C'est un jour comme un autre. Et pourtant non.
Celui-là a une couleur spéciale, et ne reviendra plus. Le temps joue toutes ses partitions à la fois, tendre cacophonie de ciel d'encre, de neige fondue, de furtif soleil et de bise froide. Les fameuses giboulées.
J'observe le ballet des pigeons ramiers autour de la fontaine. Leurs amours ont débuté. Parades, minauderies, coups de bec ou bécots. Le vol des mâles est particulier : ils s'élancent vers le ciel de leur vol gracieux, et soudain, un battement d'ailes qui claquent, au sommet de la parabole les voilà qui piquent vers le sol. Celui qui encaisse ses G sans broncher aura droit au point G de la femelle.
-Rhôô ! Céleste, comme tu y vas...
-Oui, c'est leste, je sais. Mais c'est la loi naturelle. Le printemps est réglé par les hormones printanières.
Ancrés dans ce moment subtil, les chênes poussent leurs bourgeons à éclore. Pas un arbre ne bouge. Le mistral a fui plus loin, derrière la colline. Dans notre petit coin japonais, c'est un ravissement. La mousse fait un écrin vert tendre aux pierres du chemin. L'érable rougit, les fleurs du magnolia semblent de gros oiseaux roses sur ses branches frêles. L'eau chante.
La nature dispense sa leçon de paix quotidienne.
Et si c'était cela, notre bien le plus précieux ? La Paix.
Ce matin, à Angers, l'école de mes petites-filles a été évacuée, à cause d'une valise suspecte.
Peur, angoisse, palpitations. Service de déminage. On ne rigole pas ! Bienvenue dans le pathétique circus de la société humaine.
Que dire ? C'est tellement affligeant.
Si chacun sur terre cultivait la paix intérieure et la méditation, on aurait le droit d'oublier sa valise sur le trottoir parce que l'on a suivi un vol d'hirondelles. D'ailleurs, les valises ne contiendraient que des chaussettes, ou des livres de poésie. Des cartes postales. Ou encore des crayons...
Mais ça, ça voudrait dire que l'homme est devenu tout d'un coup moins bête. Au point d'observer les pigeons plutôt que de chercher à pigeonner continuellement ses semblables.
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Que c'est joli, Célestine !
RépondreSupprimerMerci Aldor. Je ne sais si tu parles de mon texte ou de mon petit film, mais je goûte le compliment.
SupprimerPeut-être des deux, soyons fous... :-)
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Ainsi donc, voilà un petit coin de voile levé sur votre colline. Des ramiers, une fontaine, de la mousse, c'est bucolique et cela vous va si bien... Comme vous avez raison. La folie des hommes est de ne pas savoir apprécier le paradis qu'est la terre.
RépondreSupprimerMerci pour ce havre de paix qu'est votre blog, délicieuse amie.
~L~
Ma vie est un havre de paix, en fait. J'ai conscience de cette grande chance.
Supprimermais c'est aussi le résultat d'un long chemin vers la sérénité intérieure.
Merci mon ami, pour cet enthousiasme qui vous caractérise à mon égard.
Je vous embrasse
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Un petit coin de paradis cette fontaine ! Hum, ça donne juste envie de méditer et pourquoi pas, de rêver que la paix est sur terre !
RépondreSupprimerJe fais ma part de colibri dans la pacification du monde...
SupprimerMerci d'être venue, ma Prudence. Ça fait si longtemps que je ne t'avais pas vue ici.
Tendres bises, ma blonde
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Une valise avec des livres de poésie qui sentent la chaussette, je suis pour !
RépondreSupprimerComment ? Ce sont des chaussettes propres ?
Bon, mettons que je n'ai rien dit !
Merci quand même pour cette petite philosophie du matin !
La Paix... Je crois qu'il y a encore beaucoup de gens qui ignorent ce mot, la Paix... Et tout comme toi, Célestine, j'aspire à la Paix. J'ai l'impression que l'on n'entend que le mot "guerre" ces temps, ce mot hideux "guerre"...
RépondreSupprimerMerci pour ce joli petit film, c'est très apaisant chez vous, et quel bel et majestueux arbre ! Communiques-tu avec lui, ma Belle ? Echangez-vous votre énergie ? :-)
Bonne soirée, gros bisous.
Et je n'ose même pas dire que...c'était mieux avant ! Puisque la bêtise, l'ignorance, la jalousie, la mesquinerie et autres "vertus" aussi affligeantes étaient déjà de mise. Mais...pas d'infos en continue, pas de réseaux sociaux, pas d'influenceurs à la gomme...Nous avions sûrement le temps de nous extasier sur les belles choses que la nature nous montrait, mais, encore un mais, avions-nous conscience qu'il fallait vraiment en tenir cas ? Tout paraissait si simple, si naturel que le bonheur en était transparent ! Maintenant, tout est compliqué puisqu'on ne sait plus rien faire de simple ! Mais pas de désespérance, nous sommes là, les "vieux" pour raconter, pour montrer et pour voir avec les yeux de nos petits les belles choses de la vie. Tou en appréhendant leur avenir ! Tiens, voilà que ça me reprend ! La crainte n'est jamais bien loin. Bisous
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