Sous-titre : petit délire sans gravité.
Pour l'agenda ironique de Janvier, organisé par Carnets paresseux
le thème est « Espèces d'espaces » et le texte devait contenir les mots imposés suivants :
hippocampe, mimosa, n’importe, chat, manger, tentacule, épuiser, vert.
- « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie… » disait Pascal.
-
Pascal… le fontainier * ?
-
Mais non Marcel, tu n’y es pas, Pascal, c’est le type qui prenait le frais en
regardant les étoiles en bonnet de nuit et qui se tourmentait l’hippocampe à échafauder des théories compliquées
aux tentacules alambiqués…
- Ah
oui !
- Tu
ne connais pas sa petite histoire ? Un jour, à force de cogiter son ergosum,
suivant les conseils avisés de son ami René, et de prendre des paris sur tout
et n’importe quoi, il a eu un éclair de génie des
Carpates, et il est entré comme un seul homme dans une faille
spatio-temporelle. Enfin disons plutôt qu’il s’est pris les pieds dans sa
chemise de nuit, ou dans la queue du chat… bref, il est tombé dans une espèce d’espace-temps
spécial et spacieux.
- Diantre !
C’est spécieux !
- Oui, il s’est retrouvé dans un grand champ de possibles. Rempli de fleurs de
l’âge, d’arbres à Camantêtes et de mi-mosas. (Oui, ce sont des mosas qui n’ont pas fini leur
croissance) Et dans le ciel, quelques nuages de lait qui s’amoncelaient au-dessus du Mont de Vénus.
- Sans blague ! Et ensuite ?
- Ensuite...Il
s’est assis un moment à l’ombre d’un doute, histoire de réfléchir.
- Et
là tu vas me dire qu’une pomme …
- Mais
non, tu confonds avec Nioutonne, l’arboriculteur !
- Autant pour moi.** Et donc ?
- Ne
m’interromps pas tout le temps !
Là, donc,
il a bien été obligé de demander son chemin de Damas. -Vous voyez ce pont d’or,
là-bas ? Lui ont répondu en chœur le passant qui passe et le chaland qui
chiale. Eh bien, prenez-le, longez la rivière de diamants jusqu’à la mine de six
pieds de long. Vous pourrez peut-être y arriver par un train de vie élevé, ou
encore en prenant un ballon d’essai. Mais le plus sûr reste quand même l’autoroute
de l’information. Marchez longtemps,
traversez la forêt de saules meunières, escaladez le plateau télé, laissez les moulins à paroles sur votre droite, avec de beaux bouquets
thématiques sur votre gauche. Marchez encore, tout droit, sur la crête du succès, et si vous êtes épuisé, trouvez l’œil de la
nuit, et fermez-le dans un lit de Procuste, à l’auberge du cul tourné,
non sans avoir au préalable mangé une bonne assiette fiscale assaisonnée
au citron vert.
- Et
alors ? Et alors ?
- Et
alors, surgissant de nulle part, Jean-Claude Vandamme est arrivé. Et il a eu cette phrase
magnifique : « Si on enlevait l'air du ciel, tous les oiseaux tomberaient
par terre » En entendant ça, pas très à l’aise Blaise a renoncé à son périple
à Tétitienne, et il est remonté dare-dare dans son XVII° ciel. Il lui
fallait trouver une phrase exceptionnelle, qui marquerait l’histoire et ferait
oublier cet imposteur du XX° qui risquait de lui voler la vedette des garde-côtes.
C’est là qu’il a pondu sa phrase, la phrase qui me permet de faire de ce texte
d’eunuque décapité (c’est-à-dire sans queue ni tête, mais vous aviez compris, vous êtes sagaces) une splendide, spéciale et
spatiale antépiphore :
« Le
silence éternel de ces espaces infinis m’effraie… »
¸¸.•*¨*• ☆
* Réplique de Marcel Pagnol dans Jean de Florette.
** On devrait d'ailleurs écrire « au temps pour moi » mais ça fait tarte.
** On devrait d'ailleurs écrire « au temps pour moi » mais ça fait tarte.
