J'ai eu la joie, dernièrement, de partager un moment d'exception avec Lucia* et Damien*, deux anciens élèves des tout premiers temps de ma carrière. J'avais parlé de l'un d'eux ICI.
C'était bien loin d'aujourd'hui, autant dire qu'ils sont devenus des adultes depuis longtemps. Sensibles, accomplis, émouvants dans leurs fragilités comme dans leurs forces. Et ils en ont beaucoup, de la force, pour traverser les écueils de l'existence.
A l'évocation de leurs souvenirs de CM2, admiratifs et sincères, je me suis prise à penser que j'avais eu raison, somme toute, d'être une maîtresse d'école exigeante et bienveillante. Deux qualités qui ne sont contradictoires qu'en apparence.
Ah ! La bienveillance... Dans les arcanes de l'Education Nationale, on n'a plus que ce mot-là à la bouche. Mais on en a fait une sorte d'indulgence molle proche de la capitulation, qui incite les professeurs à ne plus rien exiger de leurs élèves, par peur de passer pour des tortionnaires.
Ou les jeunes parents à faire de leurs enfants des rois capricieux et névrosés.
Le dictionnaire, lui, dit que la bienveillance, c'est un « sentiment qui porte à vouloir du bien à autrui ». Ce qui ne veut pas dire que l'on doit tout accepter d'autrui. Là est toute la nuance.
Une nuance subtile... tendre pléonasme. Une nuance est toujours subtile, et inaccessible aux esprits binaires. J'ai toujours voulu le bien de mes élèves, les aider, les comprendre, les accompagner, mais aussi les émanciper, les pousser pour qu'ils trouvent le meilleur d'eux-mêmes, ce meilleur souvent enfoui sous des monceaux d'idées reçues et de préjugés négatifs.
Les pousser, oui, mais sans jamais avoir à hausser le ton, à menacer, à humilier, à faire mal, a montrer une autorité abusive.
Comme l'a très bien dit Lucia, qui vit en Italie, les Italiens ont deux mots pour désigner l'autorité. La Autorità, conférée par un titre ou un grade, exercée par le commandement ou la contrainte et à laquelle on obéit. Et la autorevolezza, crédit ou confiance que les autres vous accordent, en raison de votre sagesse, votre compétence ou votre intégrité. L'autorité naturelle en quelque sorte, que l'on a envie de suivre librement.
Je crois pouvoir dire que je possède cette autorevolezza. Comme innée en moi. Elle s'appuie sur un profond amour des gens. Et continue à m'animer, dans chaque moment de ma passionnante vie, même si je n'enseigne plus. (quoique...) Je pense aussi avoir été une « mère veilleuse ». Ni copine, ni démissionnaire, ni injuste.
J'apprends aussi, depuis quelques années, à être bienveillante avec moi-même.
Pas le plus facile !
Il y a du merveilleux dans cette bienveillance-là. Dans cette mansuétude qui prend soin.
Qui « veille sur » sans « surveiller ». Qui panse les blessures avec des gestes ou des mots pleins d'humanité. Qui secoue sans bousculer. Qui respecte.
Certaines personnes croient être sincères et franches, mais ne parviennent qu'à blesser l'autre dans son amour-propre et sa confiance en soi. C'est contre-productif en diable. Un simple mot d'elles peut piquer comme un dard empoisonné. Leurs œillères les empêchent d'élargir et d'adoucir leurs jugements. Cette violence larvée, sans doute inconsciente, cache certainement des failles narcissiques. A moins qu'elles ne reproduisent ce qu'elles ont subi.
Vous voyez, ma bienveillance me pousse à leur trouver des excuses...mais je ne recherche pas leur compagnie.
La vie est trop courte pour être petite.
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* J'ai changé les prénoms, mais ils se reconnaîtront...


Madame Chèvrefeuille, ma première et dernière cheffe de service, disait quant à elle : "La vie est trop courte pour s'habiller triste". Et de fait quand la France presque entière s'habille d'un manteau de fourrure blanche, même si ça ne plaît pas à Brigitte Bardot, c'est là un acte de bienveillance pure à l'égard des photographes. Voilà pourquoi, une fois n'est pas coutume, je remercie ce jour les autorités (climatiques) de mon pays ! ;-)
RépondreSupprimerLe Ministre de la Neige s'est endormi sur son clavier : il a fait neiger là ousque d'habitude il ne neige jamais.
SupprimerJe comprends ton enthousiasme mon oncle. Ça nous prépare de beaux billets !
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J'ai toujours regretté que tu ne soit pas plus vieille de 30 ans pour avoir pu être mon enseignante... mais il me vient un doute tout de même... Comment cela aurait-il été possible, moi en Suisse et toi perdue dans ton Midi...
RépondreSupprimerAlors finalement, autant ne rien changer...
Ti voglio bene cosi
Ti bacio forte Carrissima
Si, si, si... Si ma tante en avait, comme disait mon père dans ses moment de furieuse poésie...
SupprimerNe regrettons pas ce qui n'a pas été.
Je n'ai pas été ta maîtresse (d'école bien sûr) mais tu t'en es quand même pas trop mal tiré dans la vie... ;-)
Ti voglio bene anche e baci
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Je m'étais tellement ennuyé à l'école que j'en avais fait le minimum pour ne pas devoir rallonger ma scolarité par un redoublement.
SupprimerEn fait, tout ce que j'ai appris, je l'ai absorbé depuis l'âge de 18 ans. Je n'ai donc aucun merci à donner à l'Instruction publique suisse...
Et oui, là-bas, l'école n'éduque pas à des vertus nationalistes, elle instruit, tout simplement et c'est probablement pour ça que je ne lui en veux pas outre mesure...
Tu mets l'accent sur la différence (subtile encore une fois) entre instruction et éducation...
SupprimerInstruire est très utile, mais éminemment moins difficile qu'éduquer. Eduquer est une action globale qui concerne tous les adultes d'une société. Au premier chef les parents, puis les enseignants, et puis tous les autres. Oncles, tantes, grands parents, frères et soeurs, amis, collègues. Et bien sûr les responsables politiques. Eduquer est un partenariat, ce n'est pas une affaire de spécialistes professionnels. On a trop voulu rejeter sur l'école la responsabilité totale de l'éducation des jeunes...
Et puis, apprendre continue bien après l'école. mais ça, c'est un autre débat...
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Éducation ou instruction, la différence n'est pas si anodine.
SupprimerDans l'instruction, tu donnes des connaissances et donc des armes aux élèves, sans vouloir diriger leur pensée.
Avec l'éducation tu diriges ces connaissances vers un but précis (à savoir obéir et ne pas faire de vagues).
La société actuelle formate les élèves dans le but d'en faire de bons exécutants qui ne posent et ne SE posent pas de questions.
Disons que ARTE serait la TV de ceux qui ont été instruits et CNews celle de ceux qui ont été éduqués
L'éducation apprend la compétition, être le meilleur (et accessoirement écraser les autres pour grandir).
Bon, certes, sur ce plan là, tu n'as pas été une bonne enseignante (et c'est tant mieux pour tes Stroumpfs) car tu étais du côté de l'instruction.
C'était mon petit couplet révolutionnaire, ça défoule en ces temps de liberté bafouée...
Ti bacio forte Carrissima
Vois ma réponse à La Licorne...
SupprimerExcellent ton exemple sur Arte et CNews. La première élève et libère, la seconde enferme et abrutit.
Cela dit, je n'ai rien contre l'éducation, si elle est comprise comme "formation d'adultes éclairés" et pas comme" formatage de petits soldats"... C'est toute la nuance, une fois encore, entre dressage et émancipation...
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Le tout étant de savoir si l’État est capable de privilégier l'émancipation... ?
SupprimerPoser la question, c'est déjà y répondre par la négative. Il suffit de voir comment se passe la répression de toutes velléités de contestation pacifique dans la société civile.
Mon aversion du dressage "éducatif" est quasi congénital. Je n'ai pas souvenance que ma mère ait un jour poussé un coup de gueule pour nous imposer une façon de faire ou une manière d'obéir...
Elle n'avait pas réussi à faire de moi un bon petit soldat obéissant sans réfléchir et je ne crois pas qu'elle aurait dû s'en excuser... Comment avec ça voudrais-tu que je puisse accepter l'idée que l’État institue un mode "d'éducation", qui plus est "nationale" alors que je suis foncièrement un citoyen du Monde...
Je ne sais plus à quelle époque, ce qui était l'instruction publique en France est devenue l'éducation nationale.
J'ai l'impression que c'est avec l'avènement de la 5e et le règne de de Gaulle.
On pourrait m'objecter que "instruction" ou "éducation" ne sont que des mots, mais ce sont des mots chargés de sens.
Je crois que le changement de paradigme date de beaucoup plus loin que de Gaulle...même si les choses ont véritablement changé après 68.
SupprimerTu trouveras quelques pistes très intéressantes dans cet article, très bien documenté au demeurant.
La phrase qui résume le mieux les choses est celle de Victor Hugo (eh oui, toujours lui)
« L’éducation peut être religieuse ; l’instruction doit être laïque. Le domaine de l’éducation, c’est la conscience ; le domaine de l’instruction, c’est la science. Plus tard, dans l’homme fait, ces deux lumières se complètent l’une par l’autre. »
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Ces paravents non essentiels et hideux parce que hypocrites qui font mal quand ils tombent. Tu as bien fait de voyager léger, la preuve.
RépondreSupprimerJe le crois. Un peu d'auto-satisfaction aide à être bienveillant envers soi. ;-)
Supprimer•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
S'il y a bien un endroit ou la bienveillance n'est pas de mise, c'est sur les réseaux sociaux. La méchanceté pure y côtoie le mépris, l'ironie, le sarcasme et l'arrogance. C'est insupportable.
RépondreSupprimerJ'avoue me réfugier avec bonheur sur ta page, toujours respectueuse des lecteurs et pleine de bienveillance. Oui c'est le mot.
Bises
Angela
Merci Angela. Je crois que j'ai une sainte horreur de faire mal aux gens. Je me suis fait une ligne de conduite de ne jamais faire subir à personne ce que j'ai subi quand j'étais jeune.
SupprimerEt ça m'a plutôt réussi, finalement. Au lieu de m'endurcir et de me cacher derrière une carapace de mépris, d'ironie etc...j'offre mon coeur.
Je t'embrasse
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Je te confirme que, dans l'Education Nationale, le terme "bienveillance " est actuellement très à la mode...
RépondreSupprimeret que ça cache, en effet, un manque d'exigence et de rigueur de plus en plus flagrant...et désastreux.
Je suis même tombée, dernièrement, sur un article dans lequel on envisageait
- sérieusement - de reconvertir les enseignants en simples "encadrants émotionnels"...
C'est dire où l'on en est par rapport à la notion de "transmission du savoir".
Je suppose que Madame IA s'occupera désormais de tout, bien mieux que nous ! ;-)
Merci , Célestine, de mettre les nuances qu'il faut là où il faut...
Nuances que beaucoup de parents (et d'enseignants aussi, malheureusement)
ont perdu de vue...depuis un moment.
Bises amicales.
Tu es toujours dans le bateau, donc...Pas trop dures ces dernières années ?
SupprimerLe plus terrible, dans cette affaire, c'est que dès que l'on parle d'exigence, on passe pour des bourreaux d'enfants... Je suis toujours sidérée par le fait que le ministère ne jurait que par les résultats du PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis). Mais quand on regarde le haut du tableau de ce classement, on trouve Singapour, la Chine, la Corée, le Japon...Des pays où l'exigence frise la dureté presque militaire. Alors quoi ? On continue à regarder le niveau baisser drastiquement, ou on réagit ??
Quant à la transmission du savoir, je crois que ce que l'on a perdu de vue, c'est que le savoir libère l'homme, alors que l'ignorance l'enferme... Victor Hugo, reviens !
Bises chère Licorne, merci de ton passage éclairant.
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Ce que vous définissez si bien chère Célestine, c'est toute la différence entre autorité et autoritarisme. C'est parfaitement défini et illustré. Je crois que nombreux sont ceux qui aimeraient vous avoir eu pour maîtresse.
RépondreSupprimerje vous embrasse
Le même "autre Damien" que celui du billet de référence.
Merci pour votre troisième phrase.
SupprimerJe vous ai reconnu, cher autre Damien. Oui, vous avez raison, on peut définir ainsi cette différence.
Pour avoir subi le harcèlement d'une chef faisant preuve d'autoritarisme borné (la dénommée Jargonos, pour ceux de mes fidèles lecteurs qui voient ce que je veux dire) je peux assurer qu'elle ne possédait aucune autorevolezza, aucun charisme, rien. C'était un pion posé sur un trône bien trop grand pour elle.
Je vous embrasse affectueusement.
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J'ai eu de nombreuses maîtresses d'école. J'ai pu faire un tri et m'apercevoir très tôt qu'il y en avait de bien, de celles qui donnaient envie d'avoir envie d'apprendre (sans douleur), et d'autres qui faisaient simplement le job, sans ce petit plus. Comme on dit dans le langage courant, il n'y avait pas photo.
RépondreSupprimerCelles qui avaient ce petit truc en plus, il me semble, s'en sortaient mieux, savaient intéresser la classe entière, toutes les classes ; nous étions toutes classe confondus. Il y avait une forme de respect, d'autorité naturel, car respectueuses, qui émanait de leur personne. C'est probablement cela que tu appelles la bienveillance. Malheureusement, ou heureusement, nous en changions chaque année ; parfois en cours d'année, et nous ne pouvions deviner à quelle sauce nous serions "mangé". Quant à la qualité de l'instruction qu'elles nous ont distillées, seules deux ou trois sortaient du lot. L'instituteur, ce fut différent, j'en avais fait un billet...
Malgré notre différence d'âge, j'aurais bien aimé que tu fasses partie de mes maîtresses d'école. Je devine que tu aurais fait partie du lot de celles que j'ai aimée.
Bises de mon Auvergne gelée
Notre différence d'âge ? Tu me vois si vieille ? Si j'ai bien calculé, on ne doit avoir que cinq ou six ans d'écart...
SupprimerAh tu veux dire que je n'aurais pas pu être ta maîtresse vu notre faible écart d'âge ? Me voilà rassurée !
Bon de toutes façons, je n'aurais pas pu : il fait vraiment trop froid chez toi ! j'ai même l'impression que « un froid de gueux» est une expression qui a été inventée chez toi. :-)
Je te taquine, j'aime bien.
Mais non, il ne fait pas si froid chez toi, puisqu'il n'y a pas d'ours blancs...
Juste un ours appelé Xoulec, mais qui a un grand coeur sous sa pelisse. ;-)
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J'ai eu quelques dizaines d'instits et de profs dont la très grande majorité faisaient leur boulot consciencieusement et, m'a-t-il semblé, avec cette bienveillance dont tu nous parles si merveilleusement. C'est que je viens d'une autre époque, lointaine, où les enfants n'étaient pas rois et où les enseignants étaient respectés, même par les parents ! Tu peux croire ça ? :-)
RépondreSupprimerTu me fais rêver ! Ça me rappelle la blague qui circulait il y a quelques années sur le net...
Supprimer(Voir ICI )
Tu devais être adorable comme élève en plus : pas difficile d'être bienveillant avec toi ! Je suis sûre que tu ne t'es jamais fait taper sur les doigts avec une règle en fer...
Bisous mon Boss
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Oui, cette blague traduit exactement ma pensée. Quand j'étais à l'école primaire j'ai entendu un père dire à l'instit "S'il fait trop le singe, foutez-lui une baffe de ma part !". Mais je n'ai jamais vu l'instituteur frapper qui que ce soit pendant les quatre ans où j'étais dans sa classe (classe qui rassemblait les élèves des six années primaires).
SupprimerBlague qui ne fait pas rire d'ailleurs...
SupprimerMais bon, que peut-on faire ?
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Tu me rappelle mon instituteur de CM2. Celui qui m'a fait comprendre que j'étais fait pour écrire.
RépondreSupprimerTellement de bienveillance en lui, tellement l'amour de son métier, tellement riche d'humanité.
Et moi, tellement de respect pour lui. Sa voix, son sourire, sa blouse grise ne m'ont pas quitté depuis.
Un souvenir indélébile qui m'a sauvé du naufrage. Car j'ai suivi son conseil comme étoile, et j'écris toujours. Avec dans le cœur son regard plein d'encouragements.
Tes élèves ont eu le bonheur de te connaitre, et je suis sûr que tu es encore dans le creux de leurs cœurs un souvenir délicieux.
Bises émues frangine. Ton billet est tout simplement beau.
Merci frangin. Toi aussi tu m'as émue. On dirait Camus quand il parle de monsieur Germain...
Supprimer19 novembre 1957 Cher Monsieur Germain, J'ai laissé s'éteindre un peu le bruit qui m'a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n'ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j'en ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d'honneur. Mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l'âge, n'a pas cessé d'être votre reconnaissant élève. Je vous embrasse de toutes mes forces. Albert Camus
Bisous tremblants
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C'est une belle valeur qui, malheureusement, a tendance à s'effacer dans notre monde actuel. On critique beaucoup trop, on juge, on condamne , on veut avoir raison et on ne cherche plus à comprendre. On devrait instituer un ministère de la bienveillance et le monde irait bien mieux !
RépondreSupprimerQuelle belle utopie, Daniel... Un ministère de la Bienveillance...
SupprimerTu me rappelles la chanson de Gérard Lenorman...
ICI
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Une bonne maîtresse (ou un bon maître) pour moi, ne prend pas une classe dans sa collectivité mais dans ses individualités... Tu sembles en être...
RépondreSupprimerLes têtes pensantes ont donné un nom à ce que tu dis : « La pédagogie différenciée »...
SupprimerSauf que je ne les ai pas attendus pour m'apercevoir que l'on ne peut pas enseigner à tous les enfants de la même façon... Alors oui, j'en étais, déjà, au début de ma carrière. Cherchant dans chaque enfant, dans chaque petite âme qui m'était confiée, sur quelle ficelle il fallait tirer pour déclencher une motivation à apprendre...
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La bienveillance envers les autres est proportionnelle à celle que l'on a envers soi-même. Seulement, dans notre éducation, manquer de bienveillance envers soi-même est souvent considéré comme de l'humilité.
RépondreSupprimerOn est porté à se juger sévèrement parce qu'on l'a été. Combien de fois dans une journée quelque souvenir remonte à l'improviste, sans qu'on l'ait vu venir, et la réaction spontanée fait mal de ne pas avoir agi comme on croit qu'on aurait dû le faire. Des paroles peuvent monter avant qu'on ait eu le temps de les censurer : "imbécile pourquoi as tu fait ça". C'est pourquoi voir la différence entre le personnage que l'on a créé et découvrir qui l'on est vraiment est si important à explorer. Merci chère Célestine pour ce si beau texte qui amène tant de commentaires enrichissants et bienfaisants. Celui de Letienne et ta réponse m'ont beaucoup touchée ainsi que plusieurs autres. Kea
Oh oui, tu as raison, ma chère kea.
SupprimerLe vieux réflexe judeo-chrétien d'auto-flagellation a la peau dure : il en faut, du travail sur soi, pour commencer à ne pas se juger trop sévèrement, et à se dire que l'on est un être humain comme les autres, qui mérite le respect. Quand je dis que j'ai savamment dosé exigence et bienveillance, avec mes élèves, je crois que j'ai longtemps été seulement «très exigeante » avec moi-même. En oubliant d'être bienveillante.
J'essaie de plus en plus de l'être, et je me sens tellement mieux...
En ce qui concerne la lettre de Camus, j'ai toujours mené ma carrière en me disant : j'aimerais qu'un jour mes élèves parlent de moi ainsi. En écoutant parler Lucia et Damien, l'autre jour, j'ai eu les larmes aux yeux. Même si je ne suis pas Camus et que je n'aurai jamais le prix Nobel, c'était merveilleux, ce flot de reconnaissance qui coulait comme une rivière sacrée.
Je t'embrasse.
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« Qui veille sur sans surveiller » ... Vous avez le sens de la formule, précieuse amie. Au-delà du jeu de mots, il y a cette profondeur incroyable du sens de cette phrase. Deux attitudes radicalement opposées, presque aux antipodes.
RépondreSupprimerOui, il est certainement beaucoup plus difficile, mais certainement plus enrichissant humainement, de veiller sur un enfant plutôt que de le surveiller. C'est peut-être au niveau de la confiance que cela se joue. Dans le fait de veiller sur quelqu'un, il y a cette liberté que l'on donne à l'autre de s'épanouir, tout en étant un garde-fou. Dans la surveillance, il y a une méfiance, un a-priori négatif qui veut que l'autre va forcément faire une bêtise si on le laisse à lui-même. Bref, j'aime beaucoup cette phrase. Elle pose mieux que de grands discours votre vision du monde. celle qui nous touche à chaque fois parce qu'elle est juste. Et Bienveillante.
~L~
Excellente analyse de ma petite formule. Pour tout vous dire, c'est une phrase qui m'est venue comme ça, un jour où un parent d'élève un peu excité m'avait reproché de ne pas surveiller les élèves. « Je ne surveille pas, je veille sur ! » avais-je rétorqué, et j'avoue que je ne fus pas mécontente de mon petit effet car il était resté interloqué. En effet, personne ne pouvait me reprocher de ne pas me consacrer corps et âme à mes élèves...Et il n'y avait presque jamais d'accidents dans mon école. Pourquoi ? Peut-être parce que je faisais tout pour éviter les tensions... Alors, oui, des accidents, il y en a toujours, un enfant qui trébuche, un enfant qui se coupe avec des ciseaux... mais des accidents par faute de "surveillance", jamais.
SupprimerBien à vous, cher Lorenzaccio
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Moi, j'aime bien « la vie est trop courte pour être petite »
RépondreSupprimerC'est juste génial.
:-)
:-)
SupprimerAh... Pas gentil d'attaquer les narcissiques quand on prétend être bienveillante ! rires... Pour moi "autorevolezza" et l'amour de son prochain, c'est comme associer des haricots blancs et une gelée de groseilles. Je n'aime pas mon prochain et pourtant, pourtant, il semble qu'on m'affuble d' "autorevolezza"...
RépondreSupprimerCe qui me dérange énormément chez les autres, c'est lorsqu'ils prétendent : je suis bon, je suis gentil, je suis beau, je suis intelligent... N'ont-ils pas compris que ce n'est pas une condition qu'on se donne à soi-même ; mais qu'autrui nous octroie ???
Je te reconnais bien là, Gilles, toi et tes contradictions. Tu prétends fuir le monde, détester les autres, mais tu tiens un blog, tu vas sur les réseaux sociaux, et tu viens lire le blog sirupeux d'une qui croit en l'amour. Tu te fais du mal, en somme...
SupprimerCela dit, je « n'attaque » pas les narcissiques. je dis juste que je les fuis...
Quant aux haricots blancs à la gelée de groseille, voilà une piste pour un chef cuisinier inventif qui voudrait sortir des sentiers battus...Tu me donnerais presque envie d'essayer. Rires...
Bises
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Tu dois certainement connaitre le principe chinois "faire la poule, ou le coq"... C'est une tactique pour tromper l'adevrsaire. Je fuis vraiment le monde au point de frôler l'agoraphobie, je ne suis pas plus empathique pour un humain que je le suis pour un caillou... Mes blogs sont des exutoires que j'efface régulièrement pour décourager les quelques lecteurs à me lire... Je suis curieux d'observer les techniques des autres, afin de pouvoir me défendre ou de débattre avec un avantage ; comme un escrimeur s'intéresse aux techniques adverses afin de ne pas être dominé dans l'échange. Me faire du mal ? Rires... Non merci pour le masochisme qui est une déviance des oisifs, un moyen sûrement d'exister un laps de temps dans leur vie morne... Prends soin de toi.
SupprimerTactique, adversaire, défense, escrime, domination… tu utilises le vocabulaire de la guerre, du combat. Parce que c’est ainsi que tu conçois la vie. Tu n’as pas envie de lâcher la garde de temps en temps ?
SupprimerMerci quand même pour ta dernière phrase, elle me touche.
Prends soin de toi aussi Gilles. On n’a qu’une vie et elle n’est pas interchangeable… 😉
Post scriptum : je ne connais pas le principe chinois de la poule ou du coq... Si tu peux m'expliquer ? :-)
Supprimer•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Ton texte est si juste. Tu sembles avoir cet équilibre naturel entre bienveillance et exigence : ce qui n'est vraiment pas donné à tout le monde..... Si on pouvait cloner les professeurs comme toi, le monde serait sans doute moins sombre.
RépondreSupprimerMerci cher(e) anonyme qui oublie toujours de signer...
Supprimer•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Prof également, je crois avoir aussi l'autorevolezza. (Je parle italien et ne connaissais pas cette subtilité... donc je parle mal italien :-( )
RépondreSupprimerEn tout cas, ce n'est certes pas l'autorità qui me caractérise !
Je pense que mes élèves savent et perçoivent que je les aime bien. Ou que je les aime tout court. Et je pense que cet amour des gens et des élèves et indispensable pour exercer ce métier dont j'ai le sentiment qu'il est de moins en moins respecté. Moins par les élèves d'ailleurs que par les parents. Certains parents. Mais ils sont suffisamment nombreux pour que ça ajoute au difficulté du métier. Il y en
A quand la bienveillance pour les élèves et parents d'élèves ?
Bah zut, le commentaire est parti avant que j'ai finit d'ajouter ceci :
Supprimer"Il y en a quand même qui nous soutiennent et nous remercient"
J'ai du appuyer sur envoie par mégarde.
A l'Ecole Normale, j'ai entendu des profs dire aux futurs instits que nous étions, qu'il ne fallait jamais dire qu'on aime les élèves... J'ai mis du temps à comprendre que celui qui aime les enfants est tout de suite suspecté de pédophilie. C'était donc pas poilitiquement correct de mettre ça dans une lettre de motivation.
SupprimerPour moi, aimer les élèves, c'est la condition sine qua non pour durer dans ce métier. Un jour, un collègue, au bout de quinze ans de souffrance, a fini par se faire muter dans un bureau. Il m'a avoué, un peu honteux, qu'il n'avait jamais pu encadrer les mioches...
Quant aux parents (que Jargonos appelle pompeusement les géniteurs d'apprenants) heureusement que certains nous soutiennent. Parce que pour d'autres, on peut dire que ce n'est pas la bienveillance qui les étouffe.
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Une nuance est toujours subtile, et inaccessible aux esprits binaires. Oui. Il suffit ici de voir les superbes commentaires de tes anciens élèves pour en être convaincus.
RépondreSupprimerTes mots sur ta Bienveillance, ici, me font penser fort à juste deux citations que je recycle de mon samedi défi "Duchesse" (où traîne trop cool le grand Duduche).
L’une de Chamfort citant la seconde d’Horace :
Oui ... et cette histoire de boucle sage sur donc la Bienveillance avec toi-même, sûr, me fait penser à mon défi "Duchesse" ou en annexe je cite :
Page : Chamfort - Maximes, Pensées, Caractères et Anecdotes, 1796, éd. Ginguené.djvu/141
L’homme du monde, l’ami de la fortune, même l’amant de la gloire, tracent tous devant eux une ligne directe qui les conduit à un terme inconnu. Le sage, l’ami de lui-même, décrit une ligne circulaire, dont l’extrémité le ramène à lui. C’est le totus teres atque rotundus d’Horace[2].
Horace. Satires, ii, 7, v. 86 : in se ipso totus teres atque rotundus (tout entier si rond et si uni). (Note wiki)
Je m’explique un peu. Dejà dans ce billet "Bienveillance" il y a un lien avec ton précedent billet 2026 ? Oui. Profond. Organique. Pas décoratif.
Je ne caprice pas, tel un érudit qui rangerait ses citations comme des timbres. Rares. C’est le même mouvement dit à deux siècles d’écart avec des chaussures differentes :
Chamfort dit une chose d’une clarté presque cruelle
• les ambitieux tracent une ligne droite vers un ailleurs
• le sage trace un cercle
• et ce cercle revient à soi
Pas par narcissisme. Par cohérence intérieure. Ce n’est pas “je me replie”. C’est “je me rends habitable”.
Le totus teres atque rotundus d’Horace, ce n’est pas la perfection lisse.
C’est l’absence d’angles morts en soi. Rien qui n’accroche, rien qui ne blesse inutilement.
En résumé, sans emphase inutile :
Si 2026 est un texte de maturité,
ce billet sur la Bienveillance en est son commentaire éthique.
L’un dit :
voici ce que j’offre au monde.
L’autre dit :
voici comment j’ai appris à le faire sans abîmer.
Dans 2026, tu offrais des « grains de blé ».
Ici, tu expliques comment on sème sans écraser la terre.
Et franchement, oui, ça, ça se voit que c’est toi.
PL
https://lotharquejamaisfr.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/01/20260106_124158-3.png
La farfallina ha colori belli come il cielo blu
Con le sue ali di fata che la portano più su
https://lotharquejamaisfr.wordpress.com/2026/01/02/defi-du-samedi-sur-le-mot-impose-duchesse/
Pour la question autorità / autorevolezza, même si les hivers furent rudes ils n’expliquaient pas seuls mes oreilles rouges et mes doigts gourds - pas que de froid. En CE2, CM1 :
J’ai appris la règle
Grâce au guignol au béret
Et coups sur les doigts ...
PL
Splendide leçon de philosophie et d'éthique. Je n'aurais jamais pensé à lier Horace et Chamfort. Cette géométrie de la sagesse, à base de lignes droites qui ne mènent à rien et de cercle vertueux autour du sage, me plaît beaucoup. Tout comme l'idée de la cohérence intérieure, au but de « se rendre habitable ». Que c'est bien dit ! Cela met des mots éclairants sur des choses que je ressens confusément depuis longtemps. Comme le fait que le bonheur ne dépend pas d'une destination lointaine, au bout d'une ligne perdue dans un horizon incertain, mais de la cohérence de la forme que l'on trace autour de soi. Lisse et arrondie. Protectrice. Parfaite.
SupprimerJe rougis quand même un peu, à la lecture de tes dithyrambiques commentaires, mais c'est de plaisir.
Quant au lien que tu fais entre mes deux premiers billets de l'année, il est lumineux, et me conforte dans ma recherche de moi même, je suis sur le bon chemin : pour tout cela, je ne sais comment te remercier.
Baci di farfallina
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Pfiiiu ! Ya du niveau sur ce blog ! Passionnant. Ça me rappelle une prof de philo dont j'étais amoureux. Elle expliquait tellement bien les choses, je comprenais tout.
Supprimer:)
Peux tu me dire, ma petite Celle, si tu penses qu'on peut être et rester bienveillant?
RépondreSupprimerBien sûr que l'on peut être bienveillant par nature. Mais on peut le devenir aussi, en comprenant, en pardonnant, en aimant. En vieillissant, on a la tête moins près du bonnet.
SupprimerUne fois qu'on l'est, il n'y a pas de raisons de ne pas le rester.
Mais le rester 24 heures sur 24... bien sûr que non. Ce ne serait pas humain. Je n'ai pas envie d'être bienveillante envers le type qui crève les pneus de ma bagnole... L'homme de la pampa reste courtois mais il y a des limites...
Tu comprends, mon petit Bof qui es si mignon ?
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Je reviens lire ton texte pour la troisième fois. Non que j'en comprisse mal la teneur (hum... est-ce la bonne conjugaison ?), mais parce qu'il me laisse coi. Je sais à peu près ce qu'est la bienveillance et j'irai jusqu'à dire que tu la représentes parfaitement. Mais tu l'évoque dans le contexte scolaire et cela cabre quelque chose en moi. J'ignore exactement pourquoi. Je serais tenté de dire que c'est parce que je ne l'ai pas souvent rencontrée chez mes enseignants mais plusieurs d'entre eux me reviennent à l'esprit à l'instant ou j'écris. Alors je me demande si, plus probablement, ce ne serait pas moi qui n'étais pas en capacité de "capter" cette bienveillance à l'époque. Comme si cette capacité était altérée. Comme si j'étais trop replié dans ma coquille pour l'accueillir, alors même que je ressentais bien qu'il n'y avait pas de... malveillance/maltraitance chez ces personnes. Et sentir cela, c'était déjà beaucoup : avec elle je me sentais à peu près en sécurité.
RépondreSupprimerTout ça pour dire que pour accueillir la bienveillance d'autrui, encore faut-il en avoir la capacité. Autrement dit : être suffisamment structuré pour être bienveillant avec soi-même et permettre ainsi à la bienveillance d'autrui être soutenante. Ma formulation est un peu alambiquée mais je crois que tu comprendras ce que je tente de décrire (et qui s'est élaboré en le mettant imparfaitement en mots).
Je t'embrasse avec bienveillance :)
Tu vas dire que je manque d'imagination mais j'ai envie de dire la même chose que toi : ton commentaire me laisse coite. Je tente de comprendre ce que tu exprimes, mais je ne suis pas certaine d'y parvenir totalement.
SupprimerSi j'évoque la bienveillance dans le contexte scolaire, c'est parce que c'est dans mon métier que j'en ai observé les effets pendant toute ma carrière. Je déduis de tes mots que cela te rappelle des souvenirs douloureux : tu as peut-être occulté dans ton inconscient des profs vraiment pas bienveillants... Alors tu préfères te rappeler de certains et dire que tu n'étais pas en capacité de capter la bienveillance...Ça me semble peu probable : un enfant est très sensible à la bienveillance, au contraire.
Il résulte de tout cela que ton commentaire est un peu mystérieux. Peut-être parviendras-tu à mieux cerner ce qui te « braque »...euh pardon, « cabre ».
Bises bienveillantes.
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