26 août 2009

J'aime les poètes


Tout comme l'albatros aux ailes empesées
Chanté par Baudelaire en un vibrant poème
Tu portes sur le monde un regard affligé
Jetant sur la misère humaine l'anathème.

Par bonheur il existe en ce monde perdu
Des hommes tels que toi, aux précieuses antennes,
Ecoutant sans relâche et d'une oreille émue,
Chantant de l'univers, les joies et puis les peines.

Que serait notre vie privée de poésie
Comment tournerait-il, ce monde échevelé,
Sans les mots éperdus, haletants, indécis

De ce prince des nues qui vit sans compromis
De cet ardent champion de la rime et du verbe
Qui pointe nos défauts de son aile superbe.

A Mathéo

23 août 2009

De l'eau à mon moulin (pour Delphine)





Je viens de lire les derniers billets de Delphine, sur le Paraguay, et sur les problèmes de la gestion de l'eau et de la façon dont les hommes semblent se moquer et se contre-moquer de cette situation pourtant gravissime . Je viens de me délecter des commentaires que chacun , avec sa personnalité , a apporté, le très beau poème de Mathéo, la position de FD qui réfléchit en éducatrice, en projetant l'espoir sur les générations futures, Amaury qui donne de précieux éclairages historiques avec un grand sens de la synthèse...Et je me dis que notre prise de conscience n'est pas isolée. Ce ne peut être pas le fait de quelques intellos qui se contenteraient de refaire le monde pour se distraire. Il y a des millions de gens qui pensent comme nous, qui écrivent comme autant de petites mains sur la blogosphère, qui essaient de vivre au quotidien une autre façon de partager les richesses de la planète, en se responsabilisant, et éduquant, en convaincant, un travail de fourmi, des milliers de gouttes d'eau qui feront tôt ou tard un immense océan. Il vaut mieux vivre de cet espoir, qui génère de l'énergie, plutôt que de s'enfermer derrière un "c'est trop tard, ça ne sert à rien" sclérosant et mortifère. Bien sûr qu'il n'est pas trop tard, pour lutter avec chacun ses propres armes contre l'individualisme galopant, l'inconscience ou la mauvaise conscience, l'amoralité, l'égoïsme, la peur de l'autre, toutes ces choses qui nous empêchent de progresser vers le bien de tous. Au quotidien. Par de petits gestes insignifiants peut-être mais lourds de symboles.


Un exemple?

J'étais hier soir à un mariage hors norme, présenté par le marié lui-même comme un mariage "participatif". L'une après l'autre, chaque tablée d'une vingtaine de personnes est devenue "équipe" de serveurs, une pour l'entrée, une pour le plat principal, etc... tout cela s'est fait dans la joie et la bonne humeur. En même temps, le marié commentait ce que nous mangions: chaque élément du menu provenait du village où nous étions,le sanglier qui mangeait ses carottes hier encore, les fruits, le vin, les fromages , les sorbets, les gâteaux , faits maison, que du bon, que du naturel, que de l'équitable. Un merveilleux exemple de ce que l'on peut faire en alliant les bonnes volontés de chacun, sans qu'aucun essaie de s'en mettre "plein les fouilles" selon le modèle libéral mondialiste bien connu, en réduisant les autres à la servitude. Chaque convive s'est senti, à un moment donné de la soirée, une goutte d'eau, un petit maillon dans cette grande chaîne, un élément important de la réussite de la fête. Dans le respect, la solidarité, la joie de partager au sens propre comme au sens figuré. Ce qui m'a impressionnée le plus, ce ne sont pas les assiettes en carton recyclé, le vin non frelaté, les bouquets de fleurs des champs sur les tables, le copain déguisé en clown qui a donné de son temps pour amuser les enfants, ou la chorale formée par toute la famille, un grand moment d'émotion, non, ce qui m'a frappée, c'est l'évidence de ce mode de vie comme générateur de bonheur. Pouvoir faire une noce magnifique de 180 personnes, sans avoir le budget de Rothschild, sans étalage de luxe tapageur, sans gaspillage, avec comme seul fil rouge, finalement, l'Amour .C'est bien ça le plus important. Merci à J et N de nous l'avoir rappelé.

Merci à Delphine, d'avoir apporté tant d'eau à mon moulin.Et merci à tous ceux qui se reconnaissent ou se reconnaîtront dans ce combat en acceptant de devenir à leur tour des gouttes d'eau.

22 août 2009

Molière auteur moderne


La pièce du Tartuffe , que j'ai vue l'autre soir superbement mise en scène en costumes d'aujourd'hui, résonne encore à mes oreilles : un cadre grandiose pour une de ces soirées d'été sous les étoiles, dont la région a le secret, et une interprétation exceptionnelle. J'avais étudié cette pièce en première, et grâce à un professeur extraordinaire, qui nous l'avait fait jouer, je gardais très présentes à l' esprit certaines répliques, mais j'avais seize ans et je ne mesurais pas la portée de ce que je jouais. Je lui découvre aujourd'hui une profondeur, une absolue universalité qui lui donne , malheureusement si j'ose dire, une modernité inquiétante. Ce Tartuffe, faux dévot prêt à tout pour arriver à ses fins, ne m'évoque que trop, hélas, certain homme politique de notre temps, mielleux et patelin, hypocrite et chaffouin, mais terriblement déterminé sous des dehors de sainteté, se frottant les mains comme s'il récitait un chapelet, et entortillant le bas peuple dans des promesses fallacieuses.Je ne vois que trop comment tout un peuple peut se laisser abuser par de belles paroles... Tel Orgon qui aliène à l'imposteur ses biens les plus chers, sa femme, sa fille, sa maison, sa fortune, et qui déshérite ses enfants sans aucun discernement, mes compatriotes sont en train de se faire confisquer par une bande de tartuffes sans s'en apercevoir leurs biens les plus précieux: la Liberté, l'Egalité et la Fraternité.
"J'enrage! " comme dirait Molière.

20 août 2009

les ombres s'allongent imperceptiblement

Le mois d'août flamboie sur les collines, la canicule broie toute envie de bouger le petit doigt. Les soirées s'étirent moites et sereines.
Et pourtant, quelque chose a changé dans le jardin: la lumière de l'après midi est plus ceci, moins cela...difficile à expliquer, on voit bien que la table n'a pas bougé, il y a toujours autant de feuilles sur le figuier, et pourtant l'ambiance n'est plus la même, et on se prend à évoquer septembre comme une réalité qui s'approche.
Et puis on s'aperçoit que les gyneriums pointent timidement leurs premiers plumeaux annonciateurs d'automne, et que les ombres, imperceptiblement se sont allongées, celle du cyprès de Florence vient maintenant nous lécher les pieds quand on s'allonge sur la chaise longue, alors qu'il y a un mois elle était ridiculement petite, comme un manchon autour du pied de l'arbre.
Et là, d'un coup, on se dit que les vacances peut-être bien, ont une fin, même pour les instits qui, comme chacun sait, en ont beaucoup trop, et de beaucoup trop longues...

14 août 2009

quand la démocratie n'est qu'une façade

Le billet d'Amaury , qui s'indigne d'une décision de politique locale qui condamne les 206 arbres d'une avenue à passer par la hache, m'inspire une réflexion sur la façon dont les politiciens (devrais-je dire les politicards ?) s'arrangent avec la notion de démocratie, au mieux de leurs intérêts. C'est bien le cas chaque fois que ces messieurs ont dans leurs cartons des projets déjà ficelés, et pour lesquels ils provoquent une pseudo- consultation, histoire de faire un peu démocratique. Nous avons ainsi assisté en France à une "grand débat" sur l'école, alors que les nouvelles orientations étaient déjà décidées, et que les nouveaux programmes étaient édités. Dans ma ville, on a fait "choisir" les citoyens parmi trois projets d'architectes, alors que celui qui a été soi-disant choisi avait été pressenti bien avant la fameuse consultation.
De nos jours, il est vrai que le sentiment que tout est joué d'avance est machiavéliquement entretenu dans les esprits pour que ceux-ci se résignent, et n'aillent surtout pas se révolter. Mais je persiste à crier haut et fort que rien n'est joué d'avance, que rien n'est fatal, et que tout peut toujours être remis en cause. Et effectivement, , comme le dit si bien Amaury, un petit bulletin dans l'urne peut faire tomber des murs contre lesquels on pensait être obligés de se cogner la tête. Vive la démocratie. La vraie.
 

01 août 2009

La théorie des tiroirs

La vie ressemble un peu, selon moi, à ces commodes anglaises en bois couleur de miel, très à la mode il y a quelques années, remplies de tiroirs de toutes les tailles. Dans chaque tiroir se trouve un compartiment de l'existence: Il y a le tiroir-famille, le plus précieux, rempli d'amour, compartimenté en plusieurs grands tiroirs : le couple, les enfants, les parents, les collatéraux. Puis le tiroir-travail, massif et indispensable, dans lequel se cache comme une gigogne le tiroir-argent, dont le fond est un peu troué par endroit, et où l'on range les courses, le budget, les factures , les traites..., et bien sûr le tiroir-santé. Si le désordre règne dans un de ces trois énormes tiroirs, ou même, sans parler de désordre, si quelque chose ne va pas tout à fait bien, alors la commode devient bancale, et la vie compliquée.
Et puis, il y a d'autres tiroirs plus légers mais tout aussi important pour structurer une vie. Le tiroir-maison, qui n'est pas forcément grand mais demande beaucoup d'énergie et d'attention, le tiroir-amis, plein de choses fraîches et agréables, où l'on n'aime pas que se pointe une déception, le tiroir-vacances, avec ses bonbonnes d'oxygène et ses paysages nouveaux
, bien pratiques quand on étouffe un peu, le tiroir-choses-matérielles-dont-on-pourrait-se-passer-quoi-que..., nom générique pour désigner un tiroir dans lequel on va ranger l'ordinateur, le lave-linge, la bagnole, (oui, je tiens à garder ce substantif désignant bien ce tas de ferraille qui rend des services mais nous le fait payer en se vengeant régulièrement) le frigo, la télé,la chaudière,la tondeuse à gazon...bref, tout un bric-à-brac de trucs immondes qui ne sont là que pour nous faciliter la vie sauf quand ils tombent en panne.
Et puis, tout en haut de la commode, tout un tas de petits tiroirs qui ne semblent être là
que pour faire joli, mais qui ont leur importance, le tiroir-imprévu agréable, plein de sel et de piment, de poésie, de fantaisie, le tiroir-bonnes nouvelles, rempli de guérisons, de décrochages de CDI, de réussites aux examens, de bébés et de mariages, et le tiroir personnel, dans lequel on rangera le temps pour soi, la lecture d'un bon livre, la sieste, l'esthéticienne ou la méditation sur une montagne. N'oublions pas le tiroir-secret dans lequel pousse le jardin du même nom, et qui mériterait, comme le précédent, qu'on y aille un peu plus souvent car il est vite envahi d'herbes folles si l'on n'y prend pas garde.
Quand je regarde l'existence sous cet angle, je ne puis m'empêcher de constater combien il est difficile de maintenir l'harmonie dans tous les tiroirs. La vie, c'est sans doute cela, essayer de ranger au fur et à mesure, et de trier l'urgent du moins urgent. Et j'ai appris, peu à peu, à apprécier ces moments rarissimes et merveilleux où l'on a beau réfléchir, regarder, fouiller
partout, plus rien ne cloche dans aucun tiroir. Ça ne dure jamais bien longtemps, autant le prendre avec philosophie...
Alors on s' assoit et on goûte cet instant de pure perfection, les yeux mi-clos et le sourire béat...et le téléphone sonne, ou le petit dernier se coince les doigts dans une porte...


30 juillet 2009

Picasso éternel























Tout l'été, la ville d'Aix organise une exposition exceptionnelle mettant en lumière la filiation artistique et même spirituelle entre Picasso et Cézanne.
J'ai passé un moment fabuleux, hier, à découvrir le génie absolu de ce maître incontesté, et de son modèle: car Cézanne est vraiment le précurseur du cubisme, et la magie de cette exposition est de le montrer, par des rapprochements subtils entre les tableaux de l'un et de l'autre.
Le parallèle est fort , dans le trait, la monumentalité, l'approche nouvelle des volumes et des couleurs, et surtout le point de vue de l'artiste..
Cent quarante tableaux de Picasso qui vous sautent au visage, vous serrent la gorge par leur présence et l'aura qui s'en dégage. Une vie pleine et fourmillante, racontée de manière adroite par les panneaux explicatifs: un travail superbe!
Le point culminant de la journée fut sans doute la découverte du Château de Vauvenargues, acheté par Picasso à la fin de sa vie. Au pied de la Sainte Victoire, dans une lumière splendide que Cézanne aurait adorée, j'ai eu le coeur serré par tant d'absolue beauté...


Les Trois Baigneuses
de Cézanne ...à Picasso















27 juillet 2009

Une belle rencontre


Pendant les vacances, depuis vingt ans, mes parents tiennent bénévolement ,tous les jeudis, au profit des bonnes oeuvres de la paroisse, une petite boutique , adossée au sanctuaire qui domine leur village, perché à 2000 mètres d'altitude. Point de départ de nombreuses randonnées, c'est aussi un lieu de recueillement et de calme. Les vaches investissent les lieux avec une certaine désinvolture, en liberté surveillée quand même, car leurs clarines ponctuent le silence de leurs tintements graves et doux...Je ne manque jamais le rendez-vous de ce moment hors du temps. Et ce jeudi 16 juillet, ce fut encore plus extraordinaire , car nous avons partagé notre repas avec le père P....... (respectons son anonymat) Imaginez un homme de bientôt 80 ans, droit comme un i, arrivant à moto, et se mettant tout de go à parler grec et latin. Un homme qui pour être prêtre, n'en est pas moins un amoureux de la vie, des bonnes choses: un petit apéritif à l' absinthe , la boisson des peintres maudits, assortie de quelques toasts aux oeufs de lumps, peu commun dans les sacs à dos! une ratatouille arrosée d'un petit verre de rosé bien frais: un pique-nique de grand art! Nos sandwiches faisaient pâle figure mais nous les dégustâmes cependant de bon appétit, tout en devisant de sa jeunesse , de ses études brillantes, de ses voyages innombrables, son humour, son amour des belles lettres classiques.Soudain il se tourna vers mes ados et leur dit:
Tiens, une devinette les enfants:
Dans ces deux vers du Cid de Corneille, comment écrivez vous le dernier verbe?


"Quoi, j'
aurai vu mourir mon père entre mes bras,
Son sang criera vengeance et je ne l'
aurai pas?"


Evidemment , ils dirent tous deux d'une même voix : " C'est le futur du verbe avoir!"
"Eh bien pas du tout, jubila-t-il, c'est le futur du verbe ouïr!" en s'amusant comme un gosse de sa bonne blague.

"Quoi, j'
aurai vu mourir mon père entre mes bras,
Son sang criera vengeance et je ne l'
orrai pas? "

La dictée de Pivot à 2000 mètres d'altitude, ça n'est pas tous les jours...


Son savoir encyclopédique me laissa rêveuse, là, au milieu des sapins, au bord du torrent fougueux de mon enfance. Mes enfants, qu'il trouva fort bien élevés, pour ma plus grande joie, en sont restés comme deux ronds de flans.

25 juillet 2009

lunatique?


Nous discutions l'autre jour de l'adjectif "lunatique" qui s'applique si bien aux femmes, paraît-il.Une de ces discussions de fin de repas, autour d'une tasse de café... Il est vrai qu'il y a une certaine similitude entre les cycles de notre satellite et les nôtres. Enfin, en ce qui concerne la durée...De là à en déduire que nous sommes des êtres régis par la Lune, certains cartésiens de ma connaissance s'y refusent: balivernes, sottises et billevesées.
Il n'empêche que les variations de l'humeur ont donné l'adjectif lunatique, et que les taux d'hormones font varier l'humeur. Un jour triste, l'autre gaie, comment garder l'humeur égale? Et d'abord, est-ce si important d'offrir toujours le même visage? L'ennui naquit un jour de l'uniformité....Mes états d'âme sont comme un paysage vallonné, avec des creux, des bosses, des hauts et des bas, lunatique, oui si l'on veut, moi je préfère dire changeante, surprenante, inattendue , pleine de fantaisie, pleine de ressources insoupçonnées...Et que celui qui prétend s'ennuyer avec moi me jette la première pierre de lune.

22 juillet 2009

les miracles de la technologie



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Ah! la retouche photographique! quelle belle invention...Avec un simple logiciel comme "paint"
on peut faire des petits miracles...En cadeau pour Catherine qui se plaint des fils électriques qui gâchent le plaisir de ses belles photos de Vienne, je me suis amusée à en retoucher une . Ca détend, ça demande de la patience et de la concentration, mais le résultat en vaut la chandelle! Je ne me laisse plus jamais embêter par un fil électrique ou une antenne de télévision! en revanche, j'ai laissé les voitures, pour faire plus ...naturel! (lol, comme dit ma fille)

19 juillet 2009

Montagnes




Je reviens de dix jours de rêve au coeur de mes montagnes chéries du Mercantour. Que c'est beau, la montagne! Quelle formidable source de sérénité, que ces paysages toujours neufs et pourtant empreints d'une sauvage éternité...Là, sous ce ciel immaculé, sur ces sentiers escarpés dominant des vallons majestueux, j'ai oublié. Oublié le bruit et la fureur de la ville, oublié les miasmes de la pollution, les querelles intestines, les vanités, les soubresauts, les dérisoires convulsions de l'âme que la vie nous inflige parfois, les fausses joies, les vrais tracas, les emportements, les bassesses et les colères, les crimes et les châtiments.
En arpentant les ruelles du beau village où mes parents coulent une retraite heureuse, s'aimant comme au premier jour, à Saint Martin Vésubie, havre niché au creux d'une vallée verdoyante, j'ai oublié , oui, l'inutile, le superflu, le provisoire, et alors, l'essentiel m'est apparu dans toute son éclatante évidence, comme les rayons sublimes de ce lever de soleil chaque matin, promesse d'un jour de tranquille bonheur.





La rue Cagnoli, parcourue d'un petit ruisseau que je n'ai rencontré qu'une seule fois ailleurs , dans la ville de Briançon.

14 juillet 2009

vacances


Je suis en vacances...
Pas de connexion...
Pas d'ordi...
Je pense bien à vous...
Je me repose...
A bientôt

05 juillet 2009

C'est tellement difficile les rapports humains!

Je suis bouleversée par le dernier billet de FD . Ce cauchemar des mauvais rapports avec le père (ou la mère) de ses enfants, la peur au ventre, les crises d'angoisse et de colère au moment de la séparation, le chantage affectif, tout ce à quoi j'ai échappé, jusqu'à présent au moins, par une grâce singulière du destin, provoque en moi une admiration et une compassion sans bornes pour les gens qui se battent au quotidien contre cette situation. Oui , les rapports humains sont compliqués, disais-je à ma fille il y a peu, lors d'une de ces conversations complices dont nous avons le secret. Chaque être humain est déjà le résultat d'une somme d'histoires si compliquées! Ce n'est jamais simple, mais l'amour est un sésame qui ouvre bien des portes, et qui fait admettre cette complexité en l'enrobant de douceur et de miel.
Mais que l'Amour disparaisse, et alors cette complexité vire au casse-tête, au cauchemar, à la torture. Les sentiments, la raison, la passion, les pulsions, les harcèlements qui enchaînent les êtres les uns aux autres comme par des maléfices, tout cela enferme dans des relations douloureuses, inhibantes et mortifères. D'ailleurs, le message est clair pour ces ados en mal d'un père digne de ce nom: "c'est mort". Un mot profond, terrifiant et définitif, et qui montre qu'un jeune de 15 ans est parfois beaucoup plus cruellement lucide que nous, qui nous accrochons encore à des chimères...un mot qui prouve que malgré la chape de plomb du "tes père et mère honoreras", l'enfant a surmonté le tabou. Non, on n'est pas obligé d'aimer nos géniteurs, non on n'est pas un monstre si on n'y parvient pas. Tout juste un être humain découvrant la complexité du rapport à l'autre, quel qu'il soit.Un être humain en construction, qui trouvera dans celui qui aime sa mère, l'autre, le beau-père, un modèle bien plus rassurant, et bien plus équilibrant. Parce que l'Amour triomphe toujours en renaissant de ses cendres, plus fort, sous d'autres traits, toujours, comme une fleur à chaque printemps.Le message de FD se termine sur une note d'Espoir. Je lui donne le mien qu'un jour, son courage, sa force, sa détermination à garder le cap, son amour pour ses enfants se verront justement récompensés par un autre très beau mot: le Bonheur.

03 juillet 2009

Dernier jour


C'étaient des pleurs, des rires, une explosion de joie, de la tristesse, des larmes, des cris, du bruit, une grosse fatigue, la chaleur étouffante, les jeux, les rangements, les cahiers emportés, les livres rendus, les dessins décollés, les murs vides, les couloirs vides, le goûter, la musique , trois pas de danse dans la classe, des jus de fruits, des fraises tagada...
C'étaient aussi des adresses échangées, un repas au resto, le champagne payé par la dirlo, des bonnes résolutions, de l'émotion, de la joie, un immense soulagement,
des "au-revoir", des "bonnes vacances" des "repose-toi bien", des "tu pars?", des "on se verra peut-être"...Pas facile de quitter d'un coup les collègues qu'on a côtoyés pendant une année scolaire complète. Alors on se ménage un sas de décompression avant de partir.Et ce sas, c'est le dernier jour de classe. Un jour un peu hors norme, on l'on n'est plus tout à fait en classe et pas tout à fait encore en vacances.C'était aujourd'hui. Demain sera un autre jour...

29 juin 2009

Emotion quand tu nous tiens

Certes, on n'est que des coeurs battants. Mais certains battent plus vite et plus fort que d'autres. Le mien est de ceux-là. Il s'emballe pour un rien, et me voilà à pleurer comme une madeleine, au détour d'une mélodie ou d'une image forte.. Tiens, comme cette vague d'émotion qui m'a emportée en écoutant mes élèves chanter cette magnifique chanson de Pierre Perret , toutes ces têtes blondes et brunes, ces peaux claires et foncées, ces visages innocents et purs tournés vers l'espoir, " peut-être qu'un jour..y aura partout la même couleur, on ne saura plus qui sont les nôtres qui sont les leurs..."

PS: Mélangez vous, mais ne mélangez pas les deux musiques, pensez à mettre le lecteur principal sur pause ! (tout en bas du blog, à gauche)

24 juin 2009

Remaniement ministériel


Alors, résumons nous. Quelle jubilation pour sa Seigneurie d'attraper au lasso le patronyme de Miterrand! Quelle jouissance absolue, sûrement. Et aucune vergogne de la part du porteur dudit patronyme. Qui n'hésite pas une seule seconde à l'appel du maître. N'y aura-t-il donc personne sur la planète pour se comporter en homme libre, et lui dire tout simplement non?Woua! woua! aux pieds, Médor, par ici le bon susucre! Attention, j'ai pas dit Milou, qui est certainement beaucoup plus indépendant et méfiant, presque humain en somme....Ca me rappelle ces personnages de BD qui ont dans leurs yeux injectés de cupidité le S barré du signe "dollar". Le capitaine Haddock, lui, a des bouteilles de whisky dans les prunelles, ça le rend éminemment plus sympathique.Mais qu'est-ce qu'ils ont, tous, à se jeter sur les os que sa majesté leur lance du haut de son trône, pour finir de toutes façons par les congédier dans quelques mois , selon son bon vouloir caractériel? Pouah! Napoléon, sors de ce corps.
Au passage, notons que sur 38 ministres, il n'y a plus que 12 femmes au lieu de 14, bonjour la parité! Mais le plus inquiétant, c'est la disparition pure et simple du ministère des droits de l'homme. SI ça c'est pas un symbole! grrrrrrrr mille sabords, quelle bande de Bachi-Bouzouks et de fox-terriers à poil dur! la colère m'étreint. Quand va-t-on se réveiller? Eh! la République, c'est pour les chiens?

23 juin 2009

petite bêtise

Ouh la la! , j ' ai fait une bêtise apparemment ! J'ai changé l'adresse de mon blog, pour plus de cohérence, sans penser que ça allait perturber mon club de fans. Oups! désolée.
J'espère que tout le monde pourra me retrouver facilement...
Désolée pour ce remue -méninges involontaire.

21 juin 2009

Bonnes nouvelles




Coup sur coup, deux nouvelles sont venues enjoliver la morne plaine de la vie politico sociale de notre pays. L'une concerne la banque de données appelée "base-élèves" qui a été instaurée dans les écoles soi-disant pour faciliter les formalités administratives, et qui est en fait un fichier quasiment policier visant à repérer les délinquants en couche-culottes, et à leur placarder une étiquette sur le front pendant minimum 35 ans. Depuis quelques années, ça hurle dans les milieux éducatifs, à juste titre d'ailleurs. Eh bien, l'ONU vient de déclarer ce système illégal au regard du droit international des enfants. Le ministre va devoir réviser sa copie.
La deuxième bonne nouvelle concerne le projet de loi Hadopi, considérés par les sages du conseil constitutionnel comme irrecevable: on ne peut priver quelqu'un de son droit d'accès à internet, qui participe à la vie démocratique et à l'expression des idées et des opinions.
En gros, notre omni-président, avec sa volonté de vouloir tout régenter à la manière forte, s'est pris deux claques en peu de temps, et ça , ça fait du bien pour la bonne santé de notre pays des Lumières.