16 août 2015

Belle-mère

"Parwana n’était pas dépourvue de tendresse envers lui et sa sœur. Il y avait eu cette fois où elle avait cousu une robe vert et gris argenté à Pari à partir d’un rouleau de tissu que leur père avait rapporté de Kaboul. Celle aussi où, avec une patience étonnante, elle avait montré à Abdullah comment casser deux œufs simultanément sans briser les jaunes.

Mais il s’agissait là de gestes accomplis par devoir, des gestes tirés d’un puits bien moins profond que celui réservé à Iqbal, son fils. Si une nuit leur maison prenait feu, il savait sans l’ombre d’un doute qui Parwana saisirait avant de se précipiter au-dehors. Elle n’y réfléchirait pas à deux fois. Au bout du compte, tout se résumait à ça : Pari et Abdullah n’étaient pas ses enfants. Ils ne lui appartenaient pas et ne pouvaient rien y changer. Ils n’étaient que les restes laissés par une autre femme..."
Khaled Hosseini, Ainsi résonne l'écho infini des montagnes.

Cette dernière phrase m'a choquée, je la trouve terrible. Et pourtant... 
 Pourquoi les liens entre une belle-mère et les enfants de son conjoint semblent-ils souvent sulfureux et compliqués ? Quel mystère insondable, cette fameuse marâtre si détestable des contes de notre enfance ! J'en ai rencontré, dans ma carrière des enfants mal aimés par leur "fausse maman"... (par leur vraie aussi, d'ailleurs, mais c'est un autre débat)
Je n’aurai certainement jamais la réponse à cette question, et d’ailleurs il y a-t-il une seule réponse ou cela ne dépend-t-il pas des situations et des cas particuliers ...cela ne m'empêche pas de m'interroger : aurais-je su aimer les enfants d'une autre ? Il me semble que oui. Intellectuellement. Mais viscéralement, je n'en sais rien après tout...
On la montre du doigt, mais n'exige-t-on pas d' une belle-mère quelque chose de trop difficile, voire d'insurmontable ?

14 août 2015

Derrière les volets

Elle aime la lumière que filtrent les persiennes. Le soleil joue sur le mur à tracer des portées dans l’air qui tremble. Et sous la soie, ça lui fait une peau toute de zèbre vêtue…
Elle aime la pénombre douce de la chambre.
Elle imagine, en bas, le chat qui somnole, le clapotis de la fontaine giclant sur la pierre moussue, les margelles assoupies. Et sur la table désertée, venant boire au pot à eau, l’œil apeuré d’une tourterelle.
Elle aime tirer les volets quand l’été se fait lourd,  de chaleur, de soupirs, de silences.
Mi-clos telles des paupières, ils sont comme une promesse de rêve éveillé.
Mais la nuit, tout change.
Ne lui demandez pas de les fermer, alors. Elle vit à contresens.

Quand le vent fraîchit, et que le ciel rosit, puis devient mauve d’étoiles, elle veut que sa fenêtre ouverte devienne le cadre d’un tableau infini. Sinon, elle étouffe. Elle veut voir grand, respirer loin, et sentir l’air frais  lui donner la chair de poule sous ses dentelles.

09 août 2015

Délicatesse




Me voilà de retour de ma colline, la baguette magique regonflée à bloc par une semaine de délices gustatifs et littéraires, visuels et olfactifs. 
Et les discussions entre fées, autour de mille sujets, ont battu leur plein sous la voûte céleste, et dans les villages de vieilles pierres chauffées à blanc par le soleil d'août.
Un mot est revenu plusieurs fois. Délicatesse. 
J'aime ce mot. Délicatesse. Le prononcer, c'est déjà s'enrober le palais de sucre, comme lorsque l'on déguste une friandise. La délicatesse, c'est rechercher un certain raffinement des choses, une élégance de l'être, c'est trouver les mots pour ne pas blesser, c'est une manière délicieuse et subtile de faire sentir aux autres combien ils sont importants. 
C'est aussi savoir exprimer sa vulnérabilité, oser dire ce qui est doux pour soi, accueillir l'autre dans cet élan du coeur et de l'âme, sans le juger, sans l'interrompre dans sa recherche de vrai. Créer des liens de soie et non des chaînes en fer qui entrent dans la peau et la marquent.
Certaines parties de nous ont tant besoin de délicatesse...
Cette belle qualité, faite de respect, de compréhension, de petits gestes émouvants et simples qui font plaisir, qui élèvent, qui exultent. 
Malheureusement elle n'est pas assez répandue à mon goût. Il faut souvent gratter la croûte de rugosité ou de balourdise pour la trouver. Pourquoi, je ne saurais le dire. Sans doute est-ce une notion trop douce. Dans ce monde qui prône et exige d'être agressif, pugnace et un peu égocentré. A petite dose, il faut l'être, c'est une question de survie. Mais cela empêche-t-il d'être soucieux de la sensibilité d'autrui, et bienveillant ? L'élévation des sentiments est-elle vraiment vintage, voire has-been ? Ou bien est-ce au contraire une chance d'avenir pour les relations humaines ?

Je crois que je vais choisir de ne m'entourer dorénavant que de gens prévenants, fins et attentifs à moi-même comme j'essaie de l'être envers eux. 
Délicats, en un mot.

02 août 2015

«And the winner is...»


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C'est Bof. qui est donc le grand gagnant de mon jeu à la con (comme l'a dit si mutinement l’Homme, un commentateur lambda entre l'alpha et l'omega) 
Bof. m'appelle "Celle". J'aime bien. C'est frais. 
Bof. a brillamment posé le 33 000ème commentaire, en me demandant pourquoi je n'avais pas mis de trait d'union à couche-tard, alors que j'en avais mis un à lève-tôt. C'est fort. C’est très fort. 
Le connaissant, lui le timide,  il va être rouge comme un gratte-cul, ce qui n'est pas un gros mot du tout, mais le fruit du cynorrhodon avec lequel on fait d'excellentes confitures, et qui servait aussi beaucoup d'amusement anodin quand, du temps de Pagnol,  les potaches l’utilisaient pour agrémenter de façon "poilante" les culottes des copains. D'où son nom.

Bref, Bof., tu gagnes un panier garni de plein de bonnes choses de par chez moi (je sais que tu es gourmand) un dessin de funambulle rien que pour toi (pour te bradasser) et une lecture d'étoiles quand tu m'inviteras dans ton pays de fadas où le vent souffle en travers…

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Merci à tous, lecteurs adorés, d'avoir joué le jeu. Vous êtes extra doux et trop choux. Je vous fais de gros poutous, bisous, becs, kisses, baci à tous ! On remet ça au 66000ème ?


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Quant à moi, je pars dès demain pour quelques jours. C'est mon congrès annuel de fées. Là-haut, sur ma colline. Blutchy, je te confie les clés de la taule, fais-en bon usage, amusez-vous bien, ne jouez pas avec les allumettes et toute cette sorte de choses... 
Céleste

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