L'humour sauve de tout, comme disait mon père.
Mieux vaut donc en rire, comme disait Confucius.
Et pardon aux vrais pingouins, manchots, et autre animaux pour qui j'ai le plus profond respect. J'avais d'ailleurs écrit ICI sur leur sens inné de la solidarité.
Malgré ma bienveillance naturelle, dont nous devisâmes abondamment dans mon dernier billet, deux ou trois choses m'agacent quand même prodigieusement en ce bas monde.
Et notamment, cette propension qu'ont les pouvoirs publics à nous prendre pour des jambons. Ou des enfants incapables de pourvoir nous-mêmes à nos besoins. Une vraie manie, ont-ils, de constamment nous abreuver de bons conseils, sensés nous éviter des problèmes de toute sorte.
Hydratez-vous, mouchez-vous, fermez les volets, éteignez les lampes, mettez une petite laine, roulez à droite, attendez le feu vert, lavez vos draps régulièrement, mangez cinq fruits et légumes par jour, pas trop de gras, pas trop de sucre, pas trop de sel, marchez dix mille pas, lavez-vous les mains, buvez et fumez avec modération, aérez votre maison, mettez un casque, mettez un masque, éternuez dans votre coude (beurk, entre nous, je préfère ne pas voir l'état de certains coudes enrhumés...)
J'en passe : la liste ne cesse de s'allonger. Tous azimuts. La semaine dernière, un journal tout ce qu'il y a de plus sérieux expliquait aux gens comment marcher comme un pingouin sur la neige. Mais si. Mais non, ce n'était pas le Gorafi. Il est vrai que la démarche altière et conquérante qui en résulte fait rêver...
Et je ne parle pas des notices d'utilisation, stipulant qu'on doit enlever le bébé de la poussette avant de la replier... Ni de celles accompagnant le moindre médicament : on vous soigne pour un panaris, mais attention, vous pouvez faire un choc anaphylactique, attraper des bubons, la vérole ou le scorbut, c'est vous qui voyez.
On pourrait en déduire que les concepteurs de ces messages hautement intellectuels se basent sur un postulat simple : « Le peuple est con. Désolée, il n'y a pas d'autre mot. Le peuple est sale, inculte, ignorant, ridicule, incapable d'anticiper ou d'adapter ses réactions à une situation imprévue, et même prévue, telle la neige en hiver. Le peuple ne sait pas que la neige ça glisse, qu'il fait froid en hiver, qu'il fait chaud en été, que l'eau ça mouille et que le feu ça brûle.
Le peuple ne comprend rien, heureusement qu'on est là pour lui dire ce qu'il doit faire, ce qu'il doit aimer, ce qu'il doit acheter, pour qui il doit voter. »
Voilà mes amis. Nous qui nous pensons citoyens éclairés du monde, on nous apprend quotidiennement que nous ne sommes que de vulgaires humanus pingouinus qui n'ont pas la lumière à tous les étages. Ça rend humble, finalement.


notre gouverneur de province, lors des chutes de neige début janvier, nous avait - par mail - recommandé de marcher à petits pas, je l'avais déjà trouvé hilarant (tu as lu ce billet) mais là, avec les pingouins, bravo, c'est encore plus fort :-)
RépondreSupprimerChaque fois que l'on croit avoir touché le fond, il y a encore plus profond... C'est désespérant. :-)
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Et bien, chère Célestine, moi j'aime bien qu'on me donne des conseils ! Je ne les suis pas toujours, mais j'apprends beaucoup de choses en lisant des consignes, en étudiant les notices des nombreuses machines et appareils qui partagent mon existence. Et puis, il y a tout ce que je sais, mais que j'oublie. Je ne me sens pas infantilisée par ces rappels : boire suffisamment, comment prendre un médicament, ne pas répondre aux faux agents bancaires qui réussissent à vider les comptes de gens pourtant vigilants et informés. Pourquoi laisse-t-on encore des bébés dans une voiture en plein soleil d'un parking de super marché "juste le temps d'une petite course" ? Certains conseils me font sourire bien sûr, tant cela me semble évident. Mais tu fais partie d'une élite d'éducation et de bon sens, ce n'est pas le cas de tant de citoyens. Ah, ne pas oublier de baisser le chauffage ce soir !
RépondreSupprimerJe te souhaite une bonne année, des forces et le l'humour, de l'amour et de la tendresse avec ceux qui te sont chers.
Tu as raison sur plusieurs points, chère Anne : la posologie d'un médicament est extrêmement importante, et je ne vais pas dire le contraire. Je lis la notice, au moins sur ce point. Je parlais plutôt, en souriant, de la flopée interminable d'effets secondaires, qui est juste là pour que le labo soit couvert en cas de problème, mais qui est un tel catalogue d'horreurs que le premier réflexe pourrait être de jeter le tube.
SupprimerJe suis d'accord aussi pour les mises en gardes contre les arnaqueurs, qui utilisent la gentillesse, la crédulité, l'empathie, la naïveté de certaines personnes comme des armes pour se faire de l'argent facilement.
En revanche, là où je ne te suis pas, c'est quand tu évoques ce qui serait mon « éducation d'élite ». Le bon sens serait-il devenu l'apanage d'une élite ? Mes parents étaient des gens modestes, mais ils avaient du bon sens. Ils ne nous auraient pas laissés dans une voiture en plein soleil. J'ai œuvré pendant quarante ans à l'école communale, donc avec des enfants de tous horizons, et, pendant mes vingt quatre ans de ZEP, des enfants de milieux très très modestes. J'ai enseigné à mes élèves à ne pas gober tout ce qu'on leur dit, à faire fonctionner leur esprit critique.
Le problème, c'est que l'on voit maintenant des gens dégainer leurs portables pour filmer des gens en train de cramer plutôt que d'essayer de leur porter secours. Le bon sens est grignoté par autre chose de très pernicieux. Et c'est quand même très préoccupant, qu'une société parte ainsi à vau-l'eau.
Tant de citoyens, comme tu le dis, n'ont plus les codes de conduite, ne savent plus se comporter : c'est ce phénomène qu'il faut interroger d'urgence.
Je repense à une affiche que j'ai vue :
Il était écrit :« Mères, protégez vos filles. » Puis la phrase avait été barrée, et au-dessous, on avait écrit :
« Mères, éduquez vos garçons ».
Merci, Anne, pour ton commentaire qui donne l'occasion à chacun·e de préciser sa pensée.
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Je te parlais Célestine, "d'une élite d'éducation", pas d'une éducation d'élite. Un peu tordu peut-être comme formulation.
SupprimerJe crois saisir la nuance et cela me fait rougir de confusion . Car en somme ce serait ma façon d’éduquer qui serait un peu … disons exceptionnelle. Je prends donc cela pour un complément.
SupprimerIl n’en reste pas moins que collectivement nous avons à nous interroger sur ce phénomène que d’aucune appellent « baisse de niveau » je me refuse, pour ma part, à prendre cela comme excuse pour ne rien faire. Mais la perte du bon sens et de la simple logique m’inquiète beaucoup. Est-ce un effet de la numérisation à outrance de nos activités ? Qu’en penses-tu, chère Anne ?
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Erratum : Que d’aucuns appellent…
SupprimerAvec huit couillons qui ne savent pas qu'on attend le feu vert pour passer ou se laver les mains avant de faire quelque chose qui nécessite des mains propres, on assomme 60 millions de personnes de conseils inutiles.
RépondreSupprimerPourtant les religions auraient dû les prévenir.
Elles sont généralement de bon conseil et malgré les milliards de convertis, je me demande s'il y en a douze qui en suivent les préceptes...
Bref, nous sommes une espèce qui sera passée de la barbarie à la décadence sans passer par le civilisation...
Ta dernière phrase est saisissante. A méditer...
SupprimerPour ce qui est des préceptes, Aimez-vous les uns les autres » le plus clair, le plus lumineux, le plus simplissime n'est toujours pas arrivé aux neurones de l'humanité. Alors les listes intarissables de consignes, de gestes barrières et autres mise en gardes et principes de précaution...C'est un peu comme prêcher dans le désert.
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Ouais, c'était encore moi...
RépondreSupprimerJe t'avais encore reconnu ! (entre mille, Emile) ;-)
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Ce sont des conseils inutiles, ils sont donnés juste pour dire après : "on vous l'avait bien dit". Moi je laisse dire, je laisse de côté ces conseils. Il faut garder notre liberté du moment qu'on ne fait de mal à personne. Bon après midi, bises.
RépondreSupprimerTu es pleine de sagesse, Elisabeth. Certains conseils sont sans doute utiles, en faisant le tri, mais trop de conseils tuent le conseil, et quand on est en overdose, on n'écoute plus rien. Les médias ont un côté répétitif obsessionnel qui finit par devenir complètement contre-productif, à mon sens.
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Lors des 2 journées froides, oui j'ai entendu aussi aux infos de France 2 "Comment ne pas glisser sur la neige verglacée" avec la même réponse du pingouin
RépondreSupprimerJe n'ai donc pas rêvé...je suis toujours en train de me frotter les yeux.
SupprimerMon grand-père vivait à la montagne, à une époque où la neige était beaucoup plus abondante qu'aujourd'hui. Il se serait bien marré à voir cette affichette...
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Bravo pour ton billet plein d'humour( tu as raison, mieux vaut en rire même si ça fait mal au ventre...), mais tellement vrai, juste, bien affuté. J'adore! et j'ai beaucoup ri bien sûr.
RépondreSupprimerBises du soir juste bleu, mais tout doux.
Oui c'était surtout un petit clin d'oeil joyeux dans la morosité.
SupprimerMerci d'être fan.
Bisous frangin. J'imagine très bien ce soir bleu et doux.
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Houlala ! Quel miroir tu tends au monde ! Ce portrait de son absurdité donne envie de s'en abstraire dans la surdité !
RépondreSupprimer(Je ris encore de ton "Mélézour celui-là !" ) ;-)
En tout cas, toi t'es pas zour à mon appel.
SupprimerMon appel pressant à la rigolade antidésespérance : il faut dire que tu es un spécialiste de la discipline.
Un maître, en quelque sorte.
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Cela dit, ma grand-mère, pleine de bon sens, disait toujours : il vaut mieux entendre ça qu'être sourd...
SupprimerJe me demande ce qu'elle dirait aujourd'hui...
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Bah moi je suis quand même content d'avoir lu dans la notice pharmaceutique qu'il fallait impérativement sortir le cachet de son emballage thermoformé qui le protège avant de l'ingérer avec un grand verre d'eau si possible non contaminée. Car, si on avale le cachet dans son « Blize-ter » il n'aura pas l'effet thérapeutique espéré.
RépondreSupprimerEt donc je pense qu'il est indispensable de lire toute la notice d'environ 1,40 m de long… et bien entendu se munir d'une loupe suffisamment grossissante pour la décrypter, voire d'un microscope dans le cas où on a une cataracte.
En cas de difficulté il faut assez rapidement appeler le SAMU social.
Remarquez, certains avalent les suppositoires par la bouche ! ;-)
SupprimerJ'ai aussi vu une infirmière ou une aide-soignante mettre les gouttes à avaler dans les yeux ! Oui, tout est possible en ce bas monde !
SupprimerNotre époque semble manquer de personnes de bon sens ...et puis l'Etat Nounou a donné l'habitude de se faire coacher pour tout : certains apprécient, moi non!
RépondreSupprimergros bisous 🐻