Dépoter les semis qui ont donné de jolies pousses bien vigoureuses , pour les repiquer dans un petit coin propice du jardin.
Sentir l'odeur fraîche de la terre retournée.
Biner, sarcler, retourner les petites mottes réveillant un lombric affolé.
S'imprégner de la paix que donnent les gestes simples.
Se réjouir en versant l'eau en pluie sur les plants de basilic, de ciboulette, de persil, de cerfeuil, de menthe verte et de verveine citronnelle.
Froisser une feuille dans ses doigts et en respirer le parfum.
Imaginer déjà la saveur incomparable des plats, rehaussée d'herbes que l'on a cultivées soi-même.
Se dire que la nature est éternelle et prodigue.
Sourire.
18 mai 2012
Des gestes simples
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ma famille mon refuge,
petite philosophie du matin
16 mai 2012
Décrocher les étoiles
Il est grand temps de rallumer les étoiles. Guillaume Apollinaire
Aujourd'hui,
les vingt-huit schtroumpfs frétillaient de plaisir. Dans cinq jours,
c'est le grand départ vers les étoiles. Si vous aviez vu comme la classe avait des allures
de ruche bourdonnante! Crayons de couleur, compas, feuilles de
dessin, cartes du ciel, colle et ciseaux, nous sommes prêts à remplir nos carnets
de voyage de nos recherches, découvertes, cueillettes,
balades, souvenirs merveilleux. Je vais en tenir un, moi aussi, car
j'ai l'impression d'être aussi excitée que mes élèves! Mon nouvel
appareil photo piaffe d'impatience dans son étui. Chacun
a préparé son voyage avec application, la tête pleine de rêves,
et, pour certains, d'un peu d'appréhension.
C'est
que l'on ne quitte pas facilement le giron familial, quand on a dix
ans. On a beau faire les matamores, il va falloir braver ses
peurs et accepter de s'endormir loin de maman. Heureusement, je vais
être là pour déjouer les vilains lutins de la nuit, et passer le
soir pour toucher le front de chacun avec ma baguette afin qu'il
s'endorme comme un ange.
La
classe de découverte s'annonce bien! Le grand "viaduc"
de l'Ascension va donner le temps de peaufiner tranquillement les
valises. Comme je suis un peu sorcière à mes heures, j'ai convoqué
le beau temps, des nuits sans lune et sans nuages, concocté dans
mon chaudron mon philtre magique à base d'émerveillements,
d'expériences, de planètes, de galaxies, et de mille et une
surprises chaque jour.
Un
enchantement, quoi.
L'astronomie
est une passion pour moi, est-ce que je vous l'apprends? Je
dirais même que la fréquentation régulière des étoiles a changé
à jamais ma vision du monde et de ses petites contrariétés. Bon enfin, en un
mot, il va falloir que je me pince pour réaliser que je suis en
train de travailler...une fois de plus, c'est bon de mêler passion
et métier.
(à suivre)
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j'adore mon métier,
la tête dans les étoiles,
voir du pays
13 mai 2012
Aller plus loin que la surface...
De drôles d'images qu'il faut "savoir" regarder. Il paraîtrait même qu'un abus serait dangereux pour les yeux ou le cerveau...
Chacun y allait de sa petite technique. Fermer les yeux à moitié, loucher, regarder dans le vague... Difficile à expliquer.
Mais il n'y a pas à tortiller, il n'existe que deux sortes de gens: ceux qui parviennent à découvrir l'image cachée, en lançant des ah! et des oh! émerveillés, et ceux qui, malgré tous leurs efforts, continuent à ne voir qu'une succession de dessins géométriques sans aucun sens, et fulminent en disant que tout ça, c'est de la perte de temps ou une invention du diable. Mais on voit bien qu'ils aimeraient bien y arriver!
Je n'oublie pas, bien sûr, ceux ou celles qui y parvenaient avant, avant qu'un méchant coup du sort ne les prive de la vision stéréoscopique. Puissent-ils me pardonner ce billet et ne pas se sentir exclus.
Je n'oublie pas, bien sûr, ceux ou celles qui y parvenaient avant, avant qu'un méchant coup du sort ne les prive de la vision stéréoscopique. Puissent-ils me pardonner ce billet et ne pas se sentir exclus.
Moi, j'avais découvert cette faculté de mes yeux bien avant l'invention de l'informatique.Je me souviens, petite, il y avait sur la table de la cuisine une nappe cirée en tissu provençal traditionnel. Quand je me laissais aller à la rêverie , en suçotant mon crayon pour chercher l'inspiration de quelque rédaction, soudain, les dessins de la nappe me faisaient entrer dans la quatrième dimension, la table devenait une sorte d'aquarium profond dont les motifs réguliers du tissu recouvraient le fond. C'était troublant et étourdissant.
Et si les choses et les êtres étaient comme des stéréogrammes, qu'il fallait apprendre à regarder d'une certaine façon pour en découvrir les trésors cachés? Heureusement, pour cela, nul besoin d'avoir ses deux yeux. Un coeur suffit. Un coeur gros comme ça.
Et vous, pénétrez-vous dans la profondeur? Voyez-vous l'image cachée? (cliquez dessus pour voir en plus grand)
Avec le tissu provençal, je n'ai pas perdu la main (si je puis dire) j'y arrive toujours, quarante ans après!
images internet
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billevesées,
quelle époque épique,
tant d'amour
11 mai 2012
Oublier
Des pétales de roses jonchant le sol: le défi du samedi m'inspire un texte érotico-triste.
Pour autant, ne vous y trompez pas:tout ceci n'est qu'une fiction.
Dans la vraie vie, mon coeur chante l'été naissant...
Pour autant, ne vous y trompez pas:tout ceci n'est qu'une fiction.
Dans la vraie vie, mon coeur chante l'été naissant...
Il lui fallait oublier sa bouche, surtout sa
bouche. Une bouche grenade qui lui explosait la langue en étincelles.
Un salmigondis de papilles fruitées et agaçantes comme une limette cueillie sur
l’arbre un matin d’été, un torrent de framboise et de menthe et d’anis.
Il lui fallait oublier sa peau, ses courbures de
velours, un velours mat et fluide, et étourdissant et enivrant de la douceur
salée dorée d’un coquillage. Oublier la suave langueur de ses bras blancs,
naturellement refermés sur lui en berceau, ses mains virevoltantes qui se
jouent de sa nuque, petit animal fou accroché à son cou.
Il lui fallait oublier ses cuisses ombrées de lune
effarées de plaisir, son petit cul potelé, la palpitation
sauvage de ses seins de crème et de satin, sa fleur de lys immaculée aux feulements
de tigresse engloutie. Sa voix passion de cascade fraîche, sa voix désir de
colombe frémissante, sa voix tourment de fontaine et de soleil. Et puis ses
yeux de jade intemporelle, tour à tour glace et feu, citron et miel.
Et tous les délicieux supplices de son cœur.
Elle avait ri, d’un sourire de perle vénéneux ,
l’éclair vert de sa prunelle laissant venir la tempête. Il lui faudrait
oublier aussi son parfum flou de myrte et de cardamome, lui crevant les narines
quand l’image même de sa folie disparaissait dans un
éclat de rire cruel.
Elle lui avait balancé son bouquet à la tête en criant
« c’est fini ».
Il regarda les pauvres pétales dispersés au vent gris
de novembre, et y vit clairement les morceaux de son cœur égosillé de désespoir.
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billevesées,
Ecrivain... moi?,
Le défi du samedi,
les cinq sens,
vive les femmes
08 mai 2012
Le roi est nu
Le dernier billet de Zénondelle m'a inspiré encore quelques réflexions à l'aube de ce nouveau quinquennat, croisant les doigts pour qu'il soit moins désastreux que le précédent.
Oui je sais, encore un billet politique, mais après , promis, je me calme.
Les cartes politiques sont brouillées depuis des années. Quelques exemples?
Les valeurs républicaines sont galvaudées et chahutées de tous côtés, tout le monde s'arrache maintenant le drapeau tricolore, la laïcité, l'hymne et la devise.
La gauche est amollie, édulcorée par les médias qui la présentent comme une alternative à peine différente de la droite, le front de gauche est ridiculisé, le centre s'est dégonflé comme une baudruche, les écologistes passent pour de doux dingues et le parti bleu foncé banalise ses propos xénophobes sans vergogne en se faisant passer pour un honnête parti démocratique.
Les marionnettes des Guignols deviennent les doubles de leurs modèles, contribuant à jeter le trouble dans les consciences mal aiguisées à l'utilisation du second degré.
Notre hypocrite omni-président jure ses grands dieux qu'il n'est pas le président des riches, mais il est élu à 82 pour cent sur l'île de "Saint Barth". Et pas un journaliste pour relever cette étrange coïncidence. Pour secouer le cocotier des paradis fiscaux.
Il fait hier l'appel du pied à un parti aux fondements et aux théories néo-nazis, et aujourd'hui il s'incline mielleusement sur la tombe du soldat qui a combattu les mêmes pendant la guerre au péril de sa vie.
Le jour du débat, il traite son adversaire de menteur et de calomniateur, et aujourd'hui ils déposent ensemble la gerbe, en se faisant des courbettes. Le jeu politique est constamment faussé par les intérêts, les compromissions, les alliances triangulaires ou octogonales.
Que comprendre? N'y a-t-il plus un seul enfant pour crier que le roi est nu? Et que tout cela n'est qu'une immense mascarade?
Chacun se réclame de Jaurès qui, le pauvre, doit faire la toupie dans sa tombe à force de se retourner.
Devant ce paysage flou, les citoyens lambda, qui n'ont pas suffisamment reçu de leçons d'éducation civique, à cause d'une errance pédagogiste vieille de quarante ans, selon laquelle il ne fallait plus apprendre la Marseillaise aux enfants de peur de les traumatiser, ces citoyens donc, ont pour la plupart, hélas, la conscience politique d'une huître. Les riches ont celle de leur porte-feuille, ce qui revient au même.Beaucoup ne savent plus où donner du bulletin, dégoûtés pour longtemps des politicards qu'ils mettent tous dans le même sac fangeux. Pour ceux-ci, aucun ne vaut la corde pour le pendre.
Quant à la dernière catégorie, ceux qui réfléchissent, encore en majorité, il faut l'espérer, et parmi eux quelques anciens, bobos, intellos de gauche, penseurs, profs de philo (catégories bien méprisées aussi par le pouvoir en place, et définitivement classés dans la catégorie dangereux gauchistes) il est sans doute temps de se lever pour dire que l' en a légèrement marre d'être pris pour des cons.
Quant à la dernière catégorie, ceux qui réfléchissent, encore en majorité, il faut l'espérer, et parmi eux quelques anciens, bobos, intellos de gauche, penseurs, profs de philo (catégories bien méprisées aussi par le pouvoir en place, et définitivement classés dans la catégorie dangereux gauchistes) il est sans doute temps de se lever pour dire que l' en a légèrement marre d'être pris pour des cons.
Car oui, on peut le dire, on nous prend vraiment trop pour des cons: ce phénomène a commencé à s'amplifier en mai 2005, lorsque le non du peuple à la constitution ultra-libérale européenne a été gentiment mis à la poubelle, suivi de celui des Irlandais, sans autre forme de procès.
Oui, il est temps d'exiger que l'on remette un peu d'ordre à cette chienlit du vingt-et-unième siècle, de rassembler les indignés et les citoyens du monde mais patience! cela s'appelle une révolution, et les Lumières ne l'ont pas faite en un jour...
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Mes fondamentaux,
on peut rêver,
restons vigilants
06 mai 2012
Un vent de légèreté
Demain, les Français "d'en-bas" se réveilleront comme tous les matins, à la sonnerie aigrelette du réveil-matin, qui leur rappellera que la vie continue. Ceux qui ont la chance d'avoir un travail se donneront du courage en se brossant les dents, ceux qui n'en ont pas vont poser un pied devant l'autre pour se rendre au pôle emploi, l'âme un peu grise. Certains se réveilleront sur leur carton plié, dans la rue.
En apparence, rien n'aura changé pour les petits, les obscurs, les humbles. Pourtant le peuple est souverain, et il a choisi. Pourtant un espoir, un tintement cristallin, résonne ce soir dans les consciences, que le nouveau président devra entretenir comme une fleur fragile. Et ce n'est pas gagné! Il lui en faudra de la constance, pour tenir le cap qu'il s'est fixé, pour ne pas se laisser intimider par les requins de la finance, et les extrémistes tapis dans l'ombre...
Je n'ai pas aimé vivre en Sarkoland. Je peux le dire maintenant. J'ai choisi de ne pas me laisser abattre, pendant cinq ans, j'ai choisi d'être résolument optimiste, mais au quotidien, c'était lourd. C'était très lourd. Je réalise que j'ai senti, comme un couvercle sur mes épaules, le poids quotidien de l'austérité, de l'injustice, du mépris, du racisme ordinaire, enrubannés de tout ce détestable bling-bling. J'ai vu se déliter les valeurs éternelles de la France Terre d'Asile, la France des Lumières, le pays de Voltaire et d'Hugo. J'ai vu des politiciens décomplexés se gausser des lois républicaines, distiller un venin xénophobe jusqu'à ce qu'il devienne banal, j'ai vu des familles démantelées, des enfants arrachés de l'Ecole par des policiers en armes.
J'ai vu fracasser, pilonner, l'Ecole que j'aime au nom des "économies", au nom de la rentabilité, et s'installer la politique du "chiffre". J'ai vu les élèves transformés en saucissons découpés en tranches fines par des évaluations à tout crin.
J'ai lutté à ma manière en restant fidèle à mes principes, en fermant la porte de ma classe à la sinistrose et la facilité, et en continuant à faire de mon métier ce merveilleux engagement que vous me connaissez.
Cette légèreté que je sens soudain flotter dans l'air, c'est du soulagement. La crise est là.
Bien sûr, il faudra être vigilants, plus que jamais, ne pas céder sur les exigences de davantage de justice, de davantage de morale, et sur la sauvegarde de la laïcité, des services publics, de l'école comme maillons essentiels de notre République. Liberté, Egalité, Fraternité, des mots qui, je l'espère, reprennent tout leur sens.
Bien sûr, il faudra être vigilants, plus que jamais, ne pas céder sur les exigences de davantage de justice, de davantage de morale, et sur la sauvegarde de la laïcité, des services publics, de l'école comme maillons essentiels de notre République. Liberté, Egalité, Fraternité, des mots qui, je l'espère, reprennent tout leur sens.
Mais ce soir, je retrouve un peu d'espoir. Ce soir, plus que jamais, je veux être une institutrice, et pas une institutriste.
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j'adore mon métier,
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03 mai 2012
Apéritif
Un vol de loupiotes traversa le ciel du crépuscule. Il faisait bon. Ma robe de guimauve fruitée froufroutait dans le vent léger. Les enfants jouaient à l'escarmouche.
C'était un de ces moments opalescents où chaque son fait une musique au coeur, comme une houppelande, où chaque tige de cretonne ondule avec le bourdonnement d' ailes des zygotes en quête de nectar.
Une grande paix entra en moi. Les voisins arrivèrent dans leur Carrare coupé sport, aux sièges recouverts de baldaquin qui faisaient leur fierté. Notre vieille Varappe semblait bien terne à côté de ce bolide.
Notre modeste maison n'avait pas de ces ailerons prétentieux, et aucune triple rangée d'épeautre n'en soulignait le toit de tuiles.
Pourtant je me disais que le bonheur transpirait par toutes ses estampilles.
Et en regardant nos enfants agiter leurs esperluettes en sautillant, heureux comme des olifants, je me dis que rien ne serait jamais plus important à mes yeux.
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02 mai 2012
Trafic d'influences
Son Altesse Cookie, chassé par Vanille, le Maître des lieux, a trouvé refuge dans les gynériums. Leurs feuilles coupantes et desséchées ne semblent pas l'avoir rebuté...
-File! chat d'emprunt, vil manant, ! lui a intimé sa Majesté. Ici c'est moi qui honore de mes augustes pipis de chat les terres que je reçus de droit divin par un adoubement en bonne et due forme.
Cookie a filé en ayant l'air d'avoir choisi son exil, pour se donner bonne contenance. Un chat, c'est fier!
Chez nous, le débat au sommet a déjà eu lieu entre les deux matous, obligés de cohabiter quelque temps sur le même territoire. Cela dit, aucun sondage n'a donné Cookie gagnant.
Première photo prise avec mon nouveau petit bijou (de technologie)
30 avril 2012
De douces nouvelles
Voilà. Je suis sortie de la tempête. Vous savez combien j'affectionne les métaphores de la mer. Pour faire bref, rien de grave. Enfin, je dis ça parce que je suis sortie de la tempête, justement...Au coeur du gros temps, je ne faisais pas la fière: je trouvais tout grave. Alors quoi? un coup de grisou? un coup de calcaire?
Non, rien qu'un dérèglement de la machine...un peu trop de ceci, pas assez de cela, et le moteur s'emballe. Le moral en berne, les jambes qui flageolent, les larmes qui viennent sans raison, une fatigue inexplicable, et ma patience légendaire envolée...Plus zen du tout, Célestine, pendant cette noire période.
Non, rien qu'un dérèglement de la machine...un peu trop de ceci, pas assez de cela, et le moteur s'emballe. Le moral en berne, les jambes qui flageolent, les larmes qui viennent sans raison, une fatigue inexplicable, et ma patience légendaire envolée...Plus zen du tout, Célestine, pendant cette noire période.
Et comme rien n'arrive jamais seul (ni les malheurs ni les bonheurs) cet état borderline m'a fait prendre conscience des cailloux qui me titillaient le pied dans la chaussure depuis trop longtemps. Heureusement, j'ai trouvé de précieux conseils auprès de gens que je remercie ici du fond du coeur, car je sais qu'ils se reconnaîtront.
Bon donc voilà. Tout va bien. Je dois oublier (moi la gourmande) quelques mauvaises habitudes alimentaires, mais les bonnes habitudes sont si délicieuses ! Poisson à volonté, céréales complètes, fruits de saison, légumes variés...
En trois semaines, j'ai tellement changé que je me fais l'impression d'un serpent se débarrassant de sa mue devenue trop petite...Elle gît quelque part, au fond d'un couloir sombre, et je me tourne vers le soleil avec une folle envie de chanter et de danser. Et d'écrire à nouveau! Ça sent le muguet, l'ambre solaire, les phéromones et les déjeuners sur l'herbe.
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états d'âme,
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22 avril 2012
Qui êtes-vous donc?
Messieurs les beaux parleurs, les décideurs, les ministres, les députés, les sénateurs, les généraux, les "managers", les présidents, les directeurs académiques, les maires, les inspecteurs, les chefaillons, vous qui vous pavanez dans vos costumes de bonne coupe ou vos tailleurs droits, cette lettre s'adresse à vous.
Qui êtes-vous donc , avec vos visages serrés jusqu'à étouffer par vos ridicules cravates, cramoisis par l'abus des cocktails où règnent l'hypocrisie et la bien-pensance ?
Qui êtes-vous pour vous croire investi d'une sorte de légitime supériorité, parce que vous avez des galons ou des étoiles, ou que le peuple vous a confié un mandat démocratique ? Croyez-vous que je sois dupe de vos sourires carnassiers , que je sois prête à avaler n'importe quoi, et surtout d'infâmes couleuvres ?
Qui êtes-vous pour me dicter votre vision des choses, décider du degré de pénibilité de mon travail, de l'âge auquel je dois tomber malade, de mon espérance de vie, me rajouter des strates et des strates de tâches iniques et inutiles, bourrer mon emploi du temps, de peur sans doute, que je m'ennuie, sans vous préoccuper de ma santé ?
Comprendrez-vous un jour, comme cela se fait dans certains pays tellement plus en avance sur nous, que favoriser le bien-être des employés, des petits, des subalternes, ce n'est, à terme, que du bénéfice ?
Qu'attendez-vous pour donner aux gens le goût du travail dans la joie et le respect de chacun ? Est-ce vraiment une utopie ?
Qu'attendez-vous pour donner aux gens le goût du travail dans la joie et le respect de chacun ? Est-ce vraiment une utopie ?
Pensez-vous qu'en pressant les gens comme des éponges vous rendiez service à la sécurité sociale ?
En tous cas, je vous le dis tout net. Votre délire mégalomaniaque ne passera pas par moi. Terminé le burn-out. J'ai trop d'exemples autour de moi, de gens qui ont craqué, somatisé, ou développé des pathologies. Ne comptez pas sur moi pour payer à la France le lourd tribut d'une "longue maladie", ou augmenter les statistiques du suicide au travail. Ne comptez pas que je m'immole sur l'autel de la hiérarchie. Je ferai de mon mieux, certes, mais je ne sais pas pourquoi, quelque chose me dit que "mon mieux" va sérier les problèmes et déterminer les priorités. Encore plus qu'avant. Plus que jamais.
Ce sont des clous dont je n'aurais jamais dû sortir, une ligne de conduite que je m'étais fixée, et mon corps vient de me le rappeler, par toute une série de petits signes discrets que j'ai su écouter. Il était urgent que je me souvienne que, mes beaux messieurs, vous ne serez pas là pour me tenir la main le jour où je me morfondrai sur un lit d'hôpital environnée de tuyaux, ni vous occuper de ma famille s'il me prenait la fantaisie d'aller grignoter les pissenlits par l'autre bout.
![]() |
Coucher de soleil sur Osiris, la première exoplanète observée grâce au télescope Hubble. |
Sur ce, je vous laisse, j'ai un coucher de soleil à photographier, laissez, vous ne pourriez pas comprendre.
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restons vigilants
20 avril 2012
Avec des Si...
Dans la forêt de Brocéliande,
En écrasant d’un pied léger
De belles bogues de châtaignes
Avec un craquement exquis
Je me suis dit :
« Si j’étais sourde,
« Si j’étais sourde,
Je n’entendrais pas ce silence
Qui fait crépiter la forêt.»
Sur la dune de l’Espiguette,
En étourdissant mes poumons
D’un air fulgurant et salé,
Je me suis dit :
« Si je n’avais
« Si je n’avais
Plus d’odorat, je pleurerais,
Je pleurerais sur cette plage
La senteur des algues oubliées. »
A la table de tante Agathe,
En laissant fondre dans ma bouche
Des noix de Saint Jacques grillées,
Emmêlant leur sublime arôme
À celui d’un vin de Gamay,
Je me suis dit :
« Si tout à coup,
« Si tout à coup,
J’étais affligée d’agueusie,
Je ne saurais plus le plaisir
De ces alliances de gourmet,
Et tout aurait pour moi le goût
D’un vieux bout de carton poché. »
En regardant deux
écureuils
S’épousseter de leurs
panaches
À l’ombre, flammes sur le
vert,
Le vert brillant d’un haut sapin,
Je me suis dit :
« Si mes yeux morts
« Si mes yeux morts
Ne reflétaient plus que le fond
D’un sombre puits d’obscurité,
Je ne verrais plus les couleurs,
La lumière dans ton regard,
Toutes les fenêtres du monde
Et le sourire des bébés.
»
En caressant le fin
velours
Des oreilles de mon doux
chat,
Et le froissement de
guipure
De la robe choisie pour toi,
Je me suis dit :
« Si je n’avais,
« Si je n’avais,
Au bout des doigts, ce
frôlement,
Cette vibration de mon être
Faite d’antennes érectiles
Me rendant avide et tremblante,
Ma peau serait comme un
carcan,
Comme un carcan d’argile sèche
Et mes mains de marbre gelé
Ne sauraient même plus le vent. »
Alors j’ai déplié mon
corps
Comme une corolle qui s’ouvre,
Et j’ai dit merci au
soleil,
A la pluie, à la mer,au vent,
Et à l’univers tout entier
De me dispenser sans compter
Tant de somptueuses merveilles.
Avec des si, il fallait relever le défi du samedi...
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billevesées,
Ecrivain... moi?,
Le défi du samedi,
les cinq sens
18 avril 2012
Douces ondes
Un léger vent bigrement frais. Les nuages dansent. Au soleil, il fait chaud. A l'ombre on grelotte. Des gouttes glacées et giboulesques alternent avec de somptueuses et brûlantes éclaircies. Une lumière étonnante, bénédiction pour les photographes. Un clair obscur anglais, si particulier à ces ciels de demi-saison. On est en avril. Voilà pour le décor.
Le café dans une main, la crème solaire dans l'autre, le pull à portée de main pour les absences momentanées de l'astre, une amie vraie à qui parler, ses paroles qui me bercent, me soulèvent de terre. Je me mets à flotter.Elle possède une aura de tranquillité très orientale et je me laisse pénétrer doucement.
Nous parlons des relations humaines, des rapports à nos parents, des contacts professionnels, des liens à nos proches. Nous parlons de ces attentes qui nous paralysent, nous empêchent d'avancer. Je réalise soudain, (et là, comment vous dire? je sens nettement un déclic presque physique, comme si un mécanisme se décoinçait en moi) je réalise que depuis toujours, j'attends bien trop des autres. Qu'il faut que j'arrête de chercher la reconnaissance, l'assentiment des autres. Qu'il me faut grandir, me contenter de me plaire à moi même, et que le reste viendra de surcroît, comme un cadeau que l'on n'attend pas.
-On apprend à tout moment, et jusqu'à sa mort, me dit-elle de sa jolie voix douce.
Je veux bien la croire. La sagesse est un livre dans lequel on progresse par bonds, de chapitre en chapitre, de découverte en découverte. En une après-midi, j'ai l'impression d'avoir dévoré quatre chapitres d'un coup.
Ses mots m'ont fait du bien. Ils sont arrivés exactement au moment où j'avais envie et besoin de les entendre.
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16 avril 2012
Petits cailloux
Oh! Des cailloux blancs sur mon chemin! Brillants, scintillant comme des étoiles tombées en pluie sur la terre humide. J'étais un Poucet égaré, et ce matin, en atterrissant de mon rêve éveillé, où l'incertain et le dérisoire se sont battus en duel depuis plusieurs semaines, me laissant un goût âcre sur les lèvres, je retrouve peu à peu de l'énergie.
Ce sont des billets plein de positivité et de bonheur simple, ici, ici, ici et là. Et bien sûr, ici!
C'est cette petite mamie de 91 ans qui dispute encore des compétitions de natation, toujours alerte, toujours vive et pleine d'énergie..Quelle patate! Se plaindre, après ça?
Ce sont des signes reçus par mail, de petits signes discrets mais qui vous font trouver beau le chemin.
Ce sont les mots entendus, espérés, dont on avait soif, et qui ont coulé comme une source: goutte à goutte, mais c'est un début, une promesse de mieux.
Ce sont des billets plein de positivité et de bonheur simple, ici, ici, ici et là. Et bien sûr, ici!
C'est cette petite mamie de 91 ans qui dispute encore des compétitions de natation, toujours alerte, toujours vive et pleine d'énergie..Quelle patate! Se plaindre, après ça?
Ce sont des signes reçus par mail, de petits signes discrets mais qui vous font trouver beau le chemin.
Ce sont les mots entendus, espérés, dont on avait soif, et qui ont coulé comme une source: goutte à goutte, mais c'est un début, une promesse de mieux.
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| Michèle Guillais |
14 avril 2012
La lettre Paix
Je suis en vacances, perdue
quelque part à la recherche de moi-même dans un paysage poussiéreux, comme
poudré par la houppette du temps.
Ici, pardon pour cette image
un peu sombre, pas de pédalo, pas de plage dorée, pas de vert pâturage ou de
pré fleuri.
Rien qu’une sorte de désert persan lavé de pluie, où la nonchalance
et la procrastination sont les maîtres
mots. De maigres abeilles y picorent avec parcimonie le pollen des pivoines en pleur, en quête d’un improbable partage.
Je m’étais perdue sur la page
de mes mauvaises pensées, mais elles s’éloignent peu à peu et leur lourd parfum de putréfaction se dissipe. Encore un
peu de persévérance et je reviendrai dans le monde pétillant de la joie de
vivre.
Chez Asphodèle, il fallait utiliser les mots suivants.
poussiéreux(se) – pluie -pré – persévérance – parcimonie – picorer – page – perdu(e) – pétillant(e) – pédalo – putréfaction – pollen – pardon – persan – pivoine – partage – poudrer – (procrastination en facultatif)
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états d'âme,
Plumes de l'été
10 avril 2012
Le grand bazar
Il y avait des jours et des jours que le bazar s'installait dans ses tiroirs. Par manque de temps, par négligence, par lassitude, par fatigue, elle avait laissé faire.
Il était temps qu'elle mît un peu d'ordre dans ce véritable bordel qu'était devenue sa vie. Il s'agirait de faire le grand nettoyage de printemps. De retrouver le chemin de ses priorités, de ses rassurantes certitudes, de sa joie de vivre. Ce ne serait pas facile. Certains recoins étaient pleins de toiles d'araignées, la crasse quotidienne s'incrustait dans les rainures, cela rendrait malaisé le passage du chiffon.
Des zones d'ombres nouvelles apparaissaient. Au hasard d'une conversation terrible elle avait vu choir ses illusions comme de vieux pétales fanés. Des illusions de petite fille qu'elle gardait comme des images jaunies entre les pages d'un livre. Non, sa sainte famille, celle où elle avait grandi, n'était pas différente, hélas, de celles qu'elle avait lues chez Gide, Mauriac ou Bazin. Mais au contraire pleine de jalousies ancrées, de non-dits, de secrets inavoués, de trahisons, de bassesses, de pitoyables médisances. Des nids de serpents. Les liens du sang se révélaient empoisonnés. Rien n'était idéal.C'était sa famille, elle l'aimait comme cela aussi.
Elle tremblait maintenant pour sa propre progéniture, désirant ardemment ne jamais la voir un jour se déchirer ou se mépriser.
Les deuils étaient difficiles à faire. Elle le réalisait, elle avait présumé de ses forces, elle que l'on disait toujours un roc, un rocher, une force vive de la nature...n'était plus qu'un vieux paquet de chiffons humides et gris, quand elle pensait aux pertes de son existence...
Le temps avançait inexorablement, et si son visage était encore miraculeusement préservé, elle ressentait déjà les rides de son coeur, comme des griffures. Et la douleur étreignait parfois son corps sans qu'elle l'ait bousculé.
Les vacances lui semblaient bien courtes pour retrouver l'énergie qu'il lui faudrait pour le troisième trimestre, et se replonger dans l'étourdissant tourbillon. Et affronter les mêmes injustes critiques, les mêmes usants problèmes. Sa zénitude habituelle était mise à mal.
Les mots eux-mêmes la trahissaient: elle qui les aimait, les adorait même, elle qui écrivait comme elle respire, avec bonheur, avec jubilation, se posait des questions sur ce blog, la nécessité ou non de s'épancher. La pudeur lui interdisait d'entrer trop dans l'intime, et en même temps, elle en avait besoin. Et puis, elle avait expérimenté la difficulté d'exprimer exactement les ressentis, dans cette fameuse et dévastatrice conversation où elle s'était retrouvée épinglée comme un papillon dans une boîte, par l'incompréhension et le double langage, et la difficulté de faire comprendre qu'elle n'était plus la même. Qu'elle avait changé en mieux, pensait-elle. Mais que les mots pouvaient être pauvres parfois, devant l'immense fossé qui sépare les êtres!
L'Autre, son Autre, ne comprenait pas ces soubresauts, ces interrogations existentielles, suivait sa route en caracolant devant sans l'attendre et ainsi elle apprenait à ses dépens que l'être humain est toujours seul dans ses pauses respiratoires, ses apnées de l'âme. Elle, s'essoufflait, il lui fallait se désaltérer à une source, ralentir le pas, flâner un peu.
Elle ressentait dans toutes ses fibres ce mal-être, sachant qu'il lui faudrait puiser en elle la force de se ressaisir.
Et c'est là que surgissait le premier espoir: sa vitalité naturelle était toujours là, tapie. Même s'il lui fallait souffrir, tirer des traits, renoncer encore et encore, elle allait rebondir, elle en était sûre.. Elle s'en rendit compte, à ce demi-sourire qu'elle sentit flotter sur ses lèvres après avoir essuyé ses yeux.
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elle,
états d'âme,
ma part immergée
07 avril 2012
La lettre Oh!
J’ai l’âme bleue comme une orange, un besoin de
me ressourcer, une aspiration à l’osmose, une envie de fenêtres ouvertes sur une mer d’opale,
d’ombrelles sur la plage et de déjeuners calmes et charmants sous les ormes au
fond du parc. Une envie de délices, d’orgues et d’amours irraisonnées loin des
sentiers battus de l’obéissance à la hiérarchie.
Oh ! La tendre et douce extase que l’on
éprouve quand on arrête de vous taper sur le crâne à coup de massue. Le temps béni de la parenthèse.Les vacances...
Pour les Lettres d'Asphodèle, il fallait placer les mots
or – opale
– orange – osmose – ode -obligation – offense – oh – ordinaire – orage –
opportunité – ouvert (e) – onirique – obsession – ombrelle – obéissance – oubli
– octave – orgue(s) -océan – orme – orchidée.
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Ecrivain... moi?,
états d'âme,
j'adore mon métier,
Plumes de l'été
02 avril 2012
Le retour de l'ange
-Dis donc, l'Ange, tu ne la trouves pas un peu étrange, Célestine, en ce moment?
-Hein? Non, je n'ai rien remarqué... Étrange, c'est être ange...
-Moi, je la sens différente, fatiguée, décalée.
-Le petit coup de mou de la fin d'hiver, sûrement, rien d'inquiétant.
-Bon, c'est vrai que ses derniers billets ne sont pas très folichons. Mais il faut la comprendre, la période est délicate.
-Ah? Que veux-tu dire?
-Eh bien, tu sais, en ce moment, la conjoncture n'est pas gaie. La France est comme en apnée, retenant son souffle avant de s'élancer vers son avenir incertain. Et rien n'est acquis...
-D'accord, mais Célestine est au-dessus de ça, je crois, une véritable optimiste, non?
-Je la sens réfléchir intensément. On dirait que la dimension écologique la tracasse beaucoup, elle se fait du mouron pour les générations futures, ses enfants, ses petits-enfants...Elle a entendu le message de Nicolas Hulot, ce soir, ça lui a fait un choc.Surtout la phrase: "une société qui n'a pas su avoir des rapports apaisés en période d'abondance a des soucis à se faire quand arrivera la rareté"... Ça lui a fait froid dans le dos, cette annonce apocalyptique d'un nouveau Moyen-Age...
-Il faut lui dire de ne pas trop prendre en charge les soucis de toute l'humanité...Un peu d'égoïsme ne nuit pas!
-Bien sûr. Je crois qu'elle s'emploie quotidiennement à s'émerveiller des petits riens de l'existence, et trouver refuge dans les beautés de la nature. Elle le rabâche même, je me demande si elle ne saoûle pas ses lecteurs avec ses petits bonheurs béats...
-D'où vient alors mon sentiment diffus qu'elle ne va pas très bien?
-Tu sais, il y a mille et une raisons. Le temps qui passe, ses enfants partis, l'avenir du petit dernier, la crise, la fatigue du travail, ses vieux parents qui lui manquent, les petits soucis, les tracasseries bureaucratiques, le poids des responsabilités, les déceptions, la connerie de certains, le regret des amitiés perdues, le crabe qui rôde et emporte les gens qu'elle aime, ses hormones qui font des montagnes russes, les lassitudes du quotidien...pas toujours facile!
-Eh, je comprends mieux ce regard parfois sombre et découragé, elle qui a les yeux si clairs au demeurant. Mais tu es là, non, l'Ange?
-Bien sûr! Tiens pas plus tard que ce weekend, je lui ai apporté en cadeau la présence de son fils aîné, un vernissage avec des rencontres agréables, une soirée paisible en famille, un petit déjeuner au jardin, une sieste au soleil et un billet de son amie Delphine. Tu vois que je me suis déchiré pour lui faire plaisir. Et puis je lui ai glissé dans le creux de l'oreille que les vacances de printemps arrivent dans une semaine, qu'elle va pouvoir souffler vraiment...
-Ah, ça, elle a dû apprécier!
-Oui, je crois que j'ai fait mouche. Elle a beau adorer son métier, il est usant nerveusement, il n'y a que ceux qui ne le connaissent pas qui en parlent comme d'une sinécure.
-Elle va aller mieux, donc? Tu peux être content, l'Ange!
-Je ne crie pas victoire, elle est encore fragile. Je l'ai même surprise à pleurer ce soir.
-A moi, elle m'a dit que ça lui faisait du bien: les femmes sont comme ça, il paraît. Elles ont des larmes "bénéfiques"...va comprendre!
-Bon j'y retourne. Il faut que je lui effleure le front avant qu'elle dorme: pour qu'elle oublie ses pensées négatives et qu'elle parvienne à faire de beaux rêves. Quant à ses vieux démons, j'en fais mon affaire.
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états d'âme,
ma famille mon refuge,
mon ange gardien,
on peut rêver,
restons vigilants,
tant d'amour
01 avril 2012
Un grand mystère de premier avril
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