11 juillet 2017

Haricot






Zen Yu
« Pourquoi ne pas accepter les choses qui tombent sans crier gare, et contre lesquelles on ne peut rien ? »
Voilà la question posée sur un journal féminin, laissé négligemment ouvert à la bonne page, dans le train.
Sans crier gare...Dans le train...Comique non ?
Ce qui est tombé du ciel, aujourd'hui, et qui a fait que mon voyage retour a duré neuf heures au lieu des quatre prévues c'est une tempête. Une véritable mini-tornade qui a fait plier les caténaires sous le poids des arbres déracinés par le vent. Train à l'arrêt. Panique à bord.
Mais sans cela, aurais-je fait la connaissance de Zen Yu, le moine bouddhiste ? Un être de lumière.
Je vous en reparlerai certainement, mais là, vous me pardonnerez, ce soir, lecteurs adorés, j'ai l'impression d'être un haricot vert bouilli oublié dans une cocotte. 


¸¸.•*¨*•




Musique: Feelings, instrumental proposé par Alain Manuel, et qui a quand même plus de gueule que le morceau que j'avais mis à la hâte, en bon haricot bouilli...

10 juillet 2017

Minerve





 Minerve est encore un charmant village que j'ai découvert avec joie.
Flanqué d'un reste de tour moyenâgeuse complètement disproportionnée, juché sur une butte accrochant les nuages et jouant avec le ciel...



J'ai descendu des chemins escarpés accrochés comme des serpents à leur falaise crayeuse. 





Au bord de l'eau, un arbre splendide étalait ses racines comme un banian africain.


Un pont romain illustrait joliment les paroles de la chanson de Julien:
« Si les vieilles voûtes ne s'écroulent pas c'est que leurs pierres veulent tomber toutes à la fois...»


La colombe de lumière s'élançait dans son silence de pierre cathare.



Je suis restée longtemps subjuguée par la chaleur écrasante et, en même temps, la fraîcheur orageuse du vent, par les témoignages muets des pierres et la douce paix de ce village.
L'endroit a un air de Toscane, avec ses cyprès florentins effilés comme des feux follets, et ses vignes généreuses.
Superbe. Décidément ce voyage est un ravissement.  Quand l'ombre est rouge, sous les roses, et clair le temps,  prends garde à la douceur des choses, dit le poète...Mais de quoi pourrait-on bien se méfier dans un cadre si doux ?

¸¸.•*¨*•




09 juillet 2017

Etincelles









































En rentrant de la fête des fanfares, nous sommes restées un moment sur le perron, dans l'air doux de cette fantastique soirée d'été.
La lune rutilait ce soir comme passée au mirror. 
On s'est raconté des trucs de filles. Comme par exemple ces étincelles qui crépitent soudain au hasard d'une rencontre fugitive, d'une parole aimable ou charmante, d'un regard échangé. Un simple regard peut être une histoire à lui seul.
Des mots spontanés, qui viennent à notre rencontre sans a-priori, comme des battements de coeur, des mots qui nous restent, comme autant de pépites. Qui nous ont fait chaud en-dedans, et frais au-dehors.
Je lui raconte cet homme qui s'était soudain arrêté devant moi, il y a longtemps, dans le hall d'un grand magasin, et qui m'avait dit : « Je vous aime »...
 Je ne le connaissais ni d'Eve ni d'Adam. Il a disparu dans un nuage de songe, me laissant perplexe et béate...
Elle me parle de celui qui, dans une autre rue, sous un autre soleil, lui avait dit : «  Votre parfum vous colle à la peau » 
Tant de ces beaux et sombres inconnus pour qui nous avons été des passantes, fugaces et inaccessibles...Je n'en ai oublié aucune, de ces petites phrases qui font tant de bien.
Elle m'a fait remarqué que j'avais tapé dans l'oeil du trompettiste, ce soir. Comme si je n'avais pas vu...Les bulles, la musique qui tourne la tête...C'est rien, comme une fumée de cigarette, mais c'est tellement bon...Nous avons souri de nos connivences. Ri comme des baleines.
Il y a des moments, dans la vie, où c'est comme marcher dans la mer.


¸¸.•*¨*•



Musique: Me voy a morir de tanto amor, Alberto Iglesias

08 juillet 2017

Montolieu










J'habite un village merveilleux. C'est un petit paradis, ce lieu pelotonné autour de ses librairies, où les écrivains poussent comme des brassées d'herbes fraiches...
Car les fous de livres aiment les chats, c'est bien connu. Je suis dorloté, bichonné, caressé...Dans une de mes neuf vies, la troisième je crois, j'ai fréquenté Baudelaire et Léautaud, je sais de quoi je parle.
J'étais sur l'appui d'une fenêtre à rêvasser à ma félicité féline.
Elle a déboulé au beau milieu d'un de mes songes que je fais souvent, plein de souris bien moelleuses et croustillantes à la fois.  Réveillé au moment le plus crucial, la moustache maussade, j'ai vu cette fille aux grands yeux de ciel qui poussait des oh ! et des ah ! à chaque librairie (et il y en a une palanquée, je vous le dis)...Je crois qu'elle s'appelait Célestine, ou Séraphine, ou Albertine. Enfin, un nom d'amoureuse. Mais qu'est-ce qu'ils ont donc tous à s'extasier sans cesse devant ces empilements de papiers à l'odeur de moisi prononcée ? Y trouveraient-ils une réponse à la question du pourquoi du comment existentiel ?  Si seulement ils pensaient à nous demander, à nous autres, les greffiers du temps... On leur dirait. On a le secret. Oui mais alors, les livres ne serviraient plus à rien. Et Montolieu n'existerait pas. Ce serait bien triste...
Cliquez pour en savoir plus sur Montolieu, le village des livres aux vingt librairies.
Musique: Friz Kreisler, Liebeslied

07 juillet 2017

Exercices de style (4)


Cela faisait longtemps que je n'avais pas rendu hommage à ce cher Raymond Q (c'est du poulet)

Mes premiers exercices de style étaient ICI
Vous trouverez les deuxièmes par ICI
Et les derniers par LA








Hélléniste

Pyrame, ô mon aimé, sois de toute prudence
Du courroux de mon père on craindrait mille traits
-Ah! Thisbé, je n'ai point d'ennemi. Et ma lance
Et mon coeur à jamais sauront te protéger !
- Ô destin trop cruel ! ô dieux impénétrables !
M'enfin, qu'avons-nous fait pour endurer votre ire ?
Et qu'allez-vous encor nous faire choir sur le râble
Parlerez-vous félons ? Saurez-vous me le dire ?


***


Aux Petits Soins


Tu ne vas pas sortir comme ça ? 
- Ben si, Mimine...
- M'enfin, Raymond ! mets au moins le petit gilet en rilsan que je t'ai commandé aux trois suisses ! Les soirées sont fraîches ! 
- D'accord Mimine...
- Et ne bois pas trop, c'est mauvais pour ton foie !
- Non, Mimine, je ne bois pas trop !
- Et n'oublie pas de m'appeler quand tu arrives !
- Bien sûr, Mimine, j'oublierai pas !
- Et tes lunettes de presbyte, enfin !
- Je suis peut-être presbyte, mais toi tu es casse-c...
- Chut ! Tu vas dire des horreurs, mon Raymond ! Allez, sauve-toi !



***


Langue de p...

Dis donc, tu sais pas ce qui est arrivé à Suzy ? de la compta...
- Non, dis-moi...
- Avant-hier...Ne me dis pas que tu n'es pas au courant, toute la boîte ne parle que de ça ...
- Eh bien ?
- Eh bien, elle a surpris son mari avec Marie-Chantal,  la blonde du service des contentieux...
- Non sans blague ! Mais ils faisaient quoi ?
- T'es bête ou quoi ? Ils jouaient au jacquet, bien sûr...
- Ah bon ? Mais c'est interdit de jouer au jacquet ?
- Ah ben...oui, t'es bête, en fait...Laisse tomber, c'est pas grave !



***


Cristina Cordula

Mais qu'est-ce que c'est que ce bazar de veste trop mal coupée ? Ah mais non, mon chéri ! Non mais ça va pas dou tout ! Toi, tou comprends, tou as un corps « en y grec » , alors tou peux pas mettre ça, ça ne te met pas dou tout en valor ! voilà ce qu'il te faut ! Voilà ! Ça c'est bien mieux...sublaïme ! Là... alors hein ? Qu'est-ce que tou en dis ? 
- Ah...oui c 'est vrai, là, je me trouve beau...
- Beau ? Mais tou es ma-gni-faïque , mon chéri ! Tout simplement magnifaïque !




***



Coach

Mais vous êtes tout tendu là... C'est sûrement une contracture des muscles costo-vertébraux...Allez, respirez...Doucement. Par le ventre. Là, comme ça...Vous sentez votre diaphragme se détendre ? Non ? Attendez, je vais vous aider...Je ne vous fais pas mal, là, ça va ? 
Je vous ...? Chatouille ! Ah pardon, mais comment voulez-vous que je fasse si je ne peux pas vous toucher...Bon allez on reprend. Inspirez... Souuuufflez !
Voilà, tout est là, dans le contrôle du corps ! Intériorisez vos sensations. Laissez éclater l'énergie qui est en vous ! Lâchez votre être profond !
Euh...attendez, là, je vais ouvrir la fenêtre, vous avez peut-être un petit peu trop lâché votre être profond, là...
Allez, on reprend.
Iiiiinnspirez ! Souuuufflez !



***



Feux de l'amour


- Je ne sais pas si je dois lui en parler, Samantha...
- Ecoute, Steven, je n'ai pas de conseil à te donner, mais tu devrais vraiment lui en parler, là...je suis son amie, et crois-moi,  je pense que tu devrais...
- Vraiment, tu crois ? mais comment va-t-elle le prendre ?
- Je ne sais pas...Evidemment...Il y a un risque qu'elle le prenne mal...
- C'est bien là le problème...
- Mais d'un autre côté, il y a une chance qu'elle le prenne bien...
- C'est vrai...Mais je me demande quand même si je dois lui en parler, Samantha.
- C'est vrai qu'en réfléchissant bien, tu aurais peut-être tout intérêt à ne pas lui en parler tout de suite. Vois-tu Steven, les femmes sont comme des oiseaux, elles s'envolent si on leur fait peur...
- Tu as raison, Samantha. Je vais réfléchir.

Que va décider Steven ? parlera-t-il à Beverley ? Vous le saurez en regardant le huit cent quatre vingt deuxième épisode de notre série d'été...


***

Allez, à vous!
¸¸.•*¨*•










06 juillet 2017

Gamme over











A portée de peau,  à portée de doigt, 
A portée de sol
Demain oscille et puis se lasse
Demain s'envole en un soupir
Et puis se pause 
Sur le sol 
Mais dans l'air il y a un bémol

A portée de vie, à portée d'envie
Si l'amour si las
Errait en silence
Errait sans ciller

Alors en fado
J'aurais la saudade
Toi rocamadour
Moi ta mie d'amour
Douce et adorée 
Facile à aimer
Mais si indocile...

A portée d'amour , à portée de fleur
Elle est là, la vie, à portée de coeur ...
Fadièse que tout cela  ?
Dis moi 
Dis moi
Dis moi...

¸¸.•*¨*•











Pour les jeudis poésie D'Asphodèle









05 juillet 2017

Mercredi !

Dessin de Chariesque, une douée du trait






Le mercredi, c'était la pause. Sacrée. La récré de la semaine.
Je sais, ce billet sera incompréhensible voire abscons,  pour tous ceux qui ne sont pas maîtresse d'école. Qu'ils me pardonnent. Je sais, vos conditions de travail sont certainement très dures, avec un patron qui vous harcèle, ou des collègues à l'affût de se faire les griffes sur vous. Ou pis que ça encore, un bureau sans soleil, des horaires inhumains, ou Suzy de la compta qui vous met une tête comme ça avec ses problèmes. Ou des fins de mois difficiles. Ou la peur du chômage. Je sais, je vous dis. 
Mais avez-vous une vague idée de ce que c'est qu'être enfermé six heures durant avec trente mioches ? Ces vermisseaux adorables qui captent votre attention en permanence et vous sucent jusqu'au trognon. Attention, je ne me suis jamais plainte. J'avais choisi. J'ai assumé. Mais le deal de départ a été changé. J'avais choisi parce que je savais que la pause du mercredi me permettrait de souffler. Et ils ont supprimé la pause. Ah ! les troglodytes ! les sapajous !
Parfois, avouez-le, vous avez du mal à en cadrer deux. Ou trois. Ou dix, un après-midi d'anniversaire... Vous sortez de là avec la tête comme une coloquinte. Et pourtant vous n'aviez que des trucs sympas à leur proposer, comme des courses de poissons rouges ou des concours de bulles de malabars. Pas les compléments circonstanciels ou la division des nombres décimaux.
Mais alors trente, non mais vous voyez le toutim ? Trente, toute la journée, avec les aléas météo-socio-grattemoiledo qui les excitent en permanence. La pluie. Le vent. La neige. Le froid. La chaleur. Noël. Pâques. Les vacances. La rentrée.  Les jeux vidéo. Le coca. les phosphates. Leur petit frère. Leur grande soeur. Tout les excite. Absolument tout.
C'est pour cela que le mercredi, c'était la pause sacrée pour ne pas devenir barge.
J'ai appris qu'après une expérience peu concluante, finalement le mercredi allait être rendu à sa fonction de pause. Je me réjouis pour les enfants, qui vont pouvoir souffler même s'ils doivent se lever pour aller à la crèche. Mais je me réjouis aussi pour mes copines qui sont restées dans le bateau...Elles aussi vont pouvoir reprendre leur souffle...

¸¸.•*¨*•




Musique: Scarlatti, sonates pour piano.






04 juillet 2017

Ville

« Il ne suffit pas d'un tas de maisons pour faire une ville
Il faut des visages et des cerises
Des hirondelles bleues et des danseuses frêles
Un écran et des images qui racontent des histoires ...»


Tahar ben Jelloun, Ville.







J'habite une jolie ville dont le centre se meurt, tel le noyau ratatiné d'une cerise piquée aux vers...Dimanche deux juillet, impossible pour Olga et moi  de trouver un restaurant ouvert sur aucune des placettes de la vieille cité. Naguère, on trouvait là des dizaines d'endroits très goûtus et ombragés de tilleuls ou de platanes. Au début de l'été, le parfum de ces arbres centenaires invitait à la rencontre, au rire, au partage. Et me tournait un peu la tête...Combien de souvenirs joyeux ai-je engrangés sur ces placettes fraîches et riantes ? Un monde fou et bigarré d'autochtones et de touristes mélangés se pressait aux terrasses. Ça sentait le melon, le fenouil, le basilic et le vin de pays coulait à flot. On y chantait en provençal en vendant des olives. Les nappes jaune soleil ondulaient au mistral comme des oriflammes.
Désormais, le premier magistrat de la ville (que nous appellerons entre nous, plus justement,  notre abruti de maire) a décidé d'élargir la ville pour lui donner des dimensions pharaoniques. Au mépris des préoccupations écologiques cruciales de notre temps, il détonne, il bétonne, il goudronne, il lotit et construit à tire-larigot des zones commerciales géantes qui vont s'auto-bouffer par concurrence forcenée... Et pendant ce temps là, les boutiques du centre ferment une à une leurs paupières de métal, comme pour pleurer cette catastrophe humaine et économique. 
Dimanche, notre salade estivale à Olga et moi,  avait un goût amer. Et pourtant le chef n'avait pas forcé sur la chicorée. 


¸¸.•*¨*•






Musique: Hisaichi, first love




02 juillet 2017

Billet de train


Sous-titre : chroniques ferroviaires (2)
La première est ici.







J’aime le train. L’attendre. Monter dedans. Trouver ma place près de la fenêtre.
J’aime les paysages qui semblent courir, les vaches qui paissent, les châteaux dans les vignes. Les villages filants. Les ciels moutonnants.
Le swing du rail m'évoque irrésistiblement un morceau de jazz manouche, allez savoir pourquoi ?
Tiens, la fille en face de moi tapote avec fièvre sur son téléphone, elle a laissé son amoureux sur le quai il y a une heure à peine, avec des yeux de volubilis. Elle lui susurre par écrit le fameux «  Tu me manques déjà » 
A moins qu'elle ne soit en train de rompre ? Qui peut savoir avec le petit bonhomme aux flèches assassines ?
A côté d’elle, un jeune homme charmant à la mèche rebelle surligne au crayon vert des passages d’un essai sur le mensonge. Un prof de philo ? Un sociologue ? Un mythomane ?
Plus loin un vieux monsieur,  larme au coin de l’œil, cheveux jaune paille. 
Tristesse existentielle ? Rhume des foins ?
Le petit garçon qui suce son pouce. La dame qui mord dans son sandwich.
J’aime imaginer leur vie à tous.  Tels des astéroïdes, chacun est lancé sur sa  propre trajectoire par le hasard et la nécessité, et ces particules en mouvement sont en conjonction éphémère juste maintenant…Et moi, au milieu...
 Des héros sombres, ordinaires et humains de nos tragi-comédies quotidiennes.
Dans une autre vie, j'aurais peut-être été enfermée avec ces compagnons d'infortune dans un wagon plombé. On aurait déchiré la nuit de nos ongles battants. 
A quoi tient la chance ?


¸¸.•*¨*•



Un peu tard, je me rends compte que je suis dans le thème chez Lakevio...
Musique: Romane, Swing 98

01 juillet 2017

Je veille, sans me mettre en veilleuse...















Tout là-bas, vous ne voyez pas trembloter une petite loupiote dans une nuit de lait, étoile tombée de sommeil sur la terre ? 
Mais qui veille donc ainsi sur la mer et sur le ballet silencieux des astres ? Qui écoute sans jamais de lassitude, mais toujours avec bonheur, le bruit des vagues taper aux carreaux, et le vent siffler sur les ailes des mouettes ? 
C'est moi. Je suis votre veilleuse céleste, votre quinquet, votre lanterne, je garde la nuit de peur qu'elle ne se sauve. Je garde la baraque pendant votre absence. Je donne à manger au chat et j'arrose les fleurs.
Parce que la nuit m'inspire. J'écris. Pour moi, pour vous. Pour dire les choses avant qu'elles ne s'effacent. Pour répondre à la question de cet ami qui se glisse dans un pourquoi. 
J'écris, sans cesse, penchée sur mon écritoire virtuelle, le dos un peu fourbu, la main hâtive. Pressée par cette urgence de prendre mon temps. Le coeur battant,  toujours picoté par les éclats de diamant de la vie. Même quand ils font mal.
Et pour fêter juillet, je vous offre un billet par jour. Ce sont mes soldes d'été. Qui m'aime me suive.

¸¸.•*¨*•


Musique: 
 Début, Melanie Laurent.