"Parwana
n’était pas dépourvue de tendresse envers lui et sa sœur. Il y avait eu cette
fois où elle avait cousu une robe vert et gris argenté à Pari à partir d’un
rouleau de tissu que leur père avait rapporté de Kaboul. Celle aussi où, avec
une patience étonnante, elle avait montré à Abdullah comment casser deux œufs
simultanément sans briser les jaunes.
Mais
il s’agissait là de gestes accomplis par devoir, des gestes tirés d’un puits
bien moins profond que celui réservé à Iqbal, son fils. Si une nuit leur maison
prenait feu, il savait sans l’ombre d’un doute qui Parwana saisirait avant de
se précipiter au-dehors. Elle n’y réfléchirait pas à deux fois. Au bout du compte,
tout se résumait à ça : Pari et Abdullah n’étaient pas ses enfants. Ils ne
lui appartenaient pas et ne pouvaient rien y changer. Ils n’étaient que les
restes laissés par une autre femme..."
Khaled Hosseini, Ainsi résonne l'écho infini des montagnes.
Cette dernière phrase m'a choquée, je la trouve terrible. Et pourtant...
Pourquoi les liens entre une belle-mère et les enfants de son conjoint semblent-ils souvent
sulfureux et compliqués ? Quel mystère insondable, cette fameuse marâtre si détestable des contes de notre enfance ! J'en ai rencontré, dans ma carrière des enfants mal aimés par leur "fausse maman"... (par leur vraie aussi, d'ailleurs, mais c'est un autre débat)
Je
n’aurai certainement jamais la réponse à cette question, et d’ailleurs il y
a-t-il une seule réponse ou cela ne dépend-t-il pas des situations et des cas
particuliers ...cela ne m'empêche pas de m'interroger : aurais-je su aimer les enfants d'une autre ? Il me semble que oui. Intellectuellement. Mais viscéralement, je n'en sais rien après tout...
On la montre du doigt, mais n'exige-t-on pas d' une belle-mère quelque chose de trop difficile, voire d'insurmontable ?


