14 septembre 2015

Exoconférence





Ah, lecteurs chéris, j’avais hâte de vous retrouver. Je rentre de deux jours ébouriffants. Vous me direz, comme toujours, lorsque je monte m’enivrer des plaisirs capiteux de la capitale. Oui, deux jours dont le summum fut, sans doute aucun, l’Exoconférence d’Alexandre Astier, à l’Olympia, samedi soir.

Alexandre Astier ça vous parle ?  C’est le Roi Arthur de Kaamelott.  On ne le présente plus. Si ? Vous ne vous êtes jamais laissé embarquer dans les délires jouissifs de la grande saga médiévale et tablerondesque ? C’est un tort. Oui, un grand tort. Vous avez loupé une des séries les plus drôles et les plus réussies des deux dernières décennies.
Mais bon, rien n’est perdu. Vous pouvez toujours vous offrir l’intégrale.  Et réparer cette grave lacune culturelle.








Mais revenons à l’Exoconférence, le dernier show de ce génie surdoué, musicien, scénariste, humoriste, comédien…Ah la la ! Il sait tout faire. Il est charmant et aimable avec son public. (c'est rare !) Et en plus je lui ai prêté mon stylo pour signer les autographes de tous ses fans. Mais il me l’a rendu, je vous rassure !
Si vous ne craignez pas d’assister à un démontage scientifique et caustique de toutes les théories fumeuses qui ont émaillé l’histoire de l’astronomie,  notamment les représentations farfelues du Cosmos et de ses hypothétiques habitants, forcément belliqueux à notre égard, les célèbres petits hommes verts et autre créature de Roswell, alors courez-y ! Vous serez emballés dans du papier d’argent. C’est génial. Visuel. Poétique. Musical. Drôle. 
Comment çà je suis partiale ? Ben quoi ? Pas plus que Télérama.
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10 septembre 2015

Bing ! Bang !

photo du net


C’était une petite planète bizarre, un petit grain bleu perdu dans le fin fond des fins fonds.
Un frêle esquif face aux énormes bâtiments battant pavillon cosmique.
En bas, à gauche, en haut, à droite, nul n’aurait pu le dire, rien de tout cela n’existait dans cet univers déployé comme la corolle d’une gigantesque matrice.
Dans leur jeune aise, les pétales s’en écartaient en rougissant, sous les ondes orgasmiques du premier cri primal : bing ! bang !
Partout ce n’était que fusion, fission et explosion de matière.
Un déploiement minéral et superbe de feu, de glace et de roc.
Le soleil, fringant comme une étoile neuve, pourtant, à vrai dire, s’ennuyait un peu à se faire reluire le nombril, ou les turgescences gelées des plissements hercyniens drapées dans de vaporeuses mousselines de nuages.

Mais soudain, sur le petit grain, émergèrent les coquelicots…


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Clin d'oeil aux jeudis en poésie chers à certains de mes amis blogueurs. 

07 septembre 2015

Des mains de masseur...

image du net
























« Je déteste me faire masser ! »
Cette phrase, entendue au cours de l'une de ces soirées légèrement alcoolisées où l’on papote toujours de tout et surtout de rien, m’a bigrement titillé la citrouille. Comment peut-on détester quelque chose d’aussi agréable, à priori, d’aussi voluptueux, me suis-je dit in petto…
Voulant en savoir davantage, j’ai quémandé quelques explications à l'intéressée qui ne l'était pas, donc, d’où il ressortit que la quidame détestait « toute forme de contact physique, surtout par des inconnu(e)s », et surtout « en tenue légère, et allongée sur une table comme un vulgaire morceau de viande ». 
Sans doute son expérience en la matière a-t-elle été très négative. Peut-être n’a-t-elle pas été assez mise en confiance, s’est-elle sentie jaugée, jugée même ? Est-elle devenue une rebelle du contact, ou bien prend-elle cette aversion comme bouclier pour cacher autre chose ? Un rapport un peu crucial aux choses du corps, un refus profond de sa part animale, des blocages socio-culturels, que sais-je ?
Si sa perception m’a semblé étrange, c’est parce qu’elle s’éloigne diamétralement de l’inconscient collectif… où l’on présente toujours les massages comme la forme suprême du « soin de soi ». Une sorte de nirvâna proposé par toutes les croisières, les esthéticiennes, les agences de voyages, et les images d’Epinal de la réussite sociale : le type plein aux as à Las Vegas, qui se fait rouler la couenne par une pépée à demi-nue, paraît que ça fait rêver…Massages thaïlandais, californiens, chinois…On nous fait voir du pays, certes, mais dans quelles conditions ?
Moi je dis qu’il y a massage et massage. Dans cette jungle, beaucoup se lancent, chacun veut proposer ses services, parce que c’est porteur, c’est vendeur, c’est tendance…
Mais tout le monde n’a pas de l’or dans les mains, une sensorialité d’exception, un toucher à la fois doux et ferme, et une approche quasi mystique du corps de l’autre. S’abandonner à des mains inconnues, oui mais…



04 septembre 2015

E favoloso sporgersi


L'autre jour, je respirais le vent frais du matin, observant comment il glissait de la colline d'en face comme pour rebondir sur le balcon en larges volutes. Un air doux, tout empli de villanelle, de tarentelle, de sardane, comme dans la chanson. Quelques martinets striaient le ciel du bout de l'aile.
Je me suis prise à rêver du futur voyage en Italie que nous projetons d'effectuer, ma soeur et moi. Dans l'idée de célébrer ma liberté nouvelle. Car ce sera la première fois que nous pourrons partir ensemble.
J'ai imaginé tant de fois ces contrées mystérieuses que je ne connais que par mon imagination insatiable. Je sais bien pourtant que c'est une part importante de mes racines qui se trouvent là-bas. 
Nous n'étions pas très voyageurs dans mon enfance, dans ma famille. 
Je n'y suis jamais allée. 
Je vibre de joie à l'idée de faire couler en moi les paysages florentins, d'embrasser la splendeur romaine et d'arpenter ces lieux mythiques du cinéma italien que j'adore.
Je rêve de m'enivrer de vins aux noms mélodieux et suaves. De me baigner dans une fontaine.
De voir des statues, des monuments, des églises, oui. 
Mais aussi du linge blanc suspendu au-dessus des ruelles.
C'est fabuleux de se pencher au-dessus de son rêve.


31 août 2015

Souquez, moussaillons !

Photo moi 

























Je suis partie sans me retourner, il y a deux mois. Sans remords ni regrets, comme dit Stephan. Avec, serrée dans mes poings, cette force de vie qui m’épantèlera toujours.


Aujourd’hui, allez savoir pourquoi, je m’autorise un petit coup d’œil dans le rétro.
Mon vieux bateau à la coque trouée a retrouvé un capitaine, un vieux loup de mer. Je lui souhaite bon vent pour manœuvrer sur la mer des Sargasses qu’est devenue l’Eduknatt. Une mer mazoutée, et bourrée de récifs bien coupants et de poulpes géants et visqueux.



Oh, bien sûr que mon équipage me manque un peu ce matin. Ce serait mentir que de faire semblant de ne pas penser du tout à vous, à vos gueules enfarinées par le réveil qui a sonné trop tôt, bien trop tôt. Vous, les vieux matelots au long cours, votre air hagard de types qui n’y croient pas, tellement que les vacances ont passé vite, tellement qu’il faut s’y remettre…Je pense à vos blagues vaseuses, aux seaux de café que vous allez ingurgiter pour vous maintenir à flot et à votre bonne humeur un peu affectée, parce que de toutes façons, il vaut mieux faire bon coeur contre mauvaise fortune.

Et vous, les jeunesses, le front haut, bille en tête et le sein arrogant, avides de vous y mettre, encore pleines de cette énergie faite d’enthousiasme et d’inconscience qui caractérise les débutants. Vu la longueur de la traversée, vous avez tout intérêt à en faire des stocks conséquents !
De toutes façons, comme disait ma grand-mère, qui était la logique, « on ne peut être que là où l’on est »…Vous là-bas, et moi ici.

Moi, tudieu, je sais que vous aussi avez une pensée pour moi, ce matin. C’est vrai que je suis affreusement à plaindre. J’ai devant moi un océan de liberté. Ça peut faire peur !  Je regarde la mer de mon balcon. Une légère brise vient du large soulever mes cheveux et m’envahir d’idées polissonnes.  Le soleil éclaire l’horizon comme s'il le caressait. Je suis condamnée à aller visiter des expositions de peinture, me prélasser mollement au bord de l’eau, photographier des barques en bois peint, déguster des fruits de mer et le soir, gratter ma guitare pour de parfaits inconnus qui se laissent aller jusqu’à m’applaudir. C’est dur, vous savez.

J’ai changé de rafiot, mais je suis la même, allez. Ne vous minez pas trop pour moi, si j’ai quelques larmes au coin de l’œil, dites-vous bien que c’est le sel qui m’irrite la cornée.