S'asseoir sur le divan...

...Accepter d'effeuiller son âme
Il écoute. Il observe, il analyse sans juger. Il enregistre dans sa mémoire des dizaines, des centaines d'histoires. Toutes terribles. Banales, humaines, mais tragiques quand elles nous arrivent. Il les écoute comme si elles étaient uniques. Il nous écoute comme si on était unique. Il fait émerger des liens subtils entre les faits, les actes, les paroles. Tels les fils colorés d'un canevas géant. Travail admirable que celui du thérapeute. Complexe. Sagace. Humble. Bienveillant. Avisé.
Parfois je me demande si j'aurais pu faire ce métier hors-norme. Fascinant. Parfois je me dis que oui, j'aurais su. En tout cas, j'aurais aimé en être capable. J'aurais aimé soigner les âmes chiffonnées, les âmes poussant comme des arbres rabougris sur des terres arides, les âmes fanées par un vent contraire. Les êtres en recherche, en progrès, en guerre contre eux-mêmes, en crise, en doute. Soigner le substrat de l'humain. Panser les blessures de miroir, les failles intimes, les déchirures de l'enfance.
Laisser les patients se dévoiler, se mettre à nu, lentement, pudiquement, pelure après pelure. Leur apporter, c'est selon, une lumière, une rampe d'atterrissage, une bouée, des cailloux blancs, une boussole, bref les aider à sortir des griffes qui les écorchent, à retrouver leur chemin dans leur jungle existentielle. Oui j'aurais aimé.
Et peut-être parce que j'ai expérimenté à une époque cet effeuillage de moi-même, le coeur à fleur de soi, fragile de mal me connaître, j'apprécie la remarquable série diffusée en ce moment sur la chaîne intelligente. J'y retrouve un parfum de déjà vu qui m'émeut beaucoup. Cela m'aide à mesurer mon chemin parcouru. Et je crois que je ne suis pas la seule.
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En Thérapie, d'Eric Toledano et Olivier Nakache. Arte.
Pour l'atelier de Lakévio du Goût, à qui je demande pardon d'avoir détourné le sujet à des fins personnelles.












