Parfois, la vie nous broie juste après le petit déjeuner. On avait bien commencé la journée. On avait médité sur le sens de la vie, projeté d'aller tailler les iris avant la pluie, et souri en voyant les mésanges se taper la cloche dans la mangeoire.
Et puis la sonnerie du téléphone grésille désagréablement, et le message tombe comme un glas dans le brouillard.
C'est fini. Il n'a pas souffert. Les mots semblent toujours les mêmes, on est comme dans du coton quand on les entend.
Il n'a pas souffert, non, mais il avait l'âge de l'espoir, l'âge des printemps qui explosent en milliers de petites graines, l'âge où les rêves fusent. L'âge où on ne meurt pas. Trente-cinq ans. L'âge de mon fils aîné. Mon fils aîné anéanti, qui perd son cousin, mais c'était plus qu'un cousin, c'était un frère. Presque un jumeau.
Les souvenirs remontent, telles des bulles de joie un peu incongrue. Je les revois juchés sur leurs vélos, ou faire la bagarre dans la pelouse, comme des chiots joyeux. J'ai l'âme au bord des yeux.
Et ce cri mêlé de stupeur, de colère et de déni, coincé au fond de la gorge, parce que la Griffue emporte toujours ses proies sans prévenir, aveuglément. Bim ! On est vivant et hop, on est mort. A quoi bon protester ? A quoi bon lui dire, à cette grande Egalisatrice, qu'en partant il laisse une petite fille et une femme portant un autre bébé ? A quoi bon lui expliquer combien cela va être terrible pour ceux qui restent. La mort ne s'émeut de rien. Elle n'a pas de pitié.
Ce soir, le vent d'automne a un goût de tristesse absolue. J'avais un peu oublié le pays des larmes, le mystérieux pays des larmes.
A Nicolas
Le mystérieux pays des larmes, il existe alors qu'on voudrait qu'il s'enfuie très loin à jamais. Et pourtant, il est là, tapi, prêt à revenir sur le devant de la scène alors qu'on ne s'y attendait pas. Les larmes coulent et couleront encore mais dans ce mystérieux pays, le soleil reviendra, éclaboussant les souvenirs heureux. Il faudra du temps et encore du temps. Mais le soleil reviendra, d'abord comme une petite lueur qui grandira peu à peu. Bises alpines affectueuses.
RépondreSupprimerMon Dieu ! Trente-cinq ans...On ne s'y fait pas...C'est tellement injuste de partir à cet âge-là...Injuste et terrible. Je t'envoie mes pensées les plus chaleureuses...
RépondreSupprimerOh Celestine, l'horreur a donc encore frappé. Immonde, ignoble, je pense à toi. A ma première maman que je n'ai pas connue, à mes sœurs dont je ne me souviens que de la dernière (huit mois, et deux ans). C'est si loin, et si proche. Le pays des larmes est toujours à nos frontières. Courage ma Grande. A bientôt. Démuni, démuni...
RépondreSupprimerOn se sent misérable et impuissant devant ces coups du sort. Que dire qui ne semble pas trop convenu ? Je pense bien à toi, chère Célestine, et t'envoie toute mon affection.
RépondreSupprimerToute notre amitié vous accompagne également.
RépondreSupprimerLes paroles même les plus douces ne sauraient amoindrir ta peine et ton désarroi face à cette terrible nouvelle!
RépondreSupprimerJ'ai perdu deux neveux : l'un à huit mois et l'autre à sept ans et demi! Sa femme aura besoin du soutien de toute la famille alors sois forte pour elle....Chaudoudoux à volonté ♥
Douceur sur tes larmes et celle de la famille de ton neveu.
RépondreSupprimerOooh Célestine, comme c'est triste. Je me joins à ta douleur, à celle de ton fils et à toute la famille. Oui, on est vivant, et puis hop, l'instant d'après, on est mort. Je t'embrasse très fort, ma douce Amie.
RépondreSupprimerUne bien triste nouvelle. De tout cœur avec vous 💜.je t'embrasse Célestine
RépondreSupprimeroh c'est terrible, tout à fait terrible pour tous ses proches! bises, Célestine.
RépondreSupprimerMa toute belle quelle triste nouvelle, quelle injustice... 35 ans que c'est jeune, je t'envoie toute mon amitié
RépondreSupprimerOh! Que c'est triste Célestine. Il avait le bel âge pour faire tant de projets et puis hop... plus rien. Je suis de tout coeur avec toi et je joins mes pensées chaleureuses à sa famille. Courage mon amie, je t'embrasse fort.
RépondreSupprimerô mince Célestine , ce que l'on ne peut accepter arrive parfois . Cela est affreux , très choquant , tu entres dans une période de deuil et recueillement. Je pense à toi . Bise
RépondreSupprimerL'ami de longue date qui comprend tellement que les mots sont parfois inutiles te prend chaleureusement dans ses bras pour recueillir tes larmes en silence.
RépondreSupprimerAu pays des larmes....
RépondreSupprimerC'est vrai qu'il est mystérieux ce pays, comme l'écrivait St Ex....
Je m'y promenais tout récemment en pleine émotion solidaire face à la souffrance de certains êtres ( parents d'artistes, enfants autistes....).
Mais la perte d'un neveu, d'un cousin, d'un fils, d'un époux, d'un père en pleine jeunesse, au moment où son Amour est la richesse la plus grande sur un parcours de vie pour toute la famille, c'est autrement un voyage douloureux au pays des larmes....
Mes meilleures pensées pour la famille qui est la tienne
Comme Alainx, je t'ouvre les bras, Célestine et ne peux guère que t'encourager à pleurer.
RépondreSupprimerC'est terrible. Quels mots choisir pour exprimer cet immense chagrin, cette incompréhension. Suis de tout coeur avec vous, dans votre douleur familiale. Je pense à votre douleur et à ton neveu qui a perdu la vie en pleine jeunesse.
RépondreSupprimerSincères amitiés dans ce pays de larmes. J'embrasse fort toi et les tiens proches.
Den
C'est terrible. Quels mots choisir pour exprimer cet immense chagrin, cette incompréhension. Suis de tout coeur avec vous, dans cette épreuve familiale. Je pense à votre douleur, et à ton neveu qui a perdu la vie en pleine jeunesse.
RépondreSupprimerSincères amitiés dans ce pays de larmes. Je t'embrasse fort, toi et les tiens proches.
Je perçois le pays des larmes comme un refuge, un endroit où l'on se donne le droit d'extérioriser nos peines, nos souffrances et nos incompréhensions. Certains peuvent partager les souffrances que causent les disparitions avec des proches tandis que d'autres ne peuvent que se rendre au pays des larmes mais de ce pays, il faut pouvoir en sortir.
RépondreSupprimerIl est bien difficile de continuer lorsque qu'on est directement touché par un évènement aussi incompréhensible et cruel. On peut juste laisser les larmes couler et s'entraider les uns les autres. Je t'embrasse. kéa
RépondreSupprimerMes pensées vont vers toi dans un élan de solidarité. Il n'y a rien d'autre à faire pour toi que dire cette tristesse et la partager un peu afin d'en amoindrir la charge.
RépondreSupprimerJe t'embrasse.
Embrasse la. Sois plein de tendresse.
RépondreSupprimerEt il laisse aussi peut-être une maman et un papa qui ne comprennent pas .... Je t'embrasse infiniment ma Céleste. Myo
RépondreSupprimerIl est mystérieux, ce pays des larmes...
RépondreSupprimerAu cours d'une vie, on s'y rend trop souvent.
Jamais, de gaieté de cœur, on passe sa frontière.
Le cœur gros est de rigueur.
On ne sait à l'avance combien durera le séjour...
Mais on fini par le quitter un jour...
Non pas le cœur léger, juste apaisé...
Il est si mystérieux ce pays des larmes,
personne ne se presse d'y retourner...
Je... Je ne sais pas trop quoi dire.
Je me sens maladroit.
Je ne sais pas comment t'atteindre, ou te rejoindre...
Mais, quelque part, je suis avec toi...
C'est vrai que je suis maladroit et un peu "ours" à la fois.
J'espère seulement que ces quelques mots te réchaufferont le cœur, à la manière d'un feu de bois.
Je t'embrasse de toute mon amitié.
C'est si peu.
Didier
Ce n’est pas parce qu’on ne croit pas en quelque chose…que ce « quelque chose » n’existe pas. Et cet endroit mystérieux qui accueille les âmes en errance porte aussi parfois des noms différents. Nul ne sait ni quand ni pourquoi nous quittons notre monde pour cet autre endroit-là Ce qu’on sait c’est qu’il est difficile de voir ceux que l’on aime s’y retirer surtout quand il nous semble que ce n’est vraiment pas le moment : bien trop tôt, bien trop cruel, bien trop difficile…injuste même. Mais nul ne saurait dire ce qui est juste ou injuste dans l’ordre de la vie et de la mort.
RépondreSupprimerIl est aussi vrai qu’il existe dans le cœur des hommes de la place pour aimer, pour s’associer à la peine des autres, espérer les aider à porter leur chagrin. Je crois que cette place, chère Célestine, tous vos lecteurs, tous vos amis, y mettent, en ces jours difficiles, votre neveu bien-aimé, parti en laissant une grande place vide pour sa famille et ses proches. Certains qui croient y associent leur prière…et je veux être de ceux-là. Nul ne sait le pourquoi de ces choses mais nous voulons tous être les bras qui accueillent votre chagrin.
Je vous embrasse.
oups. La signature a disparu. C’était « votre petit nouveau »
RépondreSupprimerOh, ma douce, quelle épreuve à traverser, quel chagrin de perdre ceux que l'on aime surtout quand ce n'est pas dans "l'ordre des choses" !!! Je t'envoie un chant d'étoile dans un champs d'étoiles céleste Célestine et des bises. brigitte
RépondreSupprimerQue c'est triste Célestine. Je suis de tout coeur avec toi et je te serre fort contre mon coeur.
RépondreSupprimerQuelle tristesse....je n'ai pas de mots....
RépondreSupprimerLe malheur ne vous épargne pas, délicieuse. Il me semble même qu’il s’acharne un peu sur vous. Un être jeune qui s’en va, ce n’est pas dans l’ordre des choses. Alors je comprends votre douleur.
RépondreSupprimerMes pauvres mots arrivent bien tard, puissent-ils vous trouver un peu apaisée après cette atroce nouvelle.
Je vous embrasse
~L~
Je m'appelle "la camarde" c'est un nom sympa la camarde. La camarde, ça sonne un peu comme camarade, mais en fait je suis une belle salope ! Ma serpette est encore et toujours bien aiguisée, et PFIUUUUU, je fauche et fauche encore.
RépondreSupprimerAve camarde ! Morituri te salutant.
P.S : Je n'ai pas mis de majuscule à camarde, car je mets des majuscules qu'aux noms propres !
Bien que personne n'est pressé de s'en aller, c'est toujours injuste de voir partir les plus jeunes qui soi.
RépondreSupprimerMes pensées chaleureuses, chère Célestine.
Bisous
C'est terrible et je ne vois rien à ajouter. Eric.
RépondreSupprimerDe tout coeur avec toi, Celestine, avec ton garçon et tes proches, en ces moments douloureux...douces pensées...PaoDora
RépondreSupprimerJe découvre ce billet un peu tard. Je suis triste de lire cette affreuse nouvelle. Je voudrais que les mots aient plus de pouvoir mais.....alors je peux seulement t'embrasser te serrer très fort, de tout mon cœur
RépondreSupprimerJe n'ai pas de mots, trop de choses remontent à la surface de ma mémoire. Au delà des mots vains et inutiles, je t'embrasse très fort Sorellita.
RépondreSupprimerLe pays des larmes est si douloureux, un jour on y pose l'âme et on en garde la cicaatrice...
RépondreSupprimerQue te dire ma biche? Juste que je suis dans une complète empathie, que le sort est injuste et la vie parfois vraiment dégueulasse. Il se trouve qu'il y a quinze jours j'ai assisté à l'enterrement d'un petit cousin de 25 ans seulement, il était papa d'un poupon de quelques mois...je te serre sur mon coeur.
RépondreSupprimerC'est affreux, ce genre de drame. Merci pour ton empathie, Dé.
SupprimerA tout bientôt.
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