L’enfant ne se trompe pas. Le théâtre est bien un autre
monde. Le roman en est un aussi, et l’histoire. Mais on les lit chez soi,
entouré d’objets familiers ; on les quitte et on les reprend à sa fantaisie.
Le
théâtre, au contraire, exige que vous vous déplaciez, que vous n’entendiez plus
les bruits de l’extérieur ... il vous retire, pendant quelques heures, de la
circulation. Le Babouc de Voltaire, la première fois que ses hôtes de
Persépolis le mènent à la comédie, a l’impression qu’on l’introduit dans une espèce
de basilique où se donne une fête publique tous les jours de l’année. Vous êtes
là avec des centaines de personnes qui attendent comme vous qu’un immense
rideau se lève, et, lorsqu’il se lève, un grand silence se fait.
André Bellesort. Le plaisir du théâtre. 1936
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| In ? ... |
Viens, je t'emmène dans un endroit extraordinaire. Tu veux bien lâcher un peu tes occupations pour te plonger dans la folie ? Mais oui, car le Festival, c'est une douce folie. Une folie agréable. Une ode à l'éphémère et à l'absurde, à cette chose inutile et si indispensable que l'on nomme l'Art. Le Théâtre. La Vie quoi.
On arpentera les ruelles animées, bruyantes, enivrés de parfums et de sons, la célèbre rue des Teinturiers nous tendra ses calicots, la rue des Lices (ô délices !) et le Cours Jaurès éclateront de bruit et de couleurs. La Place de l'Horloge donnera le tempo. Partout, des milliers d'affiches alléchantes. On aura envie de tout voir.
On dégustera des frites et des glaces maison.
Tu préfèreras peut-être une salade grecque, peu importe. On se sentira bien.
On rencontrera les acteurs. Fougueux, extravertis, anonymes et pleins de talent. Chacun ira de son couplet pour attirer le spectateur dans ses rêts. Pas de salles vides, surtout. C'est l'urgence du partage, et la fièvre du trac, qui leur donnent cette frénésie.
Tu vas voir : on se laisse vite prendre au doux balancement des affiches, au rythme fou du programme, à la danse du ventre des baladins intermittents.
Là haut, dans les sphères feutrées du In, sous les murailles hautaines du Palais des Papes, les joyaux classiques rivalisent d'apparat.
Moi je t'emmène ailleurs. C'est le Off, bien sûr. Mon préféré. C'est là que tout se joue.
C'est une chance d'habiter à quelques lieues seulement de ce chaudron créatif si mythique. Je te laisserai choisir les pièces, allez, car j'aime me laisser surprendre sans a-priori. Etre surprise ou déçue, peu importe. C'est le jeu. Nous passerons une journée délicieuse, alternant la clarté sauvage du soleil de Provence et la fraîcheur obscure et intime des salles de poche, en passant par l'ombre aimable des tilleuls et des fontaines.
Ce sera inoubliable, tu verras.
Tu n'auras qu'une envie : y retourner.
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| ...ou off ? |
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| D'autres splendides photos ICI |
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