28 mai 2026

Petits fils d'or invisibles







Même seule, sous le ciel constellé,
 d'Altaïr à Vega, 
humant l'air doux de ce beau soir 
où l'été vient avant l'été
tu sais qu'ils sont là. 
Ils palpitent au fond de toi depuis leur arrivée,
eux qui ont tout chamboulé
vêtus de langes blancs et de fraîche innocence
C'était hier.
Il suffit de fermer les yeux, et tu les vois. 
Tu suis le moindre de leurs pas 
depuis le tout premier, balbutiant, émouvant, fragile...sur les carreaux du souvenir. 
Tu sais tout ce qu'ils font, où ils sont, même loin, 
et même en silence, 
leurs âmes te murmurent
Doucement. Cela ne s'arrête jamais.

Parce qu'ils sont à jamais un morceau de toi. 
Un morceau de choix, un morceau de roi. 
Et tu devins reine.
Tu es ce qu'ils ont fait de toi. Tu es une mère. 
A tout moment
Des fils d'or sortent de tes bras, s'envolent dans la rosée, 
Crèvent les nuages amers
passent au-dessus des étangs, 
des fleuves, des forêts blanches
des routes, des ponts suspendus
Ils te relient solidement à ces êtres devenus grands
Dont tu gardes pourtant sous les doigts 
le soyeux de la peau d'opale
Et cette odeur de nuque tendre, de lait, de miel,
de nuits trop courtes et de longs bonheurs en coton
Oh ferme les yeux encore, et vois
Dans la nacelle, en balancelle
Telles de vivantes hirondelles
Malgré leurs barbes et leurs chagrins
leurs jupes et leurs rires étouffés
leurs joies d'adultes en cascatelle
comme les gosses qu'ils étaient
Ces petits fils d'or sont puissants.
Ils te relient malgré le vent
Malgré les griffures du temps
A ceux qui restent 
Infiniment
Infiniment
Infiniment
tes enfants.

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A ma prunelle qui va devenir maman, 
pour mon plus grand bonheur.

06 mai 2026

Cultiver le temps

 


Dans un coin de ma colline, il y a cette vieille bassine en fer blanc, où les oiseaux ont pris l'habitude de venir boire. Mine de rien, observer chaque matin ce pigeon à l'œil rond m'apprend beaucoup sur la vie. Il suit un rituel immuable, se perchant toujours sur la même branche, s'inclinant vers l'eau claire pour y tremper le bec. Puis, demi-tour en se dandinant et envol gracieux, en suivant une trajectoire prévisible. Toujours la même.
Il m'apprend à me réjouir des petits rituels ponctuant l'existence, surtout quand ce sont de douces habitudes. Il fait lui-même partie de mes rituels. Il m'apprend aussi à me réjouir de pouvoir, à l'envi, déroger aux rites et inviter l'inattendu. Choisir de tracer des lignes régulières, ou de laisser courir les gribouillis de l'imagination .
Ainsi, il m'apprend à structurer mon temps, comme on cultive un beau jardin. En préservant des zones où les folles herbes poussent sans frein, et des endroits où l'harmonie exige de la méthode, et du travail. Quelques allées tirées au cordeau, des massifs exubérants, des arbres touffus et d'autres taillés en nuage. 
Ainsi en est-il d'un agenda d'amoureuse de la vie.
Ces dernières semaines ont été riches en événements. J'ai quitté plusieurs fois ma colline, pour aller m'étonner ailleurs. L'étonnement est mon moteur. J'ai à jamais six ans dans les yeux : aussi émerveillée que mes petites étoiles Sibylle, Alba et Thaïs devant les lumières magiques de Terra Nocta. 
J'ai fêté mon anniversaire avec mon amie Anne-So Coquelicot, pour une belle pause nature au coeur du Diois. Et une autre fois avec Hélène, ma jumelle de coeur.
Une balade intense dans le Vercors et ses abîmes, ses routes en lacets, jusqu'à la grotte-cathédrale de Choranche, célèbre pour ses stalactites (tombent) fines comme des aiguilles de cristal, et pour ses « protées », incroyables bestioles répugnantes d'aspect, mais fabuleusement intéressantes scientifiquement.
Un séjour chez ma fille, au soleil d'or d'Antibes, à flaner dans les ruelles jusqu'au marché provençal, et à manger en terrasse. Un autre à Lyon, chez mon fils, le musicien, pour découvrir son nouvel appartement « tellement mieux que le précédent ! » et déguster un plat réunionnais préparé avec amour par Marion. 
Un troisième enfin chez mon autre fils, l'architecte, dans la douceur angevine, pour fêter l'anniversaire de la petite dernière. 
Le coeur empli et la tête bourdonnante, j'ai retrouvé avec bonheur mon ami le pigeon. 
Et la douce tranquillité d'une semaine ouverte à l'imprévu. A juste profiter du ballet entre orages et soleil.

Au bord du Lac Bleu


Sur le sentier de l'Echelle

Dans les vignes de Châtillon



Avec ma prunelle à Antibes

Dans le vieux Lyon chez Arthur

Au pied des falaises du Vercors

Les fameuses stalactites aiguilles de Choranches

Les protées, animaux étranges

Sibylle, Alba et Thaïs sur les épaules des tontons

Terra Nocta et sa magie

Et mon karesansui, dernière nouveauté de notre jardin japonais.



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