Chère toi,
Voilà, j'ai réussi. Je suis allée au bout de ce pari fou, et tu as vécu l'aventure de bout en bout. Cela fait des mois que tu me supportes sans en avoir plein la caisse de mes états d'âme. Et ce n'est qu'un début : car je compte bien renouveler l'expérience de nombreuses fois.
Tu m'as soutenue, tu m'as aidée, et rassurée chaque fois que je t'ai prise dans mes bras. Comme si c'était toi qui m'avait prise dans les tiens. Tu as vibré en même temps que moi, quand je suis entrée sur cette micro scène d'une petite ville du midi où j'avais rendez-vous avec moi-même. Avec mes fragilités, mes craintes. Mon léger manque de confiance en moi. J'avais tellement besoin de me prouver que je pouvais y arriver.
Toi seule a senti les tremblements nerveux de mon corps agité de mille pensées effrayantes quand je me suis avancée. Tu as fait en sorte de couvrir un peu les premiers sons un peu hésitants de la première chanson.
C'était « Nous dormirons ensemble » d'Aragon. J'ai été étonnée d'entendre applaudir les gens...Titre non prémonitoire: personne ne s'est endormi, plutôt bon signe !
Peu à peu, j'ai pris de l'assurance, ma voix s'est envolée et j'ai pensé à ma prof de chant, et j'ai souri, libérée, et j'ai vu le public conquis pendant « Les passantes » d'Antoine Pol, ou « Si tu t'imagines, fillette, fillette » de ce cher Queneau.
Un programme difficile. Prévert par Montand, Apollinaire par Ferré, et puis Richepin, Desnos, Eluard, Boris Vian, Barbara, en tout dix poèmes mis en chanson...
Le point d'orgue: Les oiseaux de Passage de Brassens. Un texte habité. Sublime. Je me sens tellement oiseau de passage, au fond...
Ce soir je te remercie. Sans toi, rien n'aurait été possible. Merci pour ce plaisir immense que j'ai éprouvé à chanter, merci pour ma peur évanouie, pour ces retours gratifiants d'après spectacle, au moment de partager le fameux apéro. J'ai encore de délicieux frissons dans mes doigts et dans mon coeur. Ma chère guitare...
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