremper le bec. Puis, demi-tour en se dandinant et envol gracieux, en suivant une trajectoire prévisible. Toujours la même.
Il m'apprend à me réjouir des petits rituels ponctuant l'existence, surtout quand ce sont de douces habitudes. Il fait lui-même partie de mes rituels. Il m'apprend aussi à me réjouir de pouvoir, à l'envi, déroger aux rites et inviter l'inattendu. Choisir de tracer des lignes régulières, ou de laisser courir les gribouillis de l'imagination .
Ainsi, il m'apprend à structurer mon temps, comme on cultive un beau jardin. En préservant des zones où les folles herbes poussent sans frein, et des endroits où l'harmonie exige de la méthode, et du travail. Quelques allées tirées au cordeau, des massifs exubérants, des arbres touffus et d'autres taillés en nuage. 
Ainsi en est-il d'un agenda d'amoureuse de la vie.
Ces dernières semaines ont été riches en événements. J'ai quitté plusieurs fois ma colline, pour aller m'étonner ailleurs. L'étonnement est mon moteur. J'ai à jamais six ans dans les yeux : aussi émerveillée que mes petites étoiles Sibylle, Alba et Thaïs devant les lumières magiques de Terra Nocta. 
J'ai fêté mon anniversaire avec mon amie Anne-So Coquelicot, pour une belle pause nature au coeur du Diois. Et une autre fois avec Hélène, ma jumelle de coeur.
Une balade intense dans le Vercors et ses abîmes, ses routes en lacets, jusqu'à la grotte-cathédrale de Choranche, célèbre pour ses stalactites (tombent) fines comme des aiguilles de cristal, et pour ses « protées », incroyables bestioles répugnantes d'aspect, mais fabuleusement intéressantes scientifiquement.
Un séjour chez ma fille, au soleil d'or d'Antibes, à flaner dans les ruelles jusqu'au marché provençal, et à manger en terrasse. Un autre à Lyon, chez mon fils, le musicien, pour découvrir son nouvel appartement « tellement mieux que le précédent ! » et déguster un plat réunionnais préparé avec amour par Marion. 
Un troisième enfin chez mon autre fils, l'architecte, dans la douceur angevine, pour fêter l'anniversaire de la petite dernière. 
Le coeur empli et la tête bourdonnante, j'ai retrouvé avec bonheur mon ami le pigeon. 
Et la douce tranquillité d'une semaine ouverte à l'imprévu. A juste profiter du ballet entre orages et soleil.

Au bord du Lac Bleu


Sur le sentier de l'Echelle

Dans les vignes de Châtillon



Avec ma prunelle à Antibes

Dans le vieux Lyon chez Arthur

Au pied des falaises du Vercors

Les fameuses stalactites aiguilles de Choranches

Les protées, animaux étranges

Sibylle, Alba et Thaïs sur les épaules des tontons

Terra Nocta et sa magie

Et mon karesansui, dernière nouveauté de notre jardin japonais.



•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆•.¸¸.•*`*•.¸¸☆