vendredi 23 novembre 2018

Jasons sur les jargonautes







« La parole du sage s'écoule dans la clarté. Mais de tout temps les hommes ont préféré boire l'eau qui jaillit des grottes les plus obscures. »

Amin Maalouf, Le Rocher de Tanios












Le jargonaute n'aime pas parler simplement. Il n'appelle pas un chat un chat. Il aime aguiller les vocables de bric et de broc pour se cadonner de l’importance. Sa boboïsation aggravée n’a pas de limite. Il lui faut sans cesse en rajouter dans le nébuleux. Ça doit lui stimuler la ghréline que de se rouler dans un patagon frénétique, un galimatias abscons que seuls ses congénères saisissent. Ils se boujoutent alors entre-soi dans leur clubbing, à grands coups de biérologie, couponing ou mixologie. L’essentiel est que personne n’entrave que pouic.
Question nourriture, le jargonaute fait dans le flexitarisme, avec une prédilection pour les suraliments nippons bon teint : gyoza, teppanyaki, graines de chia, ça t’a une de ces gueules,  dans une cure de détox en cotravail avec son diététicien ! 
C’est la démocrature du sabir fumeux, le credo du startuper de génie : lui seul sait qu’un phagosome est un organite formé dans une cellule phagocytaire à la suite de la phagocytose, et non une invagination de la membrane plasmique pour englober un corps étranger suivie de la fusion de cette membrane pour former une vacuole dans le cytosol. Quand il arrive à placer ça dans un brainstorming, au sein de sa blockchain, il est au bord du GASP.
 Il prend sa vapoteuse et part faire un peu de e-sport sans crainte d’être écotoxique. Qu’il vente ou qu’il gouttine, il s’en moque : il like en replay les meilleures mapping-vidéos du web, transposant malgré lui les mégadonnées en qubits quantiques. Il fréquente une geekette un peu grigneuse qui est condamnée à tenir un vlog pour avoir loupé son actorat. Ils se doucinent gentiment et se font péter la miaille  tout en parlant du Brexit ou de l’alphabet ougaritique.
Bref, la vie des jargonautes est un jonglage permanent de concepts éclaboussants de pédanterie aussi passionnants qu’un précis de légistique en open access. Un vrai bonheur lexicosémantique.
Si vous les rencontrez, traînant, lui en gougounes, elle en burkini,  avec des airs de facancier, fuyez bien vite vous convertir à l’écoforesterie. Car à les écouter, vous auriez soudain un besoin irréfragable d’oxygène et de simplicité !




 •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

Tous les mots « bizarres » en italique dans ce texte vont faire leur entrée officielle dans le Petit Larousse 2019. 

79 commentaires:

  1. Est que tu as pensé à forwarder ça à ton team pour que le challenge les drive vers le market ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai même pensé convertir le PDF en MP4 online pour faire le buzz sur ma chaîne youtube.
       •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    2. Z'êtes branchés tous les deux !!!
      :)

      Supprimer
  2. Très bien décrit et avec talent la novlangue et les us et coutumes des bobos.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah...quelques décennies de fréquentation des pontes de l'éducation nationale m'ont rendue à tout jamais allergique à toute novlangue, surtout le pédagol... ;-)
      Ravie de vous revoir, JFM !
       •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  3. Tout en jouant avec grand talent avec les mots nouveaux, vous pointez cette désagréable et moderne habitude qu'ont certains de parler en charabia pour impressionner les foules....
    Et cela donne à votre texte une dimension, je dirais une profondeur puisque c'est le mot qui convient le plus souvent pour qualifier vos écrits. Et, ce qui ne gâte rien, c'est très drôle de fustiger ainsi le ridicule.
    Une mention spéciale à votre ami Le Goût des Autres pour son commentaire excellent. J'ai trop pratiqué le français pour être capable d'en faire autant en franglais...
    Je vous embrasse
    ~L~

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je crois qu'il faut faire le distinguo entre les mots nouveaux vraiment utiles, et les autres : ceux qui viennent remplacer des mots existant par un barbarisme pédant qui veut dire exactement la même chose...
      Pour quoi parler du « pitch » d'un film alors que le mot résumé fait parfaitement l'affaire ?
      Voilà la question que je me pose et à laquelle sans doute il n'y a aucune réponse satisfaisante pour moi...
      je ne suis pas passéiste, ni nationaliste, mais je trouve dommage d'abâtardir une langue en créant des doublons anglo-saxons inutiles, juste parce que ça fait plus classe, ou « in »...enfin, dans le vent...
      Bien à vous cher Lorenzaccio
       •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    2. Pitch/Résumé : parce qu'il y a le plaisir du son, j'utilise par exemple le mot "trip" pour voyage, dans le sens voyage vite fait alors qu'un "trip" de deux semaines ou plus pour moi c'est un voyage, trip claque bien c'est peut être de l'anglicisme ou du parler mal, j'aime le son du pitch ou du trip alors que flexitarisme ou gougoune ne m'intéresse pas plus qu'une part de melon fin novembre...

      Bleck

      Supprimer
    3. Voilà des arguments qui sont carrément recevables, cher grand Bleck !
      Un argument quasi musical, ça me parle...
      Trip, j'aime bien. Pitch un peu moins, mais j'entends ton plaisir du son...
      Quant au melon fin novembre, dois-je te dire à quel point je suis d'accord ?
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    4. Excellent le : "j'entends ton plaisir du son" j'apprécie le verlan...

      Bleck

      Supprimer
  4. Bien d'accord avec Lorenzaccio. J'en connais tant, ou en lis tant... évidemment avec le "countdown" de l'orthographe, c'est peut-être une réaction de désespoir... Je me hérisse tous poils dehors aussi devant ces nouvelles "formules" imbéciles à la mode : "pas de souci". On a gagné quoi? "Ne te fais pas de souci" prend trop longtemps? Ou "con de chez con". Je ne sais pas pourquoi ça m'agace qu'on sombre dans des "modes" du langage, même s'il doit évoluer de manière naturelle, ça devient un code "tendance" que de parler idiot...

    Baci sorellita!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ces expressions entreront-elles dans le dictionnaire un jour ? Peut-être...je crois qu'il y a toujours eu une « mode des mots » ...et l'on peut ainsi dater très précisément un dialogue rien qu'en pointant les interjections. C'est bath c'est cool ou c'est de la bombe n'appartiennent visiblement pas aux mêmes décennies, et pourtant ça veut dire la même chose... ;-)
      Baci bella

      Supprimer
    2. C'est de la balle, tout ça !
      :)

      Supprimer
  5. Enfin un enrichissement de valeur et d'importance dans notre vocabulaire ! je vais dès ce soir les répète dix fois avant de m'endormir pour être sûre de bien maîtriser la langue française. j'ai hâte également de voir fleurir de nouvelles orthorgraphes et de nouveaux émoticones sur nos I/Smart et autres Androïd phones. Quant au langage des signes.......

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bon courage alors pour ton petit exercice vespéral...
      Pour les émoticones, c'est vrai qu'on en manque un peu...et notamment comment exprimer « tu me manques ? » avec un bonhomme jaune à gros yeux ? ;-)
       •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  6. Eh bien, j'avoue, tout ceci ne me choque pas beaucoup, même pas du tout. Je trouve normal qu'une langue évolue constamment, c'est d'ailleurs ce qu'elle n'a jamais cessé de faire, même si certaines nouveautés nous déroutent parfois. Ma fille, qui sait mon amour des mots, m'a offert il y a quelque temps un petit bouquin très sympa d'Aurore Vincenti, distinguée linguiste, intitulé "les mots du bitume" (Ed. Le Robert). Il est préfacé par Alain Rey, qu'on ne présente plus. Je retranscrits ici des extraits de l'intro et de la préface, donc:
    "La vie d'une langue repose dans sa capacité à se renouveler. Si l'enrichissement de la langue française a lieu au sein des parlers professionnels où prolifèrent les anglicismes, il n'y a pas d'espace où la créativité est plus forte que dans la rue. [...] Ronsard et Du Bellay ne firent pas davantage en leur temps." Ça, c'est Aurore.
    Alain Rey maintenant : "Tout dictionnaire qui se respecte doit apporter de la nouveauté par rapport à ses prédécesseurs. Cela peut-être des mots, des sens, des expressions auparavant ignorés, ou bien des informations inédites ou introuvables. Cela peut aussi être une façon de dire, un style."
    "De la liberté d'évoluer!" m'a écrit ma fille en page de garde.
    Alors langage pointu, précieux, argot, franglais, apport du melting-pot francophone (Afrique, Antilles et plus loin), peu importe, du moment que ça bouge, quitte à bousculer, et ce en dépit des jugements de valeur des uns ou des autres... La vie palpite dans la langue, aussi!
    Bises malicieuses

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Que la langue évolue est une chose aussi normale qu'inévitable.
      Cela dit, la rapidité de la diffusion due aux media fait qu'elle évolue rapidement, très rapidement et surtout au rythme des fautes de syntaxe et de grammaire des journalistes, sans compter leur propension à intégrer au langage courant le jargon des diverses professions dont ils parlent.
      Ajoute la novlangue administrative qui a tendance à mettre six mots là où un seul suffit (tu n'est plus "invalide" tu "es en situation de handicap moteur ou visuel", tu n'es plus "capable", "tu es en capacité de" et tu finis par te demander ce que peut signifier la logorrhée dont on nous abreuve.
      Je trouve quant à moi certains "rap" ou "slam" bien plus novateurs et signifiants.
      Mais bon, la vieillesse ne rend pas forcément objectif... ;-)

      Supprimer
    2. Ah mais le rap fait partie de la chose! Et dans ce milieu, ça va encore plus vite! Ça fout le zbeul, même, à coups de phases et de punchlines bien chanmées!!!
      Sur ce, j'vais chiller ;-D

      Supprimer
    3. @La Baladine
      Moi non plus, ça ne me choque pas, ça m'amuse. Je me suis d'ailleurs bien amusée à écrire mon petit texte, de manière à ce qu'il soit bien imbitable. Il est évident que dans le langage courant la proportion de mots nouveaux par phrase n'est pas aussi dense, heureusement... Quoique...dans certaines réunions pédagogiques, j'ai atteint parfois la saturation :-)
      Tiens, puisque c'est toi, j'avais gardé précieusement ce petit exemple de grands mots ronflants prononcés en une seule réunion (record absolu)
      Objectifs
      Actions
      Systémique
      Institutionnel
      Outil de mise en Cohérence
      Concept
      Interactions
      Co-responsabilisation
      Continuité des apprentissages
      Partage des objectifs et compétences
      Communauté éducative
      Cadre de référence interne
      Synergie
      PEDT
      Liant
      Passerelles
      Modalités de mise en œuvre
      Modalités d'Évaluation des résultats
      Démarches
      Dispositifs
      Diagnostic
      Indicateurs
      Analyse des besoins et ressources
      Stratégie
      Élaboration d'un Programme d'actions
      Bilan
      Hiérarchiser les indicateurs
      Contractualisation

      C'est plutôt cette mode que je fustige dans mon petit texte sans prétention...
      Bises espiègles
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    4. @Le Goût
      Tu appelles ça la novlangue administrative, toi, la langue de bois ? ;-)
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    5. C'est bien ainsi que je l'avais pris, d'où la malice de mes bises ;-)

      Supprimer
    6. Justement sur le sujet, je viens de lire ça.
      Si c'est l'évolution de la langue, ça ouvre la porte à bien des erreurs judiciaires :
      "Une deuxième vidéo de Nordhal Lelandais commettant des attouchements sexuels sur une fillette exploitée par les gendarmes"
      A ben bravo !
      "Une fillette exploitée par les gendarmes" !

      Supprimer
    7. @Celestine
      Tu as oublié

      Méthodologie
      Problématique
      Item

      J'allais oublier à mon tour:
      Ton titre.
      Il a fait beaucoup pour m'aider...

      Supprimer
    8. Le titre du journal est assez délicieusement horrible, si j'ose cet oxymore...
      Pour le titre, merci de l'avoir relevé, j'en suis assez fière.
      Bises
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    9. La liste que tu donnes est époustouflante. On dit vraiment tout ça dans les réunions pédagogiques ?
      Eh bien ...
      :-O

      Supprimer
  7. Eh bien quel décalage avec le langage des cités, deux mondes qui ne parlerons plus désormais le même langage !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les différentes couches de la société sont parfois bien étanches entre elles...
      Ce qui est intéressant, c'est de connaître tous les niveaux de langue...
      Comme disait ma grand mère, qui peut le plus peut le moins...
      Elle était chouette ma grand-mère
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  8. T'as tout bon : j'ai rien compris !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je te rassure: moi non plus, mais c'était fait exprès pour rigoler !
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  9. Allez, c'est bon... largué total le Bleck !

    Bleck

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le contraire m'eût inquiété soudain...
      Je préparais déjà le thermomètre, au cas où...
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  10. Le bonsoir Dame Céleste. Magnifique ! En plus bestial (koikeu !), on dirait du Philippe Manœuvre détaillant ses fiches après le concert d’une Rock-star !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On penserait aussi un peu à André Manoukian, quand il part dans ses arcanes musicopoétiques invoquant quelque dieu de la mythologie sumérienne pour définir le sentiment fugace d'immortalité que provoquent les harmoniques d'une voix détachée du monde des vivants pour nous faire pénétrer dans le royaume des éthers...
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  11. Bonsoir Célestine,
    Je n'ai compris aucun de ces mots bizarres je n'en vu aucun écrit ailleurs et je ne connais personne qui soit susceptible d'en prononcer un...
    Bisous
    Mo
    PS : bon, je connais tout de même un ou deux mots comme "vapoteuse"... mais c'est une minorité!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu es donc quelqu'un de parfaitement normale, en somme, Mo
      Et je m'en réjouis
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  12. C'est simple ! j'ai rien compris !!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Alors au risque de me répéter, je te dirai que c'est tout à fait normal... ;-)
      Bisous
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  13. Après biérologie, couponing ou mixologie j'ai arrêté ma lecture, enfin disons que j'ai introduit une temporalité inversée à prévalence de déstockage de ma mobilisation neuronale visant au décryptage des caractères assemblés censés former un cursus compréhensible à double entrée. (Comme quoi il n'y a pas besoin de nouveaux mots pour être abscons).

    Bref tout cela me fait ouvrir largement la bouche par une contraction involontaire des muscles de la face, due à l'ennui.
    Enfin re-bref : je baye aux corneilles et aux racines…

    Je reste cependant favorable à ce que les langues demeurent vivantes, à condition qu'elles ne s'énervent pas toutes les cinq minutes…
    quand y en a trop… c'est mortel !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Comme je te comprends !
      J'ai supporté ce bric-à-brac imbittable pendant des décennies, disons que je me suis un peu vengée...
      Quitte à faire souffrir mes lecteurs hypersensibles... hihi !
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  14. Je l'savais!
    je l'savais que Larousse engageait des énarques et des recalés de l'Educ.Nat. !
    Totor doit se retourner dans sa tombe... Je suis sûr que les couillons qui phagocytent le français avec des barbarismes de fort mauvais aloi ne maitrisent pas le quart du vocabulaire usuel de Victor.

    Biérologie, biérologie!... Et lorsqu'on se tape une Guinness dans un pub, ça s'appelle comment ?
    Biérologie, pourquoi pas birrallacasa.

    Ti bacio Cara

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pauvre Totor, tu l'as dit...
      Bon je suis horriblement en retard pour répondre aux commentaires, c'est dingue comme le temps file quand on ne s'ennuie pas ;-)
      Bref me revoilà, et j'avoue que ton « birrallacasa » est bien trouvé !
      Ti bacio forte, il mio fedele amico
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  15. Je n'en connais même pas la moitié. Me sens vieille du coup...
    J'irai lire les définitions.
    En tout cas bravo d'avoir fait un texte cohérent avec tout ça...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne suis pas sûre qu'il suffise d'être jeune pour connaître le sens de ces mots fumeux.... ;-)
      Bon courage alors pour les définitions.
      Bisettes
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  16. Ah que j'aime ton workflow, Céleste nièce !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis la reine de l'inbound-marketing !
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  17. Damned, j'ai flashé le Black Friday du langage pedant.. J'ai tout misse....

    Il faut reconnaître que je ne m'y reconnais plus dans la jargonisation....

    Je prefere un beau texte a mediter

    Bises

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je n'avais pas lu ton codicille, sans quoi je me serais plaint de ce que tous ces rajouts en 2019 risquent d'etre tres doxiques. .

      Supprimer
    2. La prochaine fois, j'écrirai un beau texte à méditer... ;-)
      Bisous cher Petrus
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  18. Ces créatures-là, il faut un super-héros pour les combattre. Mieux, Steed et Madame Peel. :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mes super-héros favoris !
      Merci Patrick
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  19. oui c'est à la fois à rire et à pleurer, d'autant plus que de nombreux de ces mots, à peine inventés, sont déjà en désuétude... et où est l'intérêt de les faire entrer dare-dare dans le dictionnaire, si seule une poignée d'initiés les utilise... un moment?
    ah! c'est pour vendre du nouveau dico! OK :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as tout compris, madame !
      C'est complètement mercantile, cette histoire de mots nouveaux entrant dans le dico...
      Mon Larousse a au mois dix ans, et pour l'utilisation que j'en fais, il est parfaitement convenable !
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  20. J'ai failli " m'engoujouner" les neurones, à la lecture de ce texte. J'ai d'abord cru à un exercice d'écriture avec des mots inventés. Que nenni ! Uniquement des mots nouveaux, un petit florilège parmi les cent-cinquante, ou cent-soixante mots ou expressions qui font leur entrée dans le dictionnaire.
    Grrrrrrr, des mots pompeux, pour remplacer des mots simples, des mots à... à chatouiller l’ouïe...
    Je suis bien d'accord qu'une langue doit évoluer, sans quoi, nous serions toujours à pousser des grognements dans nos cavernes.
    J'ai cherché la définition de chaque mot sur le ouèbe et je dois dire : chapeau Célestine !
    Tu les a tous utilisés adéquatement.
    Ceux que je préfère, sont ceux issus d'un "parlé" régional : Boujouter, poutouner...
    Je suis assez allergique aux anglicismes... A vouloir "boujiner" les mots, les jargonautes risquent "d'embeziner" pas mal de monde. A commencer par les adeptes de bièrologie en Bièllorussie. ;) Cela ressemble beaucoup à une "écofumisterie". :)

    Engoujouner, boujiner, embeziner,sont des mots de chez moi. Du Cantal pour les deux premiers. Le troisième est un mot originaire du sud allier/nord Puy-de-dôme.

    - Engoujouner : engorger, avaler de travers...
    - Boujiner : Triturer, toucher à tout en dépit du bon sens,sans rien mener à bien...
    - Embeziner : contrarier, embêter, causer du soucis...
    Je ne suis pas sûr du tout de l'orthographe de ces mots-là, vu que je ne sais pas écrire le patois...
    Allez tiens, une petite chanson sur les mots...
    https://www.youtube.com/watch?v=JahdXT7tfUE

    Je te fais des gros poutous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Très sympa, la rue Ketanou et tous ses jeux de mots !
      Encore une que tu m'apprends je ne la connaissais absolument pas...
      J'aime bien aussi les mots du Cantal, imagés et pleins de délicieuses allitérations.
      Ça ne m'embezine pas du tout que tu m'apprennes des mots de ton cru. Au contraire, tiens, ça me poutoune les neurones.
      Gros becs, comme disent les Québécois...
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    2. Y a pas que les Québécois qui donnent de becs, dans mon coin de pays aussi.
      Baci

      Supprimer
  21. J'aime beaucoup l'idée ! J'en connais quelques uns tout de même , pour certains le s bras m'en tombent. Mais c'est ainsi . La jolie petite rousse a succombé à yeux bleus de Facebook (liker.... tiens si je l'introduisais dans un exercice de conjugaison...gloups! ) . Et pourrais-tu faire l'exercice inverse: un texte avec les mots qui ont rompu avec la petite rousse ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'exercice inverse ? Tu veux dire écrire un texte avec des mots obsolètes ?
      C'est comme si c'était fait, il suffit de demander...

      C’est le printemps.
      Dès potron-minet, l’air primesautier est tout chargé d’effluves et de piaillements émoustillants. Dans la TSF, Ella Fitzgerald envoûte de sa voix de velours mon cabinet de toilette. Je m’adonne comme à l’accoutumée à mes ablutions, contemplant avec béatitude dans le miroir ma callipyge et gouleyante personne, quand à brûle-pourpoint, le speaker interrompt brutalement, comme un gougnafier, mon programme classique. Au beau milieu d’une mesure à quatre temps.
      Saperlipopette ! Quelle galéjade ce paltoquet va-t-il inventer pour justifier cette rodomontade ? Je subodore quelque fâcheuse péripétie, comme un assassinat, un attentat à Sarajevo ou, pis encore, une grève-surprise.
      Je tends l’oreille subrepticement pour ouïr ce que ce pleutre chafouin va claironner, avec moult circonvolutions oratoires. Mais, ô déconvenue ! Ce ne sont que calembredaines habituelles, brigandages et coups de Jarnac, de la part des foutriquets hâbleurs ou pusillanimes qui se disputent le pouvoir.
      En fait d’assassinat, l’un d’eux s’est fait pincer le bec par un canard, qui le fustige de manœuvres douteuses. Rien de mirifique dans l’escarcelle de ce diseur de mauvaises aventures, rien qui justifie l’interruption du programme par un malappris.
      Je tourne le bouton de la TSF pour lui fermer le clapet.
      Et je vais, drapée dans ma nudité outragée, lancer le 33 tours d'Ella Fitzgerald sur la platine du tourne-disque. Un oiseau se pose sur le bout de mon doigt et le jazz m’envahit à nouveau. C’est le printemps.

      (texte écrit en mars 2017)
      Bises
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  22. Je me bidonnais de façon exponentielle (mot récurent dans le vocabulaire d'un ami ! hi hi hi ) au fur et à mesure que j'avançais dans la lecture de ton billet. J'ouvrais aussi grand les yeux que la bouche devant cette avalanche de mots bizarroïdes ! Ils existent vraiment ? Depuis quand ? Voilà ce que c'est que de préférer flâner dans les allées détrempées en regardant les dernières feuilles de l'automne s'envoler ! je ne suis au courant de rien !!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Eh oui, mariejo, ils existent tous, ces mots, et ils sont terriblement moches et ennuyeux pour la plupart...
      mais c'était quand même amusant d'essayer d'en tirer un texte..
      Tu as raison, continue à marcher dans les flaques, c'est mieux !
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  23. :-)) Tu veux simplement dire que ces gens-là, on doit les fuir? Allez, j'enfile mes gougounes et je vais glisser dans la neige. Bises alpines et belle semaine. Merci pour ton imagination débordante, ta manière de tisser les phrases et ton humour.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Dédé.
      Mais glisser dans la neige avec des gougounes ? Tu vas avoir froid aux pieds si j'en crois le Larousse 2019 !
      Car ce sont des tongs, apparemment... ;-)
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
    2. Mais justement! On est des vrais par ici. 😂

      Supprimer
  24. La langue française est une langue vivante, mais qu'on la laisse donc vivre en paix.
    Et essayons de nous servir de tous ces mots qui existent simplement pour le plaisir gourmand de la musique qu'ils nous offrent quand nous les prononçons. Ne pas oublier que le langage sert à communiquer...
    Ton texte juste délicieux, comme toujours.
    Bises sorties du dictionnaire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as raison, la musique des mots est un plaisir gourmand. Surtout chez les poètes dont tu fais évidemment partie, mon cher Etienne
      Bises en retour
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  25. Tu as laissé tomber Lakévio et son devoir du lundi ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui c'est ça, et ça fait un bien fou de laisser tomber son devoir fut-il de Lakévio.

      Bleck

      Supprimer
    2. Chère Bourlingueuse
      Je ne fais pas systématiquement le devoir de Lakévio...D'abord parce que je ne suis pas toujours disponible en ce moment. Et il est vrai que le sujet du jour ne m'a pas inspirée du tout. cette fille a tellement l'air triste...
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  26. J'étais passée lire ton devoir... mais aurais-tu manqué d'inspiration ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui voilà, c'est exactement cela. j'ai manqué d'inspiration... ;-)
      Bises et merci d'être venue quand même...Tu as vu, j'ai écrit un billet quand même...
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  27. Moi,j'aime les mots désuets : " Va dans le vestiaire, ôte ton manteau et suspends le à une patère."
    Au début, ça les surprenait, ensuite ils comprenaient.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est drôle, moi je leur apprenais à dire : « puis-je me rendre aux commodités, je vous prie ? »
      Ça a plus de chien que : « J'peux y'aller aux toilettes ?» ;-) ;-)
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  28. tu m'as fait sourire et rire ! Très bien croqué ce portrait : je ne sais pas pourquoi, j'ai repensé au film Quai d'Orsay (adaptation d'une BD) avec Thierry Lhermitte et cette séquence hilarante sur les éléments de langage.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah ! J'aimerais bien retrouver cette séquence...
      je vais me mettre en quête sur le net.
      Bisous ma miss, merci
       •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  29. Je constate que ces mots vont entrer dans le dictionnaire.... Mais on ne change pas de dictionnaire chaque année, alors comment faire pour déchiffrer ce langage abscons... je précise pour les bobos que le dernier mot de la précédente phrase n'est pas un gros mot. Ceci étant dit, je pense qu'il est de la plus haute importance de créer un dictionnaire Bobo (allo maman) Bobo/Français donc... ça pourrait être d'utilité publique.... quoique...
    Ce langage me fait penser aux pédants de Molière inventant des mots complexes pour se rendre intéressants...
    bisous gente dame... c'est suranné mais ça veut dire quelque chose... ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mille grâces, gente dame !
      Certains de ces mots ont sans doute leur utilité pour certaines personnes, mais d'une manière générale je ne pense pas qu'il fasse vraiment avancer la cohésion sociale...Au contraire, ils compartimentent beaucoup trop la société en tranches étanches, qui ne se comprennent plus...
      Bisous belle conteuse
       •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer
  30. Moi qui aime simplifier je ne suis pas vennue à bout de ce galimatias, mais c'est bien démontré Célestine, merci d'être passée

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci à toi d’etre passée marine
      Même si c'est sur un vieux billet :-)

      Bises célestes
      •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

      Supprimer



Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.