09 octobre 2026

Hisse et ho

Dimanche aux voiles de Saint Tropez.






Je suis repartie, incorrigible décidément, profiter de la douceur de ce début d'automne, parmi les vieux gréements (et les modernes aussi) à Saint Tropez. Une expérience fabuleuse bien que mon estomac n'ait pas vraiment le pied marin... Je vous épargne mes premières heures sur le catamaran, et mon teint gris-vert assorti à la couleur de l'eau.
Et pourtant, j'ai dû avoir des ancêtres matelots, à n'en pas douter. D'où me viendrait, sinon, ce goût pour les métaphores marines et les histoires de navigateurs ? Mon attrait pour la mer et mes envies d'ailleurs ? Peut-être fus-je bercée dès l'enfance par les vers du poète, « homme libre toujours tu chériras la mer. » 
Homme libre, homme libre... D'accord, mais ça marche aussi pour les femmes libres, ô Baudelaire ? Car oui, comme tu l'évoques dans ton poème, les femmes cachent au fond d'elles de ces affres secrètes qui ressemblent aux abysses insondables de l'océan. 
La mer me fascine et m'attire, m'effraie et me repousse aussi. Elle est une hyperbole de mon rapport compliqué à l'eau, et à ma mère atlantique,  j'y travaille depuis longtemps.
Mais remontons à la surface.
Quelle prodigieuse invention qu'un voilier ! Une des plus anciennes réalisations complexes de l'humanité. Comment ne pas penser aux lointains Phéniciens, aux Egyptiens, et en même temps à l'enfant qui regarde sa coquille de noix voguer sur une flaque, dont la voile n'est qu'un triangle de papier enfilé sur une allumette ?  J'aimerais que les enfants d'aujourd'hui s'adonnent toujours à ce jeu délicieux. Il est vrai que dans mon enfance, on avait droit à la colle forte pour faire tenir nos assemblages... L'odeur nous enivrait un peu, mais c'était solide... Je m'égare.
 Ah...tous ces cordages, savamment noués, ces cabestans, ces bômes, ces mâts... Et puis les voiles, le safran, la barre, les haubans... Les drisses, le foc, le génois. Le hunier, la misaine et le grand cacatois. Ce que j'aime le vocabulaire nautique ! 
Un voilier, c'est un poème, une invitation au rêve, un prodige d'équilibre, un bras de fer contre les éléments. Apprivoiser le vent et les vagues, voilà la mince affaire ! Un voilier s'élance tel un oiseau racé à l'assaut des flots, avec un équipage soudé ne formant qu'un seul coeur. C'était beau à voir, cette solidarité moussaillonne, ce fair-play des vaincus acclamant les vainqueurs. Nonobstant les éternels grincheux et leur cortège de reproches sur le côté commercial de l'événement,  j'ai pris un bon bol d'air iodé, et surtout une grosse claque émotionnelle. Quel bonheur ! Mais me connaissant, vous ne trouverez pas cela très étonnant. 
Allez, souquez les artimuses*, moussaillons ! 

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* « En plus, ça veut rien dire, 
souquer les artimuses ! » 
Citation de l'inénarrable « Astérix Mission Cléopâtre, d'Alain Chabat, 2002 »











27 commentaires:

  1. Cacatois, cacatois, la couleur de ton teint donc ? Allez je sors ;-). Bisous ma sis marine.

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    1. Mais c’est qu’elle a plein d’humour ma sis 💋
      Et en plus c’est excellent !
      😂

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  3. Sais-tu ce que sont : un corps-mort, une vieille et un penty ? :-)

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    1. Eh bien non je donne ma langue au chat. Et je ne vais pas demander à Google, tu vas m’expliquer 😊
      Bisous ma biche
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    2. Un corps-mort est une lourde dalle de béton posée au fond de l'eau. Elle est reliée par une chaîne à une bouée en surface pour permettre aux bateaux de s'amarrer sans jeter l'ancre.
      Une vieille est un poisson ! 😀
      Un penty est une petite maison traditionnelle bretonne, généralement isolée, construite en pierres et dotée d'un toit en ardoises.
      Voilà voilà !
      Bisous ma Célestine 😘

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    3. Merci beaucoup d'avoir augmenté mon vocabulaire marin ma Biiiiche !
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  4. Souquer, ça me rappelle mon fils qui avait fait un stage d'aviron quand il était enfant. En fait, il n'a même pas ramé : comme il était petit, on l'avait collé barreur !

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    1. Ta boîte à souvenirs est inépuisable mon boss 😊
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  5. Magnifique poésie de la voile que je m'en vais lire à mon homme passionné de navigation.

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    1. Encore un point commun entre nous, chère Myrte… si j’ai enduré le mal de mer c’est par amour pour un voileux…
      Alors tu me diras s’il a aimé ma prose ?

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  6. Chère Madame,
    Prosatrice remarquable et poétesse romantique sont les mots qui me viennent à l’esprit en lisant votre billet qui fait rêver du grand large.
    Je vous embrasse.
    Doria

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    1. Vous êtes une vraie fan, Doria.
      Et je vous adore !
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  7. Magnifique texte et splendides photos
    En ce moment je me sens comme un violier qui vogue sur la mer . Cette vie qui fascine , effraie et qui peut apporter de belles surprises. Je vogue sans trop vraiment savoir la direction . Néanmoins , je suis à l’aise sur la terre ferme et je dois encore avancer pour réparer mes expériences avec l’eau …Pout une personne digne du poisson c’est surprenant ….
    ASL

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    1. Ce qui est certain c’est qu’il y avait de l’eau sur tes lunettes 😂 j’ai eu du mal à déchiffrer ton pseudo mdr…
      Gros bisous ma belle.
      Ce fut une belle soirée
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    2. Oui comme l’eau du flou de ma vie ….qui perdure depuis trop longtemps

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  8. Je connais votre goût des métaphores marines. J’ai toujours pensé que vous étiez née sur un bateau. En tout cas vous savez, comme à l’habitude, faire émerger le beau de chaque chose. C’est un don précieux.
    ~L~

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    1. Wouaou ! Comme vous y allez monsieur Lorenzaccio. Je suis toute rouge…
      Voir la beauté oui ça me connaît. Il y a tant de belles choses sur cette terre…
      Je vous embrasse 😘
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. Excellentissime 👌
      Merci m’sieur !
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  10. Chère Madame,
    Oui une simple admiratrice.
    Fan de vos mots, des mots vrais, sincères et parfois percutants.
    Je vous embrasse.
    Doria

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    1. Du fond du coeur merci Doria. Sincèrement, cela fait du bien d'avoir parmi ses lecteurs des personnes comme vous. Dans les moments de doute, on se dit que ça vaut vraiment le coup de continuer 😇
      Passez une belle journée.
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  11. Des mots précieux qui naviguent joliment sur ton "hisse et haut" voyagent sur la mer.
    "Le voilier, c'est un poème, une invitation au rêve, un prodige d'équilibre, un bras de fer contre les éléments"
    ....
    Merci pour ce partage au goût de sel et de sOleil !
    Bonne route.
    A bientôt Célestine.
    Bisous

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  12. Je suis sûr que ton teint gris-vert s'accorde très bien avec tes cheveux roux...
    Quant au voilier, je me disque la lumière de mes jours, à tendance nauséeuse, aurait été encore plus tentante avec ses cheveux roux et ses yeux qui à lépoque étaient plus souvent verts que bleus.
    Bon, après, c'est l'estomac qui rechigne... ;-)
    Bonne promenade en mer.

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  13. Les femmes cachent au fond d'elles de ces affres secrètes qui ressemblent aux abysses insondables de l'océan.
    Comme quoi une relation sentimentale ne coule jamais tant qu'on ressent la profondeur.

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  14. Sympa les photos, sympa ton post...
    Ça me renvoie aux régates que je faisais, quand j'étais jeune homme, sur "quillard" (monocoque, avec une quille pour le lest) ; et on comptait au moins une ou deux femme(s) à chaque bord concurrent...
    Tellement libres que lorsque notre "skipper" (le patron à bord) demandait à une équipière d'aller pisser sous le foc au moment du départ (donc à la vue de tous les gars "sous le vent" ; et pour les déconcentrer sur la tactique), si on en avait deux, elles se précipitaient à exposer leurs fesses à l'air !
    Il n'y avait que les vieux "loups de mer" qui se laissaient pas distraire. Tu n'imagines pas le nombre de régates où l'on s'est placé favorablement grâce aux popotins des femmes, et elles étaient les premières à ricaner avec nous à contempler la mine déconfite des barreurs qui s'étaient laissés avoir...

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.