A mon père.
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| photo Céleste |
Là, sur la bordure solitaire du monde, il écoutait la
symphonie de la nature, les crépuscules grenats explosant par-dessus les
tonnelles, et les petits levers frileux sur la montagne, étirant leurs mauves et
leurs orangés sur les pins noirs.
De sa grosse main tranquille il arrachait toujours quelque mauvaise
herbe qui se serait risquée à pousser entre les pierres de l’escalier. Pour que
tout fût propre et bien correct.
| photo Céleste |
« Ecoute l'eau… » Me
disait-il, et ses yeux riaient de leur éclat bleu-vert d’éternel jeune homme.
Le pont était comme lui : solide, résistant à tous les
assauts, les orages, sans jamais faiblir, arc-bouté contre l'adversité et paraissant ne jamais forcer pourtant.
Mon père effaçait les barreaux des cages, et peignait l’espoir en
lettres bleues sur un vieux cahier de comptes. Il traçait l’influence des
saisons et le poids du temps comme on pèse le blé.
« Trouve la clé ». Il aimait parler par énigmes, je ne l’ai
compris que tardivement.
Sa dernière tempête a été plus forte que lui et l’a emporté. Le pont que l'on croyait immuable a cédé.
Mais il serait content, sûrement, car voilà, j’ai trouvé la clé.
***
Pour l'atelier de Lakévio, il fallait placer les mots :
Tardivement Symphonie Eclat Bordure Ergot
Influence Grenat Correct Fracasser Parloir
Influence Grenat Correct Fracasser Parloir
Music: Bernward Koch, Passing Clouds








