mardi 5 juillet 2022

L'été, l'après-midi



C'est vrai. J'ai failli rester là-bas, au pays sauvage des landes désolées et des vertes prairies. Profondément bouleversée par cette harmonie que j'ai ressentie avec la terre de là-bas. Attirée par ces racines celtiques si profondes en moi. En quelque sorte ça nous a fait Dublin de changer d’Eire, ha ha ha !
Et puis, quand même, je suis rentrée, il a bien fallu, et là, j'ai été happée par ces températures caniculaires dont j'entendais vaguement parler comme d'une chose lointaine et improbabable. Moi j'étais en pull et en chaussettes. 
Clouée au sol sur le tarmac lyonnais, j'ai été.  Quelqu'un avait laissé le four ouvert. Sur ma colline, tout était grillé, les cigales avaient investi la place.
J'ai fait la danse de la pluie. Ça a marché. Mais voilà ce que c'est que de danser toute nue dans la rosée du soir : on attrape de méchants rhumes. J'ai soigné ma sinusite avec des tisanes de sorcière. Ça m'a abattue quelques jours.
Les orages ont fait reverdir la nature, on a profité des matins frais et des soirées douces. Tout préparé pour la cousinade du quatorze juillet. Fait tomber quelques arbres morts. Taillé, coupé, ratissé. Fait revivre un olivier qui luttait contre sa cochenille avec un léger désespoir. Bonheur de le voir refaire des feuilles !
Reçu les copains du club de sport pour une de ces soirées apéritives qui se terminent au dessert, tellement on est bien, tellement on voudrait que ça dure encore.
Découvert un bon restaurant en bord d'Isère. Bu le thé avec Lucile sous le chêne. Dégusté une paella au bord d'une piscine. Répondu à deux ou trois invitations.
Et les après-midis ? Quand l'astre au zénith invite à rester dans la pénombre tiède des moucharabiehs, j'ai trié les centaines de photos rapportées de nos voyages pour en faire de beaux albums sur papier glacé. Le numérique, c'est bien, mais l'immortaliser sur papier, c'est mieux. Le premier, sur l'Irlande,  est terminé, comme vous pouvez le voir. Cent soixante-dix pages. Un monument.
J'ai fini le deuxième sur les Lacs Italiens, il devrait arriver jeudi. Et là, je suis en train de terminer Venise. Vous voyez,  ce n'est pas que je ne pense pas à vous, lecteurs adorés, mais le temps m'échappe comme l'eau qui file dans l'aube d'un moulin. 
C'est le moulin de mon coeur, alors je sais que vous ne m'en voudrez jamais d'être aussi heureuse. Le bonheur...Vous savez, cette chose éphémère et fragile qui peut s'envoler d'un instant à l'autre.






Merci à tous ceux qui se sont inquiétés de ce que je devenais. C'est adorable.







mercredi 15 juin 2022

Lettres d'Irlande (8) De Cohb à Kilkenny



 




Un soleil généreux brillait sur le fameux Rock of Cashel quand nous l'avons gravi. Une forteresse monstrueuse perché sur son rocher, empreinte de mille ans d'histoire. Un joueur de tin-whistle  donnait à l'air un son médiéval. C'était méditatif de l'écouter jouer en contemplant le panorama.
Auparavant, nous avions passé de longues heures sur la grande île où se trouve Cohb, la ville du Titanic. J'ai réussi à trouver l'endroit (pas très facilement) d'où a été prise cette photo superbe que l'on voit partout, sur laquelle les maisons multicolores se serrent en enfilade devant la cathédrale. 
C'est à l'intérieur de celle-ci qu'une Terre géante et luminescente, tournant lentement sur elle-même, rappelait aux pèlerins combien notre planète-maison est précieuse.
Tiens justement, en parlant d'écologie, nous fîmes une halte au bord d'un golf. Là, un lac empli d'oiseaux, véritable refuge de biodiversité, était entouré d'un jardin exubérant de fougères géantes et d'arbres centenaires. En Irlande, un golf, c'est logique. Ça ne pompe pas des tonnes d'eau comme dans nos régions assoiffées. L'Irlande est un comme immense green. Leurs gazons me font pâlir d'admiration.
Pour Petrus qui s'en inquiétait,  j'ai quand même réussi, aujourd'hui à photographier trois châteaux, sans compter le Rock of Cashel. 
Ce soir, à Kilkenny, il faisait vraiment bon. Un temps à boire un thé en terrasse au soleil. J'ai même quitté mon pull en mérinos, n'est-ce pas, Biche ?  De jeunes intrépides sautaient dans la rivière en slip de bain. Les fous ! L'eau devait être à quatorze. Alors ça y est, pour les Irlandais, vingt degrés, c'est l'été ! Une grande leçon de relativité...

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Lettres d'Irlande (7) De Baltimore à Cork



Ce matin, il n'y avait personne au pied de la balise Beacon. Non, ce n'est pas un mémorial du Ku Klux Klan, comme l'a suggéré mon espiègle de fils en découvrant la photo.  Mais un phare original dominant l'océan. Un très beau moment de contemplation du haut des falaises, à observer le sillage blanc des ferries et le vol des goélands. 
A défaut de visiter le château de Baltimore qui ouvrait à onze heures, bien trop tard, donc.  
Entre Baltimore et Kinsale, sur les routes sinueuses qui longent la mer, on goûte à ce mariage permanent entre la terre et l'eau. L'agriculture et la pêche. Les moutons et les bateaux. Ah, les bateaux...il y a de quoi satisfaire l'âme d'un marin d'eau douce !
L'Irlande est un plat raffiné aux saveurs terre-mer. 
Un détour par le Dombeg stones circle m'a plongée au coeur du mystère celtique, à la table des druides. Un site mégalithique bien plus impressionnant que le dolmen dont je vous parlais dimanche. C'est là que le renard est apparu. Une adorable apparition.
Au terme de la journée, nous découvrons Cork. 
A défaut de visiter le château de Blaney qui fermait à dix-sept heures, bien trop tôt, donc. 
Sous le soleil revenu généreusement, la ville avait perdu son côté austère, dû sans doute à ses maisons de briques alignées comme des corons.. Demain, nous irons faire un tour à Cobh, l'île aux couleurs magiques. On aura sans doute plus de chances qu'avec les châteaux...
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