Espoir, guimauve, comédie, musique, plage, liaison, mièvre,
baragouinage, égalité, classique, chanson, inspiration, balai, essuie-glace, navet,
louche, roman, abracadabrantesque, amoureuse et batifoler.
« Sérieux s’abstenir ».
Quand j’étais enfant, c’était le
titre d’une émission fort drôle. Les sketches étaient parfois tirés par les cheveux,
voire abracadabrantesques, mais on passait un bon moment en famille.
Mon père aimait rire. Il trouvait louches les fâcheux qui rient
chaque fois qu’ils perdent un œil, et se trimballent, disait-il, « avec un
balai dans le cul ».
Oui, pardonnez-lui tant d’impudence, mon dabe puisait
son inspiration picaresque dans la langue de Rabelais à égalité avec celle très
fleurie de Frédéric Dard.
C’est en suivant son exemple que j’ai toujours aimé rigoler, et les gens
qui savent me faire rire ont à mes yeux une grâce sans pareille.
Oh, certes, il m’est arrivé, par moments, de prendre l’existence comme
une tragédie grecque, un drame classique à la musique languissante, telle une
Walkyrie chevauchant de mornes plaines. J'ai traversé des plages sans mer qui ressemblaient à des déserts.
Mais que c’est ennuyeux au bout d'un moment d’errer sans batifoler ! Alors, de plus en plus, en vieillissant, je trouve plus sage de
faire de la vie une comédie, un roman léger mais pas mièvre, et une chanson douce mais tonique sans être
un navet à la guimauve.
En somme, je préfère les vaches qui rient aux Walkyries. Muahaha !
Je comprends qu'un Woody Allen ait eu plus d'amoureuses que ne le laissait supposer a priori son apparence physique. Entre un sketch de Devos, et le baragouinage verbeux et filandreux d'un Finkelkraut, j'ai vite choisi.
On commence d’ailleurs à établir une liaison évidente entre le rire et
la bonne santé, des études dignes d’intérêt le prouvent, comme en atteste cet
article plein d’espoir : rire serait une thérapie imparable et à la portée
de toutes les bourses, un prozac naturel et sans danger. On y apprend que les gens rient de moins en moins. On y trouve la liste de toutes les vertus thérapeutiques dont ils se privent. Vous verrez, c'est étonnant. Alors, pour paraphraser un slogan célèbre : « Riez ! Riez de ce que vous voudrez, mais riez ! »
En vérité, je vous le dis, à bon escient, le rire est un essuie-glace sur le pare-brise de la morosité.
Rire joyeux ou rire amer...à vous de choisir !

