« Observer ses contemporains est toujours un pur régal…Une source infinie d’étonnement. »
C'est en écrivant ce commentaire chez Adrienne, qui s'amuse beaucoup à regarder les gens et leurs comportements, que je me suis dit que oui, décidément, nous avons toujours matière à nous étonner de nos semblables.
En portant sur le monde un regard sans a-priori, indulgent, mais aigu, on apprend beaucoup. Sur soi, sur les autres, et sur la façon dont nous percevons les interactions entre soi et les autres. Et sur cette prodigieuse diversité dont chacun de nous est un élément unique.
J'étais hier à un concert caritatif au profit de l'association France Alzheimer. Trois chorales se succédèrent, avec plus ou moins de grâce, mais beaucoup de cœur, nous emportant dans l'univers de la chanson française. Ayant fait chanter des centaines d'enfants devant différents publics, je ne pus qu'admirer la maîtrise des deux chefs de chœur. Et les arrangements à plusieurs voix qui subliment la mélodie.
Mais c'est cette petite dame blonde à l'écharpe verte qui a attiré mon regard, et certainement pas que le mien, tant elle était présente sur scène. Au cinéma, on aurait dit d'elle qu'elle crevait l'écran. Elle me pardonnera de la mettre en avant, puisque je ne dis que du bien d'elle. Elle vivait véritablement chaque chanson, de tout son corps, de toute son âme. Sans sa partition car elle connaissait tout par cœur. C'était beau à voir. Réjouissant, voilà, c'est le mot. Cette dame éclaboussait la joie de chanter.
Dans le public, les gens chantaient aussi, bien sûr. Moi aussi, vous me connaissez.
La musique est un partage. Et puis, soudain, ma belle-soeur, qui chantait pourtant très bien, et pas faux, s'est fait rembarrer par une dame acariâtre qui l'a sommée de ne plus chanter. Elle avait dû enterrer son chien le matin-même, certainement. Ma belle-sœur en est restée estomaquée. A tel point qu'elle a changé de place après l'entracte, pour ne plus avoir à supporter cette irascible personne. Qui avait sans doute oublié qu'elle venait voir un spectacle solidaire et bon enfant, et pas la Traviata au Palais Garnier dans le carré VIP.
Vieille pie, plutôt, oui !
Enfin, au moment de la chanson de Piaf Padam, padam, et ses je t'aime de quatorze juillet, le présentateur lance comme une boutade : « Vous pouvez danser si vous voulez ». Personne n'a évidemment quitté son fauteuil pour venir valser devant tout le monde.
Mais un jeune garçon handicapé de seize dix-sept ans, se souciant peu du regard des autres, a doucement fait rouler son fauteuil électrique jusqu'à l'espace entre la scène et le public. Et là, dans la magie de cette musique éternelle, le fauteuil s'est mis à tournoyer sur lui même, dans une valse lente et douce, c'était merveilleux à voir. Il dansait ! Son visage d'ange s'est illuminé. J'ai été saisie par l'émotion.
Je me suis dit d'ailleurs qu'il pleuvait dans la salle et qu'il faudrait revoir l'étanchéité du toit, parce que j'avais les yeux pleins d'eau.
Sur ce pont infrangible entre hier et aujourd'hui, prolongeant le miracle de la musique, il a continué à danser sur Et bam, la chanson écrite par Vianney.
Padam, et bam, deux bruits de coeurs battants .
Du coin de mon oeil humide, j'ai observé la vieille pie. Elle regardait son portable, absente à la beauté de l'instant.
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Mais alors vraiment quelle vieille pie ! Qui l’a obligée à venir ? Moi aussi je m’émeus très vite devant ces moments de bonheur et de joie qui osent se manifester.
RépondreSupprimerC'est ça qui est fascinant : ces différences de réaction, parfois du tout au tout...
SupprimerEffectivement, je me suis demandé pourquoi elle était là.
Mais il y avait tellement d'autres belles personnes à regarder, ce jour-là...
Toi, tu t'émeus très vite ? Tu ne serais pas ma sister par hasard ? ;-)
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Des pisse-vinaigre(s) y en a partout !
RépondreSupprimerLa preuve : j'existe ! (momentanément)
Tu fais l'âne pour avoir du son, selon l'expression consacrée. ;-)
SupprimerToi, un pisse-vinaigre, mon Boss adoré ? Il n'y a que Jackie pour le penser...
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Si on supprime les réseaux sociaux aux moins de quinze ans, ce serait bien de supprimer le smartphone aux senior·e·s aussi ! ;-)
RépondreSupprimerMais carrément ! Elle faisait preuve d'un véritable manque de savoir-vivre, cette vieille pie. Je dirais même un condensé.
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Respect pour les pies ! ;-)
RépondreSupprimerhttps://fr.wikipedia.org/wiki/La_Pie#/media/Fichier:La_Pie_de_Monet.jpg
Dommage que personne ne se soit levé pour faire un cercle amical autour de ce jeune homme qui, me semble t il respire la joie de vivre. Quant à la fameuse pie, elle reste fidèle à la sale réputation dont elle jouit : Nuisible.
RépondreSupprimerIl y a plein de vieilles pies dans mon jardin que des sales… hop !
RépondreSupprimerMais sinon, pour placer un truc ego : ça m'a rappelé un spectacle d'une troupe amateur de chanteurs avec mise en scène chorégraphique, dont faisait partie un de mes beaux-frères. C'était il y a bien des années… et bien souvent je les revois tous et toutes en fermant les yeux. Ils avaient mis à l'honneur William Sheller, notamment.
En revanche, j'ai oublié bien des spectacles de professionnels…
SupprimerVieille pie, c'est encore une façon polie de ta part.
RépondreSupprimerVive la musique !
Les je t'aime de quatorze juillet.Tiens c'est ma date de naissance.