J'ai eu la joie, dernièrement, de partager un moment d'exception avec Lucia* et Damien*, deux anciens élèves des tout premiers temps de ma carrière. J'avais parlé de l'un d'eux ICI.
C'était bien loin d'aujourd'hui, autant dire qu'ils sont devenus des adultes depuis longtemps. Sensibles, accomplis, émouvants dans leurs fragilités comme dans leurs forces. Et ils en ont beaucoup, de la force, pour traverser les écueils de l'existence.
A l'évocation de leurs souvenirs de CM2, admiratifs et sincères, je me suis prise à penser que j'avais eu raison, somme toute, d'être une maîtresse d'école exigeante et bienveillante. Deux qualités qui ne sont contradictoires qu'en apparence.
Ah ! La bienveillance... Dans les arcanes de l'Education Nationale, on n'a plus que ce mot-là à la bouche. Mais on en a fait une sorte d'indulgence molle proche de la capitulation, qui incite les professeurs à ne plus rien exiger de leurs élèves, par peur de passer pour des tortionnaires.
Ou les jeunes parents à faire de leurs enfants des rois capricieux et névrosés.
Le dictionnaire, lui, dit que la bienveillance, c'est un « sentiment qui porte à vouloir du bien à autrui ». Ce qui ne veut pas dire que l'on doit tout accepter d'autrui. Là est toute la nuance.
Une nuance subtile... tendre pléonasme. Une nuance est toujours subtile, et inaccessible aux esprits binaires. J'ai toujours voulu le bien de mes élèves, les aider, les comprendre, les accompagner, mais aussi les émanciper, les pousser pour qu'ils trouvent le meilleur d'eux-mêmes, ce meilleur souvent enfoui sous des monceaux d'idées reçues et de préjugés négatifs.
Les pousser, oui, mais sans jamais avoir à hausser le ton, à menacer, à humilier, à faire mal, a montrer une autorité abusive.
Comme l'a très bien dit Lucia, qui vit en Italie, les Italiens ont deux mots pour désigner l'autorité. La Autorità, conférée par un titre ou un grade, exercée par le commandement ou la contrainte et à laquelle on obéit. Et la autorevolezza, crédit ou confiance que les autres vous accordent, en raison de votre sagesse, votre compétence ou votre intégrité. L'autorité naturelle en quelque sorte, que l'on a envie de suivre librement.
Je crois pouvoir dire que je possède cette autorevolezza. Comme innée en moi. Elle s'appuie sur un profond amour des gens. Et continue à m'animer, dans chaque moment de ma passionnante vie, même si je n'enseigne plus. (quoique...) Je pense aussi avoir été une « mère veilleuse ». Ni copine, ni démissionnaire, ni injuste.
J'apprends aussi, depuis quelques années, à être bienveillante avec moi-même.
Pas le plus facile !
Il y a du merveilleux dans cette bienveillance-là. Dans cette mansuétude qui prend soin.
Qui « veille sur » sans « surveiller ». Qui panse les blessures avec des gestes ou des mots pleins d'humanité. Qui secoue sans bousculer. Qui respecte.
Certaines personnes croient être sincères et franches, mais ne parviennent qu'à blesser l'autre dans son amour-propre et sa confiance en soi. C'est contre-productif en diable. Un simple mot d'elles peut piquer comme un dard empoisonné. Leurs œillères les empêchent d'élargir et d'adoucir leurs jugements. Cette violence larvée, sans doute inconsciente, cache certainement des failles narcissiques. A moins qu'elles ne reproduisent ce qu'elles ont subi.
Vous voyez, ma bienveillance me pousse à leur trouver des excuses...mais je ne recherche pas leur compagnie.
La vie est trop courte pour être petite.
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* J'ai changé les prénoms, mais ils se reconnaîtront...


Madame Chèvrefeuille, ma première et dernière cheffe de service, disait quant à elle : "La vie est trop courte pour s'habiller triste". Et de fait quand la France presque entière s'habille d'un manteau de fourrure blanche, même si ça ne plaît pas à Brigitte Bardot, c'est là un acte de bienveillance pure à l'égard des photographes. Voilà pourquoi, une fois n'est pas coutume, je remercie ce jour les autorités (climatiques) de mon pays ! ;-)
RépondreSupprimerLe Ministre de la Neige s'est endormi sur son clavier : il a fait neiger là ousque d'habitude il ne neige jamais.
SupprimerJe comprends ton enthousiasme mon oncle. Ça nous prépare de beaux billets !
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J'ai toujours regretté que tu ne soit pas plus vieille de 30 ans pour avoir pu être mon enseignante... mais il me vient un doute tout de même... Comment cela aurait-il été possible, moi en Suisse et toi perdue dans ton Midi...
RépondreSupprimerAlors finalement, autant ne rien changer...
Ti voglio bene cosi
Ti bacio forte Carrissima
Si, si, si... Si ma tante en avait, comme disait mon père dans ses moment de furieuse poésie...
SupprimerNe regrettons pas ce qui n'a pas été.
Je n'ai pas été ta maîtresse (d'école bien sûr) mais tu t'en es quand même pas trop mal tiré dans la vie... ;-)
Ti voglio bene anche e baci
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Je m'étais tellement ennuyé à l'école que j'en avais fait le minimum pour ne pas devoir rallonger ma scolarité par un redoublement.
SupprimerEn fait, tout ce que j'ai appris, je l'ai absorbé depuis l'âge de 18 ans. Je n'ai donc aucun merci à donner à l'Instruction publique suisse...
Et oui, là-bas, l'école n'éduque pas à des vertus nationalistes, elle instruit, tout simplement et c'est probablement pour ça que je ne lui en veux pas outre mesure...
Tu mets l'accent sur la différence (subtile encore une fois) entre instruction et éducation...
SupprimerInstruire est très utile, mais éminemment moins difficile qu'éduquer. Eduquer est une action globale qui concerne tous les adultes d'une société. Au premier chef les parents, puis les enseignants, et puis tous les autres. Oncles, tantes, grands parents, frères et soeurs, amis, collègues. Et bien sûr les responsables politiques. Eduquer est un partenariat, ce n'est pas une affaire de spécialistes professionnels. On a trop voulu rejeter sur l'école la responsabilité totale de l'éducation des jeunes...
Et puis, apprendre continue bien après l'école. mais ça, c'est un autre débat...
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Éducation ou instruction, la différence n'est pas si anodine.
SupprimerDans l'instruction, tu donnes des connaissances et donc des armes aux élèves, sans vouloir diriger leur pensée.
Avec l'éducation tu diriges ces connaissances vers un but précis (à savoir obéir et ne pas faire de vagues).
La société actuelle formate les élèves dans le but d'en faire de bons exécutants qui ne posent et ne SE posent pas de questions.
Disons que ARTE serait la TV de ceux qui ont été instruits et CNews celle de ceux qui ont été éduqués
L'éducation apprend la compétition, être le meilleur (et accessoirement écraser les autres pour grandir).
Bon, certes, sur ce plan là, tu n'as pas été une bonne enseignante (et c'est tant mieux pour tes Stroumpfs) car tu étais du côté de l'instruction.
C'était mon petit couplet révolutionnaire, ça défoule en ces temps de liberté bafouée...
Ti bacio forte Carrissima
Vois ma réponse à La Licorne...
SupprimerExcellent ton exemple sur Arte et CNews. La première élève et libère, la seconde enferme et abrutit.
Cela dit, je n'ai rien contre l'éducation, si elle est comprise comme "formation d'adultes éclairés" et pas comme" formatage de petits soldats"... C'est toute la nuance, une fois encore, entre dressage et émancipation...
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Le tout étant de savoir si l’État est capable de privilégier l'émancipation... ?
SupprimerPoser la question, c'est déjà y répondre par la négative. Il suffit de voir comment se passe la répression de toutes velléités de contestation pacifique dans la société civile.
Mon aversion du dressage "éducatif" est quasi congénital. Je n'ai pas souvenance que ma mère ait un jour poussé un coup de gueule pour nous imposer une façon de faire ou une manière d'obéir...
Elle n'avait pas réussi à faire de moi un bon petit soldat obéissant sans réfléchir et je ne crois pas qu'elle aurait dû s'en excuser... Comment avec ça voudrais-tu que je puisse accepter l'idée que l’État institue un mode "d'éducation", qui plus est "nationale" alors que je suis foncièrement un citoyen du Monde...
Je ne sais plus à quelle époque, ce qui était l'instruction publique en France est devenue l'éducation nationale.
J'ai l'impression que c'est avec l'avènement de la 5e et le règne de de Gaulle.
On pourrait m'objecter que "instruction" ou "éducation" ne sont que des mots, mais ce sont des mots chargés de sens.
Je crois que le changement de paradigme date de beaucoup plus loin que de Gaulle...même si les choses ont véritablement changé après 68.
SupprimerTu trouveras quelques pistes très intéressantes dans cet article, très bien documenté au demeurant.
La phrase qui résume le mieux les choses est celle de Victor Hugo (eh oui, toujours lui)
« L’éducation peut être religieuse ; l’instruction doit être laïque. Le domaine de l’éducation, c’est la conscience ; le domaine de l’instruction, c’est la science. Plus tard, dans l’homme fait, ces deux lumières se complètent l’une par l’autre. »
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Ces paravents non essentiels et hideux parce que hypocrites qui font mal quand ils tombent. Tu as bien fait de voyager léger, la preuve.
RépondreSupprimerJe le crois. Un peu d'auto-satisfaction aide à être bienveillant envers soi. ;-)
Supprimer•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
S'il y a bien un endroit ou la bienveillance n'est pas de mise, c'est sur les réseaux sociaux. La méchanceté pure y côtoie le mépris, l'ironie, le sarcasme et l'arrogance. C'est insupportable.
RépondreSupprimerJ'avoue me réfugier avec bonheur sur ta page, toujours respectueuse des lecteurs et pleine de bienveillance. Oui c'est le mot.
Bises
Angela
Merci Angela. Je crois que j'ai une sainte horreur de faire mal aux gens. Je me suis fait une ligne de conduite de ne jamais faire subir à personne ce que j'ai subi quand j'étais jeune.
SupprimerEt ça m'a plutôt réussi, finalement. Au lieu de m'endurcir et de me cacher derrière une carapace de mépris, d'ironie etc...j'offre mon coeur.
Je t'embrasse
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Je te confirme que, dans l'Education Nationale, le terme "bienveillance " est actuellement très à la mode...
RépondreSupprimeret que ça cache, en effet, un manque d'exigence et de rigueur de plus en plus flagrant...et désastreux.
Je suis même tombée, dernièrement, sur un article dans lequel on envisageait
- sérieusement - de reconvertir les enseignants en simples "encadrants émotionnels"...
C'est dire où l'on en est par rapport à la notion de "transmission du savoir".
Je suppose que Madame IA s'occupera désormais de tout, bien mieux que nous ! ;-)
Merci , Célestine, de mettre les nuances qu'il faut là où il faut...
Nuances que beaucoup de parents (et d'enseignants aussi, malheureusement)
ont perdu de vue...depuis un moment.
Bises amicales.
Tu es toujours dans le bateau, donc...Pas trop dures ces dernières années ?
SupprimerLe plus terrible, dans cette affaire, c'est que dès que l'on parle d'exigence, on passe pour des bourreaux d'enfants... Je suis toujours sidérée par le fait que le ministère ne jurait que par les résultats du PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis). Mais quand on regarde le haut du tableau de ce classement, on trouve Singapour, la Chine, la Corée, le Japon...Des pays où l'exigence frise la dureté presque militaire. Alors quoi ? On continue à regarder le niveau baisser drastiquement, ou on réagit ??
Quant à la transmission du savoir, je crois que ce que l'on a perdu de vue, c'est que le savoir libère l'homme, alors que l'ignorance l'enferme... Victor Hugo, reviens !
Bises chère Licorne, merci de ton passage éclairant.
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Ce que vous définissez si bien chère Célestine, c'est toute la différence entre autorité et autoritarisme. C'est parfaitement défini et illustré. Je crois que nombreux sont ceux qui aimeraient vous avoir eu pour maîtresse.
RépondreSupprimerje vous embrasse
Le même "autre Damien" que celui du billet de référence.
Merci pour votre troisième phrase.
SupprimerJe vous ai reconnu, cher autre Damien. Oui, vous avez raison, on peut définir ainsi cette différence.
Pour avoir subi le harcèlement d'une chef faisant preuve d'autoritarisme borné (la dénommée Jargonos, pour ceux de mes fidèles lecteurs qui voient ce que je veux dire) je peux assurer qu'elle ne possédait aucune autorevolezza, aucun charisme, rien. C'était un pion posé sur un trône bien trop grand pour elle.
Je vous embrasse affectueusement.
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J'ai eu de nombreuses maîtresses d'école. J'ai pu faire un tri et m'apercevoir très tôt qu'il y en avait de bien, de celles qui donnaient envie d'avoir envie d'apprendre (sans douleur), et d'autres qui faisaient simplement le job, sans ce petit plus. Comme on dit dans le langage courant, il n'y avait pas photo.
RépondreSupprimerCelles qui avaient ce petit truc en plus, il me semble, s'en sortaient mieux, savaient intéresser la classe entière, toutes les classes ; nous étions toutes classe confondus. Il y avait une forme de respect, d'autorité naturel, car respectueuses, qui émanait de leur personne. C'est probablement cela que tu appelles la bienveillance. Malheureusement, ou heureusement, nous en changions chaque année ; parfois en cours d'année, et nous ne pouvions deviner à quelle sauce nous serions "mangé". Quant à la qualité de l'instruction qu'elles nous ont distillées, seules deux ou trois sortaient du lot. L'instituteur, ce fut différent, j'en avais fait un billet...
Malgré notre différence d'âge, j'aurais bien aimé que tu fasses partie de mes maîtresses d'école. Je devine que tu aurais fait partie du lot de celles que j'ai aimée.
Bises de mon Auvergne gelée
Notre différence d'âge ? Tu me vois si vieille ? Si j'ai bien calculé, on ne doit avoir que cinq ou six ans d'écart...
SupprimerAh tu veux dire que je n'aurais pas pu être ta maîtresse vu notre faible écart d'âge ? Me voilà rassurée !
Bon de toutes façons, je n'aurais pas pu : il fait vraiment trop froid chez toi ! j'ai même l'impression que « un froid de gueux» est une expression qui a été inventée chez toi. :-)
Je te taquine, j'aime bien.
Mais non, il ne fait pas si froid chez toi, puisqu'il n'y a pas d'ours blancs...
Juste un ours appelé Xoulec, mais qui a un grand coeur sous sa pelisse. ;-)
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J'ai eu quelques dizaines d'instits et de profs dont la très grande majorité faisaient leur boulot consciencieusement et, m'a-t-il semblé, avec cette bienveillance dont tu nous parles si merveilleusement. C'est que je viens d'une autre époque, lointaine, où les enfants n'étaient pas rois et où les enseignants étaient respectés, même par les parents ! Tu peux croire ça ? :-)
RépondreSupprimerTu me fais rêver ! Ça me rappelle la blague qui circulait il y a quelques années sur le net...
Supprimer(Voir ICI )
Tu devais être adorable comme élève en plus : pas difficile d'être bienveillant avec toi ! Je suis sûre que tu ne t'es jamais fait taper sur les doigts avec une règle en fer...
Bisous mon Boss
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Oui, cette blague traduit exactement ma pensée. Quand j'étais à l'école primaire j'ai entendu un père dire à l'instit "S'il fait trop le singe, foutez-lui une baffe de ma part !". Mais je n'ai jamais vu l'instituteur frapper qui que ce soit pendant les quatre ans où j'étais dans sa classe (classe qui rassemblait les élèves des six années primaires).
SupprimerTu me rappelle mon instituteur de CM2. Celui qui m'a fait comprendre que j'étais fait pour écrire.
RépondreSupprimerTellement de bienveillance en lui, tellement l'amour de son métier, tellement riche d'humanité.
Et moi, tellement de respect pour lui. Sa voix, son sourire, sa blouse grise ne m'ont pas quitté depuis.
Un souvenir indélébile qui m'a sauvé du naufrage. Car j'ai suivi son conseil comme étoile, et j'écris toujours. Avec dans le cœur son regard plein d'encouragements.
Tes élèves ont eu le bonheur de te connaitre, et je suis sûr que tu es encore dans le creux de leurs cœurs un souvenir délicieux.
Bises émues frangine. Ton billet est tout simplement beau.
Merci frangin. Toi aussi tu m'as émue. On dirait Camus quand il parle de monsieur Germain...
Supprimer19 novembre 1957 Cher Monsieur Germain, J'ai laissé s'éteindre un peu le bruit qui m'a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n'ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j'en ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d'honneur. Mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l'âge, n'a pas cessé d'être votre reconnaissant élève. Je vous embrasse de toutes mes forces. Albert Camus
Bisous tremblants
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C'est une belle valeur qui, malheureusement, a tendance à s'effacer dans notre monde actuel. On critique beaucoup trop, on juge, on condamne , on veut avoir raison et on ne cherche plus à comprendre. On devrait instituer un ministère de la bienveillance et le monde irait bien mieux !
RépondreSupprimerQuelle belle utopie, Daniel... Un ministère de la Bienveillance...
SupprimerTu me rappelles la chanson de Gérard Lenorman...
ICI
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Une bonne maîtresse (ou un bon maître) pour moi, ne prend pas une classe dans sa collectivité mais dans ses individualités... Tu sembles en être...
RépondreSupprimerLes têtes pensantes ont donné un nom à ce que tu dis : « La pédagogie différenciée »...
SupprimerSauf que je ne les ai pas attendus pour m'apercevoir que l'on ne peut pas enseigner à tous les enfants de la même façon... Alors oui, j'en étais, déjà, au début de ma carrière. Cherchant dans chaque enfant, dans chaque petite âme qui m'était confiée, sur quelle ficelle il fallait tirer pour déclencher une motivation à apprendre...
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La bienveillance envers les autres est proportionnelle à celle que l'on a envers soi-même. Seulement, dans notre éducation, manquer de bienveillance envers soi-même est souvent considéré comme de l'humilité.
RépondreSupprimerOn est porté à se juger sévèrement parce qu'on l'a été. Combien de fois dans une journée quelque souvenir remonte à l'improviste, sans qu'on l'ait vu venir, et la réaction spontanée fait mal de ne pas avoir agi comme on croit qu'on aurait dû le faire. Des paroles peuvent monter avant qu'on ait eu le temps de les censurer : "imbécile pourquoi as tu fait ça". C'est pourquoi voir la différence entre le personnage que l'on a créé et découvrir qui l'on est vraiment est si important à explorer. Merci chère Célestine pour ce si beau texte qui amène tant de commentaires enrichissants et bienfaisants. Celui de Letienne et ta réponse m'ont beaucoup touchée ainsi que plusieurs autres. Kea
Oh oui, tu as raison, ma chère kea.
SupprimerLe vieux réflexe judeo-chrétien d'auto-flagellation a la peau dure : il en faut, du travail sur soi, pour commencer à ne pas se juger trop sévèrement, et à se dire que l'on est un être humain comme les autres, qui mérite le respect. Quand je dis que j'ai savamment dosé exigence et bienveillance, avec mes élèves, je crois que j'ai longtemps été seulement «très exigeante » avec moi-même. En oubliant d'être bienveillante.
J'essaie de plus en plus de l'être, et je me sens tellement mieux...
En ce qui concerne la lettre de Camus, j'ai toujours mené ma carrière en me disant : j'aimerais qu'un jour mes élèves parlent de moi ainsi. En écoutant parler Lucia et Damien, l'autre jour, j'ai eu les larmes aux yeux. Même si je ne suis pas Camus et que je n'aurai jamais le prix Nobel, c'était merveilleux, ce flot de reconnaissance qui coulait comme une rivière sacrée.
Je t'embrasse.
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« Qui veille sur sans surveiller » ... Vous avez le sens de la formule, précieuse amie. Au-delà du jeu de mots, il y a cette profondeur incroyable du sens de cette phrase. Deux attitudes radicalement opposées, presque aux antipodes.
RépondreSupprimerOui, il est certainement beaucoup plus difficile, mais certainement plus enrichissant humainement, de veiller sur un enfant plutôt que de le surveiller. C'est peut-être au niveau de la confiance que cela se joue. Dans le fait de veiller sur quelqu'un, il y a cette liberté que l'on donne à l'autre de s'épanouir, tout en étant un garde-fou. Dans la surveillance, il y a une méfiance, un a-priori négatif qui veut que l'autre va forcément faire une bêtise si on le laisse à lui-même. Bref, j'aime beaucoup cette phrase. Elle pose mieux que de grands discours votre vision du monde. celle qui nous touche à chaque fois parce qu'elle est juste. Et Bienveillante.
~L~
Excellente analyse de ma petite formule. Pour tout vous dire, c'est une phrase qui m'est venue comme ça, un jour où un parent d'élève un peu excité m'avait reproché de ne pas surveiller les élèves. « Je ne surveille pas, je veille sur ! » avais-je rétorqué, et j'avoue que je ne fus pas mécontente de mon petit effet car il était resté interloqué. En effet, personne ne pouvait me reprocher de ne pas me consacrer corps et âme à mes élèves...Et il n'y avait presque jamais d'accidents dans mon école. Pourquoi ? Peut-être parce que je faisais tout pour éviter les tensions... Alors, oui, des accidents, il y en a toujours, un enfant qui trébuche, un enfant qui se coupe avec des ciseaux... mais des accidents par faute de "surveillance", jamais.
SupprimerBien à vous, cher Lorenzaccio
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Moi, j'aime bien « la vie est trop courte pour être petite »
RépondreSupprimerC'est juste génial.
:-)