jeudi 25 avril 2013

Chemins de traverse






Afficher l'image d'origine



















Sur ses petits chemins transversaux, bien loin des routes nationales, elle rêvait toujours d' escapades au ciel turquoise et aux nuages orange, aux aiguilles de pins cembros, des aiguilles douces crissant sous les pieds sans blesser les orteils. Elle mettrait sa petite robe d'étoiles et ses espadrilles de satin bleu. Elle ne demanderait rien d'autre que de sentir des gouttes de rosée au coin de ses yeux, de suivre des chemins de soleil tortueux au bord des falaises noires, d'enfouir ses narines dans l'odeur du foin coupé. Le décor tremblerait dans la chaleur de mai.
   Elle désirait goûter la vie comme on trempe ses doigts gourmands dans la confiture de mûre.Comme on se glisse voluptueusement dans l'espace indicible entre les heures et les minutes. Elle rêvait de sentir ainsi vibrer celui qui l'enlèverait, un prince, un bûcheron, un troubadour, un Cyrano, un chevalier des champs de blé ou de luzerne, quand elle s'accrocherait, en fermant les yeux, avec un petit rire de souris blanche, comme à un rocher, à son corps tendu vers l'espace. Blottie sur le porte-bagage de la douceur de vivre, elle arrondirait les bras en parenthèses. Juste un instant d'éternité. Leurs mains se chercheraient. Leurs doigts se chercheraient. Le vent chuchoterait à leurs cheveux.
   Les astres et les fleurs se troubleraient de tant de bonheur. 
Ils trouveraient un escalier herbeux et sauvage, et le coeur palpitant tout en haut des marches, il l'embrasserait et l'éblouissement de ce baiser unique ferait pâlir les nébuleuses et les éclipses de lune.
 Infiniment.  

77 commentaires:

  1. ça doit ressembler aux rêves furtifs de ma belle-âme, ma grande girafe qui vibre certainement sur ce tempo dans ce jardin secret dont l'accès m'est défendu. ça ressemble à nos rêves d'ados dans un monde trop étroit.
    Demain je lui ferai lire ce joli texte....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis une éternelle ado, quelque part...dans un coin de ma tête enfiévrée.
      Sourire.

      Supprimer
  2. j'arrive pas dormir bouuuh je suis en soucis alors je viens te lire Célestine ça m’apaise , c'est beau ce que tu écris , j'aime bien les escaliers herbeux et sauvages ça doit être sympa mais c'est dangereux quand même de s'embrasser en haut des marches surtout si on a le cœur palpitant , et la souris blanche a t elle un rire différent de la souris verte qui courait dans l'herbe ? bon je retourne au dodo j'espère que ça va m'aider à dormir merci de ce beau texte ! bisous et demain au petit déjeuner je tremperai mes patounes dans la confiture de mure !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh, pauvre petit singe vert, tu es en souci? Pas graves j'espère! C'est vrai que tu as posté super tard... Dis donc, toi qui es si insouciant d'habitude, et alors tes amis, Dudu la tortue , et chien Blanc, et tous les autres, ils n'ont rien fait pour te consoler? Il va falloir que je leur tire les oreilles! Quand un ami a du souci, il faut l'aider.

      Supprimer
  3. C'est beau tout plein et tellement romantique.... bonne journée et belles vacances

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La vacance me rend romantique, chère Brizou...
      Ou peut être tout simplement la douceur de l'air, enfin, après cet hiver a tiroirs gigognes qui ne semblait jamais vouloir s'arrêter...romantique et pleine d'idées d'escapades très douces.
      Bonne journée.

      Supprimer
  4. Le rire de souris blanche me fait sourire. :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Souris, Blanche, on est filmés, disait mon père.
      Et c'est vrai que ça me faisait sourire...comme un goût de bonheur ou de noisette.

      Supprimer
  5. Bref, elle avait un petit vélo dans la tête ! :~)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Voilà, c'est exactement ça. J'ai une conception du vélo tout a fait personnelle, et pas du tout orthodoxe, et je trouve que le dessin de Sempé correspond exactement à cette idée. Un sentiment de liberté, de petits chemins, que l'on retrouve dans la chanson de Montand " à bicyclette"
      Je pense aussi souvent a la bicyclette bleue, le très beau roman de Régine Desforges, pour moi, la bicyclette c'est tout sauf cet engin qui déboule sur les routes et sur les ondes au mois de juillet, ces machines à fric conduites par des hommes aux costumes bariolés et hideux, se déplaçant en pelotons en ne regardant rien du paysage, courant comme des forcenés après la gloire et les billets de banque.
      Tu l'auras compris, j'adore le vélo mais je déteste le cyclisme.

      Supprimer
  6. merci pour ce beau moment de poésie et de douceur.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh merci Anne, cela fait longtemps que tu n'étais plus venue poster un comm par ici. Cela me fait très plaisir. Cela me donne envie de retourner voir ce que tu deviens. Une journée qui commence dans la douceur. Voilà qui est admirable.

      Supprimer
  7. Ah !! les rêves des jeunes filles en fleur aux espadrilles en satin bleu (ça doit être fragile ça !!)........

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, c'est fragile le satin bleu, comme le regard d'un enfant, comme la frange d'écume sur la plage et comme les myosotis qui éclairent doucement le chemin des songes.
      Et on ne peut pas les ravoir a l'eau de javel, il faut donc faire attention ou l'on pose ses pieds. Mais en poésie, pas de danger, rien que de l'herbe douce.

      Supprimer
  8. Un vrai rêve d'essenCiel que nous portons tous en nous !

    Je note et j'aime la douce frénésie de couleurs ( bleu blanc turquoise orange noires ... ça brille ça vit ça pépite ! ) et d'images que ton texte dessine, dans tous ses parfums et en quelques mots ... On en prend plein l'aveu ! Une tendre gourmandise de gosse, un "amour-poésie" au creux des bras et de l'enfance ...

    Le temps d'une éternité ... ! d'amour ado fresh !

    kiss kiss

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Une journée qui commence vraiment bien, avec , du coup, des envies de partager ces doux moments de rêve.c'est, comme tu le sais, ma façon de traverser la vie, puisque, de toutes façons, il ne sert pas a grand chose de se lamenter...sinon s'emplir de mauvaise humeur.
      Alors je suis mes petits chemins de traverse et je salue les gendarmes et la maréchaussée.d'un petit signe amical de souris blanche.
      Contente de te voir Veronica, et merci pour ton analyse de texte jubilatoire.

      Supprimer
  9. C'est très beau, ça donne envie de rêver et de se sentir éternellement jeune...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Une bonne cuillère de rêve tous les matins, et plus besoin d'ampoules ni de comprimés. C'est mon secret de jouvence, et je te garantis que ça marche! Cent pour cent écologique, gratuit et inoffensif pour la santé. Y croire est le seul préalable. Se sentir des petites ailes, donner du bonheur autour de soi, voir briller les yeux des petits et des grands, s'inventer un monde aux couleurs plus soutenues, ne pas regarder ni derrière, ni en bas, mais toujours porter son regard sur la ligne brillante de l'infini. Se réjouir de ce que l'on est capable d'imaginer et de vivre vraiment.
      Et l'ordonnance est gratuite aussi. ^ ^

      Supprimer
    2. Je n'avais pas encore lu ta réponse...oui la rêverie et le songe permettent de rendre belles les nuits d'été trop longues...tant que ce n'est pas une rêverie amoureuse, le médicament fonctionne à merveille et ses effets secondaires sont magiques...
      Belle journée...

      Supprimer
    3. Pourquoi cette restriction? Toute rêverie est bonne et douce a prendre...
      Mais ce n'est que mon avis...

      Supprimer
  10. Au lieu d'un grain de sel j'ajoute une pincée de poussière d'étoiles...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Magnifique! Un de mes ingrédients favoris. Il y a quand même une chose extraordinaire dans la poésie. C'est que c'est contagieux. Mais pas au sens de maladie que l'on chope, non plutôt au sens de communicatif, comme un rire en cascade, un fou rire, que,que chose de doux et chaud que l'on a envie de partager.
      Un moment de grâce et de paix par la magie de simples mots, ou chacun s'en retourne a ses occupations avec des étoiles plein les yeux. E ça, comme je le disais a MTG plus haut, ça vaut tous les anxiolytiques du monde. Ça devrait être remboursé par la sécu...bonne journée commissaire!

      Supprimer
  11. Gouter la vie , la savourer ....

    Toujours et dans toutes circonstances ..
    Tu sais bien Célestine

    c'est bon de te lire Célestine

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. A oui, je crois que quelque part, dans un coin de ma tête, ce billet est dédié a toutes les âmes sœurs. Et tu en fais partie, sois en persuadée. Certainement par ce petit côté léger et brillant a la fois qui te fait goûter la vie comme je la goute: un élixir dont on peut abuser sans risque d'overdose.

      Supprimer
  12. Un peu de soleil dans un ciel gris. Une envie de rêve qui prend à la gorge.Et pourquoi pas ? à condition que le carrosse de cendrillon ne se change pas en citrouille et le prince en vilain crapaud.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'idéal est de ne pas le prévoir aux alentours de minuit, alors. Pour limiter les risques! Le plus loin possible de minuit, c'est midi...

      Supprimer
    2. Midi, l'heure des sages, l'heure des rendez vous, des croisements furtifs, des regards échangés. Plonger dans le bleu profond. Cueillir un sourire, une l'arme, un regret, un espace...trouver au sentiment sa juste place. Le temps d'une parenthèse....

      Supprimer
  13. Des moments inoubliables.... Belle journée Bises

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu l'as dit, inoubliables. Forcément, les seuls que l'on ne saurait oublier, par leur intensité.On oublie tant de jours de tristesse, mais jamais un moment de tendresse, comme dit Jean Gabin dans sa chanson "Je sais".

      Supprimer
  14. J'aime beaucoup cette idée d'être pris entre deux parenthèses...
    Baci

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et la poésie bordel!
      Mauvais esprit, na!

      Supprimer
    2. Je dirais plutôt comme ça:

      (*)

      Supprimer
    3. Elève Blutch, vous avez dit un gros mot! (mais je vous pardonne puisque c'est une référence culturelle à un film culte)

      Supprimer
    4. Maitresse, Saul-Fifre y fait rien qu'à provoquer pour être désagréable.

      J'aime mieux ta façon de poser les parenthèses :-)

      Pour le gros mot, si j'avais marqué sacripant ou vertudieu, tu aurais eu plus de mal à remonter au film culte...
      Baci

      Supprimer
    5. Bon, je veux bien passer l'éponge, j'aime bien que les élèves argumentent, c'est une preuve de bonne santé civique. Mais attention à ne pas trop abuser de ton sourire charmeur auprès de la maîtresse. Ça ne prendra pas à tous les coups.

      Supprimer
    6. Dommage, j'aime bien voir la maitresse sous mon charme latin...

      Supprimer
    7. tt... tt... subornation de fonctionnaire, ça va chercher loin!

      Supprimer
    8. Bien calé entre deux parenthèses, le bout du monde n'est pas si loin.

      Supprimer

  15. Votre billet est écrit avec le cœur -et cris du cœur. Quel enthousiasme, quelles délicieuses allégories ! Qui ne rêverait être l'espace de l'instant ce "chevalier des champs de blé ou de luzerne", "blotti sur le porte-bagage de la douceur de vivre dans l'apparente aise".
    C'est là une grande joie de suivre grâce à vos mots si bien choisis vos "chemins de traverse".
    La vacance vous va bien

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci cher Nuage, vos commentaires sont toujours un vrai plaisir poétique.
      le plus grand mérite revient à ce délicieux dessin de Sempé qui a déclenché en moi une avalanche de sensations et d'émotions que j'ai vite dû coucher sur le papier (virtuel) pour éviter qu'elles ne s'envolent...

      Supprimer
  16. Que c'est beau et bon à lire, à rêver, à se souvenir :-)

    Merci d'avoir ravivé le souvenir de doux émois d'une façon aussi poétique.

    :-*

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah Stella, j'espère que, jeune comme tu es, tu vas en vivre encore beaucoup des émois de telle sorte.
      Les souvenirs c'est bien de s'en faire à chaque âge de la vie.
      Et surtout de leur préférer le présent.

      Supprimer
    2. Oh mais j'aime la nostalgie de pouvoir dire "tu te rappelles quand...". :-D

      Les souvenirs sont précieux à tout âge, et en effet ils doivent surtout servir à apprécier chaque instant présent. Autant qu'ils soient bons, car ils feront les souvenirs de demain!

      Supprimer
    3. Tu as raison! Le tout est de ne pas se laisser envahir par une nostalgie non créatrice...:-)

      Supprimer

  17. (réparation d'omission)

    Bravo également, il s'entend (!), pour l'accompagnement musical si harmonieusement choisi

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il me vient, dans ces moments de songe éveillé, une furieuse envie de gratter ma guitare, et Django contribue avec bonheur à ma transe poético-bucolico-musicale

      Supprimer
  18. Ah! la rêveuse Célestine, je vois que le printemps te donne des idées, dans ces chemins de traverse ou vicinaux!le plaisir nous prend de flâner, pour cueillir par ci par là, des fleurs,sentir à pleins poumons, l'air champêtre et si en plus notre coeur frémit par les caresses de son compagnon ou de sa compagne!Quel bonheur, que le hasard d'une rencontre sur les chemins du paradis.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le printemps donne des idées à tout le monde, non? les odeurs du printemps, qui dira les odeurs du printemps? Le miel du lilas et du tilleul,l'herbe fraîchement tondue, la terre humide du matin,un concentré de parfums quasiment aphrodisiaques!

      Supprimer
  19. ...de notre compagnon ou de notre compagne (excuse me, Célestine, avec l'air de la campagne,je tombe dans les pommes.. !)

    RépondreSupprimer
  20. ah les dessins de Sempé, quel bonheur :-)
    bonnes vacances!

    RépondreSupprimer
  21. "Rêver c'est le bonheur, l'attendre c'est la vie".
    J'ai les sabots sur terre, je vois la vie comme elle est...
    Mais, Célestine, j'adore les dessins de Sempé !
    Ne rêve pas trop pour ne pas manquer l'essentiel...
    Bonne fin de semaine et gros bisous d'O.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne rêve jamais trop...chère Soène.
      Déjà obligée une grande partie de ma vie d'avoir les deux pieds sur terre, pour mener mon bateau à bon port,heureusement que pendant les vacances, je me permets de petites escapades au pays des songes...
      Gros bisous!!!!

      Supprimer
  22. Je somnambulais.

    Mes pieds nus s’enfonçaient dans un nuage de mousses fraîches.
    Les grands arbres, dont la cime, pics de lances guerrières, pointaient à vouloir fendre la voilure constellée de la brillante lune reposant son corps sur ce drap d’or ;
    Les grands arbres, relâchant un bras de leur majesté effleuraient mon dos, me poussant vers la clairière !

    Je somnambulais.

    Eole, un temps, par un souffle léger, venait virevoltant faire le tour de ma tête comme une écharpe posée avec élégance.
    Puis impatient, voulant me déplacer plus rapidement qu’au protectorat feuillagé, il se tempêta pour me prendre aux jambes.
    Tel fétu de paille, il me déposa sur l’île herbeuse éclairée par la pâle lumière de l’astre maître de la nuit !

    Je somnambulais.

    Dans ce halo luminescent, comme mis sur la piste d’un cirque, je distinguais une foule de spectateurs : « Ecureuils, biches, lapins, aux yeux noisette; escargots, limaces, fourmis, de doigts et d’antennes agitées; chouettes, chauve-souris en pendants pendus», tout un monde interrogatifs en bordure circulaire de cette piste aux étoiles !

    Je somnambulais.

    La Princesse était là, dans la légèreté en cascade de mousseline blanche d’une robe pure ondulante.
    Sa longue chevelure brune, sertie d’une couronne de fleurs d’églantiers, retombait sur le cou jusqu’à son épaule dénudée laissant apparaître une peau blanche nacrée.
    Des boutons de roses refermaient, d’un sensuel décolleté jusqu’aux chevilles, le soyeux tissus brodé.
    A ses pieds, un lacet d’or accrochait mille lucioles en chausson et une ceinture de renouées fleuries entourait sa taille fine apportant une touche délicate à cette divine beauté !

    Je somnambulais.

    Ses yeux, son sourire, je ne saurais vous décrire leur complexe magnificence et de son chant, je ne puis vous faire entendre sa symphonique élégance !!!

    Je me réveillais,

    Et à ses lèvres prises par mon baiser, je garde égoïstement la saveur comme le papillon au nectar s’embellit !!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Woau! il n'y a pas que moi que le printemps rend lyrique...
      Merci pour ce magnifique tableau sorti tout droit d'une mythologique féerie.

      Supprimer
  23. Le rire de souris blanche... une trouvaille délicieuse!

    Ca m'a presque rappelé le mouvement du pédalage, les mollets qui tirent et qu'on sent bien vivants, le soleil et cet avenir infini sur la route de la vie quand on n'était qu'au début de la montée... :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Une jolie métaphore cycliste, chère Edmee, moi je suis en haut de la montée, le panorama est merveilleux , je le goute intensément, et je ne suis pas pressée de redescendre de l'autre côté! Je suis sûre que tu es comme moi...

      Supprimer
  24. Je me surprends au rêve éveillé. Si court texte et pourtant si envahissant dans la tête et le cœur. C'est mieux qu'un bouquin. Hyper efficacité de l'instit modèle qui peaufine ses talents pendant les vacances. Quel bonheur de te lire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh la la! Marieswiss comme c'est magnifique ce que tu écris la! Je me retourne, il n'y a personne, c'est bien a moi que ces mots s'adressent...instit modèle, je ne sais pas, mais amoureuse modèle, ça oui.
      Bon sang ce que j'aime la vie! Et qu'elle me le rend bien!!!

      Supprimer
  25. Voluptueux.. le reste n'est que vie en apnée.. :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Exactement. Une apnée entre deux profondes respirations...
      Bonne journée ma belle, ça me fait toujours plaisir de te voir.:-)

      Supprimer
  26. Je parlerai à mon amant le psy de ce chemin de traverse.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est pas terrible de coucher avec son psy... Ça fausse un peu la thérapie!Mais bon, ce sont peut-être les dernières méthodes importées des Huesses...;-)
      A ce compte-là, je serais curieuse de savoir ce qu'il dira.

      Supprimer
    2. Il en dit ça:
      ".....D’une rotation sur la pointe, elle réussit un demi tour sur elle-même en repliant la seconde jambe comme on enfourche une selle, sans le perdre. Approuvant l’initiative, il s’écarta suffisamment pour cette douce manœuvre mais resta toutefois dans son âtre, dur comme une bûche de chêne au milieu de braises incandescentes. Il attisa délicieusement au boufadou tranquillou puis le coeur et le poumon prirent le rythme d’un soufflet sur la forge. La flamme partit en une bouffée brutale. Des vibrations saccadées faillirent l’éjecter mais elle le garda en elle pour une ondulation plus longue avec le tendre gémissement d’une plainte contenue tandis qu’il pensait à ses impôts pour ne pas subir la contagion de ce brasier fatal, garder son ultime munition et l’accompagner encore. La lune rosit de pudeur ou du soleil montant. Un nuage lui ferma l’œil comme une paupière. Elle se souvint qu’il tenta une fois de prendre son chemin de traverse et elle avait fait entretenir par son mari le passage de cet itinéraire bis. Alors, elle se dégagea lentement, le guida en le caressant et lui offrit sa bague la plus précieuse à son troisième majeur. L’arc formé de son corps cambré comme une vénus Hottentote reçu la flèche de Cupidon intrigué et ravi de cette cible inattendue et, pour tout dire, inespérée. Son cœur, lui aussi à l’étroit, explosa dans sa poitrine. Frémissante, le regardant par dessus son épaule, en contrôlant de ses mains verrouillées à ses hanches l’équilibre de l’attelage et la tendre progression de l’intrus, perçut une brûlure. Puis, la chaleur de ce pieu qui l'empale, l’envahit. Elle se sentit dominée et puissante à la fois dans une étourdissante composition de bonheur subtil, de plaisir animal dotée d'un pouvoir incommensurable.Il murmura dans ses cheveux et la douceur de sa nuque une supplique inutile : elle était de toute façon incapable de ne pas se laisser emporter.Le vent inclina les fleurs vers le sol comme pour les posséder et désaltérer de rosée leurs corolles. Le soleil apparut dans la lune et il y eut sur le pré l’ombre chinoise d’un animal mythique à deux têtes dont l’une exhale et l’autre brame. Les lapinoux debout, l’œil alerté, les oreilles tendues ont cessés leur dînette...."
      Un malade ce psy!

      Supprimer
    3. Il a vu tout ça dans un simple petit dessin de Sempé? Effectivement, il est trèèèès doué, c'est un malade ...du détail.Le test de Rorschach peut aller se rhabiller!
      Mais j'aime bien, nonobstant, quand mon blog se transforme en atelier d'écriture, et certaines trouvailles me font vraiment beaucoup rire, comme par exemple le côté inhibiteur sexuel de la feuille d'impôts, la petite référence à Brassens, et les lapinoux dignes d'Alphonse Daudet, non vraiment, c'est bucolique à souhait...
      C'est simple si j'osais, je dirais que ça me troue le cul, un tel talent...

      Supprimer
    4. Bien vu:"et pour tout dire inespéré[e]" il y avait aussi [du coté] "du poumon"
      Mais Brassens n'y est pour rien.

      Supprimer
  27. Félicitations Celestine.Manifestement les chemins de traverse te sont familiers.Ta plume est une de mes préférées,vraiment,et je pèse mes mots.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Rhôôô quel honneur monsieur le comte!. J'en ai autant à ton service!Tes participations aux plumes sont étincelantes. Je me souviens notamment d'un texte glacé et désespéré qui m'a laissée pantoise.(poil à la framboise)
      Tu reviens quand tu veux.;-)

      Supprimer
  28. Plusss romantique que ça, on peut pas !!
    Et je ne pèse pas mes mots, ils me viennent comme ça...
    C'est bô le conditionnel, une évasion ... Mais il faut bien revenir sur terre, enfin je veux dire sur le goudron des autoroutes, et ranger pour un temps la boite à délires...
    Et pour tout dire, la sensation des doigts trempés dans la confiture me serait désagréable ! ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La confiture, c’était une image, à vrai dire.Juste une image, cher Antiblues. Un "délire" de vacances.Je serai bien vite rattrapée par l'asphalte des autoroutes de l'information, le 6 mai à 8h30 ou le petit doigt sur la couture du pantalon je me présenterai au rapport à ma supérieure hiérarchique.Pour mener à bon port mes deux cent quatre vingt six élèves que des parents inquiets ont confiés à l’Éducation nationale...Et là, crois moi, mes petits chemins de traverse ne pèseront pas bien lourd sous le pas pesant du mammouth.D'autant que, pour parfaire le tout, la retraite n'est pas pour tout de suite, on dirait même q'elle s'éloigne au fur et à mesure qu'on avance, et je me demande même si on la rejoindra un jour...Je n'ai donc, pour m'évader de ces lourdes perspectives, que mon imagination et ma "boite à délires".Et le conditionnel. Désolée pour la sensation désagréable que t'a procurée mon billet. ;-)

      Supprimer
    2. Reste telle que tu es Célestine. Ce sont La poésie, le romantisme, l'utopie humaniste qui rendent le bitume supportable, car ils ouvrent la perspective d'un monde meilleur sur des chemins de traverse.
      S'il n'y avait pas la boîte à délires il n'y aurait pas non plus de raisons de se lever le matin pour servir d'automates à une économie inhumaine qui à pris ses quartiers jusqu'au plus profond des administrations.
      Même les Juges ont besoin de leur boîte à délires avec le mur des cons, et c'est tant mieux. En déchargeant leur agressivité sur un mur, ils ne le feront pas sur les justiciables.
      De même, lorsqu'on a perdu le petit vélo qui trotte dans la tête sur des sentiers sauvages au profit du raisonnable goudronné, le caractère tourne à l'aigre et ce n'est pas de ça que deux cent quatre vingt six gosses ont besoin.
      Je sais que tu ne cesseras jamais de mettre tes doigts dans la confiture parce que c'est génétique chez-toi. Reste dans la bonne conscience que les transgressions au raisonnable sont la respiration indispensable d'une âme bien faite.
      Baci

      Supprimer
  29. C'était donc ça : un goût de fraise. (^_^)

    RépondreSupprimer
  30. En lisant ce texte, j'ai comme l'impression de sortir d'un rêve récent, où je pataugeais entre les pins humides en prenant des chemins de traverse sous une pluie battante sans pouvoir m'arrêter, ne serait-ce que pour m'accrocher à un bout de terre.
    Comme j'aime particulièrement ton avant-dernier paragraphe: " Elle désirait goûter la vie comme on trempe ses doigts gourmands dans la confiture de mûre..."

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et particulièrement: "Elle rêvait de sentir ainsi vibrer celui qui l'enlèverait, un prince, un bûcheron, un troubadour, un Cyrano, un chevalier des champs de blé ou de luzerne, quand elle s'accrocherait, en fermant les yeux..."

      Supprimer

Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.