Mon cher Alain X a eu ces très beaux mots pour moi, dans un de ses derniers commentaires.
Mes billets seraient pour lui comme des « carnets de présence ». J'aime beaucoup cette idée. Outre que l'expression a une force poétique qui ressemble à son auteur, le mot présence, lui, évoque quelque chose de profond et d'intime que le sens commun ignore.
« Ecoute Janine, je vais aller à cette réunion, pour faire acte de présence. Mais je ne m'impliquerai pas. Tiens, d'ailleurs, j'emporte un bouquin »
- Mais Raymond, j'ai envie de te dire que c'est tout le contraire ! Faire acte de présence, c'est s'impliquer dans l'instant, y mettre toute son énergie, tous ses sens en éveil. C'est observer les visages, écouter vraiment les paroles prononcées, et entrer en empathie avec les interlocuteurs. C'est être capable de dire où l'on en est à la virgule près, à la seconde près. C'est se sentir ici et maintenant, sans se laisser distraire. Etre présent, c'est être vivant.
Bien peu de gens sont capables de présence. C'est un travail de chaque instant. Une vraie conscience de ce présent qui coule tel de l'or fondu dans nos vies trop pressées, déroutées de leur but initial par des égarements qui parasitent notre être en permanence.
Dans ma jeunesse, souvent, trop souvent, je me suis laissé miner par ce fameux mental envahissant, ou emporter par les flots de souvenirs et de projections qui m'empêchaient de vivre vraiment ce que j'avais à vivre. Ces petits idées noires qui vous grignotent et vous éloignent de l'important. Vous savez, quand on est tantôt dans le passé, tantôt dans le futur. Jamais vraiment là. Au point que parfois, j'étais incapable de répéter la phrase que l'on venait de me dire. Absente. Ailleurs.
Aujourd'hui je suis là. J'aime témoigner de cette aventure extraordinaire, être vivant. Je ne suis pas près de refermer ces carnets, tant qu'il y aura des lecteurs comme vous, comme Alain, qui l'apprécieront , je continuerai à faire couler ma petite douche de joie bienfaisante. A broder le bonheur à petits points sur le tissu de vos vies. Pour un peu, je me sentirais presque investie d'une mission de rayon de soleil...
- Eh ! redescends, Célestine. Tu planes !
- Au contraire, Gemini Criquet, je colle au réel, à la Terre, de toutes mes fibres. Mais y réfléchir ça s'appelle « prendre de la hauteur »... Tout est dans la finesse de cette contradiction apparente...Tu comprends ?
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