Avant de quitter Kyoto, j'aperçois le célèbre Shinkansen, le TGV japonais, sur le quai aérien de la gare, avec sa tête d'albatros échoué sur des rails.
Arrivés à Nara, nous nous rendons au pied du grand Bouddha de Todaiji. Quand je dis grand, c'est quand même une statue de bronze de quinze mètres, aujourd'hui verdâtre mais qui qui fut jadis entièrement recouvert de feuilles d'or. Et toujours ce même regard doux et compassé du Bouddha pour l'espèce humaine. La main levée en signe d'accueil pacifique.
D'autres statues au visage sévère, voire effrayant, sont censés éloigner les démons. A côté de Bouddha, une déesse que notre guide Akiko présente comme l'assistante de Bouddha. En quelque sorte l'infirmière des petits bobos humains, quand il est inutile de déranger le grand chef. Akiko a de l'humour.
Il ne manque qu'une chose dans ce haut-lieu bouddhiste : un peu de silence.
Mais comment faire taire des enfants qui s'amusent comme des fous à se faufiler dans un étroit boyau creusé dans un pilier, rituel apportant la chance et la santé ? Autrefois, le boyau était ouvert aux adultes, mais certaines personnes s'étant retrouvé coincées, ce qui devait être assez comique, il faut l'avouer, on a préféré le réserver aux enfants.
En sortant du temple, le spectacle le plus insolite et charmant s'offre à nous. Des centaines de daims en liberté, pas du tout craintifs, suivent les touristes dans l'espoir de nourriture. Il faut préciser qu'ici, les daims sont considérés comme des dieux, depuis que le fondateur du temple est arrivé juché sur un de ces animaux aux yeux aussi doux que celui de Bouddha. Il est donc interdit de leur faire du mal. Allez expliquer ça à ceux qui les gavent de biscuits : ce n'est pas tout à fait le régime alimentaire d'un herbivore, leur estomac ne doit pas forcément apprécier ! Malgré tout, le parc aux daims est un moment du voyage assez magique.
Les daims ont également investi le sanctuaire shintoïste Kasuga et ses trois mille lanternes de pierre. Des lanternes que l'on allume trois fois par an, à l'occasion de célébrations.
Après les visites, nous profitons d'un moment libre pour flâner dans les boutiques, à la recherche de souvenirs qui feront plaisir à petits et grands. Non, je ne dirai pas ce que j'ai acheté, de crainte que les intéressés ne me lisent.
Je me régale devant les calligraphies japonaises. Et toujours ce goût prononcé pour la propreté. Dans chaque hôtel on nous propose savon, rasoirs, brosses à cheveux, brosses à dents. A se demander s'ils ne nous soupçonneraient pas de ne pas nous laver...
Et toujours le même souci du détail et de la présentation harmonieuse des objets.
Dans le car qui nous emmène à l'étape suivante, j'ai le temps d'écrire, quand je ne saisis pas à la volée avec mon Iphone quelque écriteau très drôle, ou quelque silhouette de château qui se dresse au-dessus d'une forêt de bambou.
(à suivre)



