27 septembre 2009

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Petite recette pour aimer la vie: avoir toujours des rêves, des rêves sages ou des rêves fous, un plein panier de rêves, pour y piocher de l'énergie les jours de peine ou de désespoir, ou simplement quand l'horizon se bouche.

Alors, dans mon panier, à l'heure actuelle, il y a , entre autres:
-aller à Venise (oui je sais , c'est kitsch, et alors?)
-publier mes livres
-m'asseoir sur un banc dans Central Parc et regarder la nuit tomber sur New-York
-voir le soleil de minuit
-chanter Brassens et Cabrel dans les bars l'été avec un pote et deux guitares
-passer l'hiver à Menton, et me promener sur la plage désertée par les touristes
-apprendre l'italien
-avoir au moins 6 petits enfants
-aller en Hollande à vélo en passant par la Belgique
-savoir enfin tailler les rosiers

Bon, ce n'est qu'un échantillon, bien sûr, j'en ai tant d'autres. Je ne parle pas des utopies, comme "la paix dans le monde", qui devrait être le rêve de chacun ici-bas, ou des souhaits comme "rester en bonne santé le plus longtemps possible"
Non, là j'énumère des choses réalisables pour vous comme pour moi, à condition qu'on y croit très fort et qu'on s'en donne les moyens, tout ce que l'on aimerait faire avant de terminer sa vie, ce qui motive, ce qui donne envie de se projeter, ce qui donne du sel à l'existence.

Alors, et vous, qu'est-ce qu'il y a dans votre panier? (je suis curieuse...)



23 septembre 2009

Thérapie (ah! les blogs! suite)

Une amie -très chère à mon coeur- me demande, dubitative: "pourquoi un blog?"
Que répondre ? sinon qu'écrire est ma thérapie, ma planche de salut, ma bouée de sauvetage. Pour moi, un besoin aussi vital que boire ou respirer. Ecrire dans son sens le plus social, c'est à dire pour communiquer, pour laisser une trace, pour témoigner, pour donner un sens à tout çà.
C'est un peu comme se demander "pourquoi les premiers hommes ont-ils gravé à coups de coin des signes cunéiformes sur des stèles sumériennes?"
Pourquoi dire le monde? Pourquoi crier , chuchoter, exprimer des sentiments, des émotions, des rêves...Pourquoi les poètes, les écrivains, les romanciers? Pourquoi les livres, dans lesquels on se livre justement... Pourquoi se mettre à nu, se dévoiler, se débarrasser de ses vieux démons en les fixant avec un peu d'encre sur du papier ou sur la toile?
Peut-être aussi pour faire passer des messages d'amitié en se cachant pudiquement derrière un pseudonyme...
Comme toutes les formes d'écriture, un blog est une toute petite fenêtre largement ouverte sur l'insondable mystère de la pensée humaine.Et, ça tombe bien, je ne crains pas les courants d'air.

21 septembre 2009

Journée du patrimoine


Image empruntée à
http://www.villagesdefrance.free.fr/dept/dept_images/ph26_autichamp.jpg



Ce fut une journée très agréable, qui commença par une visite au château d'Autichamp où expose une artiste néerlandaise très douée: ThéodoraPlas. Elle mélange avec bonheur la peinture et la littérature, utilisant les textes et les couleurs comme deux matières équivalentes , et c'est très réussi.

Repas dans un cadre agréable aux mets simples et raffinés à la fois.

Puis nous découvrîmes dans la petite ville de Crest, quelques gouaches originales d'une autre artiste , Katrin Heim, qui utilise des livres blancs comme support.
Deux coups de coeur que je réutiliserai certainement en classe avec mes élèves, si l'on ne perd pas de vue qu'un instit pense toujours un peu au boulot, même en week-end.

Enfin, un détour par la cathédrale nous permit d'assister à une démonstration de grandes orgues, tant sur le plan technique qu'artistique, avec une très belle toccata de Bach.

Quand je pense qu'hier, certains ont fait la queue quatre heures pour visiter l'Elysée... Chacun sa conception du patrimoine.

17 septembre 2009

message personnel

Je pense à toi ce soir, qui souffres et qui es seul.
Je t'envoie mes pensées, mes rires, mon courage
Pour que ta vie te semble un peu moins épuisante
Et absurde et cruelle , et vide, et sans espoir

Je pense à toi, ce soir, qui remets tout en cause
qui n'a plus le désir de te battre et d'aimer
D'avancer , de lutter, toi qui baisses les bras
Toi qui te sens atteint au tréfonds de ton être

Je pense à toi, ce soir, je t'envoie ma chaleur,
ma passion de la vie, et tous mes enthousiasmes
afin que dès demain revienne sur ton coeur
un rayon de soleil , une raison d'y croire

15 septembre 2009

Robert Doisneau


Jacques Prévert par Robert Doisneau,
pour moi LE plus grand photographe.

Les amoureux


Enfants à bicyclette à la Tour Eiffel




13 septembre 2009

Ah! les blogs...

Quelle mine d'or que ces pages personnelles où chacun déverse un peu de lui, bonheur, joies, doutes, passions...Magie du vocabulaire internet qui utilise à bon escient le mot "lien".
"Qu'est-ce que signifie apprivoiser?" demande le petit Prince au renard. -"C'est un mot trop oublié, cela signifie créer des liens" répond le renard avec un brin de nostalgie dans la voix.

Que n'eût-il connu internet et la blogosphère! Combien de minuscules liens se tissent sur la toile , combien de milliards d'informations blotties au creux de ces milliards de pages?

Et cependant, combien parfois se sent-on seul devant son clavier malgré tous ces amis du bout du monde! C'est que rien ne remplace le contact, la bonne vieille chaleur humaine, et les effusions, les accolades, les embrassades, les tapes sur l'épaule, les serrements de mains, les baisers...
Entrer dans le domaine de chacun, le voir vivre et évoluer au fil de ses billets, de ses photos, a quelque chose de frustrant car cela reste virtuel. C'est pourquoi, je n'hésiterai jamais entre une après midi de "blogage" et une promenade à la campagne, entre un email et une petite visite impromptue, entre une carte virtuelle et une boite de chocolats. Que voulez vous, il faut que je touche, moi, que je sente, que je voie de visu, que j'entende, que je hume, que je tripote, que je caresse. On ne se refait pas!

08 septembre 2009

La grande question (pour Marinello)

La question existentielle la plus importante à mes yeux est celle des priorités. Comment mener sa vie autrement que guidé par ce sentiment de priorité, celle-là même que l'on doit accorder aux choses importantes de la vie.
Tout le reste n'est que mauvaise littérature.
Bon sang, Marinello, c'est toi qui as raison à cent pour cent.
Au diable les détails insignifiants, dont on nous aveugle à longueur de temps, au diable les détours vides de sens par lesquels on voudrait nous éloigner de la voie que l'on sait, pourtant, être la meilleure. Sachons prendre la courageuse initiative de nous démarquer du troupeau bêlant, vivons l'instant en ne nous préoccupant que du bien-être que nous sommes capables de répandre autour de nous, pourvu que nous nous en donnions les moyens. En clair, n'en faisons qu'à notre tête, personne n'est autorisé à nous dicter ce qui est bien ou mal, hormis nous-mêmes. Et surtout, envisageons la vie du côté du coeur plutôt que de la raison. Sortons des sentiers battus, n'ayons pas peur des maux, inventons de nouvelles idées, de nouveaux chemins, fuyons le conventionnel, l'attendu, le mesquin. Vivons vrai!
Ouf! Quel souffle d'air pur soudain nous a fait balayer d'un grand revers de bras tous ces carcans dérisoires qui emprisonnent notre vraie façon d'être nous-mêmes!
Wouaouh! Quelle douche salutaire a lavé tous les miasmes de nos hésitations, de nos peurs, de nos blocages!
Mmmmh! Comme on se sent neuf après avoir un beau matin décidé d'en finir avec d'inutiles contraintes, en se posant les seules vraies questions: ce que je fais, là, l'ai-je décidé vraiment? Est-ce utile à ma vie ou au bien-être de ceux qui comptent pour moi? Ou bien ne suis-je devenu qu'un pion inconsistant, un rouage rouillé d'une machine asservissante qui m'empêche de me poser, au final, les vraies questions?
Bises, Marinello, tu as saisi l'essentiel de l'existence.
PS: je me suis concentrée sur mes fautes de frappe, qu'en dis-tu?
PS2: merci à Mathéo pour la musique de la Campanella.

07 septembre 2009

Bonheur du jour




Mais, qu'est-ce que...?




















Je ne rêve pas, oui, sur le grand arbre derrière chez moi, ce sont bien des ...





















C I G O G N E S ! ! ! ! !



Quelle merveilleuse apparition dans le soleil couchant, et quel bonheur de voir de si près ces grands oiseaux mythiques!

Du coup, tous les voisins sont sortis appareil photo en main.

C'était beau, tout simplement.

06 septembre 2009

C'est encore l'été!

Mon bureau donne sur le plus joli coin de notre petit jardin.Franchement, ça incite au travail un temps pareil? L'été me nargue.

Le temps d'une photo, et je referme les volets pour travailler, car l'appel du dehors est terrible, alors que j'ai une tonne de choses à faire pour mettre en route ma classe.

Des étiquettes à imprimer,
des listes à établir,
des papiers à remplir,
des livres à couvrir,
des programmations à faire,
des séquences de français ou de maths à peaufiner.

Faut s'y mettre, Célestine, adieu le farniente.La chaise longue me tend les bras:

"Viens! Viens!"

Je serai incorruptible. Pas question de céder à ses doucereuses incantations. Non, mais des fois.

Quoi que, peut-être...vers 17 heures, ne serait-ce pas l'heure du THÉ ?

02 septembre 2009

Vive la rentrée (suite)


La cybersphère m'a joué un tour à moi aussi. Alors que je venais d'écrire un billet de vingt lignes, une fausse manip et hop! plus de billet...
Bon en gros, je disais à peu près ceci:

Vous chers internautes lecteurs de ce blog, vous dont la rentrée s'est faite discrètement et dans l'indifférence générale, vous ne pouvez pas vous imaginer ce que c'est, une fois par an, de se lever au radar, de se glisser sous la douche et là, d'entendre la radio s'exclamer: "Aujourd'hui, c'est la Rentrée, nos chères têtes blondes et leurs PROFESSEURS vont reprendre le chemin des écoliers.

S'ensuivent des dizaines de commentaires, de reportages et d'interviews sur le sujet. Sans parler des publicités pour les cours de soutien parascolaires, les assurances scolaires ou les bombes anti-poux. Au vu de ce matraquage, on pourrait penser qu'ils ont tous peur qu'on oublie d'y aller!

Alors, avec le savon qui coule dans l'oeil et le léger frisson qui vous parcourt l'échine en ce petit matin frileux de septembre, vous qui nagiez dans l'insouciance et le bonheur il y a seulement quatre jours, au milieu des vagues ou des cigales, vous vous sentez soudain comme mis à nu (c'est le cas de le dire) observé, traqué, filmé, surveillé , comme si un index accusateur était pointé vers vous avec l'air de dire : "Encore tout nu? Allez, debout, fainéant, assez de vacances, la France a besoin de toi!"

C'est bien simple: c'est tellement gênant que maintenant,
le jour de la rentrée, je n'allume plus la radio dans ma salle de bains ...

01 septembre 2009

Vive la rentrée


De toutes façons, ça ne peut pas durer toujours, les vacances...Alors autant prendre le bon côté des choses: voilà comment je compte aborder cette nouvelle année . En prenant chaque jour mon lot de petits plaisirs épicuriens, comme je le disais à Mathéo dans un commentaire sur "le blues de la rentrée", et en essayant de faire abstraction de la fatigue, de l'énervement, du bruit, de la sinistrose ambiante, pour me concentrer sur ma mission d'éducation.

Bon, facile à dire, comme cela, le premier septembre, alors qu'on a juste repris une journée, sans les élèves, partageant café et croissants tout en se racontant nos vacances.

Facile à dire quand on a un métier enrichissant (culturellement bien sûr) quand on travaille avec des enfants, dans une jolie classe décorée de leurs dessins, avec des livres, de la musique, des crayons de couleur, des cahiers qui sentent bon, des éclats de rire et des émerveillements, facile à dire quand on
aime son métier.

Facile à dire surtout quand on rentre de vacances, bronzée et gonflée à bloc. Je ne tiendrais pas le même langage si je faisais un boulot dégradant ou répétitif, sale ou ennuyeux, certes.

Et pourtant, dans n'importe quel métier on peut ne voir aussi que les inconvénients, même dans le mien, et alors travailler devient pour ceux qui le vivent ainsi un infect pensum, une corvée barbare qui les sort du lit chaque matin pour leur faire vivre un cauchemar. Ainsi, je connais des enseignants qui sont à la torture chaque fois qu'ils vont travailler,

et au contraire, des caissières de supermarché épanouies et heureuses. Parce qu'au fond, il existe en chacun de nous la faculté de positiver dans n'importe quelle situation, même les plus terribles. Cela s'appelle la résilience, très bien décrite par Boris Cyrulnik. Un grand monsieur dont j'ai toujours apprécié l'optimisme. Sa théorie s'applique à l'ensemble de l'univers, et c'est pourquoi elle est si fascinante. Elle explique pourquoi reverdit une prairie même après le passage des Huns, n'en déplaise à la légende.Allez lire "le murmure des fantômes" ou "un merveilleux malheur" et soudain, la vie vous paraîtra insolemment belle malgré la rentrée et ses petits soucis.

26 août 2009

J'aime les poètes


Tout comme l'albatros aux ailes empesées
Chanté par Baudelaire en un vibrant poème
Tu portes sur le monde un regard affligé
Jetant sur la misère humaine l'anathème.

Par bonheur il existe en ce monde perdu
Des hommes tels que toi, aux précieuses antennes,
Ecoutant sans relâche et d'une oreille émue,
Chantant de l'univers, les joies et puis les peines.

Que serait notre vie privée de poésie
Comment tournerait-il, ce monde échevelé,
Sans les mots éperdus, haletants, indécis

De ce prince des nues qui vit sans compromis
De cet ardent champion de la rime et du verbe
Qui pointe nos défauts de son aile superbe.

A Mathéo

23 août 2009

De l'eau à mon moulin (pour Delphine)





Je viens de lire les derniers billets de Delphine, sur le Paraguay, et sur les problèmes de la gestion de l'eau et de la façon dont les hommes semblent se moquer et se contre-moquer de cette situation pourtant gravissime . Je viens de me délecter des commentaires que chacun , avec sa personnalité , a apporté, le très beau poème de Mathéo, la position de FD qui réfléchit en éducatrice, en projetant l'espoir sur les générations futures, Amaury qui donne de précieux éclairages historiques avec un grand sens de la synthèse...Et je me dis que notre prise de conscience n'est pas isolée. Ce ne peut être pas le fait de quelques intellos qui se contenteraient de refaire le monde pour se distraire. Il y a des millions de gens qui pensent comme nous, qui écrivent comme autant de petites mains sur la blogosphère, qui essaient de vivre au quotidien une autre façon de partager les richesses de la planète, en se responsabilisant, et éduquant, en convaincant, un travail de fourmi, des milliers de gouttes d'eau qui feront tôt ou tard un immense océan. Il vaut mieux vivre de cet espoir, qui génère de l'énergie, plutôt que de s'enfermer derrière un "c'est trop tard, ça ne sert à rien" sclérosant et mortifère. Bien sûr qu'il n'est pas trop tard, pour lutter avec chacun ses propres armes contre l'individualisme galopant, l'inconscience ou la mauvaise conscience, l'amoralité, l'égoïsme, la peur de l'autre, toutes ces choses qui nous empêchent de progresser vers le bien de tous. Au quotidien. Par de petits gestes insignifiants peut-être mais lourds de symboles.


Un exemple?

J'étais hier soir à un mariage hors norme, présenté par le marié lui-même comme un mariage "participatif". L'une après l'autre, chaque tablée d'une vingtaine de personnes est devenue "équipe" de serveurs, une pour l'entrée, une pour le plat principal, etc... tout cela s'est fait dans la joie et la bonne humeur. En même temps, le marié commentait ce que nous mangions: chaque élément du menu provenait du village où nous étions,le sanglier qui mangeait ses carottes hier encore, les fruits, le vin, les fromages , les sorbets, les gâteaux , faits maison, que du bon, que du naturel, que de l'équitable. Un merveilleux exemple de ce que l'on peut faire en alliant les bonnes volontés de chacun, sans qu'aucun essaie de s'en mettre "plein les fouilles" selon le modèle libéral mondialiste bien connu, en réduisant les autres à la servitude. Chaque convive s'est senti, à un moment donné de la soirée, une goutte d'eau, un petit maillon dans cette grande chaîne, un élément important de la réussite de la fête. Dans le respect, la solidarité, la joie de partager au sens propre comme au sens figuré. Ce qui m'a impressionnée le plus, ce ne sont pas les assiettes en carton recyclé, le vin non frelaté, les bouquets de fleurs des champs sur les tables, le copain déguisé en clown qui a donné de son temps pour amuser les enfants, ou la chorale formée par toute la famille, un grand moment d'émotion, non, ce qui m'a frappée, c'est l'évidence de ce mode de vie comme générateur de bonheur. Pouvoir faire une noce magnifique de 180 personnes, sans avoir le budget de Rothschild, sans étalage de luxe tapageur, sans gaspillage, avec comme seul fil rouge, finalement, l'Amour .C'est bien ça le plus important. Merci à J et N de nous l'avoir rappelé.

Merci à Delphine, d'avoir apporté tant d'eau à mon moulin.Et merci à tous ceux qui se reconnaissent ou se reconnaîtront dans ce combat en acceptant de devenir à leur tour des gouttes d'eau.

22 août 2009

Molière auteur moderne


La pièce du Tartuffe , que j'ai vue l'autre soir superbement mise en scène en costumes d'aujourd'hui, résonne encore à mes oreilles : un cadre grandiose pour une de ces soirées d'été sous les étoiles, dont la région a le secret, et une interprétation exceptionnelle. J'avais étudié cette pièce en première, et grâce à un professeur extraordinaire, qui nous l'avait fait jouer, je gardais très présentes à l' esprit certaines répliques, mais j'avais seize ans et je ne mesurais pas la portée de ce que je jouais. Je lui découvre aujourd'hui une profondeur, une absolue universalité qui lui donne , malheureusement si j'ose dire, une modernité inquiétante. Ce Tartuffe, faux dévot prêt à tout pour arriver à ses fins, ne m'évoque que trop, hélas, certain homme politique de notre temps, mielleux et patelin, hypocrite et chaffouin, mais terriblement déterminé sous des dehors de sainteté, se frottant les mains comme s'il récitait un chapelet, et entortillant le bas peuple dans des promesses fallacieuses.Je ne vois que trop comment tout un peuple peut se laisser abuser par de belles paroles... Tel Orgon qui aliène à l'imposteur ses biens les plus chers, sa femme, sa fille, sa maison, sa fortune, et qui déshérite ses enfants sans aucun discernement, mes compatriotes sont en train de se faire confisquer par une bande de tartuffes sans s'en apercevoir leurs biens les plus précieux: la Liberté, l'Egalité et la Fraternité.
"J'enrage! " comme dirait Molière.

20 août 2009

les ombres s'allongent imperceptiblement

Le mois d'août flamboie sur les collines, la canicule broie toute envie de bouger le petit doigt. Les soirées s'étirent moites et sereines.
Et pourtant, quelque chose a changé dans le jardin: la lumière de l'après midi est plus ceci, moins cela...difficile à expliquer, on voit bien que la table n'a pas bougé, il y a toujours autant de feuilles sur le figuier, et pourtant l'ambiance n'est plus la même, et on se prend à évoquer septembre comme une réalité qui s'approche.
Et puis on s'aperçoit que les gyneriums pointent timidement leurs premiers plumeaux annonciateurs d'automne, et que les ombres, imperceptiblement se sont allongées, celle du cyprès de Florence vient maintenant nous lécher les pieds quand on s'allonge sur la chaise longue, alors qu'il y a un mois elle était ridiculement petite, comme un manchon autour du pied de l'arbre.
Et là, d'un coup, on se dit que les vacances peut-être bien, ont une fin, même pour les instits qui, comme chacun sait, en ont beaucoup trop, et de beaucoup trop longues...

14 août 2009

quand la démocratie n'est qu'une façade

Le billet d'Amaury , qui s'indigne d'une décision de politique locale qui condamne les 206 arbres d'une avenue à passer par la hache, m'inspire une réflexion sur la façon dont les politiciens (devrais-je dire les politicards ?) s'arrangent avec la notion de démocratie, au mieux de leurs intérêts. C'est bien le cas chaque fois que ces messieurs ont dans leurs cartons des projets déjà ficelés, et pour lesquels ils provoquent une pseudo- consultation, histoire de faire un peu démocratique. Nous avons ainsi assisté en France à une "grand débat" sur l'école, alors que les nouvelles orientations étaient déjà décidées, et que les nouveaux programmes étaient édités. Dans ma ville, on a fait "choisir" les citoyens parmi trois projets d'architectes, alors que celui qui a été soi-disant choisi avait été pressenti bien avant la fameuse consultation.
De nos jours, il est vrai que le sentiment que tout est joué d'avance est machiavéliquement entretenu dans les esprits pour que ceux-ci se résignent, et n'aillent surtout pas se révolter. Mais je persiste à crier haut et fort que rien n'est joué d'avance, que rien n'est fatal, et que tout peut toujours être remis en cause. Et effectivement, , comme le dit si bien Amaury, un petit bulletin dans l'urne peut faire tomber des murs contre lesquels on pensait être obligés de se cogner la tête. Vive la démocratie. La vraie.
 

01 août 2009

La théorie des tiroirs

La vie ressemble un peu, selon moi, à ces commodes anglaises en bois couleur de miel, très à la mode il y a quelques années, remplies de tiroirs de toutes les tailles. Dans chaque tiroir se trouve un compartiment de l'existence: Il y a le tiroir-famille, le plus précieux, rempli d'amour, compartimenté en plusieurs grands tiroirs : le couple, les enfants, les parents, les collatéraux. Puis le tiroir-travail, massif et indispensable, dans lequel se cache comme une gigogne le tiroir-argent, dont le fond est un peu troué par endroit, et où l'on range les courses, le budget, les factures , les traites..., et bien sûr le tiroir-santé. Si le désordre règne dans un de ces trois énormes tiroirs, ou même, sans parler de désordre, si quelque chose ne va pas tout à fait bien, alors la commode devient bancale, et la vie compliquée.
Et puis, il y a d'autres tiroirs plus légers mais tout aussi important pour structurer une vie. Le tiroir-maison, qui n'est pas forcément grand mais demande beaucoup d'énergie et d'attention, le tiroir-amis, plein de choses fraîches et agréables, où l'on n'aime pas que se pointe une déception, le tiroir-vacances, avec ses bonbonnes d'oxygène et ses paysages nouveaux
, bien pratiques quand on étouffe un peu, le tiroir-choses-matérielles-dont-on-pourrait-se-passer-quoi-que..., nom générique pour désigner un tiroir dans lequel on va ranger l'ordinateur, le lave-linge, la bagnole, (oui, je tiens à garder ce substantif désignant bien ce tas de ferraille qui rend des services mais nous le fait payer en se vengeant régulièrement) le frigo, la télé,la chaudière,la tondeuse à gazon...bref, tout un bric-à-brac de trucs immondes qui ne sont là que pour nous faciliter la vie sauf quand ils tombent en panne.
Et puis, tout en haut de la commode, tout un tas de petits tiroirs qui ne semblent être là
que pour faire joli, mais qui ont leur importance, le tiroir-imprévu agréable, plein de sel et de piment, de poésie, de fantaisie, le tiroir-bonnes nouvelles, rempli de guérisons, de décrochages de CDI, de réussites aux examens, de bébés et de mariages, et le tiroir personnel, dans lequel on rangera le temps pour soi, la lecture d'un bon livre, la sieste, l'esthéticienne ou la méditation sur une montagne. N'oublions pas le tiroir-secret dans lequel pousse le jardin du même nom, et qui mériterait, comme le précédent, qu'on y aille un peu plus souvent car il est vite envahi d'herbes folles si l'on n'y prend pas garde.
Quand je regarde l'existence sous cet angle, je ne puis m'empêcher de constater combien il est difficile de maintenir l'harmonie dans tous les tiroirs. La vie, c'est sans doute cela, essayer de ranger au fur et à mesure, et de trier l'urgent du moins urgent. Et j'ai appris, peu à peu, à apprécier ces moments rarissimes et merveilleux où l'on a beau réfléchir, regarder, fouiller
partout, plus rien ne cloche dans aucun tiroir. Ça ne dure jamais bien longtemps, autant le prendre avec philosophie...
Alors on s' assoit et on goûte cet instant de pure perfection, les yeux mi-clos et le sourire béat...et le téléphone sonne, ou le petit dernier se coince les doigts dans une porte...


30 juillet 2009

Picasso éternel























Tout l'été, la ville d'Aix organise une exposition exceptionnelle mettant en lumière la filiation artistique et même spirituelle entre Picasso et Cézanne.
J'ai passé un moment fabuleux, hier, à découvrir le génie absolu de ce maître incontesté, et de son modèle: car Cézanne est vraiment le précurseur du cubisme, et la magie de cette exposition est de le montrer, par des rapprochements subtils entre les tableaux de l'un et de l'autre.
Le parallèle est fort , dans le trait, la monumentalité, l'approche nouvelle des volumes et des couleurs, et surtout le point de vue de l'artiste..
Cent quarante tableaux de Picasso qui vous sautent au visage, vous serrent la gorge par leur présence et l'aura qui s'en dégage. Une vie pleine et fourmillante, racontée de manière adroite par les panneaux explicatifs: un travail superbe!
Le point culminant de la journée fut sans doute la découverte du Château de Vauvenargues, acheté par Picasso à la fin de sa vie. Au pied de la Sainte Victoire, dans une lumière splendide que Cézanne aurait adorée, j'ai eu le coeur serré par tant d'absolue beauté...


Les Trois Baigneuses
de Cézanne ...à Picasso