Dans un berceau de nuages tu es parti, frêle
chose qui n'a pas eu le temps de respirer très longtemps dans cette vallée de
pleurs ... Mon frère, Hervé. Tu es devenu un ange. C'est du moins ainsi que
l'on m'a expliqué ta disparition, et j'y ai cru toute mon enfance. En ce temps-là,
on ne savait pas soigner ta maladie.
Je pense souvent à toi. Que serais-tu devenu
? Aurais-tu fondé une famille ?
Serais-tu blond ? Serais-tu chauve ? Quel
métier aurais-tu choisi ? J'aurais tant aimé te connaître...
C'est drôle d'avoir eu un frère, et de ne pas
l'avoir connu...Pour moi, tu
n'as été longtemps qu'un concept. Une espèce de héros dont on ne parlait
qu'avec une voix un peu voilée, lointaine...Parfois, je culpabilise de n'être
pas vraiment triste de ta disparition...Mais c'est normal, je ne t'ai pas connu. L'attachement, on le sait, se construit dans le "chaque jour un peu
plus", dans les gestes quotidiens, les jeux, les rires, les frissons et
les larmes.
Je ne sais pas pourquoi je pense à toi ce
soir. Non, je ne sais pas quelle étrange force décide de rappeler nos souvenirs à la surface
comme des bulles.
Et toi, maman, t'es-tu jamais vraiment remise de cet arrachement?
Bien sûr, dans ces années-là, perdre un enfant était plus courant que
maintenant. Mais était-ce moins douloureux ? Je mesure quelle a dû être ta
souffrance. Sans doute est-elle une part des lâcher-prise de ta conscience, ces
derniers temps. Tu es forte. Moi il me semble qu'à ta place je serais devenue
folle.
¸¸.•*¨*• ☆
Photo du net.
Je crois que dans mon idée,
tu aurais ressemblé un peu
à Paul Walker enfant...

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