dimanche 29 novembre 2020

Odette



Celui qui veut tromper les hommes doit avant tout rendre l'absurde plausible.
 Goethe (1749-1832)





Quand j'ai connu Odette, elle marchait d'un pas alerte dans les chemins de noisetiers, s'extasiant toujours sur les fleurs en boutons ou le vol des geais. Après sa promenade, elle ne dédaignait pas un petit verre de porto ou de vin de noix en apéritif. Puis 
elle dégustait l'entrecôte du dimanche avec des frites. Beaucoup de frites. 
Après cela, elle s'asseyait sans bruit dans son fauteuil, et sommeillait d'un oeil.
Tendre et fragile comme une feuille, elle rentrait, la joue rosie de bonheur, dans sa maison de retraite, l'âme en joie d'avoir serré des coeurs sur le sien. 

Aujourd'hui, cela fait cent quatre vingt-seize-jours et dix heures qu'elle n'est pas allée plus loin que le jardin de sa prison dorée. 
Elle ne se plaint jamais. Elle se résigne. A peine, de temps en temps, murmure-t-elle un faible : 
« C'est un peu long... » 
Doux euphémisme.
Elle a la sagesse des centenaires ou presque. Elle a appris à respecter la raison d'état et à se raccrocher aux petites choses, comme les rayons du soleil qui, heureusement, entrent à flot dans sa chambre. Mais sa chambre fait neuf mètres carrés. Odette a beau être positive, son avenir se grise et se rétrécit. Et une ombre passe devant son regard.
 C'est dur, cette chambre qui devient une cellule, car les règles se sont durcies ces derniers temps : plus de repas au restaurant collectif, plus de sortie au jardin, ni même dans les couloirs. Plus de visites des proches.
Motif : on protège, on protège, on protège...
Mais de quoi, bon sang, peut-on protéger une vieille dame de quatre-vingt-dix-sept ans ? 

•.¸¸.•*`*•.¸¸




La photo est celle de Gisèle Casadesus, une autre centenaire qui a eu la chance de ne pas connaître cette époque troublée.

92 commentaires:

  1. oui, c'est un vrai crève-coeur!
    des bises, Célestine

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'admets que si l'on se sent personne à risque, ou si on l'est réellement, le principe de précaution s'impose. Mais que l'on interdise à une personne de cet âge, encore valide et avec toute sa tête, de passer une journée chez ses proches, c'est inhumain. Et le remède est pire que le mal.
      Actuellement les vieux meurent de chagrin, de dépression, dans les ehpad. Que peut valoir de maintenir la vie à tout prix, si on ne peut plus rien faire ?
      D'autant que la personne dont je parle est toute prête à respecter la quarantaine, la prise de test et les gestes barrière.
      C'est absurde, et rien ne m'empêchera de le clamer haut et fort.
      Un crève-coeur, c'est le mot.
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  2. Tiens, il va falloir que nous prenions des nouvelles de ma cousine Odette qui n'est pas loin des nonante ans non plus. Mais elle vit toujours dans sa maison entourée d'un jardin, c'est peut-être moins perturbant...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pouvoir se sentir un minimum libre, oui, c'est sûrement moins perturbant que cette réclusion forcée.
      C'est joli, comme prénom, Odette.
      Une vraie ode...à la vie. ;-)
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  3. Oui Célestine. C'est inhumain ce que l'on fait subir aux personnes âgées.

    Je pense que c'est la peur des familles qui accentue la peur du personnel des Ehpad, qui est déjà inquiet et se sentirait responsable si il ne respectait pas toutes les directives imposées par les ARS.

    Dans l'Ehpad où vit ma Maman lors de mes visites hebdomadaires.. Bavardage avec les animatrices qui accompagnent notre Maman dans le "salon de visite"..
    La semaine dernière : "c'est vraiment dommage qu'ils ne puissent pas y avoir de contact physique surtout avec les résidents de l'unité alzheimer"
    Cette semaine : "On a de la chance on n'a pas eu un seul cas de covid.. quand on voit comment cela se passe dans les autres ehpad... même à Rennes.... j'ai des collègues qui m'ont dit que.."
    Deux femmes sympathiques vraiment compétentes, une qui aimerait bien bousculer le protocole pour que l'affection puisse s'exprimer autrement que par des regards au-dessus d'un masque, l'autre qui est complètement speedée et dans la peur...

    Et eux nos personnes âgées, et nous les familles ? Et bien on est obligés de se plier aux consignes !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu résumes parfaitement bien la situation.
      D'un côté des gens outrés par certaines extrémités, de l'autre des gens flippés à mort. Et où est le juste milieu, dans tout cela ? L'étude du cas par cas ? On fait passer tout le monde aveuglément dans la même moulinette...
      Les valeurs humaines de partage, de chaleur, d'amour sont sacrifiées au nom de la sacro-sainte sécurité sanitaire, jusqu'à l'absurde. Les tableaux de chiffres, de résultats, d'objectifs, de consignes remplacent froidement le bon sens et le recul philosophique.
      Bref, ça me mettrait tristement en colère, tout ça...
      Alors on lui remonte le moral, on lui achète des mandarines, des livres, des mots fléchés. je lui écrit une lettre par jour, avec des photos. Mais tout cela ne remplace pas le contact ...
      Bisous ma Suzame et courage
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  4. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  5. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est dommage que tu aies supprimé tes commentaires, Cathy. Je les ai lus, et je trouve que tu as parfaitement raison de t'exprimer ainsi. Ce n'est pas moi qui jetterai la pierre à qui que ce soit qui cherche à protéger les êtres qu'il aime. Quand on est immuno-déprimé, bien évidemment, on a droit à tout le respect et toutes les précautions imaginables.
      Il ne s'agit pas de cela en l'occurrence, puisqu'on parle de personnes en bonne santé, sans aucun problème particulier. Dans le protocole de sortie de cet ehpad, on imposait jusqu'à présent une mise en quarantaine de sept jours aux résidents. C'est à dire ni plus ni moins que ce qu'ils vivent déjà actuellement, puisque ça fait deux semaines qu'ils n'ont plus le droit de sortir de leur chambre.Et qu'ils n'ont plus le droit non plus de sortir pour une journée, comme avant, même si on garantit toutes les précautions barrière, tes, masque et tutti quanti. Je continue à dire que c'est inhumain pour une personne dont le seul avenir est de mourir.Et que dans ce cas là, le remède est pire que le mal.
      Bisous ma Cathy, courage, je sais que ce n'est pas facile pour toi.
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  6. J'aime bien ton texte Célestine.
    Une amie âgée me disait que pendant la guerre, on pouvait au moins rencontrer les copines et sortir... Elle m'a raconté que ces derniers mois, certaines de ses amies espéraient s'endormir et ne pas se réveiller le lendemain matin... Mais ça ne fonctionne pas...
    "Ce n'est pas une vie de vivre ainsi" ! ajoute-elle chaque fois que nous nous téléphonons. Et pourtant, elle est confinée à la campagne en ce moment, avec sa fille et son gendre, dans une grande maison avec un grand jardin. Alors dans 9 m2, pour tenir il doit falloir s'échapper en pensées...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Odette rêverait d'être confinée à la campagne, avec son fils et sa bru, dans une grande maison avec un jardin...Mais cela ne pourrait être que provisoire. Or si nous la sortons de la maison de retraite, elle ne pourra plus y retourner, et resterait définitivement à notre charge. Je ne suis pas certaine d'en avoir le courage ni les capacités. Alors on se plie aux consignes comme dit Suzame, mais il y a des jours où je trouve cela plus absurde que jamais.
      Bisous Biche étoile.

      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  7. J'en ai le larmes aux yeux, cette solitude, ce sentiment d'abandon me bouleverse, elle sait qu'elle est bien peu de choses au regard des autres... mais vois-tu cette maladie est si horrible, je crois qu'elle aimerait mieux partir tout doucement sans tout ce qu'il peut y avoir autour de redoutable pour elle...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Sans doute, cela s'entend. Mais ma mère, qui est partie au début de cette année noire, comme tu t'en souviens peut-être, a contracté une terrible infection pulmonaire qui a fini par l'emporter, au terme de quatre jours de grande détresse respiratoire.(Au point que, comme c'était en janvier, on s'est demandé si elle n'avait pas contracté le Covid avant l'heure) mais jusqu'au bout, elle a été entourée, choyée, caressée, et elle est partie comblée de tendresse, d'amour et de paroles réconfortantes. Je ne suis pas sûre que son départ aurait été le même en plein confinement.
      Assister à la fin de vie de ma mère sans pouvoir l'approcher, lui prendre la main, ou pire, en video, aurait été la pire des punitions pour moi, comme pour elle.
      Tu as raison, cette maladie est horrible. Et je crois que le plus horrible de cette maladie, ce sont ses dommages collatéraux, et on n'a pas fini de les dénombrer dans les années qui arrivent, notamment au niveau des enfants...
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  8. Cette situation est épouvantable, je me demande si nous ne sommes pas gouvernés par d'arrogants robots, ils n'ont pas de cœur, aucun sens de la nuance, cette situation me révolte totalement, on nous infantilise, on nous culpabilise, on décide pour nous... Il y a un virus qui circule, on le sait, il nous faut être prudents mais faut-il devenir inhumains ? Les dommages collatéraux sont déjà terribles, je garde espoir en un sursaut des hommes mais au fil des jours il s'amenuise. Bises céleste Célestine, allez, osons, tenons-nous la main. brigitte

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'espoir est sans doute notre ultime force pour ne pas sombrer. Cela semble une évidence, mais l'espoir est cette chose ténue qui porte l'énergie au coeur du malheur.
      Croire en l'homme ? C'est l'éternel débat...les hommes sont trop différents pour que l'on puisse parler de l'Homme avec un grand H...
      Mais les enfants et leurs grands yeux innocents ? Comment leur dire ?
      Bisous ma Plume
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  9. Bonjour Célestine,
    C'est très très difficile à gérer... On ne peut pas choisir pour eux : le risque ou la contraignante sécurité? On ne peut que les écouter..;
    Bisous à toi et bon dimanche
    Mo

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Justement, on ne les écoute pas assez dans leur souffrance...
      Et la souffrance augmente avec le manque de contact.
      Bisous ma belle jardinière
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  10. De quoi protège-t-on Odette ? De qui, plutôt ! De ce goujat de Swann ! ;-)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Odette_(%C3%80_la_recherche_du_temps_perdu)

    Plaisanterie mise à part, ça me mine également de ne pas pouvoir aller trinquer et discuter avec mon nonagénaire préféré. !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui, cette chère Odette du temps perdu...
      Passionnante son histoire, son ascension sociale et tout le toutim...
      Blague à part, ça me fait plaisir de voir que toi aussi, tu vis mal le truc, mon cher oncle.
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  11. ...Et vlan, mon commentaire a disparu.. Je reprends ma souris sans développer tout autant. Suis très éprouvée par la situation, dont je connais le trouble, l'émoi, dans les Ehpad, de façon générale. Je suis sidérée à plus d'un titre. Comment faire ? Comment accompagner ceux que l'on aime, malades ou pas malades, qui ont le tort d'être âgés, et plus suffisamment autonomes... On parle d'eux, maintenant, comme l'on parle de ceux qui vivent leur différence, quelle qu'elle soit, comme s'ils n'avaient pas existé pendant cette période insupportable... comme s'ils ne la vivaient pas encore ? âgés, handicapés, dans les foyers de vie, les hôpitaux de jour, les hôpitaux psychiatriques, les nouveaux déprimés de par ces temps anxiogènes ; il y en aurait presque 50 % ! par exemple, quelle découverte ! Faut bien suivre nos gouvernants.... mais je crains fort qu'ils soient incompétents ! émotion et colère ravivées.

    Une très belle photo de Gisèle Casadesus que j'aimais beaucoup.
    Merci Célestine et une bise à Odette.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Désolée pour le bug qui t'a forcée à recommencer ton commentaire.
      Essaie de faire un copié-collé avant d'envoyer, la prochaine fois. c'est le seul conseil que je trouve à donner dans ce cas de figure.
      Pour le reste, je suis d'accord avec toi. Cette crise met quand même en lumière des dysfonctionnements tous azimuts...Le simple bon sens semble avoir déserté définitivement les rangs...
      Que dire ? Je ne sais pas si je serais aussi philosophe qu'Odette si on m'enfermait dans une chambre de 9 m2...
      De tout coeur avec toi ma belle
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  12. Il y a des décisions gouvernementales que je ne comprends pas; ce qui me rassure c'est que je ne suis pas la seule à éprouver ce sentiment. Je ne suis pas la seule non plus à me réjouir que maman n'ait pas eu à vivre cela. L'orpheline t'embrasse chère orpheline.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est ce que je me dis : ma pauvre mère aurait très mal vécu cette année 2020, entre le confinement et la tempête Alex qui a décimé son village d'enfance.
      Bisous d'orpheline
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  13. Il me semble qu'on est loin encore, très loin, de mesurer l'ensemble des dégâts, à court, moyen et long terme, de la pandémie que nous subissons et qui est elle-même loin d'être achevée.
    Les victimes invisibles seront légions.
    Bienheureux ceux qui ont une autonomie physique et financière. Se tourner vers « les gouvernants » au sens le plus large du terme, c'est-à-dire tous les décisionnaires à tous les niveaux, est peut-être utile, mais en réalité les vraies solutions sont dans la solidarité humaine « à la base » et l'engagement personnel.
    Et cela est bien « faiblard » dans un monde où l'individualisme et le chacun pour soi est le nouveau paradigme.
    Cela est autant révélateur qu'attristant.
    On fait la queue trois heures à la porte des magasins de la grande consommation qui viennent de réouvrir, pour acheter du bonheur frelaté, plutôt que d'aller visiter les vieux dans leurs mouroirs, pour partager de l'amour authentique.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'aime ce que tu dis sur la solidarité. Je précise que nous avons proposé de prendre Odette en pension pour cette période de Noël, mais qu'un non catégorique nous a été opposé.A moins qu'elle ne quitte définitivement la maison de retraite, ce qui, évidemment, n'est pas envisageable.
      Alors c'est vrai, c'est attristant, parce que les tableaux de chiffres ont remplacé le bon sens et l'étude fine du cas par cas.
      Quant au consumérisme...je suis évidemment d'accord avec toi.
      Merci de ta compréhension, cher Alain
      Bises émues
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    2. Le refus que tu évoques est plus que désolant.
      On m'avait rapporté quelque chose du même genre. Je croyais que c'était un arbitraire local contestable.
      En marche vers la ghettoïsation des maisons de retraite.
      J'obéis aux instructions « d'en haut », je ne réfléchis plus.
      Ça commence toujours comme ça…
      mais toi tu es pleinement humanisée. C'est une porte d'espérance.

      Supprimer
  14. "Mourir, cela n'est rien
    Mourir, la belle affaire!
    Mais vieillir, oh vieillir…"
    Jacques Brel

    Plus on avance en âge, plus on court le risque de vivre ce que vivent les personnes
    isolées, confinées...

    Depuis plus de six mois chacune et chacun de nous plus jeunes et bien portants nous subissons avec plus ou moins de résignation une sorte de  confinement auquel nous espérions échapper le plus longtemps possible.
    Ce peut être pour nous l'occasion de nous sentir plus concernés et plus solidaires de nos aînés.

    Au sein de l'Ehpad qui a accueilli Marguerite, ma mère, j'ai eu le plaisir de croiser des jeunes en stage de sensibilisation à l'accompagnement des personnes âgées...... C'était avant la pandémie.  Mais c'était un signe positif.

    Nous ne pouvons rester insensibles aux souffrances que tu évoques, celles d'Odette et de ses proches....
    comme celles de toutes ces personnes qui, perdant un parent, un ami, n'ont pu en période de confinement accompagner les défunts selon leur coeur. ..

    Sans jeter l'anathème sur qui que ce soit,
    je veux ici redire que nous sommes tous concernés par le problème des souffrances subies ou infligées aux êtres en situation de faiblesse.
    Nous ne pouvons nous résigner à simplement le déplorer.
    Oeuvrons ensemble pour un avenir respectueux de tous, guidés en cela par le souci de l'autre autant que par le souci de soi.

    Merci Céleste de nous ouvrir à cette réflexion par ton texte de ce jour

    Bises

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pense qu'il y a deux problèmes distincts dans ce que tu évoques : la situation de certaines personnes âgées dans les Ehpad, et la situation de ces mêmes personnesdepuis la crise du covid
      Et franchement, ça ne s'est pas arrangé avec le durcissement des consignes sanitaires.Prenons l'exemple que je connais, c'est à dire Odette. Celle-ci, en temps normal, reçoit des visites, elle sort, elle voit du monde, et elle accepte très bien sa vie à la maison de retraite.
      mais depuis quelque temps, elle se sent délaissée. Alors j'imagine les gens qui déjà en temps normal sont délaissés...ce doit être une solitude effroyable.
      Bref, ma seule question reste: à partir d'un certain âge, est-ce que la santé physique prime sur la santé morale et affective ?
      Merci pour ta participation, cher Petrus
      Bises solidaires
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  15. tu ne dois pas t'en souvenir, mais j'ai parlé à plusieurs reprises de notre amie Simone, la maman d'un de nos amis d'enfance. Elle s'est envolée à l'âge de 96 ans et demi, début novembre. Elle a un petit air d'Odette. Le maquillage en plus, je ne l'ai jamais vue sans un brin de fond de teint, de bleu sur les paupières pour souligner celui de ses yeux, petite bouche peinte en rose. Une chute dans le salon, un bref séjour en maison de retraite et l'envie de vivre a disparu d'un coup ! Cet isolement subi, visite interdite ou strictement programmée, l'angoisse de ces infos qu'elle continuait de regarder ont eu raison de sa faiblesse. Les effets collatéraux de cette mauvaise ambiance due à ce virus de malheur.
    Et moi, qui n'ai pas encore cet âge canonique, je me cramponne pour ne pas désespérer. Nous avons vu le petitou, aujourd'hui, tant pis. Pas de bisou, m'a-t-il dit, mais un gros câlin. Trop heureuse d'avoir ses bras autour de ma taille et sa tête nichée dans mon pull. Ce câlin valait bien trois bouteilles d'oxygène. Bisous et tendre pensée pour Odette.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il me semble me souvenir en effet de cette Simone dont tu parles.
      C'est vrai que l'envie de vivre est fragile à cet âge-là. Et que beaucoup de personnes actuellement doivent avoir le moral en grande baisse.
      Chère mariejo, ça me fend le coeur que tu ne puisses pas embrasser ton petit-fils. Mais un gros câlin, même si, à mon avis c'est tout aussi aléatoire qu'un bisou, j'imagine combien ça t'a fait du bien !
      Tu sais, j'ai un ami de 75 ans qui a eu le Covid et qui est toujours vivant. ne t'inquiète pas outre mesure. Tu es sportive et tu vis dans un endroit où l'air pur ne manque pas ;-) ;-) ;-)
      gros bisous
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    2. et depuis hier, j'ai des vertiges, l'impression d'être entre deux verres d'alcool ! Maman, j'ai peur ! Pourvu que !...
      Affaire à suivre !!! :D Bises

      Supprimer
  16. Tu connais mon opinion sur cette mascarade tragique. Pour faire du chiffre et justifier les centaines de milliards alloués aux labos pour jouer les docteurs Mabuse avec la santé de l'Humanité, Les garde-chiourmes du gouvernement emprisonnent et torturent moralement la population et plus encore la partie la plus vulnérable.
    Qu'est ce que ça peut leur faire aux branleurs gouvernementaux si un vieux préfère prendre le risque (très limité) de contracter un virus qui va peut-être abréger un peu sa vie, mais dans la joie de partager ses derniers instants avec ceux qu'il aime.

    C'était avant le Covid, j'avais pu éviter à ma mère de terminer dans un de ces mouroirs, et c'est ma fierté. Elle avait pu rester autonome, contre l'avis des toubibs, qui pour son bien... les cons :-(

    J'ai une pensée émue pour Odette.

    Ti bacio forte Cara mia.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En termes musclés, tu évoques le fossé qui sépare les bureaucrates et les gens de la vraie vie.
      Les réalités du terrain sont souvent très éloignées des bureaux lambrissés parisiens. On le sait.
      Moi je suis heureuse que ma pauvre mère n'ait pas eu à vivre ça. C'est sans doute très égoïste de ma part; mais c'est une remarque que je me suis faite depuis longtemps, connaissant la fragilité de ma mère.
      Elle est partie au bon moment, comme dit Chinou.
      Ti bacio caro mio
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  17. La dernière fois que j'ai vu protgéer une dame comme ça, c'est notre vieille amie.
    En maison de retraite, elle avait 95 ans, aimait "sa coupette" car elle aimait le champagne.
    Elle est morte.
    Elle est morte en avril dernier, peu après son 95ème anniversaire.
    Elle est morte de chagrin.
    Faute des visites de sa fille, interdites.
    La protection qu'on lui a allouée lui a coûté la vie...
    Mais la question reste entière : Comment faire ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Comment faire ? J'ai envie de dire un truc con : laisser parler son coeur plutôt que sa règle à calcul...
      Oui je sais, c'est con.Mais je t'avais prévenu ;-) ;-) ;-)
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    2. Vaut-il mieux la tuer ou la tuer ?
      Car ça se résume quand même à ça... ;-)
      Il y a évidemment une mort où on est peut-être heureux d'avoir quelqu'un d'amé encore une fois avant de mourir.
      Je la préfère à une mort causée par le manque d'un être aimé, mais ceux qui en ont la charge ont-ils le choix ?
      Ce choix peut-il être autre que cornélien ?

      Supprimer
    3. Les bureaucrates ne laissent pas parler leur coeur. Ils se laissent guider par la hantise des procédures. Ils ouvrent le parapluie parce qu’ils ont peur des procès...Mais qu’est-ce qui empêche une directrice de maison de retraite de lancer un moratoire, un sondage pour savoir ce que les familles de résidents souhaiteraient pour leurs proches ?
      Qui les empêche de trouver des solutions simples au cas par cas, pour adoucir la fin de vie des résidents, puisque c’est ce dont ils se targuent.
      Les solutions existent toujours, mais la peur les paralyse.
      Le choix cornélien ne l’est pas tant que ça, au final. :-)
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    4. Je te rappelle que les EHPAD et maisons de retraite sont aux mains de gens qu'on appelle "investisseurs" et qui sont comme les acheteurs de maison "en viager" sauf que là, le but c'est que le vendeur doit durer le plus longtemps possible.
      Ces gens exigent des ROI à deux chiffres, quel que soit le coût humain en termes de malheur et de misère psychologique.
      Et les gens qui y travaillent ne sont pas mieux considérés que ceux qui y sont pensionnaires.
      Tous sont vus comme des "centres de coût" et on les souhaite "centres de profit".
      Le personnel est trop nombreux et trop cher.
      Les pensionnaires ne sont pas assez nombreux et le coût quotidien des trois repas pour 4,22 € et d'une couche leur semble trop élevé...
      Il faudrait un mouvement L214 pour les gens des EHPAD...

      Supprimer
    5. Il faudrait un mouvement L214 pour les gens des EHPAD..
      Quelle bonne idée tu as là Mr le Goût...Je cherchais justement comment on pourrait aider les vieux dans les EYPAD...Mais, on sait bien qu'on traite mieux les animaux que certains humains..

      Supprimer
    6. C'est tellement vrai, tout ça...

      Supprimer
  18. Ah, oui ! je me le demande. Qu'on la laisse vivre ces dernières années tranquille. La fin de vie est suffisamment difficile. Il y aurait tant à dire sur les maisons de retraite. Je l'ai vécu avec ma mère avec la sensation que la rentabilité l'emportait sur le bien être des personnes âgées.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il est vrai que le mot rentabilité s'accorde mal avec l'aide aux personnes dépendantes...
      Peut-on mélanger allègrement la logique marchande avec la démarche solidaire d'une société envers ses anciens ? Or je suis allée faire un tour sur le site internet de la maison de retraite d'Odette. Elle appartient à un groupe international que je ne citerai pas, mais dont les objectifs ne sont pas forcément philanthropiques et caritatifs...
      bref, tu as raison, cher Daniel.
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  19. Vous êtes vous demandé comment ont fait les prisonniers , les déportés,les arrachés les uns aux autres sans plus d'égard( euphémisme), font les encabanés, les déracinés, les réfugiés, n'ont-ils pas tous été
    ne sont-ils , qu'ils aient cru ou croit au Ciel ( la rose et le réséda ) pas prisonniers d'un soubresaut de plus de l'Histoire en lequel ceux qui font les frais d'une vindicte plus ou moins vociférante à défaut d'être constructive,ne sont pour rien et n'y peuvent guère plus?
    car en effet " la question reste entière : comment faire ?"
    Bah râler soulage , et procure de la compagnie !!( je vais encore me faire des ami(e)s

    Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
    Un jour de palme un jour de feuillages au front
    Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
    Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

    Et pour le vivre , prendre patience , garder confiance et prudence.
    Et ne croyez pas que je "collabore" , toutes les situations énoncées sont miennes aussi , de l'aînée à l'enfant ...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne sais pas à qui te t'adresses exactement avec ce vous ?
      A ta question, Comment faire ? Ma réponse reste entière : laisser parler son coeur.
      Faire preuve de bon sens. Ecouter, respecter, et ne pas surprotéger contre la volonté des gens.
      Je suis surprise que tu fasses allusion à la prison, à la déportation, même.
      Evidemment, à côté de ces situations extrêmes, on ne peut que se taire, avec un petit goût de culpabilité d'avoir osé se plaindre...
      Je voulais juste préciser que je ne râle pas, je ne suis pas non plus dans la vindicte non constructive, je ne fais qu'exprimer mon sentiment de tristesse à voir une personne éprouver du mal-être, elle qui était pleine de gratitude et de joie de vivre. D'ailleurs elle ne se plaint pas, ni ne râle jamais.
      Mais je crains que, malgré la beauté du texte d'Aragon, une personne de quatre vingt dix sept ans n'ait pas assez de temps devant elle pour espérer voir le fameux jour couleur d'orange.
      Il y a toujours plus malheureux, disait ma mère. Ce n'est pas une raison pour tout accepter, repondait mon père.
      Et moi, j'oscille entre gratitude et indignation.
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆


      Supprimer
  20. Beau témoignage, Célestine. L'épidémie a mis beaucoup de gens dans des situations dramatiques. Et les personnes en Ehpad le sont toutes. Heureusement, le vaccin arrive ... et les espoirs avec.
    On a tous malheureusement dans notre entourage des exemples. Ma mère et sa sœur, âgées toutes les deux, ne se sont pas vues depuis longtemps.
    Bises.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mon espoir n'est pas tributaire de la sortie d'un vaccin, fort heureusement.
      Croire en des jours meilleurs, et donc avoir un mental fort, c'est un des premiers facteurs de guérison, en cas de maladie grave.
      Comment garder un mental fort quand on est en fin de vie dans un ehpad qui applique des règles trop strictes ? là est toute la question.
      Le covid est une maladie pernicieuse qui tue aussi par dépression ou angoisse.
      Bisous Patrick
      Prends soin de toi
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  21. Je pense aussi que c'est bien cruel pour nos ainés de les traiter de la sorte... à quoi bon survivre si on ne vit plus, si on a plus le droit de voir, de vibrer, de vivre... bisous ma belle

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu me fais penser à la remarque d'un des otages au Liban, il y a quelques décennies. Interrogé sur ses conditions de détention, l'un d'eux avoua s'être fait la promesse de ne plus toucher à une goutte de vin, si jamais il s'en sortait.
      -Et alors, lui demande le journaliste, vous allez respecter cette promesse.
      -Non, je me rends compte que c'était complètement irrationnel. A quoi sert d'avoir survécu si on ne peut plus trinquer avec les amis ?

      Voilà un sujet philosophique sur lequel les partisans de « protéger à tout prix » ferait bien de plancher quelques heures...
      Bizouxxx ma Brizou
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  22. C'est d'une tristesse...
    Que ce soit en France ou en Belgique, nous sommes infantilisé.e.s par le gouvernement. Pour Noël, pas de fête, chacun dans son foyer, avec une seule personne invitée (ça ou zéro, parce que, si tu as plusieurs proches, comment choisir ?). Et les personnes isolées peuvent voir deux personnes.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les mesures liberticides « pour notre bien » sont légion en ce moment, et on ne m'enlèvera pas de l'idée que faire peur permet de gouverner plus facilement. Trop de penseurs illustres l'ont dit par le passé, de Hugo à Goethe, en passant par Alain ou Condorcet. Machiavel aussi, l'a mentionné plus d'une fois.Un peuple qui réfléchit est ingouvernable...
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  23. Si j'avais connu Odette, je lui aurai posé une question indiscrète sur sa vie amoureuse.
    Vivre quasiment dans 9 mètres carrés, quelles sont les interrogations de la vie pour une femme âgée?
    Les personnes sont faites pour êtres liées intergenerationnellement.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Quelle question lui aurais-tu donc posée, cher Laurent ? Si elle avait connu Proust ? ;-)
      Tu parles d'or: l'intergénérationnel est une garantie de bonheur. Nous l'avons oublié.
      Vivre heureux en attendant la mort me semble plus que jamais un principe de base. Mais qui lit encore Desproges ?
      Nous avons aussi oublié que l'on ne peut pas contrôler la faucheuse, malgré tous les tableaux de chiffres et les centaines de principes de précaution. Elle tape où elle veut, comme elle veut et quand elle veut.
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  24. A Gisèle Casadesus, je préfère Suzanne Flon, Ses yeux un peu malicieux, son sourire discret.
    Je ne connais personne dans mon entourage qui vive en EPHAD. Aussi, je ne saurais parler de ce que je ne connais pas. J'imagine facilement que rester prisonnier de sa chambre n'est pas facile à vivre...
    Les anciens ont la plus grande parties de leur vie derrière eux. Alors, préserver la vie à tout prix, quoiqu'il en coûte, sans aucune humanité, n'a pas vraiment de bon sens.
    On protège, on confine, on infantilise. Les "vieux" ne se plaignent que rarement, ne manifestent pas leur mécontentement en brisant des vitrines ou autres. En haut lieu, on ne les écoute pas ; insignifiant, juste ne pas gonfler les chiffres...
    C'est triste, consternant. Je suis heureux que mes parents n'aient pas connu ça. Mon père quitta l’hôpital, car il ne voulait pas servir de "cobaye", simplement mourir chez lui, tranquillement, comme il disait.
    En comparaison avec Odette, mais aussi toutes celles et ceux qui sont dans son cas, je me dis que les six personnes presque centenaires qui vivent dans ma rue, ont de la chance.

    Bises

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai, j'aurais pu prendre Suzanne Flon.Une merveilleuse vieille dame aussi.
      Je suis d'accord avec tout ce que tu dis, cher Didier.
      Mais le bon sens a disparu, malgré ce que claironne Le président dans ses allocutions. le bon sens, ce n'est pas de faire croire à un enfant que s'il embrasse sa grand mère il peut la faire mourir.
      Ça c'est ni plus ni moins que de la perversion machiavélique, ou comment faire peser le poids de la peur et de la culpabilité des adultes sur les mouflets. c'est comme le masque à six ans. une hérésie dont on n'est pas près de compter les dommages collatéraux dans l'avenir.
      Du boulot à plein temps pour les psychanalystes dans quelques années.Les divans ne désempliront pas.

      Six centenaires dans ta rue ? Dis donc, tu ne vivrais pas en Chine tout de même ? ;-)
      Bises du lendemain
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    2. En Chine ! Non, bien sûr, bien que l'industrie de ma ville soit très prisée des Chinois qui ne manquent pas de contrefaire ce qui fait sa renommée...
      Difficile de choisir entre la vallée de Bama, et la tribu de Dana :-) ♫♫♫
      Bises du soir

      Supprimer
    3. Il est possible de respecter les gestes barrières, sans pour autant les considérer comme indispensable à sa survie.
      Se dire juste que ça évite de payer 135 euros de racket.
      Et puis, les attestations dérogatoires sont faites pour être utilisées. Elles sont volontairement en terme généraux pour laisser une large marge d'appréciation aux policiers. Les citoyens peuvent aussi les interpréter dans un sens plus laxiste. Il faut juste pouvoir argumenter...
      Mais il faut surtout expliquer aux mômes que ces mesures ne sont pas toujours justifiables. Leur garder la plus grande autonomie de pensée.
      J'ai été attristé de voir des ados seuls, en plein champ, qui portaient le masque...
      Ti bacio forte Cara et serrage de paluche à Xoulec

      Supprimer
  25. Une ode à Odette...

    Je repense à une dame très vieille, atteinte de cette fameuse maladie de la mémoire. Je la faisais toujours rire. Un jour, c'est moi, avec ma compagne, qui l'emmenai, quittant sa maison, dans une "prison dorée", où elle resta deux ou trois petits mois. Je l'accompagnai jusqu'au dernier jour. L'avant-dernier, elle murmura cette phrase énigmatique : "C'est long de faire venir le malheur". Nous approchâmes tout près nos oreilles, elle redit la phrase, nous l'avions bien comprise.

    C'était au mois de novembre, il y a un an. Je n'ai cessé de penser, cette année, à la "chance" qu'elle eut de quitter la vie à cette date, et de frémir en songeant, révolté, comme il aurait été long,en 2020, de "faire venir le malheur"

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui c'est une phrase bien mystérieuse et pourtant quand on y réfléchit...C'est peut-être une phrase de sagesse ultime : accrocher le bonheur à sa fenêtre pour empêcher le malheur d'arriver, ou retarder sa venu le plus longtemps possible.
      Oui, c'est une chance pour ma mère, et d'autres personnes que je connaissais et qui sont parties avant le covid. Elles n'auront pas eu à souffrir de cet enfermement, de cette camisole psychologique.
      Tendrement
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  26. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  27. Ils s'en iront dans la solitude, en plantant dans nos cœur à jamais des larmes brûlantes.
    Le désespoir et la solitude sont les pires virus existant.
    Et personne ne cherche pour trouver un vaccin.
    Notre monde n'est pas que fou, il est indifférent, égoïste.
    J'ai perdu un oncle avant la première vague. Ma tante vit seule à 94 ans, à 1000km de chez moi.
    Je ne la reverrai peut-être pas. Je lui téléphone tous les jours.
    Elle pleure.
    Ton billet me bouleverse; les larmes sont là, accrochées à mes cils.
    Bises noyées.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et toujours ta belle écriture, letienne, si sensible, si juste.
      Tu as raison : personne ne cherche le vaccin contre le désespoir et la solitude. Chacun se débrouille avec ses moyens du bord, pour survivre.
      Je suis bouleversée comme toi. Comme dit Petrus, faisant parler Brel, « Mourir, cela n'est rien
      Mourir, la belle affaire! Mais vieillir, oh vieillir… »
      Oui, notre société refuse la vieillesse,sous toutes ses formes, et sous prétexte de les protéger, en fait on maltraite les personnes âgées qui ne sont évidemment pas en capacité de se défendre.
      Solidaire avec toi, l'ami poète
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  28. La mère d'une amie de ma soeur a fêté ses 101 ans vendredi toute seule dans sa maison de retraite, les visites sont à nouveau interdites alors qu'elle avait eu le droit à une fête pour ses 100 ans.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est absurde, et chaque année qui passe renforcera un peu plus ce sentiment d'absurdité.
      Ce faux humanisme teinté de rentabilité envahit peu à peu les secteurs où l'humain devrait primer (écoles, hôpitaux, maisons de retraite)
      C'est d'une tristesse...
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  29. Je pose juste une question : que se passerait-il si l'un des résidents avait ét" atteint de la covid19 ? Serait-il hospitalisé ou soigné sur place ? Peut-être est-ce juste pour ne pas encombrer les hôpitaux et ajouter du travail au personnel soignant ?
    Je n'ai pas d'avis, je me demande juste pourquoi en effet les seniors sont confinés dans leur chambre

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est une question intéressante. Mais la question principale reste posée : à quoi servent toutes ces mesures barrière: les masques, le gel, la distance, les tests, si un des résidents attrape quand même la maladie ? Cela fait réfléchir !
      Ou alors on ne nous dit pas tout.
      Empêcher un résident de sortir dans la rue, d'accord, admettons. mais dans le jardin de la résidence ? ou même dans le couloir ? N'est-ce pas un peu exagéré ?
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  30. Double peine pour ma mère qui malgré l'isolement et l'enfermement et toutes les précautions a malgré tout attrapé le covid dans sa maison de retraite... Pfff.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Eh bien tu le croiras ou non, Odette a aussi attrapé le covid...
      C'est à mettre sérieusement en doute les précautions exagérées...
      On attend.
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  31. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  32. Mon père a 94 ans aujourd'hui...;-)

    Par chance, il est encore chez lui et dans sa maison.
    Mais c'est long quand même : plus de club du 3ème âge,
    plus de sorties, il ne lui reste que son jardin...et la télé.
    On va le voir tous les jours, mais ce n'est plus comme avant...

    C'est quoi ce monde, dans lequel on assassine la Vie,
    en prétendant la protéger ????

    Et dire que c'est eux aussi (les vieux) qu'on va prendre comme cobayes
    pour tester un vaccin mal ficelé et sans nul doute dangereux...

    Prions Dieu que le bon sens revienne et que tout cela prenne fin...
    le plus vite possible.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne sais plus qui prier, personnellement, pour que l'on retrouve un peu de bon sens...
      j'ai écouté Albert Dupontel : je me suis dit que je pensais comme lui.
      Mais ça ne fait pas beaucoup avancer les choses...
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  33. Tu sais je respecte beaucoup ces règles (la plupart du temps) car je pense au personnel soignant. J'ai des membres de ma famille, des amies qui sont au front comme on dit et un cousin urgentiste très gravement touché.
    Mais je ne peux pas m'empêcher de penser que l'on n'en serait pas là si on avait pas autant coupé dans les soins de santé, si on n'avait pas tant cherché à rentabiliser la santé - le nœud du problème c'est le nombre de lits, les limites du personnel soignant. Mais on a coupé combien de lits, on a supprimé combien de postes ces 10 dernières années ? C'est là que se trouve le scandale. On est obligé de confiner, d'imposer des mesures épouvantables parce qu'on ne peut plus soigner tout le monde : la capacité hospitalière a été rentabilisée comme une usine de boulons et on en paye le prix jusqu'à la lie..... Je souhaite beaucoup de courage à cette jolie dame au si joli prénom : que la force soit avec elle pour qu'elle puisse connaitre encore un vrai printemps.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si les autorités acceptaient honnêtement de dire combien de cols blancs donc d'administrateurs de directeurs et sous directeurs plus les personnels à leur service avaient été embauchés on serait étonné. Les bureaux de tous ces gens ont été multipliér par 50 ou 100 en 25, 30 ou 40 ans. Qu'ils soient là pour aller en réunion (car c'est la réunionnite) en stage, en formation ou entrain de faire des camemberts sur leur tableau ou qu'ils soient absents, ils ne servent pas à grand chose , à quelques exceptions près pour des décisions importantes concernant la gestion mais en lien avec les médecins. C'est pourtant le personnel qui est au front: médecins, inf', aides soignants, dames de ménage et personnel de labo qui permet de faire rentrer de l'argent pour les payer. Il a fallu faire des économies pour embaucher ces gens là!! Et ce sont eux qui, je l'ai vécu, nous disent: vous devez aller travailler là ou bien vous ne travaillez pas assez ... quand je faisais entre 80 et 120 heures par semaine! Le jour où les administratifs ont pris la main dans les hôpitaux, ce fut la fin des soins de qualité pour tous

      Supprimer
  34. Souvent j'ai dû rechercher les bénéfices par rapport aux risques. La reflexion ne se faisait que pour un évenement intervenant pour une personne. Les décisions prises pour la collectivité le sont le plus souvent avec un nivellement par le bas. Et l'exemple d'Odette est terrifiant car il est INHUMAIN.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, c'est inhumain, et c'est surtout complètement illogique : pour préserver la santé physique, on tue la santé mentale...Au nom de quoi ?
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  35. Pas plus tard que la semaine dernière, ma mère qui approche les 90 ans me disait « la pandémie tombe à point, la marche commence à me fatiguer, les sorties aussi, j'ai maintenant une autre excuse que la vieillesse pour ne pas sortir ».

    Ces femmes acceptent les contraintes imposées, serait-ce qu'elles ont déjà vécu d'autres périodes troubles?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Elle est extraordinaire votre maman, cher ami.
      Comme beaucoup de ces femmes d'un grand âge qui ont vécu tant de choses...
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  36. On ne peut pas aimer la mort si elle vous est imposée du dehors.
    Vous croyez pleurer de ne pas aimer.
    Vous pleurez de ne pas imposer la mort.

    Marguerite Duras, La Maladie de la mort

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout le monde a des dettes

      Mais Odette n'est pas Toulemonde

      Supprimer
    2. Désolée de vous avoir oublié cher ami !
      Je me suis laissé abuser par la présentation des commentaires...
      Très joli film qu'Odette Toulemonde...
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    3. C'est normal ! On a souvent l'instinct de vouloir oublier les corvées.

      Il est quand même bien mieux de se laisser abuser...

      Supprimer
  37. Je suis tellement en colère en voyant ce qu'on fait subir aux vieux dans les EYPAD, que je serais trop longue si je voulais énumérer tous mes griefs...Je remercie dieu de n'avoir pas fait subir ça à ma mère et à ma belle-mère...En arriver à préférer les savoir mortes que vivantes montre à quel point nos vieux sont mis de côté, sont pris pour des pigeons bons à plumer, pour de la chair à fric. J'aimerais bien ne pas finir ma vie dans ces endroits si ma santé se dégradait...Mais, d'un autre côté, j'aime tellement entendre les petits zozios chanter, les fleurs écloser, la neige tomber, les baby gazouiller..Dur dilemme.
    Ca donne envie de pleurer de voir des Odette se réjouir de voir un simple rayon de soleil, de ne pas jamais se plaindre...Ils sont tellement sans défense nos vieux...encore plus quand la famille ne peut venir à l'improviste voir comment ça se passe..
    Merci de soulever ce problème Célestine...Par contre, pas d'accord avec une dame qui ose faire la comparaison entre nos vies et ceux qui ont connu les camps de concentration...Quelle horreur même d'oser faire des comparaisons..Doit on toujours dire Amen à tout et faire le dos rond quand la vie nous joue de sales tours ! Oh, zut, j'avais dit que je ne m'étalerais pas, mais, un mot en amenant un autre, et encore un autre..Célestine, tu comprends, hein !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Chère Julie
      Ton cri du coeur me touche beaucoup.
      Je suis "grave à la bourre pour répondre aux commentaires...
      mais tu vois je finis toujours par le faire, même 6 jours après...
      Gros bisous et rassure-toi : moi aussi j'aime les zozios, les babys et la vie !
      Et je compte bien en profiter le plus longtemps possible !
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  38. Ton article me touche, et la situation est comparable en Belgique (sauf que certaines maisons de retraite ré-autorisent les visites une fois par semaine et sur rendez-vous).

    C'est la raison pour laquelle je me bas au quotidien pour que ma grand-mère de 89 ans (qui ne sait plus marcher mais n'a aucun autre problème de santé) puisse continuer à vivre seule chez elle avec l'aide d'une infirmière matin et soir, de repas à domicile, d'une femme de ménage, d'un kiné. "Mon équipe" comme elle dit. Malgré le coronavirus, mes parents, mon frère et moi avons continué à aller la voir tous les jours et à nous assurer qu'elle ne manquait de rien. On porte le masque et on ne l'embrasse plus, mais le reste de sa vie n'a pas changé (sauf qu'elle n'a plus d'autres visites que nous). Elle a décidé de ne plus regarder le journal télévisé car trop de mauvaises nouvelles, et préfère regarder des documentaires sur une chaîne pour animaux ("C'est bien plus gai" dit-elle). Elle lit un peu le journal chaque matin mais sans s'attarder sur le virus. Le dimanche, je l'emmène faire un petit tour en voiture, puis elle va dîner chez mes parents. Ce n'est pas facile tous les jours, nous avons la chance de tous habiter dans un rayon de 5km, cela nous prend beaucoup de temps et d'énergie (c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je suis moins sur les blogs ces derniers mois), on est parfois critiqués par des gens qui ne comprennent pas, mais quand je lis ton article et les commentaires, je me dis qu'on doit continuer nos efforts tant que son état de santé le permet bien entendu. Mamy n'est certes plus autonome, mais elle est chez elle (même si elle ne va plus que dans trois pièces), elle garde ses habitudes et ses souvenirs, elle ne s'embête pas (car entre nos visites, la télé et les services à domicile, sa journée passe vite) et elle garde quand même le moral. C'est déjà assez dur pour elle de voir les gens de sa génération partir un à un.

    Je t'embrasse Célestine et je te souhaite une bonne fin d'année malgré les circonstances. Je ne t'oublie pas mais tu comprendras que j'ai moins de temps tout simplement.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ton témoignage, Petit Belge.
      Et pas de souci : je ne t'en veux absolument pas d'être moins présent. moi-même, je fais souvent faux-bond aux blogs ces temps-ci...
      Bisous de France
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  39. Bonjour Célestine, quel doux et beau portrait de cette dame nommée Odette qui a connu une vue riche et remplie. Odette me fait songer à ma mère décédée il y a 7 ans et qui , hélas , n'a pas eu la chance de vivre aussi longtemps qu'Odette mais partageait comme elle la sagesse du temps qui passe et à se raccrocher aux petites choses, comme les rayons du soleil et la musique qu'elle aimait tant. Merci Célestine…

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La sagesse est un trésor, je crois que c'est elle qui prolonge la vie.
      Et Odette en est remplie.
      Merci Jerry
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  40. Ma mère n'est plus de ce monde mais si elle avait été ainsi "enfermée" sans pouvoir avoir de visites et surtout sans voir ses filles, elle n'aurait pas supporté. Elle serait morte, seule, malheureuse, se pensant abandonnée, elle n'avait plus toute sa tête et nous étions, ma soeur et moi, ses seules repères. Et cela me fait imaginer toutes ces personnes âgées qui ont dû partir avec ce sentiment d'abandon, comme c'est triste...
    Bisous Célestine.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pourrais reprendre mot à mot tout ton commentaire pour ma mère.
      Restons positive malgré la tristesse.
      Bisous ma douce
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  41. Notre société est devenue ainsi, hélas, sans humanité et sans sel.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Heureusement il y a plein de gens bien qui refusent cette deshumanisation...
      Belle journée Marie
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer



Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.