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05 février 2024

Pensées déroutantes




Eprouvez vous parfois cette sensation étourdissante de vous trouver au milieu d'un manège, d'un tourbillon ? Figée, vaguement nauséeuse, avec l'impression de ne plus rien contrôler ?
Ce n'est pas par hasard que j'ai eu envie d'écouter les valses de Chopin, ce matin. Sans doute cette musique brillante et tournoyante correspond-elle au tréfonds de mon état du jour. 
Dans ces moments là, mille pensées virevoltent dans mon esprit, sans que je puisse m'accrocher à aucune. Je lis une phrase ou deux, picorées ça et là, et mon cerveau s'envole dans des rêveries, des bribes de souvenirs, des rameaux de volonté oscillant au vent du hasard. Rien de construit ou de structuré. Des effilochages, des bouts de laine accrochés au barbelé du temps. Des regrets, de la nostalgie.
Je viens de terminer ma plongée dans les abysses de mes écrits. Mes Brins d'Etoiles sont là, devant moi, comme autant de témoins de papier de mes fièvres passées. Ils sont beaux. Très réussis. Ils concrétisent ce chemin sur lequel certains d'entre vous m'ont accompagnée depuis toujours. 
Etrangement, je ressens une sorte de vide. Mais est-ce si étrange, au fond ? Après toute création, comme après un accouchement, on se sent vidée. C'est là que le formidable ressort de l'énergie doit prendre le relais pour nous propulser vers ailleurs. Vers autre chose. Pour ne pas rester pétrifié dans une sorte d'engluement post-partum risquant de nous entraîner sur des pentes glissantes. Celle de l'habitude, du renoncement, de la résignation, de l'hésitation.
De nouveaux défis m'attendent, d'autres projets, d'autres paris fous, d'autres passages en funambule au-dessus de cataractes bouillonnantes, d'autres sentiers escarpés, pour continuer à me dérouter, aller plus loin, plus haut. Pour que je me dépasse. Que j'étende le champ de mes possibles. 
Comme si le but de la vie était de sortir de « ce personnage étriqué, limité, auquel on a appris à s'identifier, alors que ce que nous sommes déborde immensément de ce personnage ». Une très belle phrase de Kea, que je me permets de citer ici, parce qu'elle m'apparaît dans sa lumineuse évidence. Un véritable tremplin. 
Tel le soleil qui tente une percée à travers son bâillon de nuages. Signe que le gris vertige qui m'a saisie ce matin est en train de s'éloigner. Doucement. Dévoilant un paysage superbe.








17 juillet 2017

Le temps, le temps, le temps et rien d'autre...

Chez Gilou, mon « petit » frère ...





Hey, lecteurs chéris...Je reviens de trois jours sous les étoiles. Dans un grand champ fauché de frais, luisant sous la demi-lune, emplie de tant et tant de sensations et d'émotions. Et de tant de fous-rires !
Le temps y était omniprésent. Celui qui passe, celui qu'il fait, celui que l'on prend, ou que l'on ne prend pas. Celui que l'on attend, que l'on espère, celui que l'on regrette ou que l'on redoute.
Le temps-chat qui étire ses pattes ou qui se roule en boule.
Je remercie mon ami Candide d'avoir pris le temps et l'énergie douce et bienveillante de vous répondre. 
Je remercie mon frère Gilou qui a organisé cette si belle fête avec passion. Ciel ! la logistique impressionnante !
Mon temps à moi était là-bas, dans cette campagne belle chantée par Ferrat. Dans cette distorsion particulière qui te renvoie le passé dans la tronche à chaque éclat de sourire d'enfant,  et chaque lieu te ramenant une odeur familière, cannelle, saucisson,  confitures et jeux de marmots.  Pendant que je faisais tourner au bout de mes doigts les cartes de mon petit jeu de sept familles portatif et personnel, dans la famille Musique je demande la fille, moi, Celle qui ai décroché des paillettes aux sombres et fraîches forêts d'Ardèche, et des touffes de thym sauvage et de chansons  pour m'en jeter plein les yeux et les oreilles. Et toujours, le temps...celui de vivre, d'aimer et de mourir...
Petites philosophies du matin, poésie, petit déjeuner au soleil et grandes tablées joyeuses version ami ricoré. Vous connaissez...
J'ai pris le temps de réfléchir sérieusement à ne plus confondre opiniâtreté et obstination, comme le dit très justement l'un d'entre vous, et à appuyer sur la pédale de frein, justement, question billets. Le rythme quotidien de publication ne me va décidément pas. Il est temps que je laisse du temps au temps. Que je vous offre à nouveau celui de venir et de revenir à votre guise, sans le couperet trop aiguisé de ce temps qui nous transforme en presse-semoule si l'on n'y prête pas soin. Fin de mon petit défi-perso, tsoin-tsoin, et vogue la galère. 
Je reprends ma respiration, j'ai besoin de hors-temps. Mais si vous écoutez attentivement le murmure de mes mots, vous saisirez sans doute la ritournelle qui rit sous la tonnelle : c'est celle de mon coeur qui sautille pour vous. Tranquillement. Mais très fort.



¸¸.•*¨*•

14 juillet 2017

Têtue


Sous titre: regardage de nombril numéro 212


Je suis têtue. On me le disait et répétait déjà quand j'étais haute comme trois cerises. Ça n'avait pas l'air d'être un point positif, dans mon enfance. « Tête de mule, obstinée, celle-là, quand elle a quelque chose dans les cornes, une vraie bourrique ! » En gros, c'était un vilain péché, assimilable à de l'insoumission, voire de l'orgueil. Bigre ! Péché capital...J'ai toujours préféré les péchés capiteux, quant à moi.
Et puis ça s'est transformé en « celle-ci, elle sait ce qu'elle veut, elle a du caractère, elle ne se laisse pas mener comme cela par le bout du nez » 
... c'était déjà mieux.
Maintenant que j'ai l'âge de me servir moi-même, avec assez de verve, toutes ces folles plaisanteries, je dirais que je suis persévérante, que j'ai de la suite dans les idées, que je ne renonce pas facilement. Et surtout que j'aime bien me lancer des défis, et parvenir à les relever. Repousser mes limites. Grimper sur les rochers escarpés de tous les possibles...En fait je suis une vraie chèvre. Et pour moi, ce n'est pas péjoratif, parce que j'adore ces petites bêtes à cornes. 
Positivement.

¸¸.•*¨*•


PS. A ce propos, vous le savez, je me suis fixé comme objectif de publier un billet par jour tout le mois de juillet, et je tiendrai bon contre vents et marées. Ce week-end, je serai peut-être éloignée du blog. Mais je laisse les clés aux barbus de service qui sauront garder la maison en mon absence. Soyez sages, et ne mettez pas le feu aux allumettes.

01 juillet 2017

Je veille, sans me mettre en veilleuse...















Tout là-bas, vous ne voyez pas trembloter une petite loupiote dans une nuit de lait, étoile tombée de sommeil sur la terre ? 
Mais qui veille donc ainsi sur la mer et sur le ballet silencieux des astres ? Qui écoute sans jamais de lassitude, mais toujours avec bonheur, le bruit des vagues taper aux carreaux, et le vent siffler sur les ailes des mouettes ? 
C'est moi. Je suis votre veilleuse céleste, votre quinquet, votre lanterne, je garde la nuit de peur qu'elle ne se sauve. Je garde la baraque pendant votre absence. Je donne à manger au chat et j'arrose les fleurs.
Parce que la nuit m'inspire. J'écris. Pour moi, pour vous. Pour dire les choses avant qu'elles ne s'effacent. Pour répondre à la question de cet ami qui se glisse dans un pourquoi. 
J'écris, sans cesse, penchée sur mon écritoire virtuelle, le dos un peu fourbu, la main hâtive. Pressée par cette urgence de prendre mon temps. Le coeur battant,  toujours picoté par les éclats de diamant de la vie. Même quand ils font mal.
Et pour fêter juillet, je vous offre un billet par jour. Ce sont mes soldes d'été. Qui m'aime me suive.

¸¸.•*¨*•


Musique: 
 Début, Melanie Laurent.