29 décembre 2010

Non, décidément

J'ai craqué. Je n'ai pas supporté plus d'une journée SA tronche sur MON blog.
Pour ceux qui veulent quand même jeté un oeil à la vidéo, (qui est très bien faite techniquement, au demeurant) c'est ici.
Moi je ne peux plus. J'aurai essayé, mais le commentaire de Catherine m'a fait prendre conscience que c'était effectivement une erreur.

27 décembre 2010

Mystère et boule de gomme

J'ai toujours adoré le mystère. La sonorité de ce mot déjà m'émoustille. 
M Y S T E R E......D'où me vient ce goût pour les énigmes, les détectives, les armoires à double fond, les malles mystérieuses? Aussi loin que remontent mes souvenirs, je crois, je pense que c'est mon père qui m'en donna le goût. Je l'entends encore kiffer grave aux aventures du commissaire Bourrel qui trouvait la solution dans les cinq dernières minutes. "Bon sang, mais c'est bien sûr!" 
Mes héros d'enfance s'appelaient Mandrake le magicien,  Fantomas, Belphégor, Fantômette, Alice la détective. Je me rappelle avoir passé des heures roulée en boule dans mon lit, jusqu'à m'arracher les yeux à la lampe de poche, quand je devais dormir et  éteindre la lumière, et que je suffoquais planquée sous mes draps pour terminer l'enquête de la blonde Alice et de ses amies Marion et Bess. Sans oublier son chevalier servant, le beau Ned Nickerson...Fantômette (ah ce que j'aurais aimé être comme elle aventurière la nuit, et écolière  le jour !) flanquée de ses deux copines, la grosse Boulotte et la grande Ficelle, ça ne vous dit rien? J'aimais aussi les sagas des bandes de potes, le Club des Cinq, les Six Compagnons et le Clan des Sept, qui résolvaient des affaires compliquées avec l'air de pas y toucher. Et, tonnerre de mille sabords, j'allais oublier Tintin!
Adolescente, entre deux parties de Cluedo, je dévorais Agatha Christie , ses ambiances familiales pesantes, ses châteaux hantés, ses énigmes passionnantes au dénouement inattendu et implacable . Ah! le flegme d'Hercule Poirot, la fausse innocence de Miss Marple...c'était pas rien! Sherlock Holmes, élémentaire, et puis, Alfred Hitchcock, et ses petits détails qui tuent ...Ou comment rendre épouvantable le quotidien le plus banal. Une paire de ciseaux, une poignée de porte, une pendule...La mort aux trousses, le crime était presque parfait, sueurs froides...et bien sûr ses satanés "oiseaux" qui me firent regarder ensuite d'un  sale œil la moindre perruche, le plus misérable petit canari, autant de films qui m'ont scotchée dans mon fauteuil, et ce  d'autant plus qu'au scénario haletant s'ajoutait toujours une histoire d'amour entre deux êtres beaux comme des dieux... Cary Grant, Grace Kelly, James Stewart, Kim Novak.Le mystère et l'amour...cocktail à la réussite jamais démentie.

Alfred Hitchcock, c'était aussi un choix de nouvelles hallucinantes réunies sous le titre "Alfred Hitchcock présente", petites histoires très effrayantes ciselées au scalpel et terriblement efficaces.
Et les séries!  Rhooo! Vous vous souvenez? "Chapeau Melon et Bottes de cuir, tout en humour anglais et raffinement," Amicalement Vôtre" et ses deux héros antinomiques mais si attachants...
"Le Saint" avec le somptueux Roger Moore, et Columbo l'excellent anti-héros au costard élimé, voilà qui me procura des heures de  suspense et de frisson cérébral.
En France, nous n'étions pas à la ramasse avec  Rouletabille, Chéri-Bibi, Arsène Lupin-Georges Descrières, le gentleman cambrioleur, et Vidocq-Claude Brasseur et sa délicieuse amie Roxane de Saint-Gély-Danielle Lebrun qui se tiraient la bourre, pendant que les Brigades du Tigre montaient dans les sondages... Ce que j'ai pu tomber amoureuse de tous ces gars-là! Même Nestor Burma et son charme latino-parigot, Maigret et sa pipe, et Navarro et ses mulets...De quoi se mettre  du beau monde sous la dent pour une affamée de mystère comme moi. Jusqu'à Joséphine Ange gardien qui résout des mystères épais comme une crêpe mal cuite...(les mystères, pas Joséphine)

N'oublions pas le Da Vinci Code, et dans la même veine mais à mon avis largement supérieur , l'inénarrable "Nom de la Rose" ...Et très récemment, Huit Femmes d'Ozon, Petits Meurtres en famille avec le charmant Antoine Duléry, et les très délicieusement british Prudence et Bélisaire Beresford, Catherine Frot et André Dussolier au mieux de leur forme. Loupe et kilt à tous les étages...Mon sang anglais ne fait qu'un tour.
J'aime les secrets impénétrables, les phrases sibyllines, les affaires ténébreuses... Les meurtres inexpliqués, les codes indéchiffrables, les détectives intrépides et perspicaces, les trésors dissimulés, les clés de l'énigme, les cryptes enfouies et  les aiguilles creuses, les signes cabalistiques et les empreintes digitales.
Et le tout, bien sûr, sans jamais voir verser une goutte de sang. Tout en suggestion et en finesse. Rien à voir avec les thrillers modernes à la sauce tomate, les experts FBI à la mords-moi-le-nœud, légistes aux mains sales, violeurs pédophiles et autres psychopathes en série...
J'ai dit mystère, pas grand-guignol...


Maintenant, qui saura  retrouver tous les personnages cités dans mon billet ? Mystère...




Bidouillage internet Célestine



24 décembre 2010

Rêves de Noël

Je me penche au balcon du monde et je vois la rosée de l'amour perler sur chaque branche.
Les possibles deviennent palpables, chaque cœur respire, chaque regard compte,  chaque voix s'élève. Les peurs s'envolent, les rancœurs s'évanouissent, les amis se retrouvent.
On partage des bonheurs simples, on oublie de se quereller, on vise plus haut et plus juste. 
Il n'y a ni vainqueur ni vaincu, ni haut ni bas, ni faim ni froid. Seulement une joie étale et sans mélange.
C'est Noël.
On a le droit de rêver.
Je vous souhaite à tous une parenthèse de chaleur humaine et de valeurs vraies. 
Je vous souhaite à tous le plus beau des rêves de Noël.

21 décembre 2010

Repos

Je suis dans mes montagnes.
Je regarde la neige tomber.
A bientôt.

15 décembre 2010

Sainte Luce, les jours allongent du saut d'une puce...

Je l'ai déjà dit plusieurs fois. La lumière me fait cruellement défaut à cette période de l'année. Mais voilà que nous avons passé Sainte Luce, la patronne de la lumière, et déjà, dans ma tête, un micronésime changement est en train de s'opérer... Euh... ne cherchez pas ce mot, je viens de l'inventer. Quelque chose à mi-chemin entre infinitésimal et microscopique . En somme on va vers l'été...Vous avez le droit de vous moquer de mon optimisme serin. Oui, serin. Au sens de niais. On peut dire que je suis une serine sereine. Je sais que les jours vont se remettre à allonger, que la planète  va inverser doucement son inclinaison et que dans quelques jours, mon transat sera exactement au soleil à l'heure de la sieste. Derrière la vitre, hein, pas dehors, faut pas exagérer! 
 Exit le sapin du voisin qui me fait de l'ombre depuis deux mois .  Les  bénéfiques rayons viendront caresser ma peau délicatement, à travers les carreaux,  me chauffer comme un vieux chat , mes cellules vont se remettre à frétiller, elles auront leur dose quotidienne de photons, youpi, alléluia! Ça va être bien.    ♪ ♫ Il en faut peu ♪pour être heureux, ♫♫la la la la ♪ la la la...☼


bidouillage photo: Célestine

10 décembre 2010

Etre ou avoir?

La question se pose. Et plutôt urgemment ces temps-ci. Peut-on avoir sans être? Peut-on être sans avoir? Version plus moderne de l'ancienne maxime moliéresque:
"Faut-il manger pour vivre ou vivre pour manger?"
On approche de Noël, la fête aux mille contradictions. Tant de bonheur dans les yeux des enfants, d'espoir dans les messes dites,  tant de générosité dans les dons, tant de lumières, de luxe, de cadeaux, d'attentions, de promesses.
Mais aussi tant de gaspillage, d'orgie de consommation, de déballage de richesses indécentes. Tant de mercantilisme vaniteux et oublieux des vraies valeurs de la fête.
Et par un contraste implacable, toute la misère du monde qui n'en est que plus accrue, comme les éclats de silex de la route sont rendus soudain terriblement coupants par la pluie fine du matin.
Des tonnes de nourritures, des monceaux de mets raffinés, de dindes farcies, de poulardes rôties, de homards et de fruits de mer, des montagnes de chocolats,  et derrière les fenêtres , toujours des petites marchandes d'allumettes qui tremblent, des petits ramoneurs qui meurent de faim et de froid.
 Des tentations à profusion dans les vitrines chatoyantes comme des gerbes d'étincelles, des ordres publicitaires péremptoires: "N'attendez pas, courez acheter votre voiture avant le 31 décembre!" et devant ces vitrines, des gens qui n'ont pas de quoi s'acheter une paire de chaussures...
Depuis toujours, c'est cette contradiction qui m'étouffe un peu à Noël, comme une arête qui a du mal à passer. Alors j' avale de la mie de pain, je bois un grand coup et je m 'amuse quand même, parce qu'il y a les enfants, les étoiles, le sapin, la magie...Les vacances en famille, les jeux de société, les feux de cheminée, la buée qui coule sur les vitres quand cela sent si bon dedans, et qu'il fait si froid dehors...
On a beau faire, on a tous cette petite voix qui nous agace, qui nous titille, qui nous oblige à chanter, à crier bien fort pour ne pas l 'entendre. Cette petite voix qui  s'appelle culpabilité. Qui de nous ne l'a jamais entendue?

Alors arrive à notre secours la bonne conscience.  On se trouve toutes sortes de bonnes raisons d'oublier notre honte et de profiter de notre bonheur. Et on a raison, quelque part. On a travaillé dur, on a gagné notre croûte à la sueur du front (avec ou sans clim) on a donné aux pauvres, on a donné au téléthon, au sida, aux handicapés, aux restos du cœur, on mérite bien de faire un peu la fête, de gâter les enfants, de faire quelques agapes. 
Mais, quand même, la petite voix est toujours là. Elle continue son ostinato lancinant, en sourdine, et ressort de temps à autre pour nous rappeler qu'il est urgent d'être, plutôt que d'avoir...Moi, c'est aujourd'hui, en traversant les boulevards illuminés de ma ville enrubannée dans ses paillettes, dans les effluves de parfums chics et de crêpes chaudes, que j'ai croisé un sdf dont le regard m'a glacée parce qu'il n'exprimait plus aucun sentiment: ni peur, ni haine, ni même résignation. Juste rien. Le vide intégral. Comme déserté par son humanité.

Bon voilà, ça , c'est fait, je voulais écrire ce billet suffisamment tôt pour ne pas trop vous plomber l'ambiance. Désolée, fallait que ça sorte...

photo internet

01 décembre 2010

J'veux du Soleil

Il y a très longtemps j'étais une princesse sumérienne. J'avais un nom à quatre syllabes qui faisait rêver les princes jusqu'au bout du monde civilisé. J'ouvrais le matin des yeux immenses cernés de noir,  sur un paysage désertique, écrasé de soleil jaune, des jardins exubérants suspendus entre ciel et terre, des palmiers ondulants penchés vers des crocodiles lascifs, de frêles embarcations sillonnant sans bruit la surface de l'Euphrate... Oui enfin, c'est vrai que ça fait plutôt égyptien, ce que je raconte. Mais j'ai envie de dire sumérien, parce que j'aime bien. De toute façons, c'est MA vie antérieure, je fais ce que je veux.  Le Tigre , l' Euphrate ou le Nil, ne chipotez pas, ce qui est certain, c'est que j'avais chaud. Très chaud. De dociles et silencieuses suivantes  s'évertuaient à m'éventer avec des feuilles de lotus , tout en versant des jarres de lait au miel dans ma baignoire. Je passais de longues heures à adorer le Soleil, les paumes des mains tournées en un geste altier et un peu mystérieux vers l'astre flamboyant, et c'est à peu près tout ce que je faisais , d'ailleurs. Une vie contemplative en somme. 
C'est sûrement pour me faire payer ce luxe (non je n'ai pas dit luxure, quoi que...)pour me faire payer cette profusion de lumière et de plaisir  paresseux que les dieux babyloniens se sont ligués contre moi et m'ont autorisée à naître, pour cette vie-ci, dans un village de montagne, sous la  neige, avec treize petits degrés pour accueillir mon premier cri.  C'est sûrement pour cela que mes premières années, je les passai à dormir et à contempler ce monde sans parler, soupirant silencieusement à la pensée de ce paradis inexorablement perdu sous trente centimètres de neige, au point que ma mère se demanda soudain avec angoisse si je n'étais pas muette. (Je me suis bien rattrapée par la suite, certes, comme si j'avais à lui prouver encore aujourd'hui qu'elle s'était fait du mouron pour rien!) 
Quoi qu'il en soit, il me reste de mes années chaldéennes  un amour inconditionnel du soleil, de la chaleur et de la luminosité supérieur ou au moins égal à la somme de ma haine du froid, du gris et de l'humidité multiplié par dix au carré. Et même au cube, n'ayons pas peur des mots.
Il paraîtrait que dans une autre autre vie, j'aurais été une otarie sur la banquise, mais là, c'est plus flou, je ne me souviens pas aussi précisément. J'ai une mémoire sélective , c'est affligeant!

23 novembre 2010

Les mots

Les mots sont comme des bêtes sauvages, évoluant dans un jardin étonnant.Au début de notre vie, ils s'ébattent en toute tranquillité dans des champs sémantiques inconnus, fascinants,comme des chevaux dans des prés de luzerne fraîche, et il nous faudra de nombreuses années pour nous les approprier.  Il y a des mots légers et chatoyants comme des papillons, des mots étranges comme ces iguanes placides et pourtant inquiétants qui nous regardent sans nous voir, des mots tellement familiers qu'ils ronronnent comme de vieux chats à nos oreilles blasées.
Il y a des mots lourds, pesants comme des pachydermes, des mots subtils filant comme des phalènes, des mots fugaces comme des éphémères se brûlant à une flamme, des mots caressants  comme des faons, des mots piquants comme des oursins.
 Les plus beaux possèdent cette âpreté des fauves languissants, et ne se laissent pas dompter facilement. 
Les dompteurs de mots se nomment les écrivains. Ils attrapent au lasso des mots fous comme des bateaux ivres, des mots  durs comme des nausées, des mots forts comme leur colère. Ils les assemblent avec un art consommé et  édifient des chefs-d'œuvre de leur mariage subtil.
Certains vont dénicher les mots rares et les punaisent dans des boîtes sentant la naphtaline sur lesquelles ils écrivent "obsolètes",  d'autres pêchent les mots nouveaux comme des organismes génétiquement modifiés, sur lesquels l'on jette des regards soupçonneux. Le  dictionnaire est le bottin mondain des mots. 
De jolis mots au charme ancien tombent en disgrâce, pendant que l'on fait des gorges chaudes de certains autres devenus subitement au goût du jour. On s'en gargarise, on les galvaude, on les prononce jusqu'au dégoût et puis on les jette.
Certains n'ont pas voix au chapitre, les gardiens du temple les refoulent sur le parvis des néologismes, des barbarismes, des idiotismes. Une cour des miracles hétéroclite et méchamment accoutrée, une assemblée de bêtes puantes et claudicantes.

Dans cette Tour de Babel, ce capharnaüm d'êtres délétères ou inoffensifs, on oublie parfois que les mots peuvent blesser, qu'un seul mot bien choisi ou prononcé sans y penser peut délivrer un poison violent capable de détruire une confiance en soi pour longtemps, parfois pour la vie. On a tous souffert d'un mot malheureux, ou d'une parole blessante. Certains mots prononcés tout au long de notre enfance nous ont indélébilement marqués, ou même détruit une part de nous.Heureusement, d'autres nous ont enrichis, aidés, et à jamais construits, qu'ils aient été prononcés par nos parents, nos maîtres où d'illustres inconnus rencontrés par hasard...
Oui, il faut apprendre aux enfants à aimer les mots, à jouer avec eux, à les apprivoiser, mais aussi à se méfier de leur pouvoir, et à laisser vautrés dans leur fange les mots indignes ou ignominieux.
Et surtout, surtout, ne jamais s'en servir comme d'une arme contre plus faible que soi.

20 novembre 2010

Le petit carré rouge


                                  La consigne était: "métamorphosez ce carré rouge en un objet reconnaissable". Un petit travail de collage sans prétention artistique, mais très intéressant sur le plan de la connaissance des élèves. Bien sûr, je suis censée observer la mise en page, l'organisation de l'espace, la compréhension de la consigne, mais une question subsidiaire m'interpelle: pourquoi l'un choisit-il plutôt une fleur, et l'autre un poste de télévision? Est-ce le fruit du hasard? Ou un concours de circonstances commencées il y a lustres, et qui fait que précisément, à cet instant là, tel enfant va choisir un train, et tel autre une chenille...


                                     Pourquoi prenons-nous ce tram, cette rue, pourquoi entrons nous dans ce magasin, plutôt que cet autre, quand rien ne nous y oblige? Qu'est-ce qui guide  nos pieds, nos mains, notre cerveau à balancer, et à  opter, continuellement? Chaque sujet de rédaction, d'atelier d'écriture, de mémoire, de thèse, nous contraint à choisir, à nous lancer sur une voie. Et il nous faut alors saisir dans le tissu de notre vécu, dans le millefeuille de nos expériences, de nos sensations, ce petit truc qui va émerger et s'imposer en pensée construite. Un petit truc de rien. Une anecdote, en événement, un souci , un parfum, vont influencer nos choix et ainsi continuer à modeler, à modéliser notre existence. C'est fascinant, d'imaginer ce qui se serait passé si...on avait tourné à droite plutôt qu'à gauche, ce jour là. Ce qui serait arrivé si la porte était restée fermée au lieu de s'ouvrir, si la sonnette avait été en panne. Si le train avait eu cinq minutes de retard...Si...si...
http://www.jecollectionne.com/upload/visuel/photo-af5ac9912d3b6587cc3ecd331b0f54b2.jpgC'est un petit jeu auquel j'ai toujours aimé me livrer. Les enfants aiment ça , eux aussi, et certains éditeurs ne s'y sont pas trompés, qui proposent des livres dans lesquels les enfants choisissent ce qu'ils veulent vivre au gré de l'Aventure: si tu veux entrer dans la grotte, va voir page 18. Si tu veux passer par la forêt, va plutôt page 40. Une façon originale de se sentir maître de son destin, sensation parfaitement illusoire mais tellement jouissive!

Et vous, qu'auriez-vous fait du petit carré rouge?

Edit du 21 novembre:

Hutte des Bois n'a pas résisté à l'envie de me dessiner son carré rouge...
Merci pour cette jolie participation à mon petit concours où il n'y a rien à gagner...

15 novembre 2010

Un monde fou


Mad World

Il tourne, tourne sans fin, et pourtant ne tourne pas rond. C'est une chose étrange, à la fin, que le monde comme disait justement mon pote Aragon...Une tourmente, un cyclone nous entraîne sans arrêt dans une course folle, à une vitesse inimaginable, et il faut bien s'arrêter,un peu, pour contempler cette folie. Mais alors, quelle beauté! Quelle irrépressible beauté nous étreint! Le monde est fou comme on est fou d'amour, les yeux fermés, le cœur battant, prêts à d'inutiles et absurdes folies, mais sublimes.
Le monde est fou car nous le sommes, fous d'inquiétude torturée comme des Céline ou romantique comme des Chateaubriand, fous de peinture, puissamment imaginatifs comme des Dali ou des Picasso, fous de fantaisie et d'humour comme des Buster Keaton, fous d'ambition et de démesure comme des bâtisseurs de cathédrales, fous de passions visionnaires comme des Leonard ou des Jules Verne, fous de sciences comme Einstein ou Pasteur...
Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines nous ont ouvert la voie de toutes les audaces, à l'assaut des sommets, des terres inexplorées, des planètes lointaines.J'aime contempler la folle beauté du monde pour en oublier les atrocités. Je ne les nie pas.Je sais la guerre et sa folie meurtrière.
Mais je sais aussi que le monde n'avance dans la bonne direction que lorsqu'il est éclairé par la douce folie de rêveurs impénitents. A l'origine de toute grande chose en ce monde, il y a toujours un rêve. Un rêve un peu fou.
Image flickR



10 novembre 2010

On ne meurt pas qu'une fois...

 "On ne meurt qu'une fois" disait le maître d'école, nous donnant un moyen mnémotechnique   pour  nous rappeler que le verbe mourir ne prend qu'un "r".
Mais est-ce bien vrai? En réalité, on meurt plusieurs fois dans une vie. Comme si le destin nous exerçait, nous préparait avec une sorte de fatale bienveillance,  à faire notre deuil des gens que l'on aime. Et, charité bien ordonnée, il nous faut faire en tout premier le deuil de nous-mêmes.

Je suis morte plusieurs fois. Ce bébé joufflu n'est plus là pour sauter sur les genoux de ma mère en riant aux éclats, cette petite fille étonnée par le monde  ne court plus dans les allées d'un parc qui d'ailleurs n'est plus là,  lui non plus. Je fus aussi cette  jeune fille rêveuse, qui écoutait Simon et Garfunkel en écrivant dans son journal toutes ses folles utopies, je fus cette jeune femme pressée de vivre mille expériences, et cette jeune maman débordée et épuisée par ses journées-marathons. Où sont-elles? Elles ont disparu dans les corridors du temps. Je les cherche en vain.
Nous sommes entourés de fantômes, qui flottent autour de nos êtres chers comme des lambeaux de brume. Nos enfants devenus grands trimballent avec eux les cris muets, les gazouillis évanouis et les petites blessures enfuies de ces chers disparus: les enfants qu'ils étaient. Leurs comptines et leurs jeux se sont dissous, ont été absorbés comme de l'eau dans du sable chaud. 
Et nous scrutons, incrédules, sur les photos ou les films, leurs corps , leurs visages, ou leurs voix, et nous les regardons comme s'ils n'existaient plus. Il nous faut bien l'admettre: nous avons dans ces moments-là, étreints par la nostalgie,  les mêmes yeux lointains et humides que si nous regardions des photos de défunts.

La Mort, la vraie, n'est en somme qu'une mort de plus, et nous ne devrions pas être surpris quand elle arrive, ni étonnés de disparaître une fois de plus.La dernière.


photos Célestine (il y a...longtemps)

06 novembre 2010

Recette

Prenez une étonnante mobilisation citoyenne très réussie
agrémentée d'une belle énergie positive
Versez-y doucement ,
délicatement,
Une amie de toujours,
Une terrasse de restaurant
Une bonne nouvelle
un verre de martini-citron bien frais
Une tranche de saumon à la pomme et au gingembre
une conversation agréable
Une pincée de vieux souvenirs
Beaucoup de soleil pour faire rissoler le tout,
un soleil incroyable pour un mois de novembre.
Réservez à part votre soirée ciné.
Mélangez tous les ingrédients et laissez reposer
en faisant une bonne sieste.
Le moment venu, rajoutez un bon film, émouvant et triste (*)
et terminez par une soirée crêpes avec une autre amie
le tout avec un goût d'imprévu très prononcé.
Voilà assurément la recette d'un samedi particulièrement apprécié.

 












(*)

05 novembre 2010

Un cri dans la nuit

Un billet plein d'humanité vous attend chez Zénondelle.
Un cri dans la nuit. Une révolte que j'ai eu envie de vous faire partager.
Parce que les petits cailloux du Petit Poucet sont importants pour ne pas nous perdre dans cette forêt de préjugés et de haine.
Et que tous les courages sont les bienvenus.
 

01 novembre 2010

De l'élasticité du Temps.

Sujet toujours numéro un au classement des brèves de comptoir: la vitesse du temps qui passe.
-M'en parlez pas, ma p'tit' dame, c'est effarant! On est déjà en novembre, vous vous rendez compte!
-Oui, faut en profiter! Quand on a des bons moments, faut les prendre.
Certes, à être catapultés vers la mort, autant que ce soit comme des bouchons de bouteille de champagne, dans un pétillant éclat de rire. La vie est une grosse blague, dont la chute, certes, manque sérieusement de légèreté, on n'y peut rien...On ne peut  que se demander pourquoi tout semble aller toujours plus vite.
Ce temps qui accélère tient au nombre croissant de repères que la vie moderne sème  sur nos existences comme autant de petits cailloux, ou de petites épingles sur une carte marine. Des repères temporels; des balises. Il y a les fêtes, Halloween, Noël, Pâques, la fête des mères, des pères, des grand-mères, à quand celle des grand-pères, des cousins ou des fox à poils durs, et toujours de nouvelles "journées" , de la femme, des handicapés, des droits de l'enfant, de toutes les minorités subissantes. Tout cela n'est devenu qu'alibis pour ponctuer l'activité commerciale en oubliant le sens premier de la fête. Il y a les rendez-vous médiatiques périodiques, l'élection de Miss France, les César, les Molière, les Victoires de la musique,le carnaval de Nice,  la dictée de Pivot, le festival de Cannes, la féria de Nîmes, la Coupe du Monde de football ,Rolland Garros, Wimbledon, les jeux olympiques, le Tour de France, la Rentrée des classes, les soldes,la braderie de Lille,  le Blanc, les chocolats, le jardinage, les piscines, et on recommence...D'où cette sensation que tout s'emballe comme un manège fou.


Mais le temps est élastique. Il ne passe pas de la même façon tout le temps, ni pour tout le monde.
Du fond des époques reculées appelées les temps immémoriaux, le temps devait paraître très long  , sans moyens de communication, sans portable, sans ciné, sans avions, sans télé, sans promotions saisonnières, sans commémorations, sans agendas...
Au temps de Jacquou le Croquant, les saisons s'étiraient, interminables, glacées, les longues soirées à la chandelle, les nuits sans fin, les jours au goût de craie dédiés  à un travail éreintant dans les champs de l'aube au crépuscule, ponctué seulement par l'angélus et les vêpres, sans week-end, sans RTT, sans vacances, sans espoir d'un jour meilleur.
Le seul "repos" dominical  comportait encore des contraintes, dont la moindre n'était pas la messe à laquelle il fallait se rendre coûte que coûte, par tous les temps, pour être sûr de gagner cette vie éternelle si douce après la vallée de larmes. Sur le trajet, ils auraient eu tout le temps de se demander à quoi rimait cette vie absurde si l'ignorance qui leur tenait lieu de maigre manteau ne les  avait pas privés de tout raisonnement métaphysique.
Les mois d'hiver au fond du Périgord noir devaient durer des siècles. Des siècles de grelottements, de ventres noués par la famine, de sabots dans la neige, de guenilles, de crainte du loup dans la forêt, de nuits d'effroi à l'évocation du diable et des sorcelleries,  et de révoltes larvées, de poings fermés dans les poches trouées de leurs paletots...Des  siècles de tâches répétitives, de souffrance au labeur, d'horizons bouchés . Des siècles de  résignation itérative. Quand on est condamné à crever au travail, une vie entière, il est sûr que le temps stagne dans ces conditions.Il se fige dans l'horreur d'un présent toujours renouvelé, sans rien à espérer que la mort.
De nos jours, une population croissante, hélas, connaît encore cet étirement du temps dû aux mauvaises conditions de vie. La vie d'un sdf sous sa tente , sur les quais de Seine, face à Bercy, doit lui sembler beaucoup plus longue que celle des riverains leur lançant des regards dégoûtés en conduisant leurs enfants à l'école dans leur 4X4 rutilants. Pour lui, pas d'agenda surbooké, pas de réception à organiser, de places de spectacles à acheter sur internet, pas de problèmes d'intendance, de ménage, d'ordinateur en panne, de vacances à planifier, de voiture à faire réviser, de réunions de travail, de rendez-vous chez le pédiatre. Pas de shopping, pas de boîte de nuit. Pas de parking, ni de jogging, ni de footing, ni de leasing. Pas même le souci de conserver une retraite ou des acquis qui ne sont pas pour eux. Une vie hors de la vie, rien que la morne plaine de jours tous pareils sans lendemains qui chantent, à se les geler sous sa tente ou dans son carton et à chercher dans les poubelles sa dignité perdue.

Le temps qui passe a un prix. Ce qui fait son prix, ce n'est pas sa longueur, c'est la façon dont on remplit ses heures. Plus on les occupe agréablement, plus elles nous filent entre les doigts. C'est la rançon à payer pour avoir chaud , manger à notre faim, et vivre des expériences variées et intenses. J'essaie d'y penser chaque fois que j'ai envie de me plaindre que le temps passe trop vite.Tant que l'on a cette impression, c'est que la vie est belle. Et quand je veux arrêter le temps, je m'adosse à un chêne liège et je descends quelques arpèges. En goûtant le délicieux luxe de ne rien faire en méditant, et de laisser s'étirer le temps.

photo internet
"Jacquou le Croquant, film de Laurent Boutonnat, 2007



29 octobre 2010

Le petit singe vert

Il a une bonne bouille ce petit singe.
Il est  infatigable, intrépide,  joyeux et un peu énigmatique... il vit des aventures extraordinaires.
Mais où va-t-il? Que cherche -t-il? Après qui court-il?
N'a -t-il pas un certain don d'ubiquité?
Quand vous voyagerez, ouvrez les yeux. Vous l'apercevrez sûrement, caché dans un arbre ou accroché à une lanterne.
Il vous adressera son petit sourire espiègle.

Vous le voyez, n'est-ce pas? Non? Regardez bien, il est là où est restée votre âme d'enfant, ce tout petit supplément de folie, de poésie, de fantaisie qui met des arcs-en-ciel dans l'existence.


Si vous aimez le petit singe vert, vous pouvez le retrouver là:  http://huttedesbois.blogspot.com/
Merci à Hutte des Bois pour ses délires qui m'éclatent toujours autant...

26 octobre 2010

Rencontres

J'ai rencontré un ami que je n'avais pas vu depuis mes dix-huit ans. C'est dire si ça fait une paye comme on dit de par chez nous! 
Quelle émotion dans ces retrouvailles...Quelle pudique rougeur enfiévrant nos joues au moment du choc de la rencontre. Comme si, l'espace d'un instant, on avait eu le pouvoir d'abolir le temps. 
Les vieux souvenirs sont remontés à la surface des choses comme des bulles, certaines faisant un plop déçu quand l'un de nous deux ne se souvenait pas.  Mais si! rappelle toi! Non? tu ne vois pas? D'autres éclatant en feu d' artifice de complicité et d'éclats de rire . Ah oui, tu te souviens? Comment s'appelait-il déjà? Rhhoo! qu'il nous faisait rire, tu te souviens? Oh oui qu'on se souvient,au delà des mots, les odeurs,  les sons , les couleurs, les sensations , tout revient. Mais l'essentiel, le plus beau, le plus magique c'est  que nos regards, nos sourires,  nous ont semblé les mêmes, et cette joie de constater que l'on ne s'était pas trompé, jadis, que l'on appréciait chez l'autre des vertus qui sont toujours là! C'est irracontable. Trente deux ans ont passé. Et l'on s'est reconnu, un vrai miracle.

J'ai rencontré Paris, la ville-lumière, et je l'ai aimé, comme chaque fois. Je m'émerveille toujours bêtement devant ces lieux si littéraires, les bâtiments lourds de passé, les frontispices,  les portails, les escaliers, les parcs, les canaux, les noms de rues si familiers. Il n'y a qu'à Paris que les noms résonnent des mille et un écrits de Balzac à Simenon, de Rutebeuf à Dumas, de Molière à Jean Paul Sartre. Et les fantômes du cinéma, les Arletty, les Gabin, les Bourvil!  Paris est une bibliothèque où l'on croise l'ombre de ses héros à chaque carrefour. Et j'adore ça.     
                
J'ai rencontré mon fils, pris le temps de parler avec lui, de partager sa vie, et de découvrir un homme à la place de la silhouette de l'enfant sérieux qu'il était petit. A  huit ans, il voulait sauver les baleines, il a choisi d'être architecte,ça n'a rien à voir peut-être, en apparence. Pourtant, bâtir , de nos jours, ne peut se passer d'une vision écologique à long terme, sans laquelle l'homme sciera sa branche...Je ne peux m'empêcher, en tous cas, d'être fière de lui, mais quelle mère ne l'est pas de son rejeton, fût-il braqueur de banque ou mendiant au Népal...

J'ai rencontré enfin un livre qui m'a plu, une sorte d' essai philosophique présenté comme un roman, très justement, puisqu'il parle du roman de l'univers. "C'est une chose étrange à la fin que le monde" oui,  bien étrange,  que de se réveiller un matin et de se demander "qu'est-ce qu'on fait là?"et "pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien?"
Si on m'avait dit qu'un jour,  j'aimerais un livre écrit par Jean d'Ormesson, cet aristocrate de droite , cet académicien au phrasé ampoulé, qui ne figure pas, évidemment,  au nombre des amis de Brassens, Ferrat, Renaud et autres intellectuels de gauche! Oui, mais doit-on toujours s'abriter derrières les vieux clivages et s'empêcher d'aller fouiller derrière les étiquettes, pour écouter ce qu'un autre, apparemment différent et je dirais même diamétralement, peut avoir à nous dire et à nous apprendre? N'est-ce pas faire preuve d'ouverture d'esprit que de ne pas s'en laisser conter par un patronyme ou une image?
Qui aurait prédit, d'ailleurs, que ce même homme choisirait un vers d'Aragon comme titre à son livre? La vie est pleine de surprises. C'est une chose étrange, à la fin, que le monde...un bel alexandrin.
Bref, j'ai aimé ce livre et je ne saurais trop vous conseiller d'y jeter un œil, si vous aimez le frisson métaphysique des grandes interrogations, et le vertige que donne la quête d'une impossible réponse... Une histoire de l'univers et de l'humanité en accéléré pour les profanes, les candides comme moi, écrit délicieusement et simplement, avec cette petite pointe d'humour  désespéré d'un homme qui a aimé la vie passionnément et qui sent l'hiver approcher à pas de loup...



Post scripthomme
Dans la même veine, j'ai aussi rencontré  " un bel et sombre inconnu"
le dernier film de Woody Allen, avec dans le rôle d'icelui, un Anthony Hopkins émouvant en papy refusant de vieillir... et un Antonio Banderas qui a perdu de sa superbe. Mais  malgré son titre alléchant, pas de quoi en faire tout un fromage,  et je suis restée sur ma faim (fin?) le film n'est pas son meilleur film...

20 octobre 2010

Migraine

La migraine ne m'a pas quittée. Un cercle d'acier enserrant ma pauvre tête dont je ne suis pas parvenue à me débarrasser. Saint Ibuprofène, priez pour moi! Le surmenage sans doute des derniers jours. Mon corps somatise toujours à contretemps. Il y a de quoi...
Tentative de diagnostic...
Alors, d' abord,  il y a l'ambiance générale en France en ce moment, tensions, conflits, blocages, incompréhension, colère, intransigeance. Cette impuissance que l'on ressent à essayer de se faire entendre par un gouvernement aveugle et sourd. Ces injustices permanentes que nous vivons, l'affreux décalage entre les paroles de bois des ministres et leurs actes qui les trahissent. Ce sentiment de voir couler le bateau sans pouvoir rien  faire. Le sentiment de tout un peuple de se faire voler son histoire, ses conquêtes, son âme. Ce mépris que nous endurons de la part  des tenants de la classe dominante, qui se croient tout permis, l'étalage de leurs privilèges en guise de carte de visite . Et toujours la même rengaine jusqu'à la nausée dans les médias, chantant complaisamment d'une seule voix,  la même soupe.

Et puis il y a les petits tracas du quotidien, les petits soucis , panser les petits bobos, écouter, essayer de résoudre les questions auxquelles  toute maman doit répondre. 
Il y a ces paroles prononcées à mon encontre, gravées lourdement dans ma mémoire ,  qui reviennent, lancinantes, chaque jour, et qui ont laissé dans mon coeur une traînée noire comme les gaz d'échappement sur la neige. Pas un jour sans que j'y pense.
Et puis, là-bas, cette collègue qui souffre dans sa chair, là encore , un sentiment d'impuissance terrible, juste murmurer des mots de soutien et d'espoir, et prendre des airs légers qui puissent matérialiser cet espoir, lui donner corps, lui donner vie.
Mais aussi beaucoup d'émotions positives, heureusement, la joie, la fierté, le bonheur, celui de pouvoir se dire: "tiens, là, j'ai pas mal réussi" en secret bien sûr, devant le miroir, ou dans la psyché intimiste d'un blog anonyme au public tout acquis à sa cause. Parce que dans la vraie vie, il ne faut pas se réjouir de ses propres  réussites, ni de celles de ses enfants, cela n'est pas politiquement correct.

Au final, j'ai une palanquée de raisons d'avoir mal à la tête.. Sans parler des pétards, tambours, trompettes, mégaphones et vuvuzelas de la manif cet après midi qui ont fini de m'achever!
Je laisse le mot de la fin à  une jeune fille de bientôt soixante-dix ans qui m'a bien  fait rire aujourd'hui, quelle belle philosophie de la vie:
"A partir d'un certain âge, si tu te réveilles un matin et que tu n'as mal nulle part, c'est que tu es mort!"
A méditer.
image google

16 octobre 2010

Mille et une occasions...

...de se réjouir. 

Je tombe par hasard (?) sur le blog d'une jeune institutrice belge qui raconte ses débuts , ses difficultés pour décrocher un poste, ses premières angoisses, ses premiers émerveillements avec une candeur et une fièvre qui me ressemblent. Lorsque cela m'arrive, je veux dire de tomber comme cela sur un blog,  et pour peu que je sois accrochée par le thème, les mots ou l'histoire, et je remonte dans les archives jusqu'au tout premier post, et ensuite, cela se lit comme un roman.. Ma déception quand j'apprends tout à la fin qu'elle est partie à Singapour suivre son époux!..mais cela n'enlève rien au plaisir que j'ai eu à me retrouver dans son quotidien.

Un reportage à la télévision m'apprend l'existence, en forme de conte de fées , d'une autre femme, Lucia Iraci, belle sicilienne orpheline de père à deux ans,  ayant quitté son île natale après la disparition volontaire de sa mère, et qui s'est installée à Paris. Elle tient désormais un salon de coiffure réputé où elle coiffe gratuitement un jour par semaine des femmes abîmées par la vie, détruites, pauvres et seules. Une coiffeuse du coeur, en quelque sorte.

Bernard Werber sort son nouvel opus. Wouaou, encore une bonne nouvelle pour moi, qui adore ses livres. Et il  lance cette fois ses héros  Lucrèce et Isidore dans une enquête passionnante sur les origines de l'humour et du rire, enquête dont la victime se trouve être morte...de rire. Pas besoin d'en rajouter, je cours le lire. Je suis convertie, plus la peine de me démontrer l'utilité physiologique du rire, qui masse les organes et fait sécréter des endorphines. 
Téléscopage  incroyable de l'actualité, en même temps sur une autre chaîne, un reportage sur Annie Cordy, l'octogénaire belge en pleine forme qui crée une pièce de théâtre en ce moment à Paris...Une pêche d'enfer due très certainement à un entraînement intensif de ses zygomatiques... Et Bernard Werber d'ajouter avec son petit sourire espiègle:  "on soigne certaines maladies graves en faisant regarder aux gens des films drôles, des comiques, des bandes dessinées..."Il paraît que certaines personnes sont incapables de rire. Cette pathologie  porte un nom savant mais je l'ai oublié.


Nos députés pleins de bons sentiments dégoulinants, qui nous font la morale sur les retraites en nous culpabilisant, et en prêchant la rigueur au nom de la "justice" ne pensaient pas (sont-ils naïfs?) que l'on serait mis au courant de leur dernier exploit: rejeter à la quasi unanimité un amendement (le n°249) qui prévoyait un alignement de leur régime de retraite sur le régime général. La nouvelle tourne en boucle sur le net. "Travaillez, longtemps, cotisez, très longtemps, pendant que nous toucherons 1500 € de retraite après tout juste cinq ans de législature..." J'espère que cette turpitude mise au grand jour fera pencher la balance du côté du peuple...


photo internet