jeudi 17 janvier 2013

Amadéi

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Je dévoilais naguère quelques-uns de mes secrets d'enfance.*
Le premier commençait ainsi:
*Si je vous disais qu'à seize ans j'étais amoureuse de mon professeur de français. Rien de bien extraordinaire me direz-vous, mais si je précisais que son prénom était Françoise... Ah, vous voyez, tout de suite plus sulfureux, n'est-ce pas? Je rêvais qu'elle me prenait dans ses bras sur une balancelle, et qu'elle m'embrassait...*
Le jour de la rentrée, on me questionna: 
-Qui as-tu, en Français? 
-Amadéi, répondis-je ( Oui, c'était ainsi, on appelait les profs par leur nom seul, mais ce n'était pas un manque de respect, c'était la coutume.)
-Quelle chance! entendis-je, très impatiente soudain de découvrir cette perle.
Amadéi était une très belle femme, j'en ai un souvenir si net que c'en est troublant. Pourquoi certains êtres nous imprègnent-ils l'âme? Pourquoi a-t-on l'impression qu'ils sont entrés dans nos fibres au moment où on les voit pour la première fois, pour s'y emmêler si profondément qu'ils deviennent une part de nous?
 Son regard était clair et perçant comme celui de ces rapaces photographiés au zoom dans les documentaires animaliers, c'est à dire quand ils ne se savent pas filmés ni menacés. Un regard conquérant et pénétré. 
Un casque de cheveux d'argent, coupés court, et des formes pleines et déliées sous des pulls moulants.Des cheveux d'argent?  Elle était jeune pourtant. Elle faisait partie de ces rares personnes dont la chevelure  a blanchi à trente ans. Elle portait un rouge à lèvres  carmin. Sa bouche m'hypnotisait.
Je me souviens tellement de ses cours atypiques. Elle parlait, parlait, et nous écoutions, complètement sous le charme. J'ai conscience à présent de ce que ce genre de professeur et de méthode d'enseignement évoque de nos jours, à une époque épique où la psychose s'empare facilement des gens dès qu'il est question d'enfants soi-disant manipulés par des adultes. Parce qu'évidemment, le syndrome du "cercle des poètes disparus" plane, qui n'a jamais eu bonne presse dans les milieux de l'éducation. Dès que l'on "intéresse" un peu trop ses élèves, dès qu'on les passionne au point qu'aucun ne songe plus à chahuter,  on est aussitôt suspecté de vouloir leur aspirer le cerveau avec une paille, ou bien les mettre dans son lit. C'est sans doute vrai pour une infime pincée de psychopathes pédophiles. Mais, parents, si votre enfant a un jour un professeur comme celui-là, ne sortez pas tout de suite les griffes. Laissez-lui une chance.Et laissez une chance à votre enfant.
Amadéi, "qui aime Dieu" c'était un nom à tutoyer les anges. Je me rappelle précisément certaines de ses phrases à propos de la littérature, dont deux particulièrement: 
 "La vie, l'amour la mort, il n'y a que ces trois thèmes." 
Nous nous regardâmes incrédules. Il nous semblait qu'il existait une multitude de sujets possibles en littérature...
"De sujets, sans doute, mais toujours ils vous ramèneront à ces trois thèmes."
La deuxième phrase:
"Dans un roman, rien n'est jamais gratuit . Chaque détail d'une histoire aura son utilité à un moment, il est pensé là dans un but bien précis."
Ces deux phrases m'ont marquée pour toujours, par leur vérité jamais mise en défaut depuis, quel que soit le livre dans lequel je me sois plongée.
Il me reste un souvenir ébloui et vivant de cette femme, et de tous les livres, qu'elle nous fit découvrir cette année-là. Tous sans exception. Lus avec la même passion. Les Illusions Perdues, Les Fleurs du Mal, Thérèse Desqueyroux, Le Meilleur des Mondes, 1984, Le Tartuffe, Dom Juan, Les Hauts de Hurlevent, L'Etranger, Des Souris et des Hommes, L'Idiot, Le Jeu de l'Amour et du Hasard...Les plus belles pages choisies du génie littéraire, de la poésie et du théâtre.

C'est drôle, il me semble ne jamais avoir écrit une ligne avec elle. Et pourtant j'ai plus appris d'elle en un an que de tous mes autres professeurs réunis.

Et si la fougue de la jeunesse mêla un temps dans mon esprit enfiévré l'amour d'elle et l'amour de la littérature, au-delà de mes émois d'adolescente, je lui dois d'avoir fait de cet amour des livres l' un des plus étincelants phares de ma vie. 

77 commentaires:

  1. mon plus bel amour d'ado fut mon prof d'allemand. C'était ... une jeune dame ! J'ai oublié la dame depuis longtemps, mais j'ai gardé l'amour de la langue allemande. J'ai deux amours: l 'allemand et la littérature française et ce ménage à trois m'apporte beaucoup de plaisir !!!
    Bonne soirée.

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    1. J'aime la façon dont tu décris tes deux amours et toi.Personnellement, la langue allemande, quand elle est récitée à travers les plus belles pages de Goethe,pour ne citer que le plus célèbre, peut avoir une douceur qui pourrait me faire oublier les tristes intonations qu'elle a eues parfois dans l'Histoire.

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  2. Célestine, quel vibrant hommage à ce professeur si talentueux! Je n'ai plus d'enfant en âge scolaire mais si un de mes petits-enfants me parle, un jour, d'un prof en des termes si forts, je crois que je l'écouterai m'en parler avec délices. Tout doit être fait pour passionner les élèves, les transporter vers une culture, un savoir, un imaginaire, une réflexion....et certains professeurs possèdent cette luminance, cette clarté, ce magnétisme qui emportent les élèves à un âge où tout se vit avec excès et les nourrit à jamais. J'ai moi aussi connu un tel professeur dont j'ai oublié le nom, en 4ème qui produisit sur moi un déclic vers la littérature que je n'ai jamais lâchée depuis. JE t'embrasse, Célestine, merci pour ce talentueux billet.

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    1. J'aime bien ce mot "luminance" il décrit bien l'effet que me faisait cette prof étincelante. Merci pour tes compliments, j'aime ton enthousiasme.

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  3. On peut très bien enseigner sans séduire. Cela me semble assez égoïste qu'un/e prof pense à cela. À mon avis, c'est le savoir qui devrait envoûter les élèves et pas leur enseignant/e. Bah oui, un/e élève peut tomber amoureux/se de son/sa prof, mais ce n'est pas vraiment de l'amour, c'est plutôt la fascination. Et quand on est jeune, on ne sait pas encore distinguer entre les deux.

    Je crois bien que ta prof était fascinante. Tu la décris très bien.

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    1. Peut-on enseigner sans séduire? Tu poses là une vraie question philosophique.
      Je ne crois pas, sans vouloir te contredire, que l'on puisse enseigner sans séduire. Parce que le savoir, c'est aride, c'est dru, c'est austère, et que le prof doit être le médium (au sens artistique du terme) le vecteur, le canal par lequel s'écoule la connaissance.Et que pour bien faire passer un savoir, il faut l'aimer, il faut être animé de la passion de transmettre, d'enseigner.
      Or, la passion met dans les yeux des étoiles qui rendent éminemment fascinant celui ou celle qui les porte. Dans mon métier, je constate journellement que si la maîtresse ne donne pas aux élèves le goût et l'envie d'apprendre, le goût de venir à l'école tout simplement, en étant gentille, bienveillante, en soignant son apparence, en sentant bon (mais oui!) les élèves (et les parents) ressentent un malaise que le seul contenu des programmes ne parvient pas à expliquer.
      Je te renvoie au commentaire de Blutch, qui aurait sûrement aimé être un peu séduit par un professeur...

      Après je suis d'accord avec toi que ce n'est pas de l'amour, et que le professeur qui se respecte aura à coeur de ne pas en profiter pour vampiriser les élèves et les abuser, que ce soit sexuellement ou politiquement. Le viol des consciences est un des pires écueils de ce métier.

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  4. Je suis sûr que tous tes élèves, garçons et filles, sont de même amoureux de toi d:)

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    1. Je te laisse toute la responsabilité de cette assertion, cher Saoul-Fifre.

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  5. Oui, on a tous souvent comme ça un prof qui a vraiment compté, rarement deux... J'avais en cinquième une prof de français dont je garde un souvenir ému, bien qu'elle ne fût ni belle, ni jeune. Mais elle avait un énorme sens de l'humour et, alors que tous les profs de français par la suite n'auront de cesse de nous pousser à faire des dissertations sérieuses et chiantes (thèsantithèsesynthèse), elle m'a au contraire pousser à aller toujours plus dans l'humour et la créativité... Qui sait ? Sans elle, je ne me serais peut-être jamais lancé dans Blogbo ? :~)

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    1. Nous n'aurions ainsi jamais connu l'un des plus beaux fleurons de ce site jubilatoire.Et c'eût été bien dommage...Vive ta prof de cinquième, donc.

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  6. Et toi Amadéi, de qui te souviens-tu ?
    - Je me souviens de cette belle jeune fille brune au regard d'eau et de ciel. Elle me regardait les yeux pleins d'amours... au début. Puis, les jours passant, son regard devint plus doux, plus fin, plus fort. Je compris qu'elle avait compris que j'étais moi la professeure et que son "autre" à elle aurait une toute autre forme et un tout autre nom. Je la voyais femme et je la voyais forte. Qu'est-elle devenue ? Je l'ignore. Peut-être enseigne-t-elle ? Je la vois mère et belle d'enfants.
    - Je me souviens de cette belle jeune fille au cheveux d'or qui tricotait les mots avec passion. A l'époque c'était encore confus mais je la savais magicienne. Elle me cassait mes mots, en faisait mille morceaux, pour les construire plus beaux et parés de nouvelles grâces. Je savais qu'elle en ferait des pages et que mystérieuse fée, elle attirerait à elle une nuée de lecteurs.
    - Je me souviens de cette autre petite brune sans cesse tiraillée entre deux idéaux. Au moyen-âge elle eût été un chevalier. Chevalier, elle l'était encore. Le plus faible elle voulait défendre.Partout , elle cherchait la sagesse et la vérité et parfois se faisait prendre au jeu de ses passions. Elle avait parfois du mal à discerner. Elle serait philosophe que je n'en serais pas autrement surprise.Elle se ferait parfois berner mais l'amour de l'autre serait plus fort que tout.
    - Je me souviens d'un grand garçon balourd qui aussi me regardait, amoureux. Il aimait les mots et il aimait les gens. Il était parfois seul, perdu dans ses rêves et revenait tout à coup sur la terre pour attraper le mot, la phrase, le livre qu'il aimerait. Il me regardait si fort de ces yeux perdus de myope qu'un jour je dus lui dire qu'il y avait un "monsieur" Amadéi. Il me sourit et dit : "Je le savais, madame. on n'a pas ce regard de flamme si quelqu'un ne l'a pas allumé. Pardonnez-moi de vous regarder ainsi et d'être peut-être amoureux de vous. Je sais qu'il y a pour moi une femme dont je ne connais pas encore le nom qui fera un jour mon bonheur mais comme j'ignore encore son nom, je la cherche. "En avoir une à chérir, les aimer toutes", c'est ce que mon père me dit toujours.
    - Et il y a aussi, ses milliers d'élèves qui crurent que je ne les voyais pas, à qui il a fallu, patiemment, avec tendresse, transmettre ce "un peu plus" qui les ferait grandir et qui me construirait dans mon métier.
    - Et il y a mille autres choses...mais je n'ai pas le temps.

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  7. oups..."ces milliers d'élèves..."

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    1. Les souvenirs de ma chère Amadéi, transcendés par cette plume bouleversante...me laissent sans voix. Je reconnais ces élèves dont il est question ici, j'espère que les deux premières viendront se reconnaître à leur tour dans ce texte magnifique.
      Quant au troisième,je doute que l'adjectif balourd soit réellement bien choisi!C'est peut-être le seul défaut qui m'empêche de mettre vingt sur vingt à cette si belle rédaction...

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    2. En tous cas le balourd ne le sera pas autant que son ami le croque notes !

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  8. Un prof pareil ça aide sans aucun doute, il t'a appris à regarder, à comprendre, et surtout sans doute à conserver ton libre arbitre. Une belle rencontre....
    Je "plussoie" Saoul-Fifre ];-D

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    1. Je dirais même qu'elle m'a appris à aimer les MOTS.
      Pour ta dernière phrase,je te renvoie donc à ma réponse à Saoul-Fifre...

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  9. Eh eh ! sans en être amoureux, ce fut aussi mon prof de lettre. Il faisait:français, latin et grec. J'aimais son esprit fondeur qui te poussait à dire même le fond de ta pensée. Pas un grand parleur, mais clair, net et précis. De plus Prof de musique à l'internat. Très bon musicien et une belle voix. Un nom connu, mais pas Tino comme prénom, mais Victor....Et comme j'aimais le chant choral, nous nous accordions bien, même si en français j'étais moyen...Il jouait au foot avec nous et sortait parfois son accordéon....Ah j'oublie de dire qu'il portait la robe, qu'il maintenait avec des pinces à vélo pour le foot, ......oui c'était au séminaire.....

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    1. J'adore ton lapsus: un esprit fondeur...
      Bien sûr, que ce genre de professeur établit les solides fondations de ce qui sera plus tard notre personnalité.
      J'adore aussi l'image du petit séminariste qui joue au foot en soutane...
      Merci pour ces souvenirs délicieux.

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  10. http://www.youtube.com/watch?v=rzdJl5p0siQ

    ...

    Je reviendrai, passion née mens !

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    1. Magnifique. Avec des cadeaux pareils, tu reviens quand tu veux!

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  11. Magnifique transcription...Célestine tu sais transmettre tes émois de façon très belle,littéraire et pleine de sens(les cinq sens,les sens de l'âme...)Ceux comme moi qui ont eu la chance d'être l'un de ces milliers d'élèves tentent de sublimer aujourd'hui cette part de nous-même créée et enrichie par la rencontre de l'autre , un échange de beautés...Notre vie intérieure qui nous avive le cœur....
    Merci pour ta transmission
    Merci Anonyme pour ton écho ému...

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    1. C'est beau ce que tu dis sur les cinq sens de l'âme...Tant il est vrai que les cinq sens sont les portes d'entrée par lesquelles le monde nous pénètre et nous façonne l'esprit et le coeur...C'est pourquoi, un professeur qui met tous nos sens en éveil a bien plus de chances de nous faire accéder à la beauté du Monde...
      Je suis d'accord avec toi, Anonyme rime avec sublime.

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  12. Réponses
    1. Comme dirait mon pote Edouard Baer, dans son célèbre monologue d'Otis, la vie, c'est d'abord des rencontres...

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    2. J'adore cette scène, ce monologue ! Merci de me l'avoir fait revoir ! ;-)

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    3. Tout le plaisir est pour moi, cher Cédric, selon la formule toute faite mais que j'aime bien néanmoins, étant donné qu'elle suppose que le plaisir de l'autre nous provoque automatiquement en miroir un plaisir au moins égal à la somme du carré des deux autres côtés...

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    4. à propos d'Edouard Baer :

      http://nuageneuf.over-blog.com/article-edouard-baer-vous-savez-moi-104457403.html

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    5. Et sinon, mon billet ne vous inspire rien d'autre, cher Nuageneuf? :-)

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  13. Tu devais aussi avoir "cela en toi" et elle a participé à le révéler. :)

    Ton billet me fait penser à un livre que je viens de finir : "Elle" de Martine Roffinella.

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    1. Oui j'ai lu ce livre à sa sortie (il y a un moment déjà...) c'est devenu un grand classique du thème de l'amour maître/élève...un livre coup de poing, tout le contraire du sirupeux "mourir d'aimer"

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  14. Le petit garçon que j'étais n'a pas eu une Célestine pour lui dire qu'il était important pour elle et que pour lui l'important était de bien apprendre... Alors le petit garçon s'est profondément ennuyé à l'école....
    Il faut dire qu'à l'âge d'apprendre à écrire, la seule maitresse qui lui a porté une attention particulière, c'était avec une claque si retentissante qu'il en eu la joue bleue. Ben oui, le petit garçon est gaucher et que la maitresse ne supportait pas ça. Alors depuis, le petit garçon a regardé l'école de loin, préférant rêver le surplus de temps que lui laissait le minimum nécessaire pour n'avoir pas à s'éterniser dans le cursus scolaire minimum dont il ne saisissait pas l’intérêt.
    Alors il a échappé à toutes les Amadéi et aux cours de littérature classique...
    Il a ainsi évité Balzac au profit de Zola. En littérature jeunesse, il a plongé dans Henri Verne sans être durablement contaminé, lui préférant Jules...
    Bien sûr qu'il a lu les fleurs du mal, mais il avait son cercle des poètes pas encore disparu: Brassens, Ferré, Ferrat, Brel, Beaucarne, Debronkhart, Vian etc. car la liste est trop longue.
    Il a ainsi fait son éducation à la carte, privilège sublime que d'avoir pu choisir ses influences.
    Pourtant le gaucher, gauchiste mais pas gauche pour autant reste encore sur une interrogation essentielle:
    "Pourquoi les Ritals parlent de "sinistra" pour sa latéralisation, qui fut aussi celle de Léonardo?
    Bises
    Blutch.

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    1. Ton témoignage rejoint certains commentaires que mon ami AlainX a souvent posés ici sur ce sujet, lui qui, comme toi, a été dégoûté de l'école par des méthodes que j'abhorre. Un témoignage qui prouve que tu as su te construire malgré ce mauvais départ. Dans mon panthéon portatif, j'ai les mêmes étoiles: Brassens,Ferré, Vian...avec le même "etc" parce que la liste est longue.

      Eh oui, en vieux françois, senestre et sinistre sont de la même famille. On est gauche ou on est adroit...En France, priorité à droite...la main gauche la main du coeur, la main du diable...
      J'ai une tendresse pour les gauchers.Ils sont souvent brillants et étonnants.
      Et moi qui suis toute en nuances et en contradictions, moi qui aime assez la voie du milieu, moi qui tente de me libérer des clivages pour comprendre autrui, t'étonnerai-je si je te dis que je suis ambidextre...

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    2. Peut-être est-ce grâce à ce mauvais départ... Car il m'a appris qu'il n'y a pas automatiquement de la moralité dans l'autorité. Il m'a aussi appris que le respect qui va au delà de ce qui est du à chaque être humain, quel que soit son âge ou sa condition sociale est un don qui se mérite. Que la fonction honorifique crée des obligations et non des droits. Bref un tas de petites choses assez incompréhensibles dans la 5e République :-).
      Si j'avais été "scolaire", je serais certainement devenu avocat, car le droit est pour moi une seconde nature.. .et, n'ayant alors pas eu à me méfier de l'autorité, j'aurais pu être avocat d'affaires..... Tu vois à quoi j'ai échappé, grâce à une claque inappropriée :-D
      Bacio
      Blutch.
      PS: toi ambidextre, ça m'étonne pas, en effet.

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  15. Et bien dis donc, si elle vous a fait lit lire tout cela et aussi éclectique que ça, ça ne m'étonne pas que tu sois qui tu es. C'est tout simplement époustouflant. Ca c'est du prof !

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    1. J'ai dévoré les livres, parce qu'elle savait nous les faire aimer, en n'en faisant pas des dissections sémantiques comme on fait maintenant, mais en nous montrant combien ils seraient le terreau culturel sur lequel nous sèmerions les graines de notre personnalité...Jamais aucune "fiche de lecture" chiante et artificielle.Que le bonheur de se plonger dans la belle langue.
      Époustouflant, c'est le mot.

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    2. Et pousse tout flanc ! que je puisse m'asseoir à côté d'elle ! :)

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  16. ça serait chouette que ce professeur lise ton texte et se reconnaisse ! plein de bisous tout chaud et croustillant comme le bon pain du samedi matin !

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    1. Oui,ce serait chouette! Elle doit avoir pas loin de quatre vingt-dix ans, mais peut-être va-t-elle régulièrement sur internet...
      Mmmmh! le bon pain chaud et croustillant! J'ai faim...

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  17. tu n'as pas besoin d'une échelle ?


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    1. Tu me rappelles la fin d'une merveilleuse histoire que je lis toujours avec bonheur à mes élèves: Tistou les Pouces verts...

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  18. Votre billet produit une effet particulier: chacun de nous revoit un prof qui a marqué notre vie.

    Le coup de foudre n'existe pas uniquement en amour. D'autres sentiments existent dans des relations qui ne sont pas nécessairement "amoureuses" tels que que la complicité, l'admiration, la confiance et l'assurance d'être entendu, respecté et compris.

    Grand-Langue

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    1. Je suis heureuse quand mes billets produisent un effet particulier.^^
      Bien sûr d'accord avec vous pour votre deuxième paragraphe!

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  19. Comme le dit Grand-Langue, je revois ma prof de français de seconde. Et moi aussi, je me rappelle des livres lus cette année-là.

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    1. Comme je te sais une nature passionnée, je ne doute pas que cette prof ait révélé en toi la Berthoise que je connais...
      Bon weekend sous la pluie!

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  20. Oui , c'est bon d'en parler , de se souvenir , de leur dire aussi
    Mon prof de français , celui qui m'a ouvert les yeux , je l'ai eu en 4 eme
    Il était tout jeune
    et puis , il est devenu auteur pour livres jeunesse , édité , assez connu
    ça me faisait bizarre de raconter à mes enfants les histoires de mon ancien prof
    Je lui ai écrit pour lui dire tout ça
    il a répondu chaleureusement , très touché ..
    Oh oui , faut arrêter de penser que les enseignants sont des pervers , que nos enfants sont des proies faciles
    y'en a tellement de passionnés et bienveillants , oui , on a tous eu notre "MAITRE "
    bon week end Célestine

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    1. Merci Jeanne pour ton commentaire émouvant , comme toujours plein de cet enthousiasme qui donne en vie... oui, en deux mots tu est vivante, et ton énergie est communicative.On n'a pas tour eu "notre maître" à l'école, si l'on en croit Blutch, et d'autres qui ont eu moins de chance que nous, mais c'est vrai que beaucoup d'entre nous sont capables de se rappeler un prof particulier qui les a marqués.Mon billet n'avait pas d'autre ambition que d'évoquer ces souvenirs-là.

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  21. Finalement c'est le dernier § qui me semble le plus essentiel...
    Signe que tu n'étais pas "amoureuse" mais "attirée par l'enseignante" et sa compétence pédagogique, avec les composantes intellectuelles et humaines de sa fonction.
    Son rôle étant de t'éveiller et non pas de te capter.

    C'est bien mieux ainsi !
    Ce qui fait la différence entre un enseignant de qualité et ce que tu appelles "une infime pincée de psychopathes pédophiles"
    Je craindrais que les profs. de cette qualité ne soient eux-mêmes qu'une poignée...
    Mais je suis mauvaise langue sans doute...

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    1. Tout à fait: ce qui me reste d'elle, c'est l'amour de la langue, de l'écriture, de la littérature, des L ivres qui sont et seront de toute éternité mes meilleurs amis, ceux dans lesquels j'ai puisé ma force, mon énergie,mon courage, mon enthousiasme, et des réponses à mes plus brûlantes questions...
      Quant aux pourcentages, je n'ai jamais trop aimé les chiffres statistiques.Je voudrais qu'il y eût plein de gens passionnés comme elle et moi, qui l'exprime de long en large dans ces pages, au risque de vous lasser.
      Mon plus grand souhait serait de ne pas être, comme on me le dit souvent, une "extra-terrestre", te donnant ainsi tort sur ta dernière phrase.
      Mais je suis une utopiste sans doute...

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  22. Quel beau billet ma chère Célestine
    Et oui tes mots font penser au prof enthousiaste qu'on a eu la chance d'avoir, et cela dans n'importe quelle branche...
    Éveiller le meilleur en l'élève, afin qu'il puisse le développer... je sais que c'est ce que tu fais aussi...

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    1. Merci Coum, je m'y emploie quotidiennement, et tu notes que je ne dis plus "je m'y efforce" car c'est devenu tellement une seconde nature que cela ne me demande même pas un effort au sens pénible du terme...
      ...juste un immense et gratifiant plaisir!

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  23. Somptueux hommage... écrit comme toi seule sait le faire.

    Moi aussi j'ai eu mon Amadei, et elle a imprégné ma vie. Je n'étais pas amoureuse d'elle, non, mais tout à fait fascinée. Pulls moulants aussi, de couleurs vives (orange ou rouge), petit foulard pimpant noué autour du cou, une chevelure rousse et sauvage, de grosses lunettes, pas jolie mais si vivante et voluptueuse que je savais, oui je savais que ses lèvres pulpeuses embrassaient un homme jusqu'à plus soif.

    Or... elle était "vieille fille" et habitait "avec son papa".

    15 ans ou 20 ans plus tard j'ai retrouvé sa trace, et ai tout su: elle aimait passionnément un prêtre, avec lequel elle est allée vivre dans les Landes. Il était mort et elle m'a dit qu'elle acceptait le fardeau de Dieu: lui survivre aussi longtemps. Nous sommes devenues amies. Elle m'a enseigné la religion et la littérature. Et l'amour aussi, sans doute!

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    1. Tu la décris si bien, que je la "vois", elle me fait penser à Marlène Jobert...
      J'aurais bien aimé, moi aussi, la retrouver...Mais elle a disparu à jamais dans les limbes de mes souvenirs.
      De bien belles rencontres, ces professeurs hors-norme...
      Je ne te cache pas que je suis heureuse que certains de mes anciens élèves parlent de moi en ces termes.

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  24. Le prof qui m'a marqué le plus, c'est mon prof d'histoire en 4ème, 5ème et 6ème secondaires. Il était très sympa durant les cours, mais ses interros étaient la terreur de l'école et c'était dans son cours qu'il y avait le plus d'échecs. Comme j'avais déjà à l'époque un intérêt plus prononcé pour l'histoire, l'actualité et la politique que par les disciplines scientifiques, son cours ne m'a jamais paru vraiment difficile. Et quand je repense à mes six années de secondaire et aux dizaines de professeurs que j'ai eus, c'est à lui que je pense.

    Bon week-end Célestine.

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    1. Ton commentaire me touche beaucoup, Petit Belge. Car tu ne te livres pas beaucoup en général. Et là, tu nous donnes l'occasion d'en apprendre un peu plus sur toi. je te remercie de ta confiance.
      Bonne soirée!

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  25. Passionnant ton billet, révélateur ...
    Révélateur de ces êtres, ces professeurs qui nous marquent un jour et pour toujours, dans notre enfance d'abord, puis dans notre adolescence. En bien, en mal ...
    Particulièrement intéressant de te voir placée "en élève" toi qui enseignes, tu as d'abord écouté, tu as reçu, tu as ressenti des émotions qui te sont restées ...Mais ici quand tu évoques ton "rêve au baiser sur la balancelle", s'agissait-il seulement de fascination, d'admiration ou de premiers émois amoureux et sensuels ... J'ai connu aussi ! elle m'a même embrassée mais elle n'était pas ma prof ... Ton texte me rappelle en revanche un mauvais souvenir, car je me suis retrouvée moi à seize ans précisément en classe de seconde avec un prof d'histoire "amoureux" de moi. Cela m'a marquée tant j'ai le sentiment ( chance d'avoir pu le dire à ma mère ) d'avoir échappé au pire ... Il m'a fait une cour patiente et fine, m'attendant après les cours, genre prof moderne qui parle à ses élèves, et fait copain copain leur proposant des disques etc ... et parce que l'élève est fasciné par son prof surtout quand il a du charisme, du charme et l'intelligence ( id est ) la passion de ses cours, c'est un jeu si dangereux ... Heureusement, plus de peur que de mal ... Moi, je fus amoureuse de mon prof de philo en terminale mais amoureuse intellectuellement je dirai, pas du tout physiquement en l'occurrence ! non à cette époque c'est Dominique ... qui occupais mes pensées et chatouillais mes hormones naissantes ... :)))

    Je t'embrasse, sur la balancelle ? je te taquine ! :)

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    1. Oui, tu me taquines...mais le sujet le veut. C'est vrai que dans un jeune esprit de seize ans (l'âge de tous les dangers pour moi) les émois sensuels et intellectuels sont très proches et s'embrouillent un peu... Mais est-ce vraiment l'apanage de l'adolescence que d'associer plaisir des sens et émotion esthétique ou intellectuelle?
      Ta mésaventure t'a laissé un mauvais souvenir, et c'est vrai que les "risques du métier" ont été largement commentés et conspués, de là à faire de tous les profs des pervers en puissance... C'était un peu mon propos. Réhabiliter une profession qui est tombée bien bas dans l'inconscient collectif.
      Mais dis donc au fait, tu ne nous en dit guère plus: Dominique, c'est un prénom qui garde tout son mystère... (je te taquine)

      PS j'ai accédé à ta requête, tu as vu chez toi?

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    2. Heu pour la profession ... mes parents étaient enseignants, j'ai moi-même fait les études pour ... J'AIME les profs !!! Heureusement que la majorité est merveilleuse !!! :)
      Ah ah te laisse imaginer Dominique ... et même Claude, hihihi, non pas Madame ! en plus Claude c'est pas un prénom de mon époque :)

      J'oubliais !
      http://www.youtube.com/watch?v=8YrQWmwukVE

      Oui, merci ! je t'ai répondu avec le même plaisir :)

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  26. J'oubliais encore ! merci pour ce sublime nocturne et pour le merveilleux Chopin ...

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    1. C'est celui que mon fils répète tous les soirs...
      Il est empreint de la douceur du soir.

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    2. C'est celui que mon homme me joue régulièrement ...
      Beau dimanche chère âme

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  27. J'ai moi aussi eu la chance d'être entraînée dans la littérature très tôt, d'abord par la grande bibliothèque de mes parents ou je fouinais dans le parfum du bois et de papier...et puis à 12 ans en 4ème cette grande Mère Marie de Saint Paul qui m'a enivrée du plaisir des mots et des phrases, de la poésie et du roman. Je détestais les sœurs et ce carcan d'école soit disant privilégiée où j'etouffais mais heureusement il y avait ces yeux qui pétillaient à la lecture et l'explication des textes de la langue française ! Je crois qu'elle m'a transmis sa passion de l'enseignement

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    1. Oui, c'est exactement cela: les yeux qui pétillent aident les élèves à trouver du charme aux choses qui sans cela, seraient désincarnées et arides.

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  28. En français, on n'a pas la possibilité de choisir la nuance dans le verbe "aimer".
    En anglais, on peut : suivant que l'on emploie like ou love, on sait.
    Je suis très d'accord avec AlainX dans ses propos.
    Ca m'a toujours étonnée, lorsque l'on apprécie (je n'emploie pas aimer justement) ou alors lorsque l'on aime bien tel ou tel prof, on travaille mieux.
    J'ai connu ça aussi avec une Prof d'anglais. J'aime en parler dans mon espace. J'aurais tout fait pour lui faire plaisir. Et j'ai fait d'énormes progrès en anglais !
    J'ai été aussi très proche également d'une Soeur chez les Ursulines.

    Ton hommage à Amadéi est touchant. Elle a dû être l'élément déclencheur pour toi. Comme ce serait bien qu'elle passe ici, un jour.
    J'ai vu et je revois Le cercle des poètes disparus avec toujours beaucoup d'émotion...
    On se rend bien compte que les Profs ont une (grande) influence sur leurs élèves. En bien ou en mal. Je pense à certains Profs de philo... Pour enseigner, il faut être passionné par son métier, sinon on ne résiste pas. Et dès que la passion prend le pas sur la raison, il n'y a plus de self-contrôle...
    Il fallait bien un contradicteur, n'est-ce pas !!!
    Tu commences à bien me connaître ! J'aime faire la mouche du coche, mais j'adore te lire car tu me pousses chaque fois dans mes réflexions ou dans mes retranchements ! Et puis, surtout, tu me forces à voir la vie autrement.
    Je sais que tu vas encore lire entre mes lignes, t'étonner et te poser de nouvelles questions !
    La langue française est si compliquée. Il y a tellement de nuances dans les mots. Et mon cheminement de pensée n'est pas forcément celui des Autres...
    Bon dimanche & gros bisous d'O.

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  29. Ah! Chère Soene, je ne vois pas vraiment de contradiction dans ton témoignage : juste une remarquable synthèse de tes ressentis par rapport à ce que j'ai écrit.
    Comment pourrais-je ne pas être d'accord avec toi quand tu dis que le français est compliqué, ou qu'il y a des nuances dans les mots...
    Bien sur qu.il faut rester prudent avec le charisme des profs, ce magnétisme qui pousse a tous les abus quand il est utilisé à des fins personnelles ou politiques. C'est ce que j'appelle le viol des consciences.
    Mais ce que je dis dans mon billet, c'est qu'il n'y en a pas tant que ça, et que si , à l'adolescence, on a tendance à tomber amoureux d'un prof assez facilement, c'est à lui de nous remettre dans les clous. Cette prof, il ne s'est jamais rien passe que dans mes rêves les plus fous.
    Ce que je dis, dans ce billet, c'est qu'il ne faut pas voir le mal partout. Mais ça ne t'étonnera pas...
    Bisous et bon dimanche !

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    1. Quant à la passion prenant le pas sur la raison, je pense que tout n'est qu'une question d'équilibre et de juste milieu. Il me semble faire la preuve dans ma fonction de directrice notamment, que l'on peut être passionnée par son métier et garder la tête sur les épaules...

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  30. C'est un bel hommage, dis-moi Dame Célestine qu tu rends là à ta professeure ... Et la chaîne ne semble pas vouloir s'interrompre, on dirait. Vocation, transmission, dette de reconnaissance ...
    Celle qui fut le modèle bienveillant, était aussi une femme, professeur de philosophie en hypokhâgne, étrange dame aux longs cheveux roux, toujours en chapeau, si intelligente et noble qu'elle fut pour moi le modèle à penser et à vivre. Je peux dire d'elle qu'elle m'a aussi "sauvé la vie", à cet âge de fragilité adolescente où la solitude pour moi réignait en maître.
    Nous nous sommes retrouvées 20 après, il y a peu, et proursuivons ce lien, qui même dans le silence, jamais ne s'est tari.
    De ces rencontres qui nous forgent dans l'essentiel, nous parlons bien trop peu. Aussi ton hommage Célestine est-il dignement salué.
    Je t'embrasse

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    1. Merci pour le subtil compliment dans ton allusion à la transmission de la chaîne... Ce que j'aurais aimé la revoir, vingt ans, trente ans après même! ...
      Ces rencontres qui nous forgent dans l'essentiel... d'où le libellé que tu n'auras pas manqué de repérer au bas de mon billet: "Mes Fondamentaux"...
      Très bonne semaine en ton fief, dame Zenondelle.

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  31. Je me suis régalée à lire ton article. Il faut dire que j'ai la chance d'avoir ce type de relation avec une des classes des collégiens cette année, et je sais que ça attire parfois sinon l'étonnement et les interrogations, la jalousie de certains collègues. Pourtant, rien de plus sain que cette complicité qu'on a développé et qui leur permet d'apprendre avec plaisir, de bosser sans vraiment se rendre compte qu'ils sont en train de réfléchir et progresser. J'ai eu moi-même un prof d'art comme ça quand j'étais à l'IUFM, je crois que je me souviendrai toujours de lui.

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    1. Merci Sofia. Je pense que beaucoup de gens ont le souvenir d'un prof qui est sorti du lot et les a éblouis.

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  32. Il est des profs qui marquent aussi.
    J'en pinçais pour ma prof d'espagnol, Monique, brune, cheveux au carré, bien plantée avec des formes là où il fallait. Elle était "maquée" avec monsieur Brun le prof de physique-chimie. Le samedi après-midi soit je me faisais coller par Monique et passais 2 heures avec elle, pendant lesquelles elle me faisait la morale. J'étais heureux en tête à tête avec elle et le reste avait peu d'importance. Soit j'étais à la piscine avec Pierrot et quelques autres, Pierrot c'était monsieur Brun, son chéri, qui en dehors des cours voulait qu'on l'appelle par son prénom.
    J'avais 15 ans à l'époque et un jour Monique a cessé de me coller, j'imagine qu'elle a percé mon secret.
    C'est la vie ! Par contre je suis nul en espagnol. ;-)

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    1. Tes motivations pour apprendre l'espagnol n'était pas très avouables, et d'ailleurs le résultat n'a pas été terrible apparemment. Mais tu as appris avec elle une leçon de vie bien plus importante, sans doute.

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  33. Ah ! Curieuse histoire - qui se déroule bien et finit bien. La mienne fut plus complexe, mais ma professeure (dont je sème des bouts d'histoire de temps en temps, parfois dans les Impromptus (et même sous un autre pseudo que le mien) se demandait tout de même comment et pourquoi les élèves faisaient si souvent des "transferts" sur elle (ou sur d'autres). Comme je l'ai revue (plusieurs fois) bien après mes études, elle m'a fait cette réflexion, alors que nous parlions justement du Cercle des poètes disparus (elle n'était plus ma prof depuis longtemps mais elle enseignait toujours). Je ne lui ai rien répondu. Qu'aurais-je pu dire? La différence essentielle entre la tienne et la mienne, (c'était un excellent professeur et une excellente pédagogue, aussi, d'ailleurs, elle a fini sa carrière comme professeur de pédagogie appliquée), c'est qu'elle n'a pas fait sa vie avec un homme, mais avec une femme (une collègue d'ailleurs, ce qui sociologiquement est assez logique).
    Donc, là, il y a vraiment de quoi écrire un roman.

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    1. Pivoine...formidable témoignage !

      Effectivement il y a matière à roman...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.