L'été fait son intéressant. Le voilà qui a installé son fourneau au-dessus de nos têtes alors que d'habitude, vers la date fatidique du quinze août, il fourbit ses premiers orages pour nous habituer peu à peu à sentir l'air du soir fraîchir.
"Treize lunes! répète ma mère, je l'avais dit, tout est à l'envers!"
Ma mère, c'est la sagesse.
Mais j'ai pris depuis longtemps la résolution de fuir les conversations météorologiques, sauf quand elles constituent une entrée en matière pour gens timides ou bien élevés. On a sûrement inventé de parler de la pluie et du beau temps pour rester politiquement correcte alors qu'on aimerait bien lui sauter dessus et déchirer sauvagement sa chemise...
Mais si c'est pour entendre râler, et pester contre l'inéluctable, je préfère me sauver. J'ai quand même entendu, l'autre jour au marché, cette sublime phrase: "Vous avez vu ce temps? Ils exagèrent!" Je veux bien être changée en lézard vert sur le champ si je sais qui est ce mystérieux "ils"...
Je n'ai pas pu observer, dans mon paradis vert, toutes les étoiles que j'aurais voulu. A cause de la pleine Lune. Mais leur course inexorable m'a fait l'effet, une fois de plus, d'une salutaire douche. Une douche emportant les miasmes de nos petites inutilités dans le caniveau du temps. Je me sens ressourcée au sens propre en quelque sorte.
Les chemins de randonnée m'ont offert leurs mousses et leurs sous-bois aiguilletés, leurs pierres qui roulent et leurs panoramas époustouflants.
Des amis, du bon vin, et la très nécessaire réfection du monde le soir, après le barbecue.
La guitare sous les étoiles, les chants à plusieurs voix et dans le gîte voisin, une adorable famille de Belges dont les quatre enfants nous faisaient le spectacle le plus charmant, avec leurs diabolos. Je leur fais ici un petit clin d'oeil, et à travers eux, à tous leurs compatriotes de la blogo qui sont devenus ma deuxième patrie.
Tiens, parlons-en de la blogosphère. Bien sûr que mon petit monde m'a manqué. Je suis venue aux nouvelles dès mon retour, comme on s'inquiète des amis, des voisins.Dans cette pluie d'étoiles, il y a ceux qui sont à l'hôpital * et pour qui l'on a une pensée émue et profonde, ceux qui se battent contre des marchands peu scrupuleux *, ceux qui sont sur leur petit nuage *, ceux qui en sont revenus *, ceux qui s"adonnent à la rêverie *, ceux qui ont les cheveux dans les yeux * , ceux qui lisent * * ceux qui écrivent * * ceux qui sont légers * et ceux qui sont graves *.
C'est la vraie vie. On papote * , on cuisine * on fouille dans de vieilles malles * ,on tricote *, on jardine *, on prend des photos *,* on voyage * * *. Certains fêtent leur anniversaire * .Certaines pauses se prolongent * , d'autres ont été interrompues pendant mon absence, et je suis toute heureuse de lire à nouveau leurs billets *. Et puis certains se demandent s'ils vont continuer * , d'autres enfin tirent leur révérence, nous laissant comme un grand vide au cœur * * ...
Et puis il y a tous ceux que j'ai oubliés, mes commentateurs d'un jour ou de toujours.Cette pluie d'étoiles est pour vous aussi.Pour vous dire que j'aime vous retrouver, et écouter battre votre cœur.
Ça bouge, ça palpite tout le temps, les blogs. Comme la vraie vie. Alors, non, je ne me réfugie pas dans le virtuel. Je ne me suis jamais sentie aussi moi-même et aussi vivante que depuis que je vis chaque minute de mon existence en me disant: "Ca fera un beau billet!"....





