vendredi 19 mai 2017

Chemins de vie





L'une a jeté son bébé dans un ravin gelé en plein hiver, l'autre a étranglé et égorgé une femme seule dans sa maison, le troisième a violé la jeune fille qui venait de tomber amoureuse de lui. Ce ne sont que  quelques exemples des affaires auxquelles j'ai été confrontée en tant que jurée.

Entrer dans un tribunal d'assises, c'est plonger, d'un coup, au coeur de l'humain dans ce qu'il a de plus sombre, de plus sinistre et abominable.  L'air est empli de tout ce qui nous constitue, les contradictions, les failles, les passions, les faiblesses. Ça sent la sueur, le sang, le sperme. Ça sent la rancoeur, la souffrance, et en même temps l'espoir. Parfois l'agacement. Souvent la colère mais aussi la bienveillance.
Rien n'est épargné, ni omis, tout est passé au crible, et l'accusé comme la victime se retrouvent sous les feux croisés des questions et des expertises qui dépouillent la moindre parcelle de leur vie privée, de leurs relations, jusqu'à leur intimité la plus secrète. 

Un procès est un grand strip-tease, un déballage, indécent et nécessaire, de douleurs et de turpitudes.

Au terme de ces semaines épuisantes et pourtant fascinantes aussi, une question me brûle le coeur et les lèvres, celle des chemins de vie
Quels aléas, quels choix ou non-choix amènent un homme, ou une femme, dans le box des accusés, quelle somme de hasards et de nécessités ont influé sur le cours de leur planète, ont dévié leur trajectoire jusqu'à en faire des criminels ? 
Bien sûr, la violence familiale, la misère morale et sociale, l'abandon, la solitude, la perte de repères, sont très souvent présents dans le tableau initial. Mais ils n'expliquent, ni n'excusent pas tout. 
Qu'est-ce qui fait que l'on plonge ou pas dans la délinquance ? Quel petit grain de sable imperceptible fait franchir l'incertaine, mouvante et fugace frontière du bien et du mal en déclenchant le passage à l'acte ? 
Ou au contraire, quelle main tendue, quel service rendu, quelle compassion ont empêché à un moment donné le désespoir et la déconnexion à son humanité intérieure ? 

Peut-être avons-nous sauvé quelqu'un du pire, sans le savoir, en lui souriant simplement, dans la rue, un matin ? Qui sait ?
Comment un bébé rose et innocent devient-il tueur en série ou au contraire prix Nobel de la Paix ? Eternelle controverse de l'inné et de l'acquis...

J'ai eu le temps de regarder longuement ces êtres humains aux prises avec leurs démons, derrière la paroi de verre, le regard lointain, la tête baissée dans un silence autistique, ou au contraire agités d'une logorrhée étourdissante pour tenter de démontrer leur innocence même devant des preuves accablantes.

Alors, fatum ? Liberté ? Hasard ? Choix ? Destin ?
Croire en l' Homme et en son génie, ou le vouer aux gémonies ?

Je gardais consciencieusement, durant les débats, le visage neutre de la jurée qui ne doit pas exprimer ses émotions. Mais au fond de moi, des torrents de questionnements m'ont envahie à chaque instant.
Un paquet de sentiments paradoxaux. De la nausée à la pitié, en passant par l'effarement, la prudence ou l'indignation...

Pas facile, monsieur le Président, pas facile.
(à suivre)

125 commentaires:

  1. Avoir à juger ses semblables, quelle terrible responsabilité!
    Tes questions, tes doutes, tes remarques, tes ressentis disent la difficulté.

    Je ne manque pas d'expériences ou ma vie a faillit basculer. Qu'en aurait-il été du regard et du jugement des autres ? Le mal, le bien, la belle affaire !

    J'espère n'avoir jamais à vivre cela ...

    Merci pour ce texte ...

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    1. Le mal et le bien...des notions philosophiques évidemment, et comme je le disais, la frontière entre les deux est bien mince...
      Nous espérons tous n'avoir jamais à nous retrouver sur le banc des accusés...
      Mais il est vrai que la vie bascule parfois très vite.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  2. Sans nul doute, ma chère Célestine, qu'il a fallu ne pas révéler l'empathie d'un regard croisé qui trahirait...., pas aussi beau -peut-être- que ce qu'il apparaîtrait, mais dans la lecture impartiale, intègre d'un geste abject... comment, pourquoi, comment est-ce possible ? et pourtant... nous la côtoyons cette souffrance "au coeur de l'humain" de nos propres contradictions.. à partir de quelle bascule pouvons-nous nous fracasser dans cette folie, dilapider le monde... quelle(s) explication(s) ! J'analyse tes doutes, tes interrogations, ton grand souci d'équité dans ce contexte nauséeux... toi qui souhaites comme beaucoup d'entre nous, toujours comprendre, connaître les raisons, expliquer les choses, leurs fondements... mais peut-on toujours tout expliquer ? quoi qu'il en soit, tu auras été celle qui a tenu cette conscience entre ses mains de la plus belle manière en ton coeur et ton âme...Merci Célestine d'avoir réveillée, si tôt ce mât-teint ces questionnements révoltés,incompréhensibles, pitoyables... pas faciles à exprimer en mots, mais en ressentis.
    Gros bisou.
    Den

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    1. Que c'est subtilement dit...cela ne m'étonne pas de ta part, Den.
      Le souci d'équité vient naturellement de ma constitution même. Le juste milieu, le « ni tout noir, ni tout blanc », les infinies nuances de l'âme, et mon grand sens de l'empathie pour autrui, tout cela paradoxalement aide à juger de façon beaucoup plus équitable qu'une personne qui aurait des positions très tranchées sur les choses et les gens.
      Mais cela donne quand même beaucoup mal à la tête...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Tellement mal à la tête que j'en oublie de te faire un gros bisou pour le weekend
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    3. Tu es toute excusée Célestine.. gros bisou rendu.
      Oui un beau weekend !
      Den

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  3. c'est exactement ça, une complète mise à nu (et à l'époque je m'étais dit aussi: nul n'est à l'abri)

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    1. Ce côté du procès m'a vraiment interpellée profondément.
      La minutie avec laquelle les faits sont décortiqués, analysés , expertisés.
      J'ai compris pourquoi les parties civiles demandent des huis-clos parfois, dans les affaires d'agression sexuelle.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  4. J'aime beaucoup ce billet (a)encré dans la réalité, assez loin de la poésie qui caractérisait tes écrits depuis longtemps.
    C'est ça, les chemins de vie, pourquoi prend-t-on la file de gauche ou le chemin caillouteux face à soi, pour quelle raison ça commence très fort et que le reste n'est que chaos, pourquoi l'autre là-bas tout lui réussit, pour quelle raison ce pétage de plombs dans ma supérette Bio ?? Pourquoi ?

    Bleck

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    1. La poésie est une aussi façon pour moi d'affronter la réalité, aussi étonnant que cela puisse paraître.
      Cela dit, c'est vrai, tous les pourquoi restent souvent sans réponse, la grande énigme du monde...
      On choisit pas ses parents on choisit pas sa famille
      On choisit pas non plus les trottoirs de manille de Bordeaux ou d'Alger pour apprendre à marcher...
      Ere né quelque part pour celui qui est né c'est toujours un hasard...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. https://www.youtube.com/watch?v=cFUc34s0Wl8

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    3. Tout est dans la chanson, c'est vrai...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  5. Quelle épreuve ce doit être, Célestine. Quel chemin de vie pour soi aussi, lorsque on doit juger, qu'il faut juger, sans laisser aux autres le soin de le faire.

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    1. J'avoue qu'au moment de remplir les petits papiers qui décident de la vie de quelqu'un, on y regarde à deux fois, et l'on n'en mène pas large...

      ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Un truc de dingue !
      mais je suis vraiment contente de l'avoir vécue.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  7. Pourquoi ?? Je dirais que c'est une question de limite...

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    1. Oui, certes, mais où sont les limites ?
      A quel moment est-on un délinquant ? Quand on fraude fiscalement, ou quand on crève un pneu du voisin, on a déjà un pied dans la malhonnêteté, mais on s'arrange avec sa conscience...
      Les criminels font la même chose. Ils s'arrangent avec leur conscience, elles est simplement plus élastique.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  8. Sans dire que je voudrais vivre cette expérience, je réalise qu'elle doit en effet ouvrir de multiples portes sur l'âme humaine. Il me semble souvent que pour beaucoup, l'aspect "humain", codifié humain, ne tient qu'à un fil, au respect de certaines règles comportementales ou légales, mais ne provenant pas d'une essence bonne et solide.

    Des gens font des choses atroces et parfois ne savent même pas expliquer pourquoi.

    Certains, oui, ont l'air d'être nés avec le germe d'une mentalité faussée, et quelle que soit leur éducation, elle ne pourra contenir leur nature. D'autres, plus soumis peut-être, ne sortiront jamais des limites et seront dévorés par une force obscure et rebelle qui ne se manifestera que contre eux. Et puis il y a ceux qui ont le bel équilibre, la force juste, les pensées organisées. Ils peuvent vivre sagement ou pas, ceci n'est qu'un décor, mais le noyau de ce qu'ils sont ne sera jamais atteint.

    Il faut des lois et des règles, c'est inévitable en société. Mais c'est sans doute plus pour tenter d'éradiquer le mal que pour effectivement sévir avec justice. On ne sait pas ce qui fut planté dans un être à sa naissance...

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    1. Ces portes sur l'âme humaine, sa noirceur, son mystère, tu en ouvres de belles à travers tes écrits, Edmée.
      Et il est vrai qu'un Zola, un Hugo savaient saisir à la perfection ces travers, ces blessures, ces failles sombres qui font les personnes humaines dans leur ensemble.
      Les déviants, les assassins, les bandits, les malfrats ont peut-être tout simplement oublié la lumière, ou plutôt ils ont été oubliés par elle et rampent dans le noir de leurs nuits affectives comme des cloportes.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  9. Pour ce que j'ai vu lors des procès pour lesquels "j'ai été désigné volontaire", la violence familiale et la mésentente entre les parents me semblent être le trait marquant de tous ces procès.
    Me revient un échange entre le président du tribunal et un témoin à la barre :
    - Mais, monsieur, ils buvaient beaucoup lors de ces rencontres ?
    - Bah... Comme vous et moi, monsieur mon président...
    - Mais encore ?
    - Bah... quelques litres par jour, comme tout le monde quoi...
    Le témoin était le concierge de l'immeuble du bistrot où un type en avait planté un autre.
    La victime et le meurtrier avaient tous deux plus de 3g d'alcool dans le sang au moment des faits.
    Les deux au bout de trajectoires chaotiques qui avaient commencé dès la maternelle...

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    1. L'anecdote est extraordinaire et tellement véridique...
      Il me revient un autre dialogue du même type.
      Combien avez vous de frères et soeurs, monsieur ?
      J'en ai huit. Euh non, neuf. Euh...attendez, non, huit... Euh...huit ou neuf je sais plus.

      Oups !
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  10. Ce type d'expérience, responsabilité qu'il n'est pas aisé de concevoir tant qu'on ne la pas vécue doit marquer à jamais, surtout lorsqu'il faut juger des cas aussi graves.
    Ton texte est vraiment d'une grande intelligence, empreint de sagesse et d'humilité.
    Merci d'avoir partagé, Célestine.

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    1. Sagesse et humilité, peut-être pour compenser l'inexpérience et l'intransigeance de certains jeunes jurés, qui tranchent dans le vif à coup de scalpel, dans un manichéisme propre à la jeunesse.
      Merci pour tes appréciations, eMmA
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  11. Ah dis donc, quelle expérience de vie que d'être confrontée au choc frontal de sombres turpitudes contre de fragiles espérances ! Je suis sûr que ces procès laisseront une empreinte profonde dans ta façon d'appréhender l'humain.

    J'aime beaucoup ton texte, à la fois sobre et puissant. Tu déroules avec justesse un fil autour de cette idée forte : l'incertitude des chemins de vie.

    Merci pour ce partage.

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    1. L'empreinte est indélébile, Pierre.
      Jamais je ne pourrai oublier certaines paroles, certains gestes, certains regards. Et cette atmosphère lourde et profonde de la salle d'audience.
      Merci pour tes mots élogieux. Ça me touche.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  12. Le petit nouveauvendredi, 19 mai, 2017

    Chère maitresse,
    Il y a longtemps que je n'étais plus intervenu sur votre blog car j'ai un peu grandi et que dans mon collège je suis occupé de mille façons. Mais je sens dans ce billet défiler tant de mystères sur les hommes que nous sommes que j'ai envie de mettre un petit mot.
    Rappelez-vous comme en chacun d'entre nous, rien qu'en passant dans les rangs, en laissant derrière vous un parfum délicat et un souffle léger, vous calmiez les plus rebelles et apaisiez les plus inquiets.
    Là, vous découvrez un monde perdu, inquiet, méchant, ce monde que les hommes et les femmes font lorsqu'ils sont laissés à eux-mêmes. Qu'on les plaigne ou qu'on les excuse, qu'on les pardonne ou qu'on les punisse, il faut parfois affronter cette triste réalité qu'il y a dans l'humanité....aussi du mal.
    Vous devez être fatiguée de tous ces sentiments qui se croisent. Entre l'envie de pardonner et le devoir de la justice, le choix doit être difficile pour notre gentille maitresse bien plus encline au pardon qu'à la sanction. Et puis il y a parmi eux des manipulateurs qui savent faire jouer au plus profond du coeur des autres des ressorts insoupçonnés pour semer le doute.
    Vous avez fait votre devoir, bien plus difficile et engageant que les petits devoirs que vous nous donniez à faire.
    Il est fait maintenant. Oubliez tout cela. Ne pensez plus qu'à nous, ces petites têtes blondes ou brunes sur qui vous avez veillé si longtemps. Dites-vous que vous avez peut-être, certainement, évité que l'un ou l'une d'entre nous ne se trouve un jour sur le banc des accusés.
    Car il est en partie là, le secret d'un monde meilleur, dans l'humble travail des éducateurs qui suppléent parfois aux défaillances des parents. Mais un monde parfait n'existe pas, hélas !
    Pardon, chère maitresse, voilà que l'ai parlé comme un "grand".
    Alors je file. Je regarde par la fenêtre ouverte de la classe. Je vois le jardinier qui tond la pelouse. Je m'évade. J'oublie le monde pour n'être plus qu'un élève inattentif et rêveur. L'état que je préfère.
    Si vous le voulez appelez-moi, je vous raconterai ce monde.
    Je vous embrasse.

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    1. Je suis heureuse de te revoir, cher Petit Nouveau.
      C'est vrai, tu as raison, les hommes comportent bien des mystères. Et leur justice plonge au coeur de l'incertain, parce que l'humain est incertain.
      Juger...comme c'est difficile. Je tentais de ne jamais le faire quand tu étais dans ma classe. Je savais trop combien il est difficile de soutenir le jugement d'autrui quand on est un enfant.
      Alors, devenu adulte, on est à même de mieux comprendre, apprécier, soupeser le pour et le contre.Afin que de s'approcher au plus près de la justice.
      Tu verras, si un jour tu deviens juré, combien la bienveillance et l'équité aident à trouver pour chaque accusé la juste peine qui punira et en même temps n'enfoncera pas l'homme dans le désespoir.
      Combien il est important d'oublier la haine et la crainte, l'émotion immédiate, au profit d'une réflexion humaniste rigoureuse autant que faire se peut.
      Mais je suis peut-être un peu compliquée...
      Oui j'essaierai de t'appeler pour te raconter de vive voix...
      Je t'embrasse moi aussi Petit Nouveau.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  13. Coucou Célestine. Je crois bien que je ne vais pas trop commenter car ce que tu décris de ces délinquants et criminels, c'est ce que je vois tous les jours dans mon bureau. Plonger dans les abysses de l'âme humaine est difficile et on n'en ressort pas indemne, crois-moi. Mais il y a de l'espoir, rarement... mais parfois. C'est ce qui me fait tenir... encore un peu. Bises alpines.

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    1. Et moi je crois que je vais m'arrêter là pour ce soir. Je reprendrai mes réponses demain matin, car les commentaires méritent que l'on s'y arrête. Même le tien, ton anti-commentaire qui en dit si long sur ta réalité professionnelle. Heureusement tu peux t'évader de temps en temps.
      Belle fin de nuit, Dédé
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. L'espoir oui, c'est important pour tenir le coup.
      Mon espoir en l'humanité a un peu vacillé pendant les semaines de procès. Il me faut oublier certaines scènes vécues de façon tellement intenses par les récits des protagonistes, ou du moins essayer de les intégrer à mon mental sans qu'elles reviennent. Pour l'instant, j'ai encore besoin d'évacuer le trop-plein.
      Bisous célestes
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  14. En effet, cela doit être épuisant émotionnellement. J'aurais vraiment du mal, beaucoup de mal à remplir ce rôle tant est mon empathie pour l'humanité. Des deux côtés de la barre. J'ai fait partie d'une association qui accueillait dans une maison les familles et amis de détenus et parfois de détenus en permission. Les crimes sont abominables et doivent être punis mais les détenus devraient être accompagnés pour prendre conscience de leur acte et se réinsérer. Je t'embrasse ma belle...

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    1. La notion d'épuisement est importante. Se lever tôt, changer de rythme, vivre de longues journées intenses, m'a rappelé le boulot. Mais en plus il y a cet épuisement moral, cette légère et imperceptible nausée.
      Heureusement il y avait l'humour, j'en reparlerai.
      L'accompagnement des prisonniers est quelque chose de fondamental.Plus de "sorties sèches" sous peine de ne jamais les voir se réinsérer dans la société, si tant est que cela soit possible pour certains.
      Bizou Brizou
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  15. - C'est sans doute un pur hasard mais ta situation et tes questions font que ce billet-ci pourrait très bien répondre à la consigne des Impromptus de cette semaine !
    - Et quelle est-elle, Joe Krapov ?
    - "Un pur hasard" !

    ;-)

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    1. Tu as raison. Je crains quand même que ce ne soit pas assez « léger » pour nos amis des Impromptus.
      J'ai entamé une histoire à quatre mains avec Bricabrac.
      Beaucoup plus drôle à mon sens ;-)
      Bisous m'n oncle !
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  16. Sur la route pendant le retour d’un voyage, mon voisin passager avocat de profession avait entamé un sujet sur les multiples facettes de l’homme où il arrive me disait-il à l’inexprimable, l’impensable en termes de violence et d’atrocité comme il peut être plein de paix, de douceur et d’empathie. Il me répétait : « ne dis jamais que cela n’arrive qu’aux autres ». Les circonstances de la vie conditionnent l’homme dans son destin allant d’un extrême à l’autre. Ange ou démon ! Telle est l’image de l’homme. Saint Exupéry dans un de ses écrits philosophiques disait : « Je condamne l’inquiétude qui pousse le voleur au crime ». Il voulait commettre un larcin, il se retrouve criminel. La peur, ce sentiment terrible, qui peut pousser l’homme à se retrancher en s’isolant, comme elle peut aussi le pousser à commettre l’irréparable, cela ne tient parfois qu’à un fil. Tout est dans son logiciel de vie, l’homme tel que l’avait formaté la société, sa société, son école, sa religion avec ses frustrations, ses échecs ou ses réussites peut sauver comme il peut détruire. La justice, la vraie agit en amont, en permettant l’égalité dans les droits et devoirs de chacun. La justice est bafouée quand dans une société l’indifférence, les passe-droits, l’inégalité, le racisme sont légions. Quand la justice n’agit qu’en aval, le mal est déjà fait. Quelque qu’en soit la sentence, pour des faits commis, la prison en particulier ne formera que des zombies, des futurs coupables. Ma chère Céleste, tu as vécu un moment où tu as découvert de visu l’incommensurable et lamentable destin humain et en cela, il nous reste encore un long chemin à faire dont celui essentiel : Que l’homme retrouve sa dignité, en construisant un monde plus juste, avec moins de peur et de plus d’espoir.
    Relater ces moments que tu as vécus dans l'enceinte du tribunal, te fera du bien, j'en doute pas, même si ton coeur devait avoir été" balloté comme jamais avant.
    Bisous ma céleste
    NB : la lettre de ton ancien élève m’a superbement touché et ému

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    1. Cher Bizak, depuis que je l'ai lu ton commentaire me tourne dans la tête. d'abord parce que je suis heureuse de te voir revenu dans la blogosphère, et puis aussi parce que tu fais allusion à Saint Exupéry, un écrivain que j'admire comme tu le sais, pour avoir écrit un livre fabuleux sur l'âme humaine et ses mystères.
      De plus, tu mets très justement l'accent sur cette ambivalence qui fait que certains deviennent Hitler et d'autres mère Térésa...Bien sûr que les acteurs de l'éducation d'un enfant ont tous une part de responsabilité dans l'évolution de celui-ci, et la société toute entière qui se drape derrière le déni de responsabilité, et qui préfère construire des prisons que des écoles.
      Bien sûr qu'il faut accompagner en amont et pas seulement après que le crime soit perpétré.
      Construire un monde plus juste, éviter les ghettos, la violence, satisfaire les besoins les plus élémentaires, tout cela permettrait d'éviter la révolte intérieure, la frustration, et le sentiment d'être un oublié, un chétif insecte excrément de la terre. Une éducation bien pensée donne des citoyens libres et éclairés, quand la prison, elle, fabrique des délinquants, on le sait, et il faut continuer à le dire, à le crier.
      Elle broie, elle détruit des êtres dans leur dignité.
      Mon coeur a souffert autant pour les victimes que pour les accusés, dans ces tristes histoires.
      Et je sors confortée plus que jamais dans mes idées de non-violence et d'amour comme seule solution pour faire progresser le bien dans le monde.
      Alors je reprends mon bâton de pèlerin et de colibri.
      Mon ancien élève a en effet écrit une lettre très touchante. Elle est là, la vraie foi. En l'homme et ses riches possibilités de juguler ses pulsions par la connaissance et la bienveillance.
      Bisous mon Bizak


      ¸¸.•*¨*• ☆

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  17. Ange ou démon l'être humain ?
    Les deux mon Capitaine. ..

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    1. Oui, sans doute. Mais essayer de faire émerger l'ange en maîtrisant les démons, n'est-ce pas une mission enthousiasmante ?
      En tous cas, tu sais pour me connaitre depuis longtemps, que j'ai axé ma vie en ce sens...

      ¸¸.•*¨*• ☆

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  18. Chère Céleste,

    Il faut avoir quitté les palais dorés de la vie facile et sans problème des gens dits bien nés pour regarder en face cette réalité humaine toute de contradiction que tu décris si bien dans ton interrogation déconcertee.....

    Chaque être est différent de moi dans son milieu de naissance et de développement social. Et il suffit effectivement d'un rien pour prendre un chemin de traverse qui mènera à l'impasse existentielle.....et de la tout l'éventail des possibles dans une descente dans l'abomination....

    Ton évocation de l'infanticide me rappelle celle d'un jeune cousin (à l'epoque) quand il découvrit au détour d'un chemin des bois de Ville d'Avray le corps abandonne dans un sac d'un nouveau né....

    Heureuses et heureux sommes nous quand nous avons pu rencontrer sur notre chemin ce sourire, cette main tendue, cette écoute, qui nous ont par la suite guide vers les autres en confiance et avec l'espoir d'une vie heureuse et de partage....

    Oui , pas facile d'admettre que nous avons eu cette chance et d'en tirer l'envie d'une plus grande solidarité humaine pour éviter à l'Autre ces chemins destructeurs

    Bises pleine d'humanité à partager
    Pierre

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    1. Les choses ne sont pas binaires, s'il est un fait qui se vérifie dans un tribunal, c'est bien celui-là. D'un côté les bons, de l'autre les méchants c'est un truc de jeu video ou de western.
      Dans la réalité, les « palais dorés » cachent bien des turpitudes, et un enfant « mal né » s'il rencontre les bonnes personnes, pourra s'en sortir.
      j'admets très facilement avoir eu une chance inouïe, pourtant je ne suis pas née dans un château. Ce n'était pas rose tous les jours dans mon enfance, mais j'entendais des paroles d'espoir et d'amour et je mangeais à ma faim. Mes besoins essentiels étaient pourvus, ce qui est déjà énorme.
      Un des accusés était né dans une famille de diplomates, on ne peut pas dire qu'il soit né dans le ruisseau...mais la mort de son père, quand il avait deux ans, et dans des circonstances violentes, a fait certainement basculer sa vie, rajoutée à tout un faisceau d'autres éléments déclenchants de violence non contenue.

      De quoi être interpellée, n'est-ce pas ?
      merci pour ton témoignage Pierre.
      Bisous
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  19. Comme toujours je t'ai lue attentivement. Et me vient l'envie d'une grande modestie, d'une grande réserve, voire du silence devant les affres et les questions qu'entraîne une telle expérience. Dont on ne sort pas indemne. Je t'embrasse ma chère Angel Baby. ATTB.

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    1. Oui, bien sûr, c'est un réflexe que je comprends tout à fait. Quant à moi, j'ai simplement besoin d'en parler, car certaines scènes me reviennent en boucle et continue de creuser des ruisseaux d'interrogations dans mon cerveau.
      Kisses my friend
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  20. Pas facile, le mot est faible... Pas facile d'entrer dans le réel de ces vies-là, de faire le tri dans ses propres émotions brûlantes, d'entendre des douleurs et des déchirures, des paroles désordonnées, des silences, des fêlures, des pleurs, des indignations, des peurs, des colères, des couteaux aiguisés et des baisers d'enfant, aussi, un jour, sûrement, entendre et concentrer tout ça, et tenter de trouver un sens. Et, peut-être, condamner à l'emprisonnement, cette mort vivante...
    Non, pas facile, décidément.

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    1. Tu sembles avoir vécu cette expérience, toi aussi.
      C'est tout à fait ce que tu décris : un maëlstrom de sensations, de sentiments contradictoires, et au-milieu de cette rivière, trouver néanmoins la paix, dans le silence de son intériorité, pour pouvoir juger impartialement.
      Ce ne peut qu'être très difficile.
      Et l'on n'est préparé à cette épreuve qu'à l'aune de ce que l'on est.
      Dans ma difficulté, j'ai la chance de savoir m'interroger sans cesse sur mon prochain et sur ce qui le meut.
      Mais cela reste une grande épreuve de vie.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  21. Je suis soulagé que mon grand âge me mette à l'abri d'une telle expérience, je la trouverais bien éprouvante.
    Pour tout te dire, quand j'étais beaucoup plus jeune je racontais que si cela m'arrivait, j'entrerais dans le tribunal en déclarant "Qu'on les pende tous !" ce qui me ferait récuser (et accessoirement poursuivre pour outrage à magistrat et autres broutilles).
    Mais c'est mon côté sale gamin, en réalité, j'y serais allé, comme toi, bouleversement ou pas, la vie en société est à ce prix.

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    1. Je suis heureuse que tu me donnes la possibilité de sourire, car effectivement, comme dans tous les secteurs graves et tendus de la société, c'est l'humour qui permet de tenir.
      Et crois moi, le président de session n'en manquait pas. Je parlerai bientôt de l'ambiance entre jurés, cela sera plus léger.
      Bisous mon Boss
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  22. Je l'avoue, j'espère ne jamais être désignée pour juger un ou une de mes semblables... Les chemins de vie qui diffèrent sont déjà présents au sein d'une famille sans que l'on comprenne vraiment pourquoi, il y a ceux qui cherchent la lumière et ceux qui avancent dans l'ombre, les deux chemins restent courageux dans ce qu'il y a à vivre et à affronter. Un jour nous comprendrons mieux, souhaitons le ! Je t'embrasse céleste Célestine, doux week end. brigitte

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    1. Je rencontre beaucoup plus de gens comme toi, qui souhaiteraient ne jamais vivre cette expérience, plutôt que de gens comme moi qui considèrent que c'est une vraie chance...
      Quant aux chemins de vie même à l'intérieur d'une même fratrie, tu as raison, ils différent énormément, je suis bien placée pour te le dire...
      Certains parleront de karmas et de vies antérieures. Je suis ouverte à toutes les théories...
      Doux weekend ma Plume
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  23. Ton texte indique avec justesse la difficulté de juger. Les attitudes nécessaires. le recul et la réflexion sur chaque cause et chaque accusé. Impossible d'être juré sans se poser les question du sens profond de l'être humain, en interrogeant sa propos conscience. C'est d'ailleurs ce qu'il lui est demandé : "avez-vous une conviction ?"

    Le plus sombre et le plus merveilleux résident en l'homme. Et le interactions entre ces pôles animent son existence. Au sens de "donner âme" et aussi curieux que cela puisse paraitre. Quel choix aurait l'homme si le "parfait" s'imposait à lui sans cesse et sans autre alternative ? Nous deviendrions des machines ultra performantes... Nous aurions donc des entités déshumanisées. La chose n'est pas théorique c'est l'objectif affirmé qu'on appelle "l'homme augmenté".... Les savants-fous y travaillent d'arrache-pied...

    Le procès pénal a pour objectif de (tenter de) rétablir le bon équilibre, où la reconnaissance du sombre permettra de l'assumer et de changer par une réparation personnelle et sociale.

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    1. J'ai noté la phrase que j'ai entendue le plus souvent dans la salle d'audience :
      " Sous réserve de l'exigence de motivation de la décision, la loi ne demande pas compte à chacun des juges et jurés composant la cour d'assises des moyens par lesquels ils se sont convaincus, elle ne leur prescrit pas de règles desquelles ils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d'une preuve ; elle leur prescrit de s'interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelle impression ont faite, sur leur raison, les preuves rapportées contre l'accusé, et les moyens de sa défense. La loi ne leur fait que cette seule question, qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : " Avez-vous une intime conviction ? ". "

      Tout n'est qu'ombre et lumière en soi, et je peux dire qu'être dans cette position de prendre la mesure de mon devoir, m'a permis de faire jaillir en moi de nombreuses zones d'ombre, sans doute dans un processus d'association mentale... se projeter dans les situations, les vivre par contumace, interroge gravement sur soi.
      En cela, c'est presque une sorte de thérapie.
      Et dans mon chemin de vie, je ne serai plus jamais la même.

      ¸¸.•*¨*• ☆

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  24. J'imagine et je suis sûre d'être en deçà de la réalité. Brrrr !

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    1. C'est vrai, certaines situations sont inimaginables.
      Ainsi que la façon dont les accusés les ont vécues...
      Les romanciers de polars viennent souvent chercher leurs idées dans les prétoires...

      ¸¸.•*¨*• ☆

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  25. "En votre âme et conscience".....Tu n'as pas du sortir indemne de ce grand déballage et toi, notre Céleste"mère poule" as du avoir des frissons dans le dos. Je n'écrirai pas plus ici sur Célestine en robe d'avocate, sur l'incompréhension ou sur le "chercher à comprendre", nous avons débattu de vive voix de çà mais aussi de ton ressenti. A tout bientôt.

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    1. A tout bientôt alors, pour une autre discussion « tirée du sac »...
      Bisous ma belle
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  26. J'espère ne jamais être juré. C'est vraiment une expérience qui ne me tente pas. Bon week-end Célestine.

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    1. Le plein exercice de la vie en société ne te tente pas ? Je n'en crois rien. C'est juste un premier réflexe, mais à la réflexion, en tant qu'instituteur, tu y trouverais mille réponses à des questions que pose la pratique de notre métier éminemment en lien avec la justice. (parce que nous sommes un maillon important du chemin de vie) Et au final, grandi d'avoir vaincu tes peurs, tu dirais que c'était une expérience remarquable.
      J'en ai ...l'intime conviction...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  27. Ta vision sur ce sujet crucial « quel chemin de vie, » questionne forcement, et boulverse.
    Et comme tu le dis si bien quel « petit grain de sable imperceptible » a dérouté la machine ???
    Cela a été dur de cacher ses émotions, son ressenti, et encore plus difficile, j’imagine, de voter en final pour ou contre.
    Je t’embrasse tendrement chère amie

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    1. Bizarrement le moment du vote est comme une libération, c'est plutôt tout ce qui précède qui est difficile.
      Tendres pensées pour toi aussi, ma Jak
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  28. Pas facile facile,mais rien n'est facile,surtout les chemins de la vie.Bon ok,il y en a qui sont plus faciles aux uns qu'aux autres,et d'autres plus difficiles surtout si comme tu le dis,on est pas "équipé" pour,ou bien "mal équipé" .Comment savoir? Ton billet soulève beaucoup de questions,toutes celles que tu t'es posées... Dès le départ le chemin n'est pas forcément tracé,mais la façon de l'appréhender va faire la différence.
    Sait-on seulement si la notre de vie aurait pu "basculer" à un moment ou l'autre? peut-être...Même avec une "bonne" éducation,des "bons repères".
    Et quel est aussi ce chemin de vie qui t'a amené à siéger comme jurée dans un cour d'assises?
    Quel est ce chemin qui t'a fait te confronter à des "cas" plutôt costauds? Le hasard?
    Ton texte soulève plus de questions qu'il n'y parait!
    Au fond de moi,je suis sûr que cette expérience te sera utile!quant à expliquer pourquoi,je n'en sais rien?

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    1. Tu as raison. C'est une épreuve où l'on se mesure à soi-même, où l'on évalue sa faculté de résilience et d'endurance. On augmente (en même temps que son débit cardiaque) son empathie et sa prise de conscience.
      C'est tout bénéfice pour le cheminement personnel.
      je me suis demandé pourquoi j'avais été tirée au sort pour tel procès plutôt que pour tel autre, et surtout, pourquoi précisement à ce moment de ma vie.
      Mektoub ! dit mon ami Afid.
      C'était écrit ? Peut-être. Ou peut-être pas.
      Mais ça interroge.
      Et être conscient que notre vie peut basculer à tout moment...voilà qui donne une grande largeur de vue.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Dans mon brouillon d'hier soir,j'écrivais cette phrase:"Au plus profond de moi,je crois que tu avais besoin de cette expérience-là,à ce moment-là".
      J'ai longuement hésité sur cette phrase tant mon impression était forte.Expliquer le pourquoi m'aurait pris toute la nuit,sans peut-être y parvenir!
      J'avoue,j'ai opté pour la facilité,avec une formule plus"passe-partout"
      il est quelques fois des moments de la vie,où les choses arrivent parce qu'elles doivent arriver...
      "être conscient que la vie peut basculer à tout moment" tu y vas fort!Seulement à certains moments,et c'est déjà beaucoup! Sans entrer dans des détails,il m'est arrivé une fois(ou peut-être plusieurs, sans que je m'en rende compte) où j'ai bien perçu ce moment,ce "nœud" de la vie où les choses peuvent basculer du mauvais côté.
      à ce moment-là,j'ai compris que le fil de la vie pouvait nous échapper très facilement.Bon,je te rassure,je ne suis pas passé du "coté obscur de la force",mais j'ai compris que le fil pouvait être très fin et les événements incontrôlable!

      bises de la nuit

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    3. Eh bien tu avais sans doute raison, même si tu ne parviens pas tellement à te l'expliquer.
      Je crois en effet que cette épreuve m'a aidée à grandir.
      Et bizarrement à améliorer ma confiance en moi.
      Ne serait-ce que par le recul nécessaire à la mission de jurée, mais aussi de par vos retours positifs à tous.
      merci du fond du coeur,
      Bises très nocturnes.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  29. Par quel processus le chemin de vie d'un enfant rieur et surdoué peut-il le projeter dans le plus noir désespoir le menant à tuer ou se tuer (la nuance devient faible devant l'acte).
    J'en suis là et las de cette interrogation permanente.
    Tu as eu en face de toi des personnes en fin de dérive. On te les a présentées tantôt comme monstrueuses, tantôt comme des victimes a protéger. Ce n'est pas facile d'en comprendre le POURQUOI.
    Je comprends ta difficulté et ton mal être en te trouvant brusquement plongée dans le monde étrange du mal-vivre et du mal de vivre. Pas facile lorsqu'on n'a pas l'habitude...
    La Vie est une chose précieuse, pouvoir bien la vivre est une grâce infinie.
    Tu as fini de croiser ces vies cabossées, tu peux retrouver ton chemin de vie avec d'autant plus de bonheur et de sérénité.
    Ti abbraccio forte Cara e TVB

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    1. Ô mon Blutchy, comme j'ai pensé à toi...
      En ce qui concerne ces personnes présentées comme des « monstres » nous savons toi comme moi que les vrais monstres de l'humanité se planquent dans des bureaux en cuir, purs produits d'un système déshumanisé qui décide de la vie de milliers d'êtres, en cliquant sur leurs machines infernales, en décidant le dépôt de bilan d'entreprises pourtant florissantes, en tous cas excédentaires, condamnant des familles à la précarité et la violence, par la violence même de cette privation de ressources dont ils n'ont cure...Et ne parlons pas des empoisonneurs de la planète, les Bayer et Monsanto et les destructeurs de forêt amazonienne pour lesquels je ne parviens pas à avoir la moindre empathie...
      Mais je m'égare.
      Les vies cabossées, c'est une belle expression. Et moi, je repars avec mon petit marteau d'étameur, pour essayer de décabosser ça et là...tout doucement.
      Ti abbraccio anche caro
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  30. Que crois-tu regarder, si ce n'est l'humanité dans sa nature ?...
    Les moutons restent derrière les barrières, bêlent et suivent ceux qui sont devant... Ils respectent l'ordre du troupeau, ils restent en groupes et ne s'aventurent jamais hors des limites. ce sont des moutons, comme la plupart d'entre nous...
    Et il y a les autres. Ce qui n'en sont pas... Ceux qui franchissent les barrières, ne suivent pas le troupeau...
    Ils méprisent les moutons... Ils abusent des moutons... Ils se moquent de la loi des moutons et de leurs sanctions de moutons...
    Et la bêtise des moutons est de continuer à penser que "ceux-là" peuvent redevenir des moutons...
    (Alors qu'ils n'en sont même pas l'ombre...)
    Bises succinctes (je suis dans ma période "rebelle"...)

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    1. Je ne suis pas d'accord, tu l'imagines, moi l'insoumise, avec ta théorie moutonnesque.
      Mais je ne juge pas, car ton chemin de vie de loup blessé force mon respect.
      D'accord, il y a des loups et des moutons, mais pour faire bonne mesure, il y a aussi les bergers...
      Je fais partie de cette catégorie.
      Parfois louve, parfois brebis, j'ai conscience de mes contradictions.
      Et je tente de comprendre les loups et leurs motivations...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Oui, Miss. Il y a les bergers... Moutons supérieurs. Sourire.
      L'Homme est un animal sauvage que l'on dit "dompté". Belle ânerie créée par des cerveaux malades...
      Tu fais sans doute partie des bergers, cela s'entend.
      Moi, on m'a forcé à me mêler au troupeau. On crois donc que je suis un mouton... Jusqu'au jour où...
      Mais essayons de ne pas penser à ce jour...
      Des êtres comme moi, il y en a beaucoup. Beaucoup.
      Si les moutons savaient...
      Sourire...
      Passe un bon week-end.

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    3. La société est, bien heureusement, plus (+) que binaire.
      Un petit mot d'Audiard, peut-être:
      "Lorsqu'un gars de 120 kg cause, celui de 60 écoute."
      ou de Sergio...
      "Il y a celui qui tient le révolver et celui qui est de l'autre côté avec une pelle... creuse!"

      Mais ça ne résume, heureusement, pas toute la société.
      Même si les prédateurs de tous poils veulent nous convaincre que, comme dans toutes compétitions, tu élimines ou tu es éliminé, il reste une voie transversale:
      Décider de ne pas compétiter.
      Rester sur l'étroite bande (qui pourrait devenir une autoroute en cas de haute fréquentation) entre les emmerdeurs et les emmerdés. Ca a un côté jouissif de voir les premiers gesticuler à vouloir te mettre dans le second cas et aussi de voir l'étonnement des seconds lorsque tu dis ne pas être prédateur.
      Mais c'est vrai que c'est un chemin un peu solitaire avant de trouver d'autres pro-meneurs de leur vie.
      Mais quelle qualité de vie... Avec juste un petit défaut: le manque de temps pour aller s'intoxiquer sur TF1...

      La bêtise des moutons a fini de me morfondre et me désoler. Tout le monde a croisé un jour une personne qui l'a incité à réfléchir et se prendre en charge. Je le fais toujours et encore. Par paresse, ils n'en ont rien fait.

      Comment peut-on voter pour un banquier lorsqu'on est à l'autre bout de l'échelle sociale?
      Comment peut-on passer de l'humanisme de Marx au racisme de l'extrême droite?

      @ Hyôtoko
      L'homme est un animal pas tout à fait comme les autres. C'est le seul qui soit capable de tuer sans avoir faim et qui soit capable de le faire sur sa propre espèce.
      Mais on peut vivre en marge de cette situation qui n'est pas une fatalité.
      Bien à toi
      et baci à la patronne.

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    4. @Hyoutoko

      Est-on mouton par son manque de volonté ? son suivisme ? sa veulerie ? ou plutôt par son incapacité à se défendre, par sa violence refoulée ou muée en non-violence, par une certaine douceur de poil ? par calcul ? Par lâcheté ?
      Les moutons sont comme les loups, il y en a de toutes sortes. Et les prendre pour des imbéciles est à mon avis une erreur.
      Est-on loup par fierté ? Par violence incontrôlée, par refus des règles, par révolte, par intolérance à la frustration ? par blessure narcissique ? par calcul ?
      Les loups sont comme les moutons, il y en a de toutes sortes. Et les prendre pour des monstres assoiffés de sang est à mon avis une erreur...
      Et les bergers dans tout ça ? Pourquoi sont-ils devenus bergers ? Par besoin de se distinguer ? par volonté ? par calcul ? Par orgueil ? Par peur ? par amour de l'autre ? Par désir de comprendre, de créer du lien ? par incapacité à choisir son camp ? Pour asservir les moutons? ou pour les guider ? Pour les protéger des loups ou pour les leur donner en pâture ?

      Rien n'est simple dans ce paysage. Les rôles ne sont pas figés. Les archétypes peuvent voler en éclat.
      Bisous de bergère, louve et brebis à la fois.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    5. @Blutchy

      Oui, j'aime cette étroite bande de promeneurs de vie...Il y a du Gandhi là-dessous...
      Réfléchir, ne pas avoir d'a-priori, aimer, extrêmement difficile effectivement de choisir la troisième voix dans un monde manichéen.
      Savoir tirer parti des leçons de vie, recevoir la lumière des porteurs de sagesse, se remettre en question...
      Quelle qualité de vie, c'est vrai.
      Offrir sans prendre...Partager, accepter sans courber l'échine, travailler sur soi. Un programme à temps plein qui laisse bien peu de temps pour s'intoxiquer avec les affligeantes saillies hanounesques...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    6. @ Blutchy et Célestine,
      Merci à vous deux. je savais bien cela... Moi même alternant tous les rôles sans me décider...
      Mais il y a bien des moutons qui en sont satisfaits, des loups qui en sont satisfaits et des bergers également.
      Les autres s'inclinent, se dressent ou se tiennent comme ils l'entendent sur l'instant...
      Rien n'est figé, tout est en mouvement...
      Du moins pour ceux et celles qui ne sont pas satisfaits d'eux-mêmes...
      Sourire à vous deux, également.

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    7. Je prends tes sourires, cher Hyoutoko.
      Te voilà donc à nouveau reparti dans une aventure bloguesque.
      On ne s'ennuie pas avec toi.
      bises attentives
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    8. @ Hyoutoko
      "Du moins pour ceux et celles qui ne sont pas satisfaits d'eux-mêmes...", dis-tu.
      On peut certes être satisfait pour telle chose bien précise que l'on a réalisé, mais
      comment peut-on être satisfait de soi-même sans être un sot...

      Plus on avance dans la vie et plus on mesure l'infinité du chemin qu'il reste à parcourir avant de pouvoir envisager d'être satisfait de soi-même.
      Gabin l'avait bien résumé:
      https://www.youtube.com/watch?v=orDR4JA91F4

      Bien à toi.

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    9. Quelle sagesse dans tes paroles...
      Finalement, j'ai au moins une satisfaction: celle de ne jamais être satisfaite de moi-même...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    10. Il n'y a pas plus chiant que l'autosatisfaction et ce sentiment d'être indispensable qu'on certaines personnes. Les élections pestilentielles nous en ont offert une sacrée brochette...
      Heureusement qu'à rester trop longtemps sur le grill, un bon nombre s'y sont cramées.

      Tu as une jolie façon de revisiter la chanson de Gabin ;-)
      Ti bacio Cara

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    11. Tu sais que je ne peux m'empêcher de pleurer quand je l'entends...
      Le dabe...mon paternel...Gabin...toi...tout se mélange... :*-(
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  31. Oui, ton texte est solide et vertigineux... difficile d'y ajouter quoi que ce soit ! Mais je me risque quand même à exprimer ce qui me vient : L'être humain a en lui, d'un côté, toute la bonté du monde et de l'autre toute la laideur aussi. Il a le choix de nourrir un côté ou l'autre de lui-même. En général les gens nourrissent les deux côtés, un peu de l'un, un peu de l'autre. Personnellement, mon choix est fait... je veux au meilleur de ma connaissance nourrir le "bon côté" de moi-même. Si j'avais choisi de nourrir l'autre côté je sais que le degré d'horreur que j'aurais pu atteindre est sans limite, c'est très clair pour moi. Pourquoi j'ai fait ce choix ? sans doute parce que j'ai eu la chance d'être aimée et que si je suis digne d'amour je peux donc m'aimer moi-même. Je parle de l'Amour véritable, il ne s'agit pas de romance avec un début et une fin. Certains n'ont pas eu cette chance et ne savent pas que la Beauté les habite, ils ne voient pratiquement que de la laideur en eux. En tout cas c'est une partie de l'explication il me semble. kéa

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    1. Merci beaucoup kéa pour ton intervention profonde et subtile.
      Tu me rappelles cette parole bouddhiste qui dit: l'homme possède en naissant toutes les graines en lui.
      Ensuite c'est lui qui choisit quelles graines il va arroser.
      Dans l'idéal, oui, ce devrait être comme cela.
      Mais comment certains tellement malmenés par la vie ne parviennent plus à décider de quoi que ce soit, et se laissent entraîner sur les pentes savonneuses de la capitulation...A cela, il est très difficile de répondre.
      Tu parles de chance...c'est vrai, la chance ne réside pas dans les événements, mais plutôt dans la façon que l'on a de les gérer. Je n'ai toujours pas d'explication, mais tu as raison, on n'y accède que par bribes.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  32. l'inné et l'acquis...
    l'empreinte du milieu social...
    l'éducation et l'amour reçus...
    tant de paramètres qui peuvent nous faire basculer du côté sombre!!
    merci pour ton texte ☺☺
    gros bisous

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    1. Nous sommes bien placés, il me semble, dans notre métier, pour voir s'amorcer les différents fils de la bobine...
      certains vont tirer sur le bon, d'autres auront moins de chance et s'emmêleront les pinceaux.
      Ce qui est certain, c'est que les élèves de Cathnounourse, la maîtresse bienveillante qui leur montre les jolies choses de l'existence, et leur fait faire du yoga, ont une chance inouïe de l'avoir rencontrée.
      Tu en as peut-être sauvé un seul, mais rien que pour celui-là, tu n'auras jamais perdu ton temps à dispenser du beau et du bon.
      Bisous ma belle
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  33. Des visages et des vies qui t'ont marquée et questionnée pour longtemps, toujours (?)
    Qui permettent de nous redire notre chance.
    Merci, Célestine, pour cet émouvant témoignage
    et toujours cet alternance de grave et de léger dans tes posts.
    Belle fin de semaine aimée et libre.
    Nicmo

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    1. La vie est grave et légère, Nicmo.
      Elle est sombre et lumineuse, et entre les deux toutes les fameuses nuances qui en font le chatoiement.
      Aimée et libre...quelle chance suprême, j'en suis encore dix fois plus consciente au bout de ces trois éprouvantes semaines.
      Merci tu me touches.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  34. (à suivre) Je vais lire avec passion tes chroniques et tes minutes, en silence pour que tu n'évacues pas la salle, forcené à saisir tes impressions. Il y a en toi tant de vers à soie qui s'activent

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    1. Des vers à soi, des vers à moi, de la poésie jaillissante et bienfaisante comme une fontaine, oui, j'en ai plein dans ma besace de voyageuse de l'âme. Et je les lâcherai en liberté dans un grand champ de possibles.
      J'ai beaucoup à dire encore, et je te remercie d'y être si attentif...
      Non, je n'évacuerai pas la salle.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  35. Grande expérience, hein Célestine !Une plongée au cœur de l'humain avec ses turpitudes, ses souffrances, ses ignominies. Moi je crois à la loi de cause à effet, à la réincarnation. Je suis attentif à tout cela. Mais comme tu le dis, il y a de quoi se poser plein de questions. Et à partir du moment où on se les pose , on avance. Ton témoignage est très émouvant.

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    1. Fabuleuse et unique dans une vie. je n'aurais raté ça pour rien au monde, même avec une jambe dans le plâtre.
      Les questions sur le karma n'ont pas fini de m'agiter en tous sens comme un goujon dans un étang !
      Bisous et merci
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  36. Je ne sais pas à quoi je m'attendais mais pas à ces trois cas dont tu parles. Des choses abominables. Difficiles à affronter, même si bien sûr il le faut. Je comprends très bien qu'en étant juré ça nous retourne parce que je lis des cas similaires dans les journaux, j'ai déjà du mal à les concevoir.
    Bises.

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    1. Je continue à penser que ces abominations, ce n'est pas la « vraie » vie, mais plutôt une sorte de cauchemar récurrent du mental qui obnubile la volonté et empêche l'individu de se connecter à sa réalité profonde.
      Mais oui, c'est dur. Et inconcevable.
      Bises cher Patrick
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  37. Les questions que tu te poses, n'en aurais-tu pas déjà certaines réponses, par ton métier ? Même si ça ne répond pas à tout (du genre : pourquoi la main tendue est attrapée par certains et pas par d'autres ?), je pense qu'au fond de toi, tu as une petite idée malgré tout. :-)

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    1. Je vois bien à quoi tu fais allusion. Néanmoins, il reste toujours ce mystère, c'est vrai : pourquoi certains attrapent la main, et pas d'autres ? Pourquoi certains sabordent-ils scrupuleusement toutes leurs chances de mener une autre vie, moins effrayante ou violente ? Comme s'ils étaient sous le coup d'un déterminisme fatal indépendant de leur volonté.
      La soeur de l'agresseur sexuel était venue témoigner pour son frère, et à un moment, elle dit: « laissez lui une deuxième chance. » Au-delà du caractère un peu théâtral et grandiloquent de sa déposition, je ne cessais de me demander si elle avait réalisé qu'en fait, au cours de sa « carrière » de délinquant, on lui avait donné au moins trois réelles chances de se réinsérer.
      Elle ne semblait même pas en avoir conscience. Ni réaliser que sa route avait été jalonnée de rencontres exceptionnelles. Un vrai gâchis.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  38. La question de la culpabilité d'un accusé est vraiment cruciale, et le doute s'insinue certainement dans chacun des jurés.
    De quoi avoir quelques mauvaises nuits...
    Votre texte m'impressionne, délicieuse. Vous avez une façon unique d'appréhender n'importe quelle situation, avec votre sérieux et votre grâce habituelle.
    Je vous souhaite de pouvoir garder le bon en évacuant le mauvais.
    Affectueusement votre
    ~L~

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    1. Je m'y emploie.
      Peu à peu les images s'estompent, celles qui m'ont tant impressionnée.
      Le récit de la jeune femme qui avait été violée fut particulièrement insoutenable.
      Quant au doute, c'est un compagnon qui ne quitte presque jamais un juré...
      Bien à vous cher ami
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  39. Je crois que tout le monde peut basculer regarde ces menteurs pathologiques qui tuent toute leur famille avant de disparaitre.
    Je te souhaite du courage pour continuer ton devoir de citoyenne.

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    1. C'est vrai, l'affaire de Jean-Claude Romand en proie à une crise de raptus fut particulièrement gratinée, à cet égard.
      Mon devoir de citoyenne est fini.
      Cela a duré trois semaines, du 2 au 19
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  40. Je comprends bien tout ce que tu dis, Célestine, moi qui ai assisté à un procès et qui ai failli être jurée. Meurtre d'un paysan par son commis qui était devenu l'amant de sa femme. Crime passionnel, ou pas. On ne saura jamais tout à fait le fond de la pensée de celui ou celle qui tue, qui viole, le savent-ils eux mêmes ? Non, je n'aurais pas aimé être jurée, c'est sans doute pour cela que j'ai été récusée, cela devait tellement se sentir et se voir...
    Beau week-end à toi, ma douce. Gros bisous.

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    1. Il est vrai que la récusation est vécue de façon très différente selon les individus.
      Certains sont tétanisés au moment du tirage au sort. D'autres ( comme moi) ont tellement envie d'être choisis par la main du destin...
      Bisous ma belle
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  41. C'est un joli texte, honnête et pudique! Je n'ai été tiré au sort qu'une seule fois et le deuxième tirage au sort définitif m' a épargné, je ne l'ai point regretté.....

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    1. Merci Alezandro. Honnête je ne sais, mais pudique, oui sans doute, peut-on être autrement sur un sujet aussi délicat ?
      Bisous et merci de ton intervention. ;-)
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  42. Il est difficile d'avoir une "intime conviction", même à propos de gens qu'on connaît très bien, comme ses enfants, son mari, ses amis. On peut avoir bien des surprises parfois. Alors comment en avoir sur des personnes qui n'ont absolument pas le même vécu, les mêmes valeurs ? Comme tu dis, pas facile...
    Les couleurs heurtées de ta bannière reflètent sans doute ton petit chaos intérieur. :)

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    1. C'est vrai, je n'avais pas envisagé ma bannière sous cet angle...
      Un petit chaos intérieur qui commence à s'ordonner un peu...ma sérénité revient peu à peu.
      Merci ma douce
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  43. Je me souviens que dans le film L’hermine, le juge incarné par Lucchini, en invitant les jurés à se forger une intime conviction, leur disait: rappelez-vous que la justice est là pour rappeler la loi, pas pour proclamer la vérité… La vérité des êtres, c’est tellement difficile à identifier. Il y a tellement de vérités. Et elles varient même à l’intérieur de nous, selon les moments.
    C’est dur d’avoir à juger d’autres personnes. Et pourtant, la société a besoin de poser des balises. Cette expérience a dû être intense, riche, perturbante, émouvante pour toi. Peut-être qu’elle t’a ouvert les yeux sur des aspects de la condition humaine que tu ne connaissais pas encore ?
    La question du chemin de vie, je n’arrête pas de me la poser, dans la rue, quand je vois des SDF, ou à la télé, face à de spectaculaires réussites. Qu’est-ce qui nous fait donc basculer, dans un sens ou dans un autre ? Difficile à dire… Une seule voie possible : tenter d’être une personne qui sourit, qui tient la porte, qui tend main, bref tenter d’être quelqu’un de bien…

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    1. Le président du jury nous a parlé de ce film que je ne connaissais pas. Du coup, je l'ai acheté pour pouvoir le regarder tranquillement.
      Je ne doute pas qu'il aura une résonance particulière à l'aune de ces trois semaines de session.
      Les balises de la société, oui voilà un sujet qui mériterait un billet à lui seul.
      Prévention et répression se disputent sans cesse sur le terrain.
      La phrase de Victor Hugo devrait être érigée en devise nationale: « Ouvrez des écoles et vous fermerez des prisons... »
      Elle a en tous cas été présente au coeur des débats.
      L'émancipation de l'homme, sa socialisation, son humanité-même puisent leurs sources dans l'éducation, dans le savoir, dans la connaissance.
      Le langage bien maîtrisé évite la violence.
      Le savoir libère et apaise.
      Un vrai problème politique et philosophique. Sourire, tenir la porte, tendre la main...peut-être n'est-ce pas accessible quand on n'a connu quel la misère et la violence ?
      Bisous ma belle
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Non, c'est certain : sourire, tenir la porte, tendre la main n'est possible que si on a reçu des quittances positives (ou au moins quelques unes). Et, si on fait partie de ceux-là, il est bon de savoir redonner ailleurs, plus loin, dans la rue, sur les trottoirs, à des inconnus, à des anonymes, aussi bien qu'à des proches. Il est bon de connaître l'importance d'un regard +++, d'une main tendue et de semer ces petites graines de reconnaissance autour de soi. C'est peut-être aussi un moyen de prévention, à petite échelle, à notre portée au quotidien. bises D.

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    3. Tout à fait.
      C'est ce que Isabelle Padovani essaie de démontrer dans cette conférence extraordinaire.
      Bises chère Dad
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  44. Je suis encore sonnée de ce que j'ai lu ....Ne me vient que
    De tout dans ce Monde ...Tant de Chemins tordus , épars , vertigineux
    Bise Célestine ...Betty...Harmony

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    1. Tu as lu tous les commentaires, Betty Harmony ?
      En tous cas ta phrase est belle. Merci. :-)
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  45. Bonjour Célestine, ton texte est bouleversant et oui, combien de questions sur ce "chemin de vie". J'imagine que jour après jour, l'émotion devait être grande en toi et toujours se dire ai-je répondu juste. D'un autre côté, ce fut une grande expérience mais pas facile à vivre avec mille pensées dans la tête.
    Tes mots me touchent beaucoup.
    Bisous chère Célestine ♥

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    1. Tes mots aussi me touchent, Denise. Et surtout ta fidélité à mes écrits.
      Mon prochain billet est plus léger.
      Je t'embrasse
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  46. Pour ma part, nominé 3 fois, jamais élu.
    L'expérience doit-être étonnante. Visiblement, humainement, elle t'a apportée.
    Ça rassure.
    Bises sans verdict.

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    1. Elle m'a apporté, c'est vrai. Emue, brassée, bouleversée...
      Tu as dû être déçu, non, de n'avoir pas été tiré au sort ?
      Bises solidaires
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  47. Chère Célestine,

    que ce doit être difficile de "juger" ces accusés. Je ne sais si j'en serai capable.
    Souvent, souvent quand j'entends un fait divers, je me demande ce qui a bien pu se produire dans la tête de la personne pour arriver à commettre l'irréparable... Et je me garde bien de le juger sachant que j'ignore tout de son histoire... sachant de mieux en mieux mettre la lumière sur mes propres zones d'ombre...
    J'ai entendu à La Grande Librairie de F. Busnel, jeudi, cet écrivain René Frégni dire: " La justice cherche le criminel dans l'homme, moi je cherche l'humain dans le criminel"
    J'ai trouvé cela beau, proche de ce que je ressens parfois.
    "La sainteté, c'est juste éloigner le mal que l'on porte en soi" ... C. Bobin.
    Je rejoins chacun de vous dans ce que vous exprimez à propos de la main tendue.

    je t'embrasse de toutes mes étoiles (expression empruntée à une de mes filles)

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    1. Tu me présenteras ta fille ? Elle me plaît déjà...
      Sinon, merci ElLinda pour ce beau témoignage, émaillé de sagesse et de belles phrases de deux auteurs que j'adore. René Frégni a une écriture fabuleuse. Bobin n'en parlons même pas...
      Je vais m'empresser de regarder la Grande Librairie en replay.
      Je t'embrasse de toutes mes étoiles aussi, chère poétesse
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  48. Aah Célestine; la bienveillance, l'humanité, l'empathie profonde qui coule de tes billets...
    On devrait te cloner ou du moins faire de tes billets des lectures obligatoires et remboursées...
    J'ai vécu la violence d'une cours d'assise et tes mots sont si justes car victime, coupable, témoin n'en sortent pas indemnes - un mot me vient : fracassant.

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    1. C'est cela : fracassant comme une tempête qui fait bouger les lignes.
      Mais au profond, un bouleversement qu'il convient de rendre salutaire en réfléchissant.
      Un révélateur de soi.
      Merci pour tes mots dithyrambiques, petite miss.
      Douces pensées
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  49. Bonsoir Célestine,
    je comprends les questions que tu te poses. Ce sont des questions éternelles, je crois,et auxquelles personne n'a vraiment trouvé de réponse.
    J'espère que tu t'es remise de cette épreuve difficile à vivre et que tu passes un WE agréable.
    Bises,
    Mo

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    1. Eh bien oui, j'ai passé un fabuleux weekend, et cela m'a bien aidée à oublier cette expérience de vie et son côté sombre, surtout.
      Bisous
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  50. Oui, c'est curieux, ces destinées. Déjà qu'on a pu se questionner chez nous, abondamment, avec des criminels tels que Dutroux... Fourniret. Et le silence de M. Martin, et la complicité de l'épouse du deuxième. Il y a une marge entre un passage à l'acte dû à un moment de colère (venue de quelles profondeurs?) et les crimes préparés, mais avec tout cela, je ne t'apprends rien.

    Je sais en tout cas qu'il y a eu une personne (une seule! Heureusement!) dans ma vie... Un moment donné, un très très bref instant, s'il avait été là, en face de moi, hum, je ne sais pas ce qui se serait passé. En tout cas, heureusement, la colère a basculé en désespoir et pleurer m'a sauvée. De toute façon, il n'était pas là. Maintenant encore, quand je le vois (même virtuellement) sur le net, je suis malade.

    Mais voilà, on peut être quelqu'un qui réfléchit, seulement, la colère (je ne me penche que sur cet aspect-là qui peut pousser à l'acte), c'est terriblement déstabilisant. Je ne parle pas de la colère liée au fait d'être colérique, non, ça, je ne sais pas ce que c'est, mais tout d'un coup de découvrir qu'il y a une colère en soi, (un peu comme le feu d'un volcan qui couve), et se demander d'où ça vient, et pourquoi ?

    Car je pense qu'il y a une part d'inexplicable... Même si on peut remonter les faits et leurs conséquences...

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    1. Accepter de contenir en soi toutes les tendances de l'être humain, c'est sans doute faire preuve d'une grande sagesse.
      Il m'a fallu longtemps pour l'admettre.
      Nos côtés noirs sont en nous, et seules les circonstances de notre vie décident de les faire émerger ou pas.
      Oui, il y a sûrement au moins un moment dans ma vie où j'aurais pu ne pas répondre de moi, et cette violence, heureusement, s'est muée en pleurs pour moi aussi.
      c'est dire si je te comprends
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  51. ce doit être angoissant d'être confronté à ces cas réels. J'ai été frappée un jour par une phrase (peut être une citation) prononcée par A Jacquard " l'homme est incliné au mal, mais disposé au bien" qui dit tout le travail qu'il y a à faire pour rester sur les chemins du bien. Par ailleurs, ce qui est terrifiant est la pulsion, qui échappe à tout contrôle, quand le cerveau reptilien s'empare des rênes

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    1. Je pourrais te répondre la même chose qu'à Pivoine.
      Tout n'est qu'une question de circonstances, de lieu, de temps et de rencontres aussi. Surtout de rencontres.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  52. franchement, je suis songeuse car je ne sais pas si je suis capable de faire ce que tu as fait et ensuite d'analyser de telle façon; chapeau!!

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    1. Merci ma belle.
      Tu t'étonnerais sans doute toi-même, je pense.
      Il faut le vivre pour savoir.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  53. Brrr! Je crois que je me serais fait porter pâle, à ta place !!

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.