28 avril 2009

Mon fils







Il faut croire qu'une maman revit toujours ses accouchements le jour de l'anniversaire de ses enfants. En tous cas, c'est vrai pour moi. Le film est intact. Pas une rayure, pas une zone floue. Les odeurs, les sons, les couleurs reviennent à la simple évocation du mot. On peut avoir oublié des choses que l'on a vécues il y a six mois, ou même quinze jours, mais cette sensation formidable de donner la vie, ce tsunami sensuel, physique, mental et affectif, restent gravés à jamais.
Mon premier bébé est né un 28 avril. L'air était doux, je n'étais qu'un ventre énorme et distendu, je respirais en révisant mes leçons de préparation sophrologique à l'accouchement. Je n'avais pas peur, j'étais confiante, je savais que mon enfant serait là dans quelques heures, mais je ne m'attendais pas au torrent d'émotion qui nous a subjugués à ta venue, petit être parfait sorti de moi. Je me revois allongée sur mon lit d'hôpital, dans la délicieuse quiétude qui suit cette tempête, rafraîchie, reposée, radieuse, sereine, contemplant durant des heures ce miracle absolu. C'est bête, n'est-ce pas, de se croire la seule sur terre à avoir réussi cet exploit fabuleux: fabriquer un être humain! Tous les nouveaux parents passent-ils par cette phase extatique? Et le plus fort, c'est que ce sentiment ne nous a jamais lâchés tout au long de son enfance. Je regarde cet homme que tu es devenu, mon fils, et mon cœur s'enfle d'une fierté déferlante. Merci pour tous ces moments merveilleux que tu m'as donné de vivre depuis ce 28 avril 1987...

27 avril 2009

Bruno Heitz


Dans le secteur très fourmillant de la littérature jeunesse, c'est un illustrateur que j'ai rencontré il y a quelque temps, dans une fête du livre, et entre lui et ma classe se sont tissés des liens très forts au travers d'une expérience magnifique pour de jeunes enfants: rencontrer un professionnel et partager des instants rares de recherche, de création et de réalisation. Nous voilà partis dans la conception d'un livre, et ce matin ils regardaient la maquette prendre forme sous leurs yeux avec le regard émerveillé d'une mère devant son enfant.
Nous n'en sommes qu'à l'ébauche du projet final et déjà ils parlent de LEUR livre.Leurs personnages prennent forme,l' histoire se tient, et des vocations d'écrivains ou de dessinateur se font jour. En amont, nous avions lu pendant deux moins les livres d'icelui, à l'occasion d'un rallye lecture passionnant. Les tribulations de Louisette la Taupe n'ont plus de secret pour nous.Cette chère Louisette!
Côté acquisitions, écrire un livre est un vrai challenge: tous les sens sont en éveil , orthographe, grammaire, vocabulaire, conjugaison, géométrie, arts plastiques...Merci, Bruno pour cette bonne matinée. Je veux bien t'aider pour ton blog en échange...

21 avril 2009

Docteur House


J'ai découvert cette série il y a quelques semaines, et je dois dire que j'ai eu un coup de coeur pour ce personnage atypique, parfaitement odieux et pourtant terriblement attachant avec ses yeux bleus, sa patte folle et son humour génial,cachant sous ses dehors misanthropes une blessure profonde. L'argument de la série est inouï: s'intéresser aux maladies bien plus qu'aux malades, et débrouiller l'écheveau des causes possibles comme une enquête policière. L'établissement du diagnostic devient une partie de Mah-Jong ou d'échecs. Les rapports entre les protagonistes sont moins stéréotypés que d'habitude dans le genre "hommes en blanc" , on est loin de la Clinique de la forêt noire ou même d'Urgences. Bref, même Télérama lui accorde deux "TT" , c'est dire! Du coup je m'enchaîne quelques épisodes tous les jours et j'adore ça. Je deviendrais presque "accro" à Hugh Laurie.Comme quoi une série américaine n'est pas forcément nulle et non avenue.Enfin, en même temps, relativisons: je n'avais plus dit ça depuis le dernier épisode de Columbo...Et tant pis si les toubibs hurlent à l'invraisemblance des scenarios et des situations. Ce n'est que de la fiction, d'où vient ce souci constant de la réalité? Les tribulations de Victor Novak dit l'instit n'ont jamais paru vraisemblables aux enseignants. Et alors? Est-ce grave? On peut rêver, non?

20 avril 2009

Fin de vacances ?


Retrouvées, les chères têtes blondes avec leurs yeux pleins de rêves et d'interrogations. Pour la dernière ligne droite, on va mettre les bouchées doubles.Clore le programme, remplir les objectifs que l'on s'était fixés, monter le spectacle de fin d'année.
Ressourcée par ces vacances bénéfiques, ce changement d'air salutaire, cette oxygénation du cerveau si importante pour garder les idées claires.
J'aime ce début de printemps , les odeurs des fleurs envoûtantes et tenaces, les sifflements aigus des merles rieurs célébrant leurs noces dans les pins.
J'aime aussi cette promesse de chaleur que contient le petit air vif du matin, quand je monte sur mon vélo, habillée un peu trop légèrement malgré l'adage des grands-mères: "avril, ne te défais pas d'un fil..."Je traverse le jardin de ville dont les allées sillonnent des pelouses d'un vert impeccable. Le soir, il fait jour très longtemps, on s'attarde dans le jardin, et sans cette gangue de plomb déprimante de l'hiver, de la nuit, du froid, aller travailler ne me pèse plus autant.
Se dire que l'important n'est pas le bout du chemin, mais le chemin lui-même, et que chaque journée peut être vécue comme un jour de vacances, il suffit de sourire à la vie.
On va encore me dire que je suis une optimiste béate. La différence c'est que maintenant, j'assume.C'est toujours ça de pris, disait ma grand-mère.

04 avril 2009

J'écris ton nom

Une jeune femme que j'apprécie depuis longtemps à embrassé le beau métier de journaliste. Elle m'apprend deux nouvelles en même temps: d'abord qu'elle est une lectrice assidue de Célestine Troussecotte, et là, j'en rougis de plaisir.Ensuite que sa profession est en train de s'éteindre peu à peu, sous les coups de boutoir des patrons de presse , et là je rougis de colère. C'est vrai que les journaux indépendants ne sont pas légion, qu'ils ont du mal à subsister dans cette tempête de pensée unique et de propagande. C'est vrai que tous les journalistes ne peuvent pas être embauchés par Marianne ou le Canard. Ils doivent donc continuer à faire leur travail du mieux qu'ils peuvent, avec cette épée de Damoclès : être virés...
Alors ça veut dire que les journalistes sont pris en otages, et ça, c'est gravissime. Il n'y a plus de liberté de la presse, la vraie liberté de traiter, en toute tranquillité intellectuelle, les grands problèmes de société, d'y jeter un regard neuf, et sans complaisance, de ne pas aliéner ses écrits à un quelconque diktat pré-établi par le pouvoir en place. La liberté de ne pas obéir aux injonctions des puissants.N'y a-t-il plus moyen que des journalistes posent les vraies questions aux politiques, les questions qui dérangent, les questions qui engagent? Plus d'espoir qu'aucun journaliste ne puisse faire son travail sans se voir retirer sa carte de presse?
« Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ? »Victor Hugo, "Le Gouvernement", livre deuxième, chapitre 5.
Reviens, Victor!

02 avril 2009

Belle histoire


J'ai reçu cette belle histoire par mail et je n'ai pas résisté au désir de la faire partager à mes amis.



"Un musicien de rue était debout dans l'entrée de la station «L'Enfant Plaza » du métro de Washington DC.
Il a commencé à jouer du violon.

C'était un matin froid, en janvier dernier. Il a joué durant quarante-cinq minutes.

Pour commencer, la Chaconne de la 2e partita de Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et de nouveau Bach.

A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur travail.

Après trois minutes, un homme d'âge mûr a remarqué qu'un musicien jouait.

Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis a démarré en accélérant.

Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l'argent dans son petit pot.

Quelques minutes plus tard, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher…

Il était clairement en retard.

Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans.
Sa mère l'a tiré, pressée mais l'enfant s'est arrêté pour regarder le violoniste.

Finalement sa mère l'a secoué et agrippé brutalement afin que l'enfant reprenne le pas.
Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien.Cette scène s'est répétée plusieurs fois avec d'autres enfants.
Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger.
Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps.

Une vingtaine environ lui a donné de l'argent tout en en continuant leur marche.
Il a récolté 32 dollars.

Quand il a eu fini de jouer, personne ne l'a remarqué. Personne n'a applaudi.
Une seule personne l'a reconnu, sur plus de mille personnes.

Personne ne se doutait que ce violoniste était Joshua Bell, un des meilleurs musiciens sur terre.

Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars !

Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place.

C'est une histoire vraie.
Joshua Bell jouant incognito dans une station de métro a été organisé par le
« Washington Post » dans le cadre d'une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens.

Les questions étaient :

dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ?

• Nous arrêtons-nous pour l'apprécier ?

• Pouvons-nous reconnaître le talent dans un contexte inattendu ?

Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être :
Si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter l'un des meilleurs musiciens au monde jouant quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, à côté de combien d'autres choses exceptionnelles passons-nous ?

"Ne pas avoir le temps de méditer, c'est ne pas avoir le temps de
regarder son chemin, tout occupé à sa marche."

(A. Sertillanges)

30 mars 2009

Vous avez dit "Comptez" ?

Je n'ai jamais su compter. J'entends par là tenir des comptes chichement. Ratiociner, pinailler , ergoter de façon mesquine. Tenir la liste des invitations, des cadeaux faits , des services rendus. La générosité, c'est justement ne pas savoir faire cela. Je me dépense sans compter depuis des années, et je n'aurais jamais eu l'idée de me transformer en apothicaire pour, justement, tenir un compte d'heures de travail précis, si mes chefs ne me l'avaient pas demandé.
Pas de pointeuse à l'école, pas de rendement, pas de cadences. Seulement des hommes et des femmes en face de leur conscience. Des fonctionnaires soucieux
ou pas de l'intérêt des enfants, et de la hauteur de leur mission.
Et voilà que soudain, on nous demande de compter nos heures. Ce que nous faisons, avec plus ou moins bonne grâce. Mais nous le faisons. Les enfants travaillent moins, ne vont plus à l'école le samedi, mais les adultes doivent toujours leurs heures: pour une année, tous ces samedis matins équivalent à 108 heures précises.Nous devons ces heures à l' Administration? Pas de problème, nous les ferons. Comptons , donc.
L'ennui, c'est que nous arrivons fin mars et que les 108 heures se sont envolées depuis lurette. En réalité, ce à quoi n'avaient pas réfléchi nos supérieurs, c'est que lorsque personne ne comptait, lorsque régnait la confiance, lorsqu'un climat de suspicion ne s'était pas encore installé partout, nous en faisions certainement deux fois plus, gracieusement, au sens propre du mot, c'est à dire sans être payés. Quel ouvrier, quel employé accepterait de faire des heures supplémentaires pour les beaux yeux de son patron? C'est pourtant ce qui arrivait quotidiennement: nous n'étions pas payés pour recevoir les parents (avec ou sans rendez-vous) et les écouter patiemment une heure après la classe,
pas payés pour emmener les élèves en sortie pour une journée, ou en voyage scolaire, et les surveiller pendant le repas de midi. Pas payés pour partir en classe de découverte une semaine, et pour ,24 h sur 24 , les surveiller, les soigner, les consoler, les faire manger, veiller à leur hygiène, leur chanter une berceuse et veiller sur leur sommeil. Pas payés pour attendre jusqu'à midi qu'un petit en pleurs retrouve sa maman qui l'avait oublié, parce que notre conscience nous soufflait de ne pas le laisser seul dans la rue. Pas payés pour être à l'école dix minutes plus tôt pour surveiller l'accueil, pas payés pour ranger la classe, afficher les dessins, corriger les cahiers, préparer les cours.Pas payés pour le temps du déplacement aux conférences pédagogiques, à peine indemnisés pour le carburant.
Bon j'arrête cette liste indigeste, parce que je me fais peur: je deviens une vraie comptable.Finalement, je vais peut-être suggérer l'idée d'installer une pointeuse à l'école: ce sera moins fatigant et plus ..."rentable"!

23 mars 2009

Nissa la Bella





Je me prends à rêver de Nice, ma ville phare, mon étape, mon escale depuis toujours. Nice de mon enfance, son collier de perles, ses eaux turquoises, son marché aux fleurs. On est à une ville comme à ses souvenirs, attaché à jamais par des liens invisibles et puissants. Et on y revient par intermittence jusqu'à ce qu'un jour , enfin, on décide de s'y retirer pour son dernier face à face avec la vie. Je sais que mon chemin me ramènera vers ses ruelles, son ciel anglais, son air doux et humide, quand, dans quelques décennies, l'appel des bateaux du vieux port et des flâneries dans le Vieux Nice s'imposera comme une évidence. Alors je reprendrai mon voyage au pays de Nucera interrompu durant la parenthèse enchantée qu'aura été toute ma vie.Et je partagerai mes jours entre la mer et la montagne, entre la plage et les sommets, la côte et l'arrière pays, faisant du délicieux contraste de cete région une façon unique de ne jamais s'ennuyer.

19 mars 2009

Jour de grève


Des images se bousculent dans ma tête cependant que je fais le bilan de cette journée de lutte.
C'est beau, un peuple en marche, un peuple en colère et pourtant espérant encore , des concitoyens portés par les mêmes souffrances, les mêmes inquiétudes, les mêmes aspirations.
Je vois ces mères de familles harnachant leurs poussettes de slogans accusateurs, mues par la saine angoisse des louves protégeant leurs petits: "quel avenir pour les jeunes? " "Touche pas à mon école". Je vois des personnes âgées effarées par le tour que prennent les événements, par la vitesse à laquelle tout se dégrade: services publics, déontologie républicaine, acquis sociaux. Je vois des ouvriers cheminant avec des avocats, des infirmières et des métallurgistes, des professeurs, des éboueurs.Mais l'image la plus marquante pour moi, dans cette journée, par l'indicible malaise qu'elle m'a procuré, est celle des ces policiers au visage fermé barrant de leur corps l'entrée de la Mairie, la Maison Commune, le symbole de nos institutions. Le buste de Marianne dérobé à la foule par une poignée de gens d'armes, de gens en armes, de néo-barbares urbains en uniformes opposant à la paisible souveraineté populaire la force incongrue de leurs dérisoires matraques. Pourquoi l'homme est-il toujours et ad vitam eternam un loup pour l'homme? Pourquoi chaque avancée sociale, chaque progrès lumineux, chaque effort de paix est-il toujours irrémédiablement suivi d'une régression, d'une "Restauration", d'une peste brune, d'un retour de bâton? Pourquoi la bête tapie en l'homme reprend-elle régulièrement le dessus, qu'elle aie pour nom violence, barbarie, dictature, exploitation, ou simplement injustice, privilèges, négation des droits, sur l'ange de bonté qui l'anime parfois, à travers ses Lumières et ses Prix Nobel de la Paix?
Je crois que je vais dormir sans avoir eu de réponse à cette interrogation universelle...

16 mars 2009

le souffle créateur de la passion


J'aime mon métier. Que voulez-vous, on ne se refait pas...L'odeur des cahiers et des livres, les visages des enfants tournés vers moi avec ce mélange de candeur et d'impatience, les doigts pleins d'encre, les petites figures chiffonnées, les gros mensonges, les petites bêtises, les langues tirées quand on s'applique, le bon élève que l'on copie, le cancre qui se chauffe sur le radiateur, toutes ces constantes de la condition écolière n'ont pas varié depuis Jules Ferry, et les enfants, quoi qu'on en dise, seront toujours des enfants, avec la même capacité d'émerveillement: il suffit de leur lire un vieux conte de Grimm et adieu les jeux vidéo, la télé, les ipod ou autres objets technologiques... L'imagination alors se remet à fonctionner, on frissonne avec effroi à l'approche de la sorcière, on fond de délice devant la maison de pain d'épice.Non , les enfants ne sont pas plus "exigeants ou blasés qu'avant". Le seul talent de raconter des histoires en y mettant son coeur et sa passion des livres suffit à redéclencher le processus mental de l'imaginaire. Rien ne remplace l'histoire que l'on écoute dans son lit, le soir, dans le silence à peine troublé pas le froissement soyeux des pages d'un album ...Rien ne vaut ces premières lectures que l'on découvre à huit ans et qui vous laissent dans l'âme l'indélébile trace des premiers plaisirs intellectuels, qui conditionneront à jamais la richesse intérieure de votre vie d'adulte Si je n'y croyais pas de toute mon âme, depuis si longtemps, je vendrais des tuyaux d'arrosage ou des boulons.Encore que ce soit un mauvais exemple, car les vendeurs de tuyaux ou de boulons, sont gens fort respectables, et ils me reprocheraient de les cantonner dans une fausse image de gens bornés et inaptes à la lecture. Loin de moi cette pensée sotte et grenue. Les vendeurs de tuyaux et de boulons lisent certainement le soir des histoires à leurs enfants, pour peu qu'ils aient eu dans leur enfance une institutrice dans mon genre, qui leur enseignât de ne jamais perdre leur âme d'enfant et d'accorder à la lecture une place de choix dans la hiérarchie des petits plaisirs.
Non,je pense que si je ne croyais pas de toutes mes forces à l'importance des contes dans la vie d'un enfant, je serais devenue "
trader", symbole pour moi du pire métier qui soit, puisqu'il est basé sur la vénération de l'argent, de la matérialité, et sur la quête du gain et de l'ambition avec comme moteur l'écrasement des autres . Mais il y a sûrement quelques traders qui lisent des histoires à leurs enfants...Enfin je veux l'espérer...

14 mars 2009

Ma factrice


Ma factrice est géniale. Elle ne me donne jamais mon courrier sans me demander comment je vais, et sans me raconter une petite anecdote sur sa vie ou son travail.
Elle est sportive aussi. Elle fait sa tournée à bicyclette, par tous les temps.Par tous les vents.
Et depuis quelque temps, elle travaille au nouveau centre de tri.
Le nouveau centre de tri est, paraît-il, magnifique: panneaux solaires photovoltaïques, isolation, architecture en cascades, baies vitrées, puits de lumière, le nouveau bâtiment répond aux normes Haute Qualité Environnementale. Bref, il est E-CO-LO-GIQUE.
Mais comme il est un peu loin de centre ville, on a acheté pour chaque facteur...une mobylette!
Cherchez l'erreur.
Alors ma factrice prend sa mobylette, tous les matins, elle la pose chez une amie et continue sa tournée à bicyclette.
Elle est formidable, ma factrice.

11 mars 2009

B. A .


J'ai écrit un petit poème pour remercier une amie chère.
Elle rougira sûrement en se reconnaissant, car elle cultive l'humilité.
C'est tous les jours qu'elle fait sa B.A., Béa.


Son prénom signifie heureuse
Ses cheveux sont couleur des blés
Ses yeux regardent loin
D'un bleu d'azur parfait

Son coeur est grand ouvert,ses mains savent donner
Son âme est généreuse
Ses mots savent panser

Elle est partie très loin de moi
dans un pays plein de souffrances
Apporter son amour
aux femmes de là-bas

Et si je suis restée en France
Ma pensée l' a accompagnée
Dans l'eau rare de ce pays
jaillissant d'improbables puits.
J'y ai mêlé quelques sourires
pour lui témoigner mon appui.

10 mars 2009

Autoroutes

J'ai enfin compris le bien-fondé de l'expression: "les autoroutes de l'information" . C'est que de nos jours, l'information va à 150 à l'heure! Hier, je pestais contre le site qui proposait de faire les devoirs des gamins en mal de bons résultats scolaires mais au portefeuille bien rempli, et voilà que ledit site est déjà fermé. Même pas le temps d'aller y fouiner, juste pour voir...
Un jour, on vous dit que tel produit est horriblement cancérigène, et très dangereux pour la santé, le lendemain, des savants et des médecins vous assurent que ce sont des rumeurs infondées. Ca va , ça vient, ça brasse dans tous les sens. On affirme, on suppute, on colporte, on déforme, on transmet, on enjolive, on dramatise, on cache, on travestit, on néglige, on choisit, on rajoute son grain de sel, on véhémente, on débat, on blogue, on tchatte, on squizze, on post, on tagge, on surfe, et pour finir, cette pauvre information ne ressemble plus qu'à un paquet informe de chiffons usagés. Et pourtant, la Vérité, toute nue, celle qui sort du puits et de la bouche des enfants, existe au delà des médias, au-delà des techniques et des manipulations d'opinion. Elle vous prend à la gorge subitement au détour du chemin et vous laisse pantois et abasourdi.
Aujourd'hui, c'était ces gens qui fouillaient les poubelles d'un palace parisien à la recherche de leur survie. Des êtres humains réduits à l'état de bêtes, en train de manger des résidus d'assiettes laissés par d'autres êtres humains. Mon poulet au curry , soudain , n'a plus eu le même goût. Ces pauvres diables au regard brûlant ont emprunté à leur insu une autoroute de l'information, et se sont fait écraser par le poids-lourd de l'indifférence.

08 mars 2009

Vive les femmes


Un jour , les hommes ont inventé "la journée internationale de la femme". Sans doute pour se dédouaner des 364 journées consacrées à leur gloire. Chers hommes! Loin de moi l'idée d'entretenir la guerre entre les sexes, mais en ce jour je voudrais vous adresser à toutes un message d'espoir, de sourire et de vie.
Oui je suis fière d'être une femme, d' appartenir à cette grande moitié de l'humanité, fière de nos forces et de nos faiblesses, fière d'avoir rencontré des êtres qui me comprennent vraiment, je dirais ...de l'intérieur : vous toutes, ma mère, ma soeur, ma fille,ma belle-soeur, ma belle-fille, mes nièces , mes cousines, mes amies, mes collègues, mes voisines,mes compagnes de lutte ou d'aventure, amies d'amis, épouses ou célibataires, heureuses rencontres, mamans d'élèves ou anciennes élèves, (et les deux en même temps parfois) amies d'un jour ou de toujours, avec qui j'ai partagé mon chemin.
Je me sens heureuse de partager surtout avec vous cette énergie incroyable qui pousse chacune d'entre nous à se relever après chaque épreuve, à continuer à y croire, à toujours semer des roses là où il n'y avait que des débris, d'enjoliver chaque matin qui se lève par un sourire ou une chanson. L'énergie qui nous pousse à ne pas nous écouter quand nous avons mal quelque part, à toujours donner sans jamais rien attendre en retour, à mener 3 ou 4 vies en parallèles, professionnelle, affective, ménagère, éducative. L'énergie qui nous pousse à accepter , à positiver, à combattre pour qu'un jour le monde soit un peu moins gouverné par la testostérone...et un peu plus par l'Amour. Plus que jamais je fais mienne la phrase d'Aragon, "La femme est l'avenir de l'homme" , mais aussi sa raison, son garde-fou,sa richesse, son ultime recours, sa chance.
Je pense à nous toutes qui vivons dans un pays libre et évolué, quoi que pour certaines ce ne soit déjà pas évident. Mais je pense aussi à toutes les femmes du monde, qui ont le même courage et la même force que nous pour supporter cent fois plus de difficultés: humiliations, mépris, tortures et privation de liberté. Celles pour qui accouchement ne rime pas avec heureux événement.
Pour finir sur une note plus gaie, je souhaite à toutes une très belle journée , entourées des êtres que vous aimez, en vrai ou sur le net, avec des chants d'oiseaux , du soleil et de la joie dans votre coeur. Celles qui n'ont jamais connu ce grand moment de solitude qu'est une panne de tampax peuvent jeter ce message aux orties. A mon avis aucune d'entre vous n'est concernée, à part peut être madame Thatcher...

04 mars 2009

Fais mes devoirs point com!


Non mais je ne pensais pas qu'ils y penseraient un jour: il fallait oser. Inventer un site où , moyennant une somme assez exorbitante au demeurant, on vous fait vos devoirs. Marcel Pagnol a dû se retourner dans sa tombe!
Les cancres fainéants et assez riches vont pouvoir acheter leurs bonnes notes. Pauvre France, comme disait je ne sais plus qui. On atteint des sommets dans l'ignominie. La poursuite effrénée du profit, qui est en train pourtant de faire la preuve de son essoufflement, a encore des adeptes. Et le ministre de l'Education Nationale s'insurge, mais pas contre cette organisation mercantile de la tricherie, non! Pour une fois, cela l'honorerait. Non, il rouspète contre le fait que ce soit payant! En bon démagogue. Vous pouvez tricher les enfants, mais il vaudrait mieux que ce soit gratuit.
Dites moi que je rêve!!!!!!!!!!!!!

10 février 2009

colère et sérénité


La colère n'est pas bonne conseillère. Mais en même temps elle porte en elle une énergie libératrice. Ah! quelles dures contradictions vivons-nous en ce bas monde...
J'ai remarqué que ma colère tombe pendant les vacances. Comme si mon esprit est mon corps se ramassaient sur eux-même pour mieux bondir dès la rentrée.
Je me coupe aussi plus facilement du flot médiatique exception faite de ce cher clavier internautique qui me relie au monde.Le bruit et la fureur de la vie politique me parviennent comme assourdis. Je me mets dans une bulle.

C'est justement là qu'il faudrait se méfier et garder une saine vigilance: parce que c'est souvent pendant les vacances que les décrets les plus iniques, les plus corrosifs et anti sociaux sont publiés au journal officiel...C'est ce qui s'appelle le coup du lapin.

05 février 2009

Le Titipu

Ce matin, il y avait le Titipu qui chantait. Vous ne connaissez pas le Titipu? C'est l'oiseau annonciateur de printemps. C'est ma soeur qui l'appelle comme ça. A cause de son chant:
"Titipu! titipu! titipu!" Trois fois. Ca sent bon quand le Titipu chante.
Je suis partie à l'école le coeur content. Il paraît que l'an prochain on va travailler le mercredi.
Ma classe prend l'eau. Mon moral prend l'eau aussi.
Heureusement , ça sent le printemps.
Le printemps sera chaud!
Allez , je vais corriger mes dictées.