12 juillet 2019

Dans la plaine les baladins...




L’enfant ne se trompe pas. Le théâtre est bien un autre monde. Le roman en est un aussi, et l’histoire. Mais on les lit chez soi, entouré d’objets familiers ; on les quitte et on les reprend à sa fantaisie. 
Le théâtre, au contraire, exige que vous vous déplaciez, que vous n’entendiez plus les bruits de l’extérieur ... il vous retire, pendant quelques heures, de la circulation. Le Babouc de Voltaire, la première fois que ses hôtes de Persépolis le mènent à la comédie, a l’impression qu’on l’introduit dans une espèce de basilique où se donne une fête publique tous les jours de l’année. Vous êtes là avec des centaines de personnes qui attendent comme vous qu’un immense rideau se lève, et, lorsqu’il se lève, un grand silence se fait.

André Bellesort. Le plaisir du théâtre. 1936







In ? ...






Viens, je t'emmène dans un endroit extraordinaire. Tu veux bien lâcher un peu tes occupations pour te plonger dans la folie ? Mais oui, car le Festival, c'est une douce folie.  Une folie agréable. Une ode à l'éphémère et à l'absurde, à cette chose inutile et si indispensable que l'on nomme l'Art. Le Théâtre. La Vie quoi.
On arpentera les ruelles animées, bruyantes, enivrés de parfums et de sons, la célèbre rue des Teinturiers nous tendra ses calicots, la rue des Lices (ô délices !) et le Cours Jaurès éclateront de bruit et de couleurs. La Place de l'Horloge donnera le tempo. Partout, des milliers d'affiches alléchantes. On aura envie de tout voir. 
On dégustera des frites et des glaces maison.
Tu préfèreras peut-être une salade grecque, peu importe. On se sentira bien.
On rencontrera les acteurs. Fougueux, extravertis, anonymes et pleins de talent. Chacun ira de son couplet pour attirer le spectateur dans ses rêts. Pas de salles vides, surtout. C'est l'urgence du partage, et la fièvre du trac, qui leur donnent cette frénésie.
Tu vas voir : on se laisse vite prendre au doux balancement des affiches, au rythme fou du programme, à la danse du ventre des baladins intermittents. 
Là haut, dans les sphères feutrées du In, sous les murailles hautaines du Palais des Papes, les joyaux classiques rivalisent d'apparat.
Moi je t'emmène ailleurs. C'est le Off, bien sûr. Mon préféré. C'est là que tout se joue.
C'est une chance d'habiter à quelques lieues seulement de ce chaudron créatif si mythique. Je te laisserai choisir les pièces, allez, car j'aime me laisser surprendre sans a-priori. Etre surprise ou déçue, peu importe. C'est le jeu. Nous passerons une journée délicieuse, alternant  la clarté sauvage du soleil de Provence et la fraîcheur obscure et intime des salles de poche, en passant par l'ombre aimable des tilleuls et des fontaines.
Ce sera inoubliable, tu verras.
Tu n'auras qu'une envie : y retourner.



...ou off ?






D'autres splendides photos ICI


•.¸¸.•*`*•.¸¸☆ •.¸¸.•*`*•.¸¸•.¸¸.•*`*•.¸¸•.¸¸.•*`*•.¸¸



08 juillet 2019

Le rouge est mis








J'envie cet enfant qui se penche sur l'écriture du soleil,  
s'enfuit vers l'école, balayant de son coquelicot pensums et récompenses.
René Char






Chez moi


Mademoiselle Célestine, seriez-vous à même de nous expliquer cette profusion de coquelicots qui jaillit au détour des blogs, à la belle saison ? 
- C'est vrai. Il faudrait être aveugle pour ne pas les voir. D'ailleurs j'en connais qui les ont vus. J'en sais même qui s'en agacent. Moi je les adore. Et je ne suis pas la seule.
- Quel charme possède donc cette fleur si étrange, pour faire vibrer ainsi la blogueuse moyenne comme un encensoir sur sa tige ?
- A y bien réfléchir... vous avez raison, c'est étrange un coquelicot. Rien que le nom, déjà. Un nom incroyable, non ? Quatre syllabes qui caracolent sous la langue en caressant le palais, un écarlate caraco dont la corolle claque comme un calicot.
Co-que-li-cot. C'est comme un nectar en bouche. Ça coule, ça clapote.
Tiens au fait, parlons-en, de sa tige. Veloutée et tremblotante, ridiculement frêle par rapport à son énorme fleur de papier de soie froissée. Au-dessus, un coeur de beau bourdon noir velu tel un A de Rimbaud bombinant autour des fameuses puanteurs cruelles. Niché au coeur d'un berceau de rubis. Etrange, je vous dis. Et cette propension à envahir les blés...signe de bonne santé desdits blés, soit dit en passant. Car cette fragile ne résiste pas aux pesticides de type monsantesque.
- Alors, cette explication ?
- Je crois que c'est une fleur qui parle au coeur des femmes. Et des hommes aussi, par ricochet. Enfin, quand je dis au coeur...c'est une aimable litote. C'est que...c'est une fleur très suggestive. Sa couleur sang n'est pas sans rappeler certains épanchements très féminins. Ses replis de tissu ont un léger frou-frou de dentelle et de chair tendre, et la force de l'attirance et de la séduction se love toute entière dans ses pétales incarnat, comme on porte du rouge. Au corps. Aux lèvres. Dessus et dessous. Sciemment. 
C'est une fleur ...comment vous dire ? Sensuelle. Erotique. Voilà c'est ça. Délicatement délicieusement érotique. 
Je ne vois pas d'autre explication, monsieur le Président.



 Françoise
 Berthoise

In Flanders Fields...cité par Walrus


Pastelle


Denise


Den
 Coumarine

 Alter et Ego

Adrienne

Marine D



Brizou





Une splendide trilogie de Julie

Alain X


« Le coquelicot de ta bouche
Effleure le grain de ma peau
Dès que son pétale le touche
Comme des mots
Comme des mots éclos de ta bouche
Colorant le grain de ma peau
Ce sont tes baisers qui font mouche
Rouge la peau. »

Yves Jamait

•.¸¸.•*`*•.¸¸



03 juillet 2019

Non, je n'ai pas cessé d'écrire...







« Quand on aime quelqu'un, on a toujours quelque chose 
à lui dire ou à lui écrire, jusqu'à la fin des temps. »

Christian Bobin











Non, cher Goût, toi qui as le goût des autres, toi qui m'as touchée à demander ainsi de mes nouvelles, et vous autres aussi, tous, qui vous demandez pourquoi tant de silence. Mais où est donc Célestine ? Avec Ornicar ? 
Non, je n'ai pas cessé d'écrire.
J'écris dans le murmure du vent dans les chênes. Dans la fournaise des cigales ébahies par l'inconscience des hommes. Sous l'orage de grêle et la pluie qui renaît.
Ou dans les yeux des écureuils au matin, quand le moment du petit déjeuner éclaire une symphonie au creux de la forêt.
J'écris dans le lin bleu de l'horizon fourbi comme un drap soyeux au-dessus de mes jours.

J'écris sur les nuées, de lieu en lieu. Emerveillée toujours davantage par le cadeau de la vie. Les minutes s'égrènent comme du pollen. J'ai l'impression de ne rien avoir le temps de faire, et pourtant je n'ai jamais vécu aussi intensément. Je vibre. Mon coeur tressaille à chaque instant.
C'est étonnant comme tout paraît plus beau, quand on regarde les choses avec des yeux toujours neufs.
Comme si quelque chose avait pris soin de polir chaque grain de sable, chaque pavé de rue, chaque feuille.
Ce tout petit quelque chose qui ajoute de la magie dans chaque geste, chaque regard.
Et accroche à chaque carrefour de la ville étincelante, des rubans verts et blancs comme les voiliers dans le port.

Aujourd'hui, Sibylle a un an. Déjà un an... 
Une minuscule portion de vie, et pourtant...tant de choses se sont passées depuis. J'ai changé de bateau, d'ancrage, de maison. J'ai laissé derrière moi les scories de mes anciennes passions, mes brûlures et mes défaites. J'ai soigné ma petite fille intérieure. Je suis sortie plus forte de ce passage de cap Horn que représente toujours un divorce. Même dit « à l'amiable ». Surtout quand il faut se battre contre son propre avocat...

J'ai écrit au jour le jour tous mes halètements, mes angoisses, mes victoires. Mon chemin.  J'en ai fait un livre, oh pas pour gagner le Goncourt, non. Juste comme une pierre que l'on pose sur ce chemin pour se rappeler par où l'on est passé.
J'écoute de loin le tumulte des guerres, des folies, toujours les mêmes. Je les sais, mais ne les laisse plus m'atteindre. Comme je laisse de côté tous les fiels de ceux qui ne savent pas se réjouir quand ils vont bien.

Je vous écris d'une île bleue, un sentiment si délicieux et si subtil, ce sentiment d'éclat, de force, de douceur et de tendresse, qui touche les coeurs de son aile, et prend soin de nos instants. L'amour et son équipage de chevaux blancs éclairant soudain le ciel qui semblait vide. Comblant chaque interstice de son empreinte.

Je vous écris de ce rai de lumière si parfait sur la table.
Et chaque grain de poussière dansant dans le soleil qui répète les mêmes mots. Je vais bien. Je suis heureuse. Merci. Merci. Merci.

Et toi, mon amour, je t'écris aujourd'hui du bout de mes étoiles, combien tu emplis ma vie, et fais trembler de joie chacune de mes cellules. J'aurai toujours quelque chose à t'écrire jusqu'au fond des temps. J'écris combien il est doux de t'avoir rencontré.  J'écris chaque jour sur ta peau, dans tes yeux, dans tes mains, et sur le fil de ta voix qui me comprend si bien, le bonheur d'être enfin moi-même, pour la goutte de temps et d'éternité qui nous reste.


•.¸¸.•*`*•.¸¸•.¸¸.•*`*•.¸¸•.¸¸.•*`*•.¸¸


22 juin 2019

L'homme qui marche

Photo Céleste


Où va donc cet homme de son pas désinvolte et déterminé ? Nul ne le sait. Quelle que soit la météo, il arpente le port de long en long. Il est tout le temps là, comme si la force occulte d'un hasard étrange le maintenait attaché à cet endroit. Il était déjà là en janvier, il était encore là en avril. Il sera sûrement là en septembre. Et pendant combien d'années encore ?
Il peut sembler extravagant à certains. Voire fou. D'aucuns diraient qu'il n'a pas l'électricité à tous les étages, ou qu'il a l'intelligence d'une huître ou d'un papillon.
Mais que savent-il de la confusion des sentiments qui l'ont destiné à rester là ? Que savent-ils de sa psychologie intime ? 
Il vit dans sa tête, cet homme-là. Il suit sa ligne, pas lunatique pour deux sous. Il se donne de grands airs affairés, des effets de bras, il parle seul, il brasse de l'air. Soudain il s'arrête, gesticule, une vraie boule de nerfs, la voix haute, apostrophe un serveur ou un pêcheur. Puis il repart, pour sa deux cent quatre-vingtième longueur de port, en grommelant dans sa barbe. 
Il accompagne le soleil dans sa course, du petit matin frais au crépuscule flamboyant. Il danse au bord des mâts et des voiles, et pose son mystère. Complet. Etonnant. Il n'a pas l'air malheureux. On peut se dire : « Zut ! Dommage qu'il reste là, sans jamais avoir envie de découvrir autre chose ». Mais ce serait le juger en fonction d'un filtre qui n'est pas le sien. Si ça se trouve, il est le plus heureux de la terre.

D'où vient-il ? Que fait-il ? Où va-t-il ? A lui seul, il représente la somme des questions existentielles de l'humanité et en cela, j'ai comme une certaine tendresse pour lui.









Pour les Plumes d'Asphodèle chez Emilie.
HASARD LUNATIQUE INTELLIGENCE METEO CONFUSION SOUDAIN PAPILLON EFFET EXTRAVAGANT ZUT BOULE DESTINER DOMMAGE DESINVOLTE

18 juin 2019

Danser pour dire




« Celui qui danse chemine sur l'eau et à l'intérieur d'une flamme. »
Garcia Lorca.










Des femmes. Fortes. Frêles. Des femmes qui dansent pour dire les femmes, toutes les femmes, leurs combats, leurs espoirs, leurs attentes.
Leurs révoltes. Leurs victoires.

Des femmes libres, légères et bien dans leur corps, qu'elles soient minces ou voluptueuses...
Mais lourdes parfois de chagrin ou de peur. De souffrance aussi.

Une chorégraphie splendide et juste. Entrecoupée de vidéos explicatives sur le féminisme, graves ou drôles. Mais très bien faites.

C'était hier soir, dans la grande salle du casino de Cagnes-sur-Mer. J'avais reçu une invitation spéciale et mystérieuse à m'y rendre. La soirée sentait l'été, le chèvrefeuille et la transpiration dans les coulisses. Celle du trac qui serre le ventre..

La prof s'agitait avec grâce, soucieuse du moindre détail.






J'ai retenu mon souffle hypnotisée par une belle jeune femme qui évoluait sous mes yeux ébahis.

Envahie d'émotion, j'ai pensé que pour en arriver là, à cette perfection d'élégance et de technique, il avait fallu en user, des petits chaussons Repetto, des cache-coeurs en satin rose, des tutus blancs, des guêtres de laine sur les jambes de sauterelle.

Et des heures de répétitions, d'inscriptions, de cours, de trajets après l'école, de couture de costumes, de trac et d'angoisse...



Elle est belle. Elle est libre. Elle brandit sa féminité comme une oriflamme, mais sans ostentation. Sans colère. Sans cette colère que j'ai éprouvée tant de fois. 
Naturelle. Comme évidente.  Elle ne laisse personne marcher sur ses orteils ni sur son coeur. Elle s'affirme. Elle a cette force depuis toujours, quand il m'a fallu des années pour la conquérir. 

J'en suis tellement fière. 
Hier soir, elle avait le premier rôle, mon étoile. Ma fille.







           

13 juin 2019

Le mas des chênes





 Imagine. C'est un endroit où tu ne pourras sans doute jamais aller. Je ne dis pas ça pour t'ennuyer. Je te dirai pourquoi bientôt, ne sois pas impatient. Tu peux seulement, à l'instant, ce n'est pas interdit, te laisser bercer par le parfum magique de ce rêve éveillé. Ce rêve auquel j'ai eu droit. Quelle chance !
La maison ouvre ses paupières de bois vert sur un jardin naturel de toute beauté. Abritée derrière le paravent des chênes-lièges, et des pins arrachant au vent leurs branches torturées qui nous font la révérence. La grille grince un peu. L'eau arrive par citernes, livrée par les pompiers. L'électricité vient du soleil.
On est seuls au monde. Loin des turpitudes. Seuls avec ce sentiment d'éphémère et d'éternité à la fois qui donne au vin l'éclat de l'or, et un peu d'eau dans les yeux. 
La maison est refaite à neuf, confortable. Meublée avec goût.

L'Estérel laisse affleurer ça et là, dans les blessures du sol, sa roche rouge éclaboussée. 
Tout à l'heure, en montant les deux kilomètres qui séparent la barrière de la maison, sur un chemin poudré de lavande et de cistes, mon frère m'a dit : 
« Tu verras, la vue n'est pas terrible ». 
Il a toujours eu beaucoup d'humour, mon frère. Loin d'être un agélaste. La fréquentation des arbres l'a même bonifié au fil du temps.
Je suis soufflée. Le Mont Aigre et le Mont Vinaigre hérissent leurs cailloux brûlants et leurs ravines désolées. La forêt triomphe sur chaque colline. Pagnol et Giono me caressent de leurs ailes.
Tout en bas, la mer clapote le long du golfe. Clair bien sûr,  comme il se doit. Les vallons bruissent et vibrent des premiers insectes, mais la fraîcheur descend au crépuscule et leur clôt les élytres. On n'est pas encore en été. On met la laine.
La nuit, sublime perspective, les lumières de Fréjus clignotent, telles des étoiles échouées sur le sable. Un rossignol lancinant et joyeux blesse le soir de sa langueur océane.  Je sors mon laser à pointer les étoiles. Les vraies. Antarès flamboie à l'horizon sud, le coeur du Scorpion, la géante. Les Ourses sont à leur place. Cassiopée casse les pieds à se cacher derrière un nuage.
On prend les guitares, on est bien. 
Le lendemain on part sur les traces de notre enfance, et de nos vacances à Agay. Boulouris, le Dramont, la plage du Débarquement, les noms chantent à ma mémoire, diabolo menthe et sable blanc, bronzette et pieds mouillés dans les tongs, bermuda et bouées-canards en plastique. Mes souvenirs se voilent de l'ombre de mon père. Les gorges se serrent un peu. Mais c'est doux. Le carré du temps a arrondi ses angles.
L'amour exulte et coule, dans le basilic, les tomates, les rires et l'huile d'olive et le bonheur d'être là. Et plus tard, sur les draps blancs. Derrière les persiennes au jasmin odorant, les gouttes de rosée perlent à l'herbe et à mon front. Je clos mes yeux comme pour mieux goûter le miel de ce moment. Celui d'être éveillée quand on croit que nous dormons.
Je serais bien restée très longtemps dans ce vert paradis réservé aux agents de l'O.N.F... 
C'est chouette d'avoir un frère garde-forestier.



•.¸¸.•*`*•.¸¸


 




Les mots de l'atelier Treize à la douzaine ont trouvé leur place dans mon texte, après coup. Magie de l'écriture ...

01 juin 2019

Bulles d'espoir

A Alain. 
A Pierre-Benoît.








Photo ffnssm








Toi... Toi à qui la vie a donné un si merveilleux sourire et un coeur gros comme ça. Mais qui a oublié de te donner des jambes, ou un bras, ou l'un de ces précieux sens qui la rendent sonore ou lumineuse. 
Ou alors elle te les a arrachés dans un de ces accidents que l'on dit stupides, comme s'il y en avait d'intelligents. Elle t'a déformé le corps, les mains, elle a torturé tes muscles et tes nerfs. Elle t'a ôté une part de toi-même. Elle t'inflige jour après jour un âpre combat contre la pesanteur, les rythmes sociaux, et la difficulté des simples gestes quotidiens auxquels nous ne pensons pas, nous pour qui tout va bien. Mais ton plus dur combat, tu dois le mener contre la bêtise, les préjugés et la méchanceté de certains regards ou paroles. Ou simplement l'inconscience des concepteurs d'escaliers, de rues, de bâtiments...




Photo ffnssm





Bref, tu as dix ans, seize ans, vingt ans, et tu es né, ou devenu « handi ». Et nous, les valides, nous ne pourrons jamais savoir vraiment ce que cela signifie. Tu le sais, et ta sagesse nous impressionne, parce que tu ne nous en veux même pas. Pourtant tu n'es pas résigné.  Tu as décidé de te jeter dans l'action. Tu luttes, et tu veux vivre comme un jeune de ton âge. Tu veux monter sur un podium, et brandir les lauriers de ta persévérance, de ta ténacité.




Photo Céleste

Ce week-end, tu as pu montrer tes immenses qualités dans un grand rassemblement sportif qui s'appelle « Les Jeux de l'Avenir handisport ». Un courage, une joie de vivre, une détermination qui m'ont réjouie et épantelée. 
Je m'étais inscrite comme bénévole à l'atelier « Plongée-découverte ». J'y ai rencontré des gens formidables. J'ai plongé dans l'espoir d'un monde solidaire, battant, allant de l'avant. 
Mais surtout je t'ai vu toi, petit oiseau,  apprivoiser le matériel, le détendeur, le masque, le bloc, la stab, je t'ai vu dépasser ta peur, je t'ai vu apprécier de te sentir flotter dans le silence apaisant du bassin, oubliant quelques instants ce corps qui te fait si mal, oubliant,  pour certains, leur fauteuil garé sur la margelle. Je vous ai tous vus sourire aux anges après votre baptême, et même en redemander. 



Photo Céleste



Vous m'avez donné une sacrée leçon de vie, Léa, Gaspard, Dimitri, Tilotama, Virgile, Joris,  Nawfel, Laurine, Alexandre, Bryan, Fantin, Milan, Shawn, Tony, Lilou, Théo, Kilian et Bilal.
Et surtout toi, Mehdi, joyeux, positif, brillant, toi et ta formidable énergie, toi dont les mains accrochées à tes épaules battaient comme deux petites ailes d'ange. 





Pour en savoir plus :