20 mai 2015

Mon frère

Dans un berceau de nuages tu es parti, frêle chose qui n'a pas eu le temps de respirer très longtemps dans cette vallée de pleurs ... Mon frère, Hervé. Tu es devenu un ange. C'est du moins ainsi que l'on m'a expliqué ta disparition, et j'y ai cru toute mon enfance. En ce temps-là, on ne savait pas soigner ta maladie.
Je pense souvent à toi. Que serais-tu devenu ?  Aurais-tu fondé une famille ? 
Serais-tu blond ? Serais-tu chauve ? Quel métier aurais-tu choisi ? J'aurais tant aimé te connaître...

C'est drôle d'avoir eu un frère, et de ne pas l'avoir connu...Pour moi, tu n'as été longtemps qu'un concept. Une espèce de héros dont on ne parlait qu'avec une voix un peu voilée, lointaine...Parfois, je culpabilise de n'être pas vraiment triste de ta disparition...Mais c'est normal, je ne t'ai pas connu. L'attachement, on le sait, se construit dans le "chaque jour un peu plus", dans les gestes quotidiens, les jeux, les rires, les frissons et les larmes.
Je ne sais pas pourquoi je pense à toi ce soir. Non, je ne sais pas quelle étrange force décide de rappeler nos souvenirs à la surface comme des bulles.

Et toi, maman, t'es-tu jamais vraiment remise de cet arrachement?  Bien sûr, dans ces années-là, perdre un enfant était plus courant que maintenant. Mais était-ce moins douloureux ? Je mesure quelle a dû être ta souffrance. Sans doute est-elle une part des lâcher-prise de ta conscience, ces derniers temps. Tu es forte. Moi il me semble qu'à ta place je serais devenue folle.
¸¸.•*¨*• ☆

Photo du net.  
Je crois que dans mon idée, 
tu aurais ressemblé un peu 
à Paul Walker enfant...

17 mai 2015

Avez-vous le mojo ?

Comment ça ? Vous ne vous êtes jamais posé cette substantifique question ? Vous avez pu vivre jusque là sans vous demander, de façon ferme et néanmoins définitive, si vous aviez le mojo ?
Je vous rassure, avant qu'Antiblues n'utilise ce vocable étrange à mon endroit, au cours d'un de ces échanges de commentaires incisifs et spirituels qui émaillent la blogosphère, je n'avais pas la plus piètre idée de son existence, ni n'émettais la moindre supputation quant à son sens profond.
Au pire, je me suis dit que ce devait être un comme un mojito mais en plus grand.
Mais poussée par une incoercible curiosité, je suis allée investigationner la toile, à l’affût d’une définition.
Au départ, petit sac "hoodoo" rempli d'amulettes porte-bonheur, le mojo est devenu dans son sens plus moderne "une vague de réussite, mélangée d'adresse, qui accompagne un individu temporairement"
Vous n'êtes pas sans avoir remarqué que certaines personnes ne doutent de rien, elles avancent dans la vie droit devant, comme des bulldozers, à grands coups de coudes, persuadées que tout va leur réussir. Et d'ailleurs, tout leur réussit, c'est agaçant...Je pense à certains loups de la politique ou des affaires, avec leurs dents à rayer le gerflex…Pour certains, d'ailleurs, le « temporairement » aurait tendance à durer (un peu trop) longtemps.

Bref, avoir le mojo, ce devait sans doute signifier quelque chose comme "avoir de la chance" ou "avoir la patate". Etre un battant. Un gagnant. Bref avoir le postérieur bordé de pâtes alimentaires.


Mais en menant plus avant mes recherches, je suis tombée, fatalitas !  sur cette bonne tête d’abruti d’Austin Power, que je n’ai jamais réussi à trouver drôle,  le déglingué bigleux des années 90, fils naturel de Docteur Jerry et Mister Love, et j'ai appris qu'il était poursuivi par une bande de jaloux, dans le scénario,  qui voulait lui piquer son pouvoir surnaturel de séduction, une sorte de fantastique baraka sexuelle appelée…mojo.



Du coup, même si je ne doute pas de mon fantastique pouvoir surnaturel de séduction (mouarf ! mais non je rigole, remettez-vous, prenez un mojito !) je me demande si j’ai toujours envie d’avoir le mojo, et surtout, si je puis encore penser que c'était un compliment.





15 mai 2015

Sept jours de réflexion


Asphodèle a choisi comme thème « craquer ». Cela ne pouvait pas mieux tomber. Oui, j'ai craqué, comme une soie déchirée par un clou. D’un coup, j’ai perdu l’équilibre, mes repères, mon allant.





Feu, chocolat, pelote, courage, croquer, branche, pleurer, folie, logiciel, admiration, couture, s’évader, play-boy, abeille, clope, plaisir, raquer, thunes, caramel, articulations, céder, raccommoder, vernis, allumette, amour, courses,  tonnerre.






***

Chère lectrice ou cher lecteur,

 J’ai eu les abeilles et le bourdon en même temps. Tu sais, à certains moments sensibles, il suffit parfois d’un mot pour mettre le feu aux poudres. J’avais les nerfs en pelote, et comme un zozio sur sa branche, je me suis retrouvée coincée comme qui dirait entre la clope et l’allumette. A regarder cramer sous le tonnerre quelques illusions de plus. Mes digues ont cédé sous d'autres gifles froides, et en plus j'ai perdu mon chat…Ne ris pas, il est mort, quoi, mon playboy de gouttière s'est évadé dans un monde meilleur...J'ai pleuré comme une madeleine sur l’ombre de moi-même.

Pourquoi est-ce que je tiens tant à ce blog ? C'est sans doute à cause de ce putain de besoin d’amour et de reconnaissance que nous avons tous peu ou prou.Tu ne l'as pas, toi ? Enfin moi si, je l’ai plutôt prou. Et ma peau douce ne se raccommode pas si facilement, quand on l'écorche... Je sais qu'il me faudrait être plus rugueuse. Ce n'est pas faute qu'on me l'ait dit.

Alors, qu’est-ce que je fais ? me suis-je dit comme ça en ma ford intérieure…
Je continue, ou pas, de partager avec toi mes petits plaisirs, mes petites folies ? A quoi sert de continuer à t'ouvrir mes bras et mes paysages intérieurs, avec admiration et bienveillance ? De tenir compte de tes remarques ? De m'exposer, et de me faire exploser parfois ? 

Bref, j'ai douté. J'ai perdu pied.  J'étais triste...

J'écris par passion, pas pour faire raquer de la thune aux annonceurs, je ne suis pas encore sclérosée du ciboulot, même si ça grince parfois dans mes articulations. Si tu venais faire ici tes courses, en quête d'un quelconque logiciel de communication, désolée, je n’ai rien à te vendre, rien à te fourguer que mon cœur en écharpe. Mon petit coeur chocolat-caramel.

Je me suis scrutée avec courage et sans complaisance sous toutes les coutures. Quand on réagit violemment à une parole, c'est souvent qu'une part de nos fondations est atteinte. 

Je vais continuer à m'offrir. Parce que j'en ai besoin. Si tu aimes mon univers, mon alphabet personnel, astro, marmots, fado, qui tourne parfois un peu en boucle, eh bien tant pis, tu vas en croquer... 
Sous le vernis, j’ai gratté pour extirper à la pince, comme un tendon qui s’est rétracté après une rupture, mes bases solides personnelles. 

C'est toi qui as dit : « Il est des âmes inassouvibles qui ne vivent que par faim de passions et meurent de la fadeur de l'ordinaire » ? Ce n'est pas toi, peu importe, j'aime cette phrase. 

Je ne suis pas vraiment une fée, tu sais, ce n'est qu'un jeu pour éclairer la vie d'une loupiote d'espoir. Parce que c'est beau, la vie, c'est pas froid. 

La vie, c'est cette pâte mouvante et chaude que j'aime à pétrir avec toi, du moins si tu le désires, pour interroger ce monde qui nous entoure. Et là, j'ai très, très envie soudain de revenir et que tu sois avec moi. Parce que je t'aime. 

 ¸¸.•*¨*• ☆



Pour lire en musique...



Photo du net.