mercredi 1 août 2012

Paris belle échappée...

Paris me prend aux tripes.
 Je reviens toujours de là-bas avec quelques étoiles supplémentaires à l'âme. Sans doute parce que j'ai la chance de ne pas vivre le côté sombre de la ville-lumière. Sans doute parce que je n'arpente pas les couloirs du métro en tendant la main pour réclamer un peu de compassion et de nourriture. La beauté littéraire de Paris échappe aux sdf, j'en suis bien consciente.
Mais cette conscience de ma chance donne à mon regard un relief, une acuité qui me fait tout paraître plus beau et plus brillant, comme un trottoir après la pluie. Et je me hâte d'ouvrir de grands yeux pour faire miennes le plus de merveilles possible.
Le ciel fut anglais durant mes trois jours parisiens. Comme pour se mettre au diapason de l'actualité, sans doute. De grands attelages de cumulus charriés par un petit vent aigre indigne d'une fin juillet. Un tableau de Sisley grandeur nature. Des prémices d'orages grondants.
Qu'importe. Quand le soleil fait de maigres apparitions, les cœurs exultent.
Les petites Parisiennes arborent des tenues d'automne, bottines et collants, sur lesquelles elles font quand même flotter des robes d'été, en signe d'espoir. Mais les blousons ne sont jamais loin.
Les quais de la Seine transformés en bord de mer valent la promenade. Les enfants y font de vrais pâtés de sable. Sur les chaises longues biplaces les couples dorment devant  les passants, sans aucune gêne apparemment.On y vend de l' eau pétillante, et l'on peut s'y faire masser.

Vendredi soir,  au saut du train : boulevard Saint-Germain. 
Le Paris noctambule déploie ses terrasses, ses musiciens de rue, ses noceurs éternels. Les réverbères ont l’éclat orangé du film Midnight Paris. Je me sens vivre plus fort.
Mon fils m'emmène sur sa moto, pour un trip nocturne dans les quartiers scintillants. J’ai vingt cinq ans en regardant resplendir les Champs, et la centenaire vieille Dame de métal. Mon coeur de gosse fait des bonds désordonnés. Trop de café?


Samedi, avec le sésame "Pass Education" un petit rectangle  de quelques grammes de plastique qui prouve que je travaille dans la "grande Maison", nous entrons au Musée d'Orsay gratuitement, puis à la Bibliothèque Nationale de France. Je suis saisie par les lieux. L'art est partout.  Wolinski me fait rire. Soixante dix ans de dessins humoristiques, quand même, ce n’est pas rien !  

A la Cinémathèque Française, dans un autre genre, Tim Burton m'embarque dans son univers déjanté et je prends quelques photos avant de m’apercevoir qu’un cerbère féroce interdit toute tentative de prise de vue. Je découvre un étonnant dessinateur, au monde intérieur foisonnant.

Le Batofar est un bar flottant amarré au quai François Mauriac. Son slogan? La vie est une plage. Encore un lieu plein de cette ambiance indicible et jubilatoire qui ne me quitte pas. Un mélange de pensées nostalgiques, d'impressions fugaces que je voudrais ne pas laisser s'envoler, de sensations claquant comme un drapeau au vent. Partout, de la vie, des acrobates, des Japonais. Une concentration exceptionnelle de Japonais avec leurs tablettes numériques.
Je déguste plus tard une salade au saumon et à la banane dans un lieu appelé l'Ebouillanté. Le restaurant qui fait bouillir de joie, encore un joli slogan!

Dimanche, en route pour Versailles et ses fastes. Je suis chipée, béate, conquise par le génie architectural de ce château démesuré. A la démesure d'un seul homme qui se prenait pour Dieu. Et en même temps, je comprends mieux comment le peuple n'a plus pu supporter  cette débauche de richesses mal employées et de luxe ostentatoire. Versailles, ça vous fiche une claque historique. Versailles, ça se visite avec les yeux éblouis mais avec la rage au ventre. Une rage de sans-culotte. Mais aussi l'âme emplie de ces jardins et de ces fontaines.
Des chaussures géantes
toutes en casseroles
Les oeuvres d'une artiste contemporaine, Joana Vasconcelos,  ponctuent les salons Grand Siècle de sa folie créatrice. Sous l'oeil amusé des Japonais...
Le retour à moto sous la pluie, zig-zaguant entre les files de voitures, est une oeuvre contemporaine à lui seul. Les paquets de mer, le froid transperçant, la vitesse, la nuit tombante, la route  glissante, et la fureur de ces constructions échevelées accentuent les battements de mon coeur: c'est sans doute ce que l'on appelle une belle peur!


Lundi, nous décidons d'aller où le vent nous mène. Au hasard des rues, de l'Opéra au centre Beaubourg, du Louvre à Paris-plage, en passant par les grands Boulevards, je n'en finis pas d'aimer cette ville. Je rencontre même un visage connu marchant tranquillement sur un trottoir: Michel Aumont. 

Par une sorte de syncrétisme extrême-oriental,  nous allons dîner de sushis et de thon grillé au tofu. Et puis je dois déjà repartir, dans ce train si rapide qu'on dirait qu'il pulvérise les rêves. 
Vite! écrire dans mon carnet pour ne pas oublier,  pour vous raconter...C'est que la vie est une essence précieuse mais si volatile!






22 commentaires:

  1. Je le savais Célestine qu'une fois de plus je saurais te prendre dans mon filet. On vient à Paris. On croit qu'on le domine, qu'on va le conquérir et qu'on pourra le quitter sans peine. Mais heure après heure, je tisse cette toile. Et comme les autres tu deviens une proie. Mais tu es partie et déjà tu me manques. Tu es devenue rêve. Tu es devenue fée. Cette fois je crois que c'est moi qui succombe.
    Signé : une ville qui se croyait lumière et qui tout a coup se fait ombre ,....paris.

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  2. Belle escapade Parisienne :-))
    Je trouve Paris magique, et pourtant j'y vis et j'y suis née.

    BIZZ ✰✯✮ Laure ✮✯✰
    http://suivre-mon-etoile.blogspot.fr/

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  3. Très beau billet,
    Paris oui, très bien mais à dose homéopathique !
    Michel Aumont je l'adore dans le film "les invités de mon père" d'Anne Le Ny...

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  4. Andiamo à la mer.mercredi, 01 août, 2012

    Merci...Merci ! 'as vu c'est bôô^chez moa ];-

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  5. La dernière fois où j'ai mis les pieds au Café de Flore, anniversaire de mariage oblige, c'était un mois de février. Nous étions les seuls clients. C'est plus supportable Paris en février... ;o)
    Merci pour Satie, j'adore !

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  6. Habiter Paris ? Oui mais en face du Luxembourg .
    Marcher dans Paris des heures, découvrir les squares. Tu sais que 2 GR traversent la capitale ?
    Le gars Aumont, on a envie de l' embrasser (enfin, moi!).

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  7. Ah Paris, ma ville de rendez-vous de copines. En fait, euh, et si...., ce serait une idée, non ?

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  8. MYO Une idée qui me trotte dans la tête depuis bien longtemps...On se programme ça pour la Toussaint?

    PIERROT BATON Oui, c'est un acteur adorable, et qui ne se monte pas la tête...et, oui, pour ce qui est de marcher, j'ai dû faire 45 km en trois jours!

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  9. WALRUS Certes mais fin juillet, c'est pas mal non plus...si on fait abstraction des Japonais!

    ANDIAMO Toi, ze sais pas si ze te cause, vu que tu as dit que des trucs pas zentils sur moi, que c'était les photos de ma voisine , et que d'abord c'est même pas vrai! et en plus t'étais même pas à Paris alors!

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  10. LAURE C'est merveilleux de trouver l'endroit où on vit magique. Personnellement, je n' échangerais pas mon petit coin de Sud contre tous les Paris de la terre, mais pour les escapades, oui, c'est magique.

    PARIS tu m'as prise dans tes bras mais j'ai dû partir trop vite. Je reviendrai, ne t'inquiète pas. Continue de briller sans moi.

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  11. J'ai savouré ton billet, Célestine, en refaisant la balade avec toi.
    J'adore Paris aussi, y traîner, à pied, découvrir, se laisser surprendre, sans jamais oublier de revoir la Tour Eiffel encore et encore et de l'apner !
    Paris au mois d'août, sans Parisiens et remplie de touristes, c'est trop bien !
    Si Versailles m'était reconté, avec un grand tour dans les jardins, je serais tellement heureuse !
    Les escarpins seraient bien trop grands pour Cendrillon !
    Le Père Lachaise, Montmartre, les bouquinistes, que du concentré de bonheur.
    Le café de Flore, bondé, m'avait un peu déçue et le prix du petit noir fort agacée !
    Si tu y retournes, le resto Le train bleu est génial et les plats délicieux...
    J'ai très envie de me payer un séjour en solitaire, dans notre Capitale, avant la fin de Paris-plage que je ne connais que par la télé.
    Et là, je filerai rencart à J-C, pour déguster un poireau-vinaigrette chez Chartier !

    Merci pour ce partage et ce billet qui donne envie !

    Bises de Lyon

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  12. Maîtresse, est-ce que je peux reprendre ma copie pour corriger une faute ?
    une faute d'usage c'est moins grave qu'une faute de grammaire, mais tout d'même à mon âge !

    rencard et non pas rencart !

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  13. SOENE Merci pour ce long commentaire.
    merci aussi pour le tuyau du bon resto. Tu as inventé un mot "apner", tu es en forme pour les Plumes!
    Au fait JC c'est Jean -Charles?

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  14. ah! Paris, Paris, inépuisable sujet, inépuisable source de découvertes, de plaisirs divers et de jolies photos :-)

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  15. Je ressens la même chose dans le quartier St Germain , j'imagine de Beauvoir à une terrasse en train de griffonner une lettre à son Nelson , ça m'émeut
    J'ai vu des photos de cette artiste qui expose en ce moment à Versailles , quel contraste avec le décor , c'est sidérant
    Tu sais te rassasier dans cette ville , c'est une chance pour nous de pouvoir y flâner plusieurs fois dans une vie , c'est un cadeau Paris , faut pas l'oublier
    merci , je me suis promenée avec toi , et ta plume vivante

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  16. Ah Paris que je 'connais' depuis 1970, quand j'y allais chaque semaine pour le travail. Maintenant je fais quelques aller-retour, Paris n'étant qu'à 1h25 de Bruxelles mais je préfère loger, ce que je fais quand mes moyens me le permettent... flâner sans regarder le plan, découvrir et se perdre ... Il faut plus d'une vie pour 'connaître' Paris. Dès que je mets un pied sur le quai de la Gare du Nord, je me sens beaucoup mieux... J'aimais beaucoup les récits de Valclair et ses photos de Paris. Merci pour ce billet, j'ai voyagé en pensées !
    Bonne soirée
    Anne

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  17. ANNE Merci à toi pour ce long commentaire. Décidément Paris est une ville qui inspire!

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  18. Un billet spécial "Paris je t'aime" pour toi ce matin chez moi...
    Bonne journée Célestine !

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  19. Je regrette Célestinou, mais lors de ton passage j'y étais, et en plus tu n'"es même pas passée rue Lafayette là o`u je suis né il y a ... Non je ne le dirai pas !

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  20. Je plaisantais, mon petit Andiamounet!

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  21. J'aime beaucoup aller à Paris, toujours quelque chose de différent à y faire..
    Pour ma part, j'ai extrêmement hâte de partir en Bretagne lundi. Aujourd'hui, la chaleur caniculaire me pèse énormément, le manque d'air, les mauvaises odeurs.. fatigant !:)
    Bon week end

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  22. Un bien beau texte, inspiré, gai comme tout, plein de vie! Cela me donnerai envie de refaire un tour à Paris... peut-être, peut-être...

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.