Même seule, sous le ciel constellé,
d'Altaïr à Vega,
humant l'air doux de ce beau soir
où l'été vient avant l'été
tu sais qu'ils sont là.
Ils palpitent au fond de toi depuis leur arrivée,
eux qui ont tout chamboulé
vêtus de langes blancs et de fraîche innocence
C'était hier.
Il suffit de fermer les yeux, et tu les vois.
Tu suis le moindre de leurs pas
depuis le tout premier, balbutiant, émouvant, fragile...sur les carreaux du souvenir.
Tu sais tout ce qu'ils font, où ils sont, même loin,
et même en silence,
leurs âmes te murmurent
Doucement. Cela ne s'arrête jamais.
Parce qu'ils sont à jamais un morceau de toi.
Un morceau de choix, un morceau de roi.
Et tu devins reine.
Tu es ce qu'ils ont fait de toi. Tu es une mère.
A tout moment
Des fils d'or sortent de tes bras, s'envolent dans la rosée,
Crèvent les nuages amers
passent au-dessus des étangs,
des fleuves, des forêts blanches
des routes, des ponts suspendus
Ils te relient solidement à ces êtres devenus grands
Dont tu gardes pourtant sous les doigts
le soyeux de la peau d'opale
Et cette odeur de nuque tendre, de lait, de miel,
de nuits trop courtes et de longs bonheurs en coton
Oh ferme les yeux encore, et vois
Dans la nacelle, en balancelle
Telles de vivantes hirondelles
Malgré leurs barbes et leurs chagrins
leurs jupes et leurs rires étouffés
leurs joies d'adultes en cascatelle
comme les gosses qu'ils étaient
Ces petits fils d'or sont puissants.
Ils te relient malgré le vent
Malgré les griffures du temps
A ceux qui restent
Infiniment
Infiniment
Infiniment
tes enfants.
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A ma prunelle qui va devenir maman,
pour mon plus grand bonheur.



























