04 mai 2011

Je suis un volcan endormi mais pas éteint

La lecture d'un des derniers billets de Miss K  enfonce ses doigts dans la profondeur de mes intimes compulsions, et je m'interroge. C'est peu dire : je me torture, je me soumets à la question. Qu'est ce que le bonheur ? Après quoi court-on, tous, enchaînés à nos rêves, à nos désirs, à nos regrets, enfermés dans des relations mortifères ou décevantes ?  Et pour se sentir vivant, ne faut-il pas souffrir et sans cesse éprouver des sentiments néfastes ? Elle a raison, dans un sens, le bonheur n'est que du malheur en négatif. Ce qu'elle écrit a une force incomparable. Écrire lui permet de s'exorciser, et d'aller mieux. Et , si j'ose dire, elle le fait ...avec bonheur.
Je vois bien, quand je parcours les espaces des autres, quand je lis vos quotidiens, vos attentes, vos frustrations, que ces sentiments négatifs tiennent le haut du pavé dans la tragi-comédie humaine . "Les gens heureux n'ont pas d'histoire", "les chants désespérés sont les chants les plus beaux... "  Ces poncifs éculés, trimballés depuis des lustres jusqu'à en devenir des ectoplasmes mous, des phrases vidées de substances,  des éponges fétides noircies d'avoir essuyé d'un revers de main la douceur, la joie, la bonté en les taxant de mièvrerie, de sirop à l'eau de rose. La cruauté du monde, sa noirceur, nos vicissitudes, nos turpitudes, Iago, MacBeth, Céline, Sophocle, Sartre, Voilà ce qui nous plaît. Et je n'échappe pas à la règle, j'aime bien me faire du mal. J'aime pleurer en lisant. J'aime souffrir. Surtout au cinéma. Là, je suis comme une adolescente qui triture un innocent bouton jusqu'à en faire un furoncle immonde gorgé de pus en écoutant des musiques suicidaires. Je lâche la bonde, je vomis, je me roule dans la fange. Je me laisse emporter dans la spirale infernale de l'auto-flagellation. Je me laisse violer, je saigne, j'enjambe des cadavres et je reste enfermée des heures durant dans une cage en griffant de mes ongles le métal froid.

Du coup, quand je  tente quotidiennement (allez, je vais dire maladroitement, désespérément) de décrire l'autre face du monde, son implacable beauté, l'émotion tremblante que peut procurer l'éclosion d'une fleur d'amaryllis ourlée de quelques perles d'eau, le miracle de l'ordonnancement immuable de la nature,  la sensation d'osmose entre le corps et l'âme que procure les cordes d'un violon quand elles frôlent le cœur...et le bonheur simple de chaque jour, je me sens bêtement béate. Pis que ça, tout à coup,  je me sens con.

Depuis toujours je suis une passionnée, et mes colères, mes révoltes, mes chagrins prennent des dimensions démesurées. Excessive, comme mon signe astrologique, le bélier. 

Entière.  

Je suis une casseuse d'assiettes, de verres, de tout ce qui passe à ma portée en fait quand je ne me contrôle plus,  une claqueuse de portes, une démarreuse de voiture en trombe, une hurleuse. Une jeteuse contre les murs. Une furie. Un volcan en éruption. Une tragédie grecque. 
La tornade blanche, on m'appelle. Une vraie tigresse.
C'est la force destructrice de la soif d'absolu qui m'a gouvernée pendant des années. Jusqu'à ce que j'entame un travail sur moi, et que je parvienne enfin à ériger  la non-violence et la sérénité en ligne de conduite. 

Cette lave, ce bouillonnement perpétuel en moi, et toutes mes compulsions morbides, je tente de les diriger vers le positif,  j'utilise leur puissance comme un combattant de Taï- Ji-Tsu, pour les renverser à mon avantage. 
Mais peut-être, finalement, qu'à force de positiver,  je les contrôle trop, je ne les laisse pas assez s'exprimer ? Peut-être que j'en deviens mièvre?  cucul  ou  gnangnan ? Voire ( ce serait terrible!) les deux à la fois...


03 mai 2011

Un beau cadeau

Je ne me sens pas autorisée encore à parler de mon livre. Une histoire de délais légaux, de référencement, je ne voudrais pas sortir des clous et me mettre mal avec mon éditeur ! Cependant, rien ne m'empêche, à la demande de ma chère Delphine, de vous présenter une œuvre originale qu'une amie artiste m'a offerte. Une merveilleuse amie. De là à y voir un quelconque lien avec le titre d'un roman qui va sortir prochainement, l'Orteil d'Apollon ...il y a des raccourcis faciles, mais, chut ! mystère et boule de glu. Ne disons rien, et admirons simplement l’œuvre de l'artiste ...

30 avril 2011

Active et nonchalante


Je suis époustouflée : non ! Déjà une semaine de vacances et je n'ai rien vu passer ! Et paradoxalement le temps semble s'être étiré, pour la bonne raison que je l'ai vraiment rempli. C'est cela, le paradoxe des vacances : on a l'impression d'avoir fait mille choses, le jour de la sortie paraît très loin , et en même temps ça fuse comme un éclair.

L'omelette au sucreBon, ces considérations métaphysiques de bazar étant posées (si, si, je confirme, ça ne vole pas très haut) je vais pouvoir essayer de décrire ma vie et mon état d'esprit en ce lumineux samedi de fin d'après midi.
Côté actif, j'ai (enfin) terminé la maquette de mon livre, qui va partir pour la Belgique dès lundi. Du coup, les règles de typographie n'ont plus de secret pour moi. Je me suis explosé les yeux sur Word. Et j'ai commencé à écrire un nouveau roman.
J'ai quand même six livres à lire en une semaine, six livres pour enfants, car fidèle à moi-même, (dans la série l'instit qui se casse bien la tête pour ses élèves) j'organise un "défi-lecture" sous forme de "trivial pursuit" pour mes chères têtes blondes, et il faut bien que je sache de quoi parlent les livres que je leur ai demandé de lire. Je vous conseille l'Omelette au sucre, de JP Arrou-Vignod.Un petit régal de nostalgie des années 60 qui raviront ceux qui ont aimé Le Petit Nicolas. Ce n'est pas un scoop, les bons livres "pour enfants" plaisent toujours aux adultes, c'est même à cela qu'on les reconnaît !
J'ai une liste de petites bricoles qui traînent, factures, courrier, raccommodages, 
Je dois aussi trouver du temps pour  préparer mon voyage de fin d'année en me rendant sur place, visiter ce très beau château : et je ne parle pas des tâches ménagères pour lesquelles je dois me motiver à mort ! Il le faut, pourtant, les araignées ont investi la place pendant mon absence, c'est impressionnant, ces braves petites bêtes ...



  

 Côté nonchalant, je me prélasse avec bonheur et sans aucun remords, sous un soleil de presque mai, je laisse les pensées m'effleurer et repartir à pas de loup, je médite, je bois du thé, les paupières encore pleines de mon séjour à Juan les Pins. Parfois, ma gorge se serre devant la beauté des choses et leur fragilité. Mes parents m'émeuvent, ils sont en sursis, et j'ai beau me dire que nous le sommes tous, il n'y a pas à dire, ils le sont davantage. Les relations humaines me brassent, me questionnent, la mélancolie me terrasse au moment de devoir toujours se séparer des êtres que j'aime. Un frère lointain que je vois trop peu, des nièces adorables, une amie délicieuse avec qui j'ai partagé ça :



 Travail, famille, bonheur. Je me répète, sans doute. Mais c'est encore et toujours ma devise.


photos internet et Célestine 

22 avril 2011

Des frissons


Elle aime frissonner.  
C'est une sensation qui lui plaît. Elle frissonne d'émerveillement devant un tableau, elle frissonne de plaisir, d'attente, de joie, d'excitation, elle frissonne sous le regard insistant d'un bel inconnu, dans le train, elle frissonne à la pensée d'une soirée où le courant passera, elle le sait. Elle connaît ce sentiment jubilatoire qui soulève son cœur dans sa poitrine. Elle aime la connivence de certains yeux, de certaines bouches. Il lui suffit de fermer les paupières, d'imaginer...Elle sait terriblement imaginer, au point que les images en deviennent presque réelles: c'est cela qui la fait frissonner, depuis toujours. Dans ses rêves, certains baisers laissent sur ses lèvres, au réveil, un étrange goût de réalité.
La nuque de certains hommes, douce et émouvante, avec ce  creux juste fait pour accueillir la main , cela peut la faire chavirer.  Un lobe, aussi, parfois. Une commissure. La courbe d'une frange de cils. Un éclair bleu. Les hommes sont des puzzles dont chaque pièce peut emporter le frisson. le rêve lui suffit. Il l'emplit.
Pour peu que la musique s'en mêle, la voilà partie dans ses émois érotico-intellectuels, cette exultation des sens et de l'esprit. Elle vibre. Comme la corde d'un arc sous le souffle du vent.Son jardin secret est un champ de blé ondulant sous la houle d'un frisson permanent.

16 avril 2011

Le dépassement de soi...

Ah! voilà enfin un peu de calme après une semaine à me faire crépiter les neurones. J'ai bien cru que je passais plusieurs fois à la limite de l'apoplexie! Organiser la même semaine le loto de l'école et le cross, quelle erreur de débutante!
Enfin, ces deux activités hautement relationnelles m'ont permis de constater la vaste palette  des "techniques" éducatives des jeunes parents actuels. 
Le loto, tout d'abord. En fonction de la place des mouflets à la table de jeu, je pouvais, de mon perchoir, observer ce microcosme et déterminer les valeurs (ou les non valeurs) de chaque famille, les Duquesnoy et les Groseille en pleine action, ou leurs avatars modernes: les Boulay et les Lepic.
De la rigueur catho bon enfant pleine de grands principes guindés et un peu obsolètes,  à la démission complète de la famille Bidochon, en passant par les bobos ex soixante-huitards permissifs mais bon chic bon genre, les enfants restaient soit sagement assis, tresses nouées, culs serrés et sourire aux lèvres, soit se levaient pour se dégourdir les jambes entre deux parties, sans quitter le  regard admiratif et attendri de leurs géniteurs, soit (et c'est le pire) échappèrent complètement à la surveillance de leurs parents pour aller se masser en grappes sur le parking extérieur, où les attendaient les joies ineffables de pénétrer dans un chantier interdit au public et hérissé d'énormes dangers, genre trou béant, pelle mécanique ou câbles électriques sous tension. 
Cette dernière catégorie de parents était paradoxalement la plus attentive au tirage des numéros, il s'agissait de la gagner, cette sacrée télé écran plat haute définition! Mais ils devaient penser que le loto étant organisé par l'école, c'était forcément l'école qui se chargeait de surveiller leurs lardons. Euh...à neuf heures du soir, ce n'est plus de la conscience professionnelle, c'est de l'apostolat là, du catéchisme laïque! "Faut arrêter!" comme dit l'expression populaire en vogue qui me donne des gerçures.
Cette dernière catégorie de parents étant (il faut le noter) également la plus hargneuse à nous rappeler notre devoir de surveillance dans la cour, une façon pratique de nous faire croire qu'ils ne lésinent pas sur la sécurité de leur progéniture. Soyons zen! Je m'entendis pourtant faire un beau discours d'ouverture sur les valeurs de l' École et le partenariat avec les familles...mais il faut croire que les esprits étaient  davantage troublés par les odeurs de hot-dogs et la vision des alléchants gros lots que par ma prose vibrante de conviction .

Le cross d'hier me donna une fois de plus matière à observer les mœurs étranges de certains parents. (En gros, un peu toujours les mêmes).
Nous dressâmes préalablement une liste des parents dévoués qui avaient répondu présent dans les jours précédents, pour donner un coup de main: installer et baliser le parcours, assurer le guidage des courses, et veiller à ce que tout se déroule bien. Nous attribuâmes donc un rôle à tous ces bénévoles précieux. C'est là que je vis sortir de derrière les fagots des "volontaires" de la dernière heure qui ne venaient là en fait que pour regarder courir leur petits rois et princesses, des papas bardés d'appareils photo, des mamans certes très gentilles mais bardées, elles, d'une poussette, ce qui prouvent qu'elles n'avaient pas tout à fait  intégré le rôle de commissaire de course...L'une d'elle me demanda même une chaise pour pouvoir allaiter bébé, qui s'est bien pris le vent, le bruit  et la poussière tout l'après midi mais bon, c'était pour aider l'école, quand même!
Le matin, j'avais assisté abasourdie à un festival téléphonique d'excuses bidons pour ne pas faire le cross (petite coursinette de 950 mètres il faut le préciser au cas où vous penseriez qu'on les entraîne pour le marathon) Je ne vous raconte pas le nombre de fatigues soudaines, de chevilles foulées, de fièvres inexpliquées et subites, d'intempestifs maux de ventre , de dents, de cou,  de dos et autres migraines ravageuses, et même une éruption géante de boutons obligeant cette pauvre enfant à ne porter que des tongs. Humiliant! on ne peut quand même pas courir en tongs, vous pensez bien! Je me demande si on nous prend pas un peu pour des quiches, de temps en temps...
Puis quand à l'issue de l'après midi, je leur demandai ce qu'elles en avaient pensé, l'une d'elles me dit qu'elle avait vu beaucoup d'enfants pleurer et que ça l'avait choquée. Les pauvres choux! je dus faire là encore un petit speech sur les valeurs du sport, l'école de la volonté et du dépassement de soi, et le souvenir formidable qu'ils garderaient tous d'avoir "surmonté" l'épreuve et d'être"comme les autres".
Moi, il y a des jours, j'ai l'impression d'être une extra-terrestre.







Photos internet

14 avril 2011

Anniversaire

Pour mon anniversaire 
je voudrais...
arrêter le temps, gommer la mort, ne plus sentir s'écouler dans mon corps les inexorables grains de sable qui nous rapprochent tous de la fin,
je voudrais  du bonheur du soleil pour chacun,
que les triturations de l'âme fassent place aux épanchements de joie,
je voudrais que la Vie soit bonne à jamais pour tout ce qu'elle engendre
je voudrais que mes vœux ne soient pas d'inutiles cris muets dans l'incertitude absolue et glacée d'un univers hostile.

Je ne voudrais seulement que des jours de fièvre et de miel, des jours couleur d'orange et des  jours de lumière
je voudrais garder dans mon ventre la chair de ma chair 
et la chair de la chair de ma chair
jusqu'à la fin des temps
redevenir un peu fœtus de temps en temps


























Je voudrais des plumes et du vent
des voiles blanches, des goélands,
des plages surprenantes et des lunes en croissant
des bras autour de moi jusqu'à la fin des vents
ne plus pleurer, ne plus vomir, ça oui,  ne plus vomir surtout sur les aberrations du monde.

Hein? je rêve?
Et puis, alors, bien le droit, non?
Aujourd'hui, j'ai 27.349.920  minutes et c'est pas tous les jours!

11 avril 2011

Dolce Vita

Un ciel de lin. L'envol du thermomètre. L'été. 
L'été en avril...Étonnant. Un caprice de la météo sans doute. Des records sûrement dus à un dérèglement inquiétant...
Un jardin étourdissant de merles et de lumière.
Les rogues et les fielleux ne vont pas tarder à dire que c'est trop tôt, que c'est pas normal, ma brave dame, on va le payer...
En attendant, moi, je profite.
Je croule sous le boulot, mais au soleil, ça change tout!
Et entre deux piles de dossiers...
...Je bois du thé et  je parle à mes fleurs.






















Photos Célestine

02 avril 2011

Belles

Elles nous donnent une sacrée leçon  de courage en se battant contre ces vilains nénuphars qui leur mangent le ventre ou la poitrine. Elles n'ont plus de cheveux, elles subissent les misères de traitements très lourds, le cœur au bord des lèvres,  et pourtant elles sourient, leur voix est douce et enjouée au téléphone.
Elles connaissent maintenant le prix exact de la vie. Elles ont le secret. Elles savent combien ce fil fragile peut se rompre à tout instant. Elles ne pestent plus contre rien. Elles apprécient chaque minute de l'existence, chaque victoire, chaque petit rien. Elles utilisent leur faiblesse comme une force pour se reconstruire de l'intérieur.
C'est ma collègue de travail, et c'est ma belle-sœur. 
C'est sûrement quelqu'un dans votre entourage aussi. Le cancer a allumé au fond d'elles une petite lumière vive qui les rend belles malgré les cernes et leur crâne à la Nathalie Portman.
Elles sont admirables.
Discuter avec elles aujourd'hui a effacé mes peurs et m'a rendue étrangement sereine.
J' avais envie de leur dire merci.















 Photo Internet

31 mars 2011

Racines

J'aime les landes battues par le vent, les paysages tourmentés de vagues et de sel.
J'aime les prés verts et humides de l'Irlande, les châteaux écossais, les tavernes galloises. 
Mon cœur arpente ces bruyères échevelées , ces collines sous un ciel d'encre violette aux nuages effrénés.
Mon esprit vagabonde sur ces collines arrondies sous le poids des moutons à la laine grasse, longe les falaises dominant une mer grise et froide. 
Les cornemuses miaulent au loin, et leur plainte éveille en moi la fibre d'une lointaine ascendance.
Il ne m'en reste que quelques taches de rousseur sur le nez, mais il y a des jours 
où je me sens gaélique jusqu'au bout des ongles.

27 mars 2011

On peut rêver!


J'ai écrit un roman il y a quelque temps.
J'en avais déjà un  peu parlé
 ici   et  là.
Il dormait dans un coin de ma mémoire comme  un petit ours engourdi par l'hibernation. A dire vrai, je n'y pensais plus, tant de réponses négatives m'ayant un peu refroidie dans mon élan.
Et puis , voilà quelques jours, apportée par le vent comme les effluves des fleurs d'amandier, la bonne nouvelle est arrivée: un éditeur a accepté mon manuscrit.
Il m'a fallu une bonne semaine pour redescendre de mon  nuage rose. A dire vrai, je n'y croyais pas. J'ai dû, pour me pincer, écrire vite un mail à mes deux " marraines", les deux bonnes fées qui se sont penchées sur mon berceau de " bébé auteur"...Remercier Coumarine et Edmée  me semblait la meilleure façon de me convaincre que je ne rêvais plus, que la réalité était bien là, dans ce contrat, ce manuscrit précieusement annoté. Ce sont elles qui m'ont soutenue, qui m'ont montré la voie, qui m'ont donné l'envie de croire à tous les possibles. Je ne les remercierai jamais assez. 

Mais j'ai aussi une pensée très particulière pour Cathy et Jean-Pierre auteurs de romans confirmés et talentueux, Damien, l'homme des terres lointaines qui embarque ses lecteurs au bout du bout du monde, AlainX qui vient de publier un formidable  premier livre d'introspection, et Petit Belge, qui n'en est pas à son coup d'essai, puisqu'il a publié une demi-douzaine d'ouvrages sur l'histoire de son beau pays...Vous aussi,par vos écrits, vous m'avez donné l'envie d'y croire.

Vous connaissez  le sentiment de plénitude qui m'a envahie, comment le décrire? Voir se réaliser un rêve que l'on poursuit depuis l'adolescence donne des ailes. Je tiens dans mes mains une clé précieuse, l'écriture, et l'on m'a donné la permission de m'en servir pour partager mes émotions avec mes contemporains. C'est merveilleux. Derrière la porte, des contrées infiniment nouvelles s'offrent à moi . Même si ce n'est qu'une toute petite clé, maintenant, je sais que , quand on le veut très fort, les rêves se réalisent.(Mon côté Alice, sans doute)...

Je voudrais dire à tous ceux d'entre vous, les autres, ceux qui n'ont pas encore publié mais qui en ont peut-être caressé le projet, ceux  qui possèdent ce beau brin de plume si prisé par les amateurs de mots comme moi,  oui, c'est possible. Le rêve est un moteur puissant, alors, si vous en avez le désir, lancez-vous! On peut rêver, c'est permis.

Je voudrais dédier particulièrement ce billet à Delphine, qui a posé le premier commentaire sur mon blog un beau jour de février 2009. Sans elle,les choses auraient pris une toute autre tournure. Magie du hasard...

23 mars 2011

Un enfant

Il n'est pas comme les autres. Il est haut comme trois pommes, de grands yeux bleus et des cheveux bouclés d'angelot. Pourtant, quelque chose dans son regard se voile parfois, laissant entrevoir des vertiges qui glacent. L'angelot cache des démons. Il a bien essayé, pourtant, quelque temps, de se conformer aux règles de vie commune. Il a essayé d'oublier. Mais c'est un enfant en colère. En colère perpétuelle contre tout. La vie qui ne l'a pas épargné, et pourtant il n'a que neuf ans. Les adultes qu'il assimile à des ennemis, les autres enfants qui ne peuvent pas comprendre sa souffrance. Des enfants policés, naïfs, trop bien habillés, trop polis, insupportables pour lui. Et  ce cri coincé en travers de sa gorge qui s'échappe parfois en une plainte. Il jure, alors, il peste comme un charretier, horrifiant l'assistance,  il balance ses bras et ses jambes avec la force de son désespoir. Il voudrait partir, très loin, se sauver et ne plus voir personne. Il voudrait qu'on lui extirpe sa douleur, il voudrait comprendre pourquoi sa mère l'a laissé, pourquoi la violence lui a tenu lieu de berceau, de langes et de doudou. N'y a-t-il pas quelqu'un ici qui le verra comme il est?  Un être déchiré par le non-sens de l'existence.
Apprendre, travailler sont des mots étrangers. Ils ne servent à rien. Obéir à des règles? Comment le pourrait-il? Le monde n'est qu'un infâme cloaque où il se débat. Tous les coups sont permis dans cet univers vénéneux où il  tente de survivre . Les adultes se battent et se poignardent, les femmes s'insultent et se prostituent, les enfants sont des paquets de chiffons encombrants . On les laisse errer seuls dans la rue pour aiguiser leurs griffes. Car leur avenir sombre d'avance dans la violence. Le punir? Mais la vie chaque jour le punit bien assez, et depuis trop longtemps. Alors on entreprend des démarches administratives, signalement, information préoccupante, (doux euphémisme) assistante sociale, parquet, procureur, placement, et la mort dans l'âme, on va regarder s'éloigner cet être écorché vif qui "se met en danger ainsi que ses camarades" avec un drôle de goût amer au fond de la bouche. Un mélange de soulagement, de défaite et d'impuissance.
Je ne pourrai pas t'oublier, ténébreux petit prince. J'ai encore mal aux bras de t'avoir empêché de te jeter par la fenêtre.

20 mars 2011

C'est le Printemps

 Hutte des Bois nous fait partager sa promenade fleurie à travers une ville
 qui a revêtu de somptueux appâts pour  faire basculer les passants dans sa magie.
Les fleurs et les oiseaux correspondent secrètement pour mêler dans une symphonie
les parfums, les couleurs et les sons.Les coeurs exultent et les corps se gonflent
de turgescents désirs.
C'est le printemps.

17 mars 2011

我々はあなた達と共にあります

Nous sommes avec vous
Parce que nous sommes comme vous
Peuple du bout de la terre

地の果てからの人々


La Terre vous a meurtris
La mer vous a blessés
Et notre cœur entend votre peine

私たちの心はあなたの痛みを聞く


Un jour viendra, d'ambre et de miel,
où vous retrouverez la paix
les cerisiers refleuriront

桜の木が再び開花する

14 mars 2011

Tatie, raconte moi une histoire...

Tatie, raconte moi une histoire avant de dormir, s'il te plaît, Tatie !
-Oui mais pas trop longue alors, hein, parce que Tatie est fatiguée, si tu savais...iI faut dire que cet après midi, il m'est arrivé un truc peu commun.
-Ah bon? C'est quoi, commun?
-Ça veut dire...que ça n'arrive pas à tout le monde. J'étais sur ma chaise longue, je savourais le soleil de printemps...
-C'est quoi, savourais ?
-Ça veut dire que je me sentais bien, là, j'avais chaud, mais à force d'avoir chaud, eh bien, vois-tu, j'ai eu soif. Alors je me suis dit: « il doit y avoir des cannettes bien fraîches dans le réfrigérateur..."Je m'évertuais à...
-C'est quoi, évertuais ?
-Bon, si tu m'interromps tout le temps, aussi! Ça veut dire que je faisais très attention à ne pas réveiller Tonton qui ronflait dans le canapé. J'ai ouvert le frigo, et là, je ne sais pas comment c'est arrivé...je suis tombée dedans.
-Dedans ?
-Oui, dans le bac à légumes. Et la porte s'est refermée. Les patates et les carottes m'ont regardée d'un drôle d'air. "Ça sent le pâté", a dit l'une. "Qu'est-ce qu'elle fait là, cette grande asperge ?"  a répondu l'autre.
-Et alors Tatie ? raconte, dis ! ...
-Alors j'ai réussi à me hisser à l'étage du dessus. Ah, ça, je n'avais plus chaud du tout! Je commençais même à me les geler sérieusement!
-Te geler quoi?
-Pfffff! C'est une expression ! Bon je ne te raconte pas l'odeur, à cet étage-là! J'étais tombée sur les fromages...Le cantal m'a dit d'un ton sentimental: "que faites-vous là, très chère?"
-C'est quoi, sentimental ?
-C'est pour la rime...Ensuite, il a fallu que je me tape l'étage des charcuteries, et des plats cuisinés, j'en avais le cœur tout retourné. Et il faisait six au-dessous de zéro. J'ai trébuché dans un pot de yaourt entamé: celui que tu n'as pas fini à midi, mademoiselle !
Copie_de_DSCF2943-J'avais plus faim...mais dis-moi, Tatie, dans les frigos, elle reste allumée alors, la lumière, quand la porte est fermée ?
-Ben oui, c'est bizarre, j'aurais juré le contraire. Enfin, je suis  arrivée tout en haut, complètement congelée, et dans le freezer...mon dieu, c'est affreux!
-Quoi ? Quoi ?
-Il y avait...un homme tout blanc, d'un blanc presque bleu de glacier boréal, qui m'a regardé, sans rien dire, d'un air triangulaire...
-Quelle horreur ! Et... ?
-...Ton oncle a ouvert le frigo pour se prendre une bière, et je suis sortie en courant , me remettre au soleil en claquant des dents. Tu comprends que cette aventure m'ait épuisée!
-Bon, alors maintenant ,Tatie, raconte moi une histoire, tu as promis!
-ENCORE!!!???


La consigne d'écriture était ici.

11 mars 2011

Petits et grands bonheurs **

 Inventaire des kifs de chaque jour.

Nonchalamment appuyée au rebord de ma fenêtre, en plein soleil, je repensais à ces petites vacances si pleines de bonheurs simples. Boucler une minuscule valise remplie d'essentiel, monter dans un train et regarder défiler les arbres et les champs de la France profonde, le corps alangui par le doux trémoussement des wagons sur les rails: voilà de quoi se mettre l'âme en joie. Observer le visage de mes compagnons de voyage,  et leur imaginer une vie, des passions,un but.
La mer et ses effluves,  Collioure et son port lové autour de sa tour, les mimosas en fleurs  et la majesté du Canigou couronné de neige, j'en ai déjà parlé dans un précédent billet. 
Puis , un peu plus tard dans la semaine, une journée particulière avec ma sœur unique et préférée,toute en délices et en fou-rires. Marcher à plein poumons, manger des quenelles frites,  acheter du chocolat bleu. (si, si!)  Cette chère Hutte des Bois m'a fait pour l'occasion découvrir un livre si proche de ma façon de concevoir l'existence que j'aurais pu l'écrire moi même...
Le week-end suivant, je partis pour Paris, où je rencontrai la délicieuse Marie Madeleine, qui m'a dédié un joli billet sur son blog. Nous passâmes un moment hors du temps, à découvrir nos complémentarités sous un soleil très généreux pour la Capitale, (surtout en cette saison) j'en étais la première étonnée, moi la fille du Sud...
Je passai aussi un excellent moment à rêver au fabuleux destin de Françoise , qui exposait ses calligrammes dans une galerie parisienne. Même si sa girafulle s'est un peu brûlé les ailes aux feux de l'indifférence médiatique, je suis sûre qu'elle va rebondir.
Une pièce de théâtre légère,  avec la grande Balasko, et un petit détour par le Centre Beaubourg furent les points d'orgue culturels de ce week-end hors norme avec mon grand fils pour moi toute seule. Entre temps, nous refîmes le monde durant des heures dans un petit restaurant italien de la rue Saint Martin.
Et puis, de retour au bercail, le sourire, l'odeur sucrée du petit Valentin, dans mes bras cet après-midi, un mois et demi, un paquet d'innocence gros comme le poing.  
Un thé aux fleurs de cerisier du Japon avec une amie dans un salon rose et vert fluo.
Un poulet rôti dégusté dehors, au soleil.
 Trois anniversaires,  une journée de la femme.
Deux films valant le détour: "les femmes du sixième étage " avec Fabrice Lucchini, émouvant et drôle, et "Le Discours d'un Roi" avec Colin Firth, déchirant et sublime.
 Un grand ménage de printemps, quand tout sent bon dans la maison et qu'on range enfin le placard à chaussures.
Et , en cherchant bien , dans le jardin, là bas, peut-être un raton laveur...

Pour tout dire, ce sont des dizaines de kifs par jour auxquels j'ai eu droit durant ces vacances magnifiques.Oh la la, mais quelle chance j'ai, de vivre.

** Un autre kif facile à réaliser: savoir écouter les critiques (constructives) et faire plaisir à ceux qui les ont formulées en leur montrant combien on les respecte, c'est que du b...euh, c'est une grande félicité. (clin d'œil à Miss K et à Adrienne.)

08 mars 2011

J'aime les femmes...et les hommes aussi!

Lettre ouverte à Coumarine, une femme parmi tant d'autres.

Mais comme tu dis bien les femmes, Coumarine!
Prenons ton dernier opus, aiguisé comme un estomac qui gargouille et ciselé comme un oignon blanc: son parfum subtil fait couler les yeux et fouaille nos entrailles de filles d'Eve. 
Il y a nos peurs , celle de la chair violentée  qui se refuse, celle de la passion qui enivre, celle de la mère qui tremble pour son enfant.
Les doutes, les révoltes, les yeux grand fermés de la fillette qui ne veut pas voir ce qui ne se dit pas,  les émois de la fille facile ou de la vieille femme amère qui regarde partir sa jeunesse dans une volute de fumée. L'incompréhension, les bulles étanches d'incommunicabilité  entre les sexes, plus closes que des citadelles, parfois. La soumission mue en colère, l'admiration changée en haine.
Il y a l'amour plus grand, plus fort,  que tout, filial, adultère, maternel, passionnel, résigné, les mots trop dits, les mots cachés, les hontes, les tromperies, les joies, les hésitations, les routines et les découvertes.
Le vertige de la séduction , l'odeur de la peau, le croustillant d'une fesse ou d'un sein blanc , les improbables rendez-vous clandestins, l'implacable loi de l'attirance qui se rit du devoir et des convenances.
Les dégoûts, les trahisons,  les envies, les regrets, les chagrins, les douleurs muettes, tout ce qui rend les femmes uniques et éternelles,ces êtres compliqués et passionnants dont vous ne sauriez vous passer, vous les hommes, et qui vous le rendent bien. Je dirais même au centuple.
Il y a tout cela dans ton livre de rire  et de larmes, Coumarine, et bien plus encore. Venez tous  partager un repas à cette table, somptueuse, chatoyante et solaire comme la robe d'un Saint Emilion.
Les Dessous de Table, Nicole Versailles, Memory Press 2010

01 mars 2011

impression soleil levant

C'est dans ces moments de papier de soie que je me sens vivante. Des moments de vanille, de lait de bébé, de miel. C'est dans ces instants précieux d'ambre et de sel que mille couleurs plongent dans les veines, sensations contradictoires, sentiments diffus et bouleversants. Des abeilles qui vrombissent aux oreilles, des chants de merles, de petits sentiers dans la colline remplie d'odeurs et soudain une découverte inédite de la mer. Une mer plate comme un lac, dans une attitude ramassée, prête à bondir comme un chat au gré du ressac sur le sable des grèves blanches. Un ciel d'orage d'un bleu gris, et des rais de lumière fins et dorés traversant la mousse des nuages.Se sentir vivante, c'est ce coup de poing quelque part au-dessous du nombril, très exactement là où tout démarre. Une vague , une onde de feu catalan. Une force immense m'envahit, je me sens devenir toutes les aubes et tous les crépuscules. Je pourrais rester immobile des jours  à rêver ce vol de mouettes, et la parillada et le tintement doux des cloches au petit matin. Avec une incoercible envie de mourir, là, foudroyée par tant de beauté et d'évidente élégance du destin. 

25 février 2011

Je pars

Respirer ouvrir les poumons soulever le diaphragme ouvrir les yeux sur le vent du large ouvrir les oreilles aux cris des oiseaux goûter marcher rire écouter oublier découvrir méditer s'amuser rire chanter ramasser sur le sable quelques grains pour nourrir  de bonheur l'existence.

A bientôt