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| Photo Daddy |
Comme je ne sais rien refuser à mes lecteurs, j'ai écrit à la demande de Daddyrogers, ce petit conte, en espérant que vous ne dormirez pas debout avant
la fin...
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Il
était une fois un dentiste veuf qui s’appelait Maurice. Il officiait dans la
bonne ville de Marseille-sur-Mer. Tout allait bien pour lui, ses affaires
tournaient rond. Sa fille Judy faisait des études d’océanographie à Luminy, une
extension trois points zero de la ville. Le goût de la mer lui était venu en
fréquentant sa meilleure amie Ariel, une jeune femme mystérieuse née sous le
signe des poissons. Judy devenait chaque jour plus ravissante, avec son sourire
forcément parfaitement éclatant. (Rapport à son père, qui, si vous suivez
bien...)
Or,
au bout d’un moment (et parce qu’il faut bien qu’il y ait à un moment donné une
rupture dans la situation d’énonciation, sinon on se fait chier grave) Maurice eut la mauvaise idée de se remarier
avec Pulvilla, une DRH au visage
carnassier, gaulée comme une Porsche Carrera, et au sourire plein d’épines, qu’il
avait rencontrée sur Bad Houx. Il en
avait un peu marre de la solitude, il faut bien le dire, et de se tirlipoter le
schmilblick tout seul devant Netflix ou Youporn.
Il demanda à Judy si cela ne la dérangeait pas
trop, mais celle-ci lui répliqua qu’à son âge, il faisait bien ce qu’il
voulait, du moment qu’il n’oubliât pas (comme ça lui arrivait parfois) de lui verser des sous sur son livret jeune
chaque premier du mois.
Au
début, Pulvilla fit semblant d’être la belle-mère parfaite, elle dispensait à
Judy ses sourires les plus mielleux tous les week-ends, tout en lui préparant
ses pancakes préférés. Elle lui offrit même une fois une serviette éponge de plage
personnalisée et brodée à leurs deux noms qu’elle avait commandée chez Edmée de
Roubaix en promo.
Mais
voilà qu’au bout d’un autre moment (nouvelle rupture censée casser le rythme
languissant de ce conte à la noix de cajou ou de macadamia, au choix) Pulvilla tomba, en surfant sur le
net, sur un article du Méridional vantant la beauté parfaite de Judy, qui
venait de remporter le concours de Miss Calanques pour se faire un peu de
thunes supplémentaires, rapport aux oublis de Maurice et surtout au coût faramineux des études supérieures dont Maurice
n’avait qu’une idée obsolète datant au moins des années 60.
La
belle-doche en éprouva un fort dépit, (pour ne pas dire une colère irraisonnée
et mortelle) et versa dans le sirop d’érable de la jeune fille une dose léthale
de méthamphétamines qu’elle se procurait au noir par son jardinier Albert qui
l’était justement, noir, et lui rendait d’autres menus services (enfin quand on
dit menus, c’est une litote, rapport à la couleur du jardinier qui, selon les
poncifs circulant sur le manteau, procure de sérieux avantages centimétriques
aux individus mâles la possédant. Mais je m’égare). Une dose donc capable de
mettre un gnou à genoux, voire de l’assommer définitivement. Une mégadose.
La
pauvre Judy n’eut que le temps de poser son IPhone sur la table avant de
s’écrouler comme un âne mort sur le carrelage noir et blanc du salon. Pulvilla crut
que c’était bon. Elle fit charger le fardeau dans le coffre de sa BM, et
ordonna à Albert d’aller la déposer sur un banc très loin de là, entre Peypin et
Cadolive et en espérant que la maréchaussée la ramassât et conclût à la mort
par overdose d’une junkie anonyme. (Comme vous le voyez, son usage personnel de la Meth avait altéré le jugement de Pulvilla de façon stupéfiante)
Albert
obéit, dans un premier temps, allongea la jeune femme sur un banc, et dans un
sursaut d’humanité, lui protégea le
visage du soleil pernicieux de la garrigue avec sa casquette de chauffeur (oui
car il était aussi chauffeur à seize heures) Puis il l’enroula, comme dans un
linceul, dans l’hideuse serviette de plage.
Mais
sur le chemin du retour, pris de remords, (et surtout parce que le parfum de la
jeune fille lui avait tourné la tête) il
rebroussa chemin, retrouva le banc et
roula un palot mémorable à la belle qui se réveilla comme par magie (Ben oui,
c’est un conte, je vous ferai dire) sous la langue experte d’Albert qui en
pratiquait couramment plusieurs. Le sale petit bonhomme à la flèche assassine (vous l'aurez reconnu j'espère) venait de faire son travail mieux que Meetic et Attractive World réunis.
Il
ne leur resta plus qu’à assigner la méchante pour tentative d’assassinat et
subornation d’employé de maison.
Puis
ils se pacsèrent, eurent 1,82 enfants, et vécurent heureux ensemble jusqu’à leur
divorce.