lundi 1 juillet 2013

Force vitale

C'est toujours à un moment inattendu et fugace que la force vitale choisit de m' entrer dans la peau. Comme une évidence.
Comme le murmure de l'eau dans les gouttières au coeur d'une nuit d'averse. Comme les piaillements aigus des mouettes au bout de la grève blonde.

Je marche un soir de juillet, sur une vaste place rose,  le vent agitant son ombrelle de feuillages au froissement de papier dans le sombre soleil crépusculaire.

Et soudain, c'est difficile à expliquer, avez-vous déjà ressenti cela? il semble que la Vie entre en moi, qu'une vague orgasmique me soulève, m'attise, m'enveloppe, me vibrionne, me fibrille, me tachycarde. Cela part du fond de mon ventre, remonte le long de mes vertèbres, plonge dans mon estomac, agite le duvet sur mes bras et mes jambes d'une houle tiède, d'une sorte de souffle silencieux qui pénètre mes poumons. Un air frais de menthe bleue. Un soupir, comme un muet sanglot, se bloque dans ma gorge, et je sens soudain la Vie véritablement parcourir mes atomes. Et une gratitude éperdue qui m'inonde, je ne sais trop envers qui au juste...

Plus rien d'autre n'est important, et tout s'oublie, des derniers jours, de ce qui n'était pas animé par cette  déferlante joie. 
 Et si je ne me trouvais pas là, au cœur de la ville haute, parmi les passants du soir courant après leurs songes, je pousserais le cri primal. Je libérerais cette formidable énergie mystérieuse qui m'envahit, et qui semble venir des confins des étoiles.  Je crierais mon amour de la vie aux platanes et aux tournesols ébahis. 

Mais je ne suis pas seule, sur le pavé encore chaud de cette place à demi-vide, et le poids des conventions est une enclume trop lourde, à moins qu'elle ne me protège, peut-être,  des regards réprobateurs que l'on ne manque pas d'essuyer quand on sort des balises habituelles. 

Alors  je me contente d'accrocher à mes lèvres un sourire à la Vermeer. Un sourire introspectif de jeune fille à la perle. Que cache-t-elle, cette mignonne, derrière cet énigmatique et adorable plissement de sa bouche enfantine? 
Que sait-on des frémissements de sa perle,  des sentiers sinueux qu'elle trace de ses doigts sur sa peau, de l'écume à son front, de ses désirs cachés, de ses fièvres vitales? 
Que sait-on des fils tendus sur lesquels elle danse, badine et court-vêtue, au-dessus du lac de ses rêves? Que sait-on de ses éblouissements électriques?
Elle regarde le monde, désinvolte et naïve, tout comme moi. Sage et lisse en apparence. Strombolienne en profondeur.
Elle sent la vie battre dans ses poignets et couler dans son corps, et la force invisible de la sève passer dans  son sang. Elle se sent sœur avec les arbres, avec la mer, avec le vent. Elle aime la Vie. Elle est la vie.
Et moi, quel bonheur! je suis juste comme elle. Vivante! 
Et tout le reste n'est que lie. Et ratures.
Peanuts, quoi.














82 commentaires:

  1. C'est vrai, il y a des jour où l'on a juste envie de chanter ! :~)

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    1. Je ne connaissais pas ce groupe, et la chanson est géniale!
      Les enfants terribles, ça me plaît bien!
      Pas encore eu le temps d'aller déguster ton bilelt musical, mais les vacances arrivent!
      Merci de ton extrême constance à commenter.
      Bises

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    2. Les enfants terribles : ma jeunesse ...C' est là qu' on voit que, toute maîtresse que tu sois, t' es qu' une gamine !

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    3. Hé hé: http://tatinic.typepad.fr/myosottises/2009/03/cest-la-vie-qui-nous-mène-.html

      Et tout le reste n'est que lie. Et ratures. Sublime Célestine....

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    4. @ pierrot ben c'est vrai, je reconnais là une lacune qui n'a rien a voir avec mon âge,
      La preuve? C'est que Myo la connais et que nous avons pourtant le même âge!

      @myosotis. Merci pour ce mot merveilleux. Et pour le lien. Je commence bien la journée, tiens, ce matin...

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    5. Pour tout connaître et goûter à tout, il faudrait mille vies...
      J'ai connu les enfants terribles. Une qualité de voix d'autant plus remarquable que le Top 50 ne brillait pas spécialement pas sa qualité (excepté lorsque "C'est extra" de Ferré s'y était incrusté). Mais bon, à l'époque c'était Brassens et Ferré qui passaient en boucle chez-moi....
      Je les ai réécoutés avec plaisir. Mais j'ai actuellement un faible pour une version inédite de "Saturne", alors du coup, je reste piégé avec Brassens....
      Baci

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    6. J'essaie,à défaut d'avoir mille vies, de connaître et de goûter le maximum de choses.Et j'avoue que c'est assez prodigieux comme approche de l'existence.
      Pour ce qui est des enfants terribles, sauf à en être une (mon côté Zazie dans le métro) j'avoue humblement mon ignorance.
      Brassens, oui, je connais. Un peu. Et il me semble qu'être piégé par lui n'est pas forcément très pénible. Je suis tombée en amour, quant à moi, avec la version de "Putain de toi" par Olivia Ruiz. Une merveille.
      Saturne, très belle chanson! ;-)
      Molto baci

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    7. Belle interprétation d'Olivia Ruiz. Si réussie que pas un instant, je n'ai entendu la voix de Georges dans les creux de ma mémoire.
      C'est de Zazie que tu as pris ta vocation d'institutrice? Si tu te rappelles les motivations qu'elle avait avancées....:-D
      Ti bacio Celestina nella metropolitana

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    8. "- Je serai vache comme tout avec eux. Je leur ferai lécher le parquet. Je leur ferai manger l'éponge du tableau noir. Je leur enfoncerai des compas dans le derrière. Je leur botterai les fesses. Parce que je porterai des bottes. En hiver. Hautes comme ça (geste). Avec des grands éperons pour leur larder la chair du derche."
      Effectivement, c'est tout à fait comme ça que je fais avec mes élèves. D'où mon succès équilatéral.

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    9. J'ai un message à te transmettre provenant de ma boule de cristal:

      Ahhhhhhhhhhhhhhhhh chère Maitresse, que ne vous ai-je connu plus tôt.
      Leopold Von Sacher-Masoch

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    10. Cher Léopold, je vous donne ce numéro de portable:
      0600660066
      Vous tomberez sur un divin marquis qui vous fera oublier que vous n'avez pas eu la chance d'être dans ma classe...

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    11. Y a Léo qui squatte ma boule de cristal. Je te passe encore le message, mais la prochaine fois c'est moi qui lui fait le coup du compas...

      Vous faillîtes être diabolique de surcroit, dommage! Il eut fallu que le N° du divin Marquis finisse par 3 six d'affilée...
      Je ne saurais mettre en doute ses capacités, mais je reste néanmoins intéressé par vos éperons...
      Votre dévoué Léopold

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    12. MDR!pourtant, j'en avais mis un wagon, des six!

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  2. Hi hi , tu as craqué pour la musique ;)
    C'est la BO d'un film ?
    Je n'aurais pas été capable d'analyser comme tu le fais ces moments là où on l'on sent l'intense de la vie
    mais c'est vrai que c'est particulièrement fort ce ressenti là
    le cri , pas simple , mais le chant , celui qui tourneboule , qui prend aux tripes , faut pas le garder , ça se partage , faut que ça se sorte !

    la vie et rien d'autre hein Célestine ?

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    1. C'est la BO de l'excellent Forest Gump...
      Chanter, ou écrire, tant qu'on fait sortir cette énorme énergie, qu'on la fait circuler, c'est cela aussi se sentir vivant.
      Les petites contrariétés de Barnie s'évanouissent devant cette évidence: on est vivant et en bonne santé, ce qui ne gâte rien. What else? comme dirait le grand et beau ténébreux buveur de café ristretto...

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  3. "il semble que la Vie entre en moi, qu'une vague orgasmique me soulève, m'attise, m'enveloppe, me vibrionne, me fibrille, me tachycarde"

    J'ai adoré ton texte, notamment cette citation. Et comme tu dis, que sait-on d'un sourire "backstage"?

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    1. Oui, il faudrait toujours aller chercher derrière les sourires de surface, avoir la curiosité de ce qui anime l'autre. Au sens propre.
      Merci d'avoir aimé.

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  4. Chanter c'est primordiale pour le moral. Je ne peux plus le faire, mais je fredonne....

    Belle journée avec bises

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    1. Tu fais comme l'âne de Shreck: tu "meumeumes"...

      http://www.youtube.com/watch?v=297fi9067L4

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  5. L'énergie vitale qui te parcourt, tu la voles à la mer, aux étoiles, au soleil, au vent... Tu viens d'où ?
    D'une ch'tiote planète comme le Petit Prince ?

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    1. Sûrement, d'où ce sentiment parfois d'être un peu, un tout petit peu, extra-terrestre, et pourtant, que j'aime la terre, ma planète d'adoption!
      Et surtout certains de ses habitants.

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  6. A l'origine, le cri primal de Tarzan c'est la gratitude sonore à l'adresse d'une guenon consentante.
    Puis Jane est arrivée....

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    1. ...et là Tarzan s'est dit: "qu'est-ce que je fais? Je choisis l'abscisse ou bien l'ordonnée?" Mais Jane lui a fait perdre tous ses repères.

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  7. Tes états d'âme successifs me font penser à la mer où le ressac repousse l'onde pour mieux permettre le prochain surgissement de la vague...

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    1. Une façon très délicate de ta par de souligner ma cyclothymie naturelle. Mais ne sommes nous pas tous un peu des enfants de la vague?
      Et n'est-ce pas pour cela que l'on parle de "vague-à-l'âme?"

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  8. Quel hymne à la Vie !

    Vous vous emparez d’un arsenal de mots judicieusement assemblés pour nous faire partager des sensations et des enthousiasmes souvent malaisés à exprimer et nous donnez-là une vibrante poésie en prose qui nous emporte en un vivifiant tourbillon vibrionnant ; on rêve se laisser emporter à votre suite, soutenant les pans de votre traîne princière comme des petits lutins tout ébahis de tant de faveurs. On se prendrait même pour un poète – n’avez-vous pas « volé » tous les mots disponibles, nous empêchant pratiquement de vous faire compliment - et on appellera alors quelques vers de Théodore de Banville, le mal-aimé, qui dans son recueil au titre évocaateur et délicieux « Les Cariatides » ! (1842) écrit :

    Conseil

    Eh bien ! mêle ta vie à la verte forêt !
    Escalade la roche aux nobles altitudes.
    Respire, et libre enfin des vieilles servitudes,
    Fuis les regrets amers que ton cœur savourait.
    Dès l’heure éblouissante où le matin paraît,
    Marche au hasard ; gravis les sentiers les plus rudes.
    Va devant toi, baisé par l’air des solitudes,
    Comme une biche en pleurs qu’on effaroucherait.
    Cueille la fleur agreste au bord du précipice.
    Regarde l’antre affreux que le lierre tapisse
    Et le vol des oiseaux dans les chênes touffus.
    Marche et prête l’oreille en tes sauvages courses ;
    Car tout le bois frémit, plein de rythmes confus,
    Et la Muse aux beaux yeux chante dans l’eau des sources.



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    1. Peut-on ajouter quelque chose après cela?
      C'est magnifique et juste.
      J'ai juste envie de paraphraser un titre connu:

      C'est la vie, Théodore!

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  9. C'est le chant de la Vie qui s'exprime, ce chant retrouvé comme un horizon revenu après avoir tant ramé dans un brouillard d'incertitudes et de contrariétés.
    C'est l'annonce d'une accalmie dans le tourbillon du quotidien, bouffeur de vie.
    Point de cyclothymie là dedans, juste un coeur vivant qui parfois se teinte de gris lorsque le ciel de l'existence est trop morose.
    Ti bacio

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    1. Ah! Merci cher Blutchiamo de comprendre si bien mes états d'âme, et de cœur, et de corps...
      L'amour de la vie ne disparais pas aussi facilement malgré quelques contrariétés, il est toujours prêt a ressurgir, et je reste fondamentalement une grande amoureuse de l'existence.

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  10. Oui. Je ressens cela dans la courette du Bout du Monde quand je suis levée avant tout le monde : je regarde devant moi et je me remplis de tout : l' odeur du chèvrefeuille, le chant du piaf là-haut sur le coin droit du toit, le vent dans les peupliers...........Je n' ai pas envie de crier mais je crois que j' ai le sourire assez "jocondesque" à ce moment là ...

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    1. J'aime beaucoup ta courette du bout du monde. Je crois qu'un endroit comme celui-la me donnerait le même sentiment de joie sauvage que j'ai éprouvé l'autre jour.

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  11. Tu exprimes avec éloquence cette sensation d'une perfection inattendue, lorsque tout paraît être idéalement juste et à sa place. Instants de bonheur et de plénitude dans le frémissement de l'instant. Se voir là, au coeur du mouvement de la simplicité et en sourire de plaisir...

    Il suffit de s'y ouvrir. C'est si bon... :)

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    1. Comme c'est vrai! Le sentiment de plénitude et celui de perfection sont si proches. Et si fugaces...
      Autant en profiter quand on les rencontre au hasard d'un rayon de soleil...

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  12. Pour tout ce que tu mets ...
    Pour ta lie ( est-ce ... ) et ratures :))))

    Pour tout ce qui se passe de maux
    et l'aime haut qu'on fredonne
    ensemble

    Je t'embrasse et reviendrai t'élire ma chère C.

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    1. Reviens quand tu veux, Veronica. Tes mots ne sont jamais des maux.

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  13. Clairement nous ne partagions pas le meme mood hier soir , je prends l'ascenseur ce matin pour te rejoindre!

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    1. Dépêche toi avant que je m'envole complètement... :-) dans ces moments-la, je suis très proche de la lévitation...

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  14. Comment juger du sourire quand on ne voit que les yeux ?

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  15. De plus, Juillet et Août sont deux atouts précieux et non négligeables, qui nous aident à apprécier les plaisirs de la Vie. Profitons-en !

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    1. Il y a les mois en "r" , et les mois en air...de quoi respirer a pleins poumons après les miasmes de l'année scolaire...

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  16. C'est un billet merveilleux. Oui on sent ça, oui ça existe et ne s'explique pas. C'est le noyau de notre essence qui tournoie en nous, remonte les strates de doute, traverse les épaisseurs de morosité, fait voler en éclat le côté ombre en l'inondant de sa lumière: oui la vie... rien ne l'arrête.

    Il faut toucher le fond parfois, puis y tourner un peu en rond pour enfin remonter et crever la surface avec un "han!" de renaissance.

    Et tout ce que notre corps contient de secrets non compris se met à frémir: le ventre, le plexus solaire, le duvet des bras, et cette sorte de sanglot/rire qui monte et bouillonne avant d'exploser...

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    1. Ce qui m'étonne toujours, c'est de voir quelqu'un d'autre que moi écrire très précisément ce que je ressens, en utilisant d'autres mots que moi, et en exprimant d'une autre manière une chose étonnamment semblable.
      Le syndrome de l'âme sœur, en quelque sorte...

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  17. J'ai adoré le film " Le jeune fille à la perle"...
    Pourquoi n'avoir pas crié finalement, les conventions sont faites pour être bousculées mais bon je ne sais pas si je l'aurais fait...

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    1. Scarlett Johansson était sublime dans ce film, traduisant la sensualité de ce mystérieux personnage avec un talent fou.
      Pourquoi ne pas crier?...vaste question...pourquoi quelque chose nous retient-il souvent de faire ce que nous aimerions faire...le regard des autres, ou une trop haute idée de soi-même?

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  18. Quel bonheur de revenir maintenant chère Cel, pour découvrir ce billet vibrant d'une vérité primale et essentielle! C'est le meilleur de ton art que l'on découvre dans ce texte. Merci de le partager avec nous. bises

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    1. Ça me fait un plaisir fou de te voir revenir juste a ce moment. Tu aurais été surprise de revenir a certains moments de cette annee ou j'étais bien bas...quelques misères passagères, dira-t-on...
      Merci chère Delphine, je suis très heureuse de ton passage.

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  19. Les petits bonheurs sont inexplicables et tellement bien dit quand c'est Célestine qui nous en parle ! bisous de Prudence

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    1. Merci, Prudence, les petits bonheurs, ça te connait, n'est-ce pas?

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  20. Tes mots Célestine sont émouvants et si sincères ... je les "bois a m'enivrer"... cette chaleur qui se répand en toi est cette douceur qui te rappelle que les vacances vont te permettre d'être en osmose avec la nature ...
    Bisous et bonne nuit ma chère Célestine :-)

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    1. Merci, Marie, tes paroles sont douces a mon oreille.
      Les vacances seront effectivement les bienvenues a partir de demain soir.
      J'aime ton enthousiasme sincère et juvénile. Ma nuit sera très douce.

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    2. Juvénile ? Tu es gentille, je vais bientôt avoir 43 ans !
      Mais il est vrai que mes mots parfois sont très puériles ;)
      Bisous et vive les vacances, moi ce sera pour le 2 août et jusqu'au 18 août !!!
      Bisous de Marie ;)

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    3. L'enthousiasme juvénile est une qualité que l'on trouvait chez feu Stéphane Hessel, un jeune homme de 90 ans...
      Bon courage!

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  21. j'ai connu ça ya longtemps... puis insidieusement, ça s'est évanoui, suite à une rencontre qu'on pourrait nommer toxique, ce genre de rencontre qui te bouffe tout, tu vois. Mais toi tu ne t'en rends pas compte... les années passent, tu perds définitivement ce bouillonnement qui t'étreignait autrefois et tu te demandes s'il reviendra un jour ou si c'est foutu. C'est comme ça.
    Peut-être ai-je fait des mauvais choix. Mais si je n'avais pas fait ces choix, je n'aurais pas appris tout ce que je sais aujourd'hui. Le jeu en valait-il la chandelle ? la réponse ne m'appartient pas, et d'ailleurs je ne l'aurai sans doute jamais ;-)
    Bonne journée Célestine

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    1. J'ai fait moi aussi des rencontres dites " toxiques" , surtout une, je vois donc très bien ce que tu veux dire. Mais la force vitale m'a permis de m'en sortir et rien ni personne ne m'empechera de bouillonner en moi. Cela dit, chaque histoire est différente, et je me garderai bien d'apporter un jugement. C'est très émouvant ce que tu dis de toi, et je te souhaite de trouver la sérénité que chaque être humain mérite.
      Merci de ton témoignage, Ambre.

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  22. Que c'est bon de lire cette exaltation! J'ai presque senti cet air frais de menthe bleue!
    Cette pulsion de vie bat toujours dans un coin de nous, même lorsqu'on la pense ensevelie par les soucis. Quelle merveilleuse sensation lorsqu'elle parvient à remonter à la surface et qu'elle irradie tellement de bonheur qu'on pourrait craindre qu'elle n'éclate à l'extérieur de soi. Comme une implosion, imminente, de joie :-D
    Que c'est bon !

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    1. Je suis heureuse que tu éprouves la même chose que moi a certains moments de ta vie.
      Difficile a d'écrire, n'est ce pas, cette implosion...tu as trouve le mot juste. C'est une implosion jaillissante.
      Et effectivement, c'est très bon!

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    2. Euuuh, s'cusez mon ignardise, mais "une implosion jaillissante" ne serait-elle pas une explosion ?

      'fin moi j'dis ça j'dis rien...

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    3. C'est de la poésie, un truc qui sert a dire les choses tout en disant autre chose avec un air de pas y toucher et aussi une touche d'air, pour oxygéner un peu ce monde de brutes...

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  23. Je ris pour ce qu'il y a écrit dans la marge en haut à gauche :) ta musique me manque :) je ne sais pas appuyer sur le bouton Madame :) mais je prends le tout venant tu sais bien et comme ici c'est toujours de l'extra ...

    Mes tendresses bercées ...

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    1. Le bouton du lecteur,c'est le petit carré avec un triangle tourné vers la droite, comme sur n'importe quel appareil à lire de la musique.
      Allez, essaie, tu verras, c'est vraiment facile!
      Et merci pour tous ces compliments.

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  24. Bonjour Célestine..J'ai lu ton com chez Coumarine...J'ai eu envie de cliquer sur ton nom, j'avais passé une heure ou 2, il y a environ un mois, à lire tes articles..J'avais beaucoup aimé ta façon d'écrire...
    Là, je te vois dire que tu étais en osmose avec Coumarine..Vois comme le destin est bizarre, faut croire que tous les blogueurs sont en osmose, car, il y a une 1/2heure, je mettais sur le blog d'un blogueur (Ulysse pour ne pas le nommer, quelqu'un qui adore la nature et nous fait partager avec humour ses balades) que ses photos du refuge ressemblaient à un tableau de Vermeer...J'arrive ici, et je vois un tableau de Vermeer...Le monde est petit.
    Il y a comme ça, des petits moments où le temps suspend son vol..Mon esprit est souvent perturbé, mais, il m'arrive de temps en temps d'avoir de ces petits moments de paix, comme lundi dernier au sancy (une fois les moucherons hors de ma vue)...oubliée la maladie, oubliées les copines malades - quoique, je pense souvent à elles et aimerais partager avec elles, mes bons momments, oublié le négatif de notre vie, c'est effectivement ces petits bonheurs éphémères qu'on savoure avec délectation.

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    1. Bonjour Juliette
      Ravie que tu aies pris du plaisir à venir me lire. Avoir de nouveaux lecteurs est un bonheur, savoir que l'on a apporté quelque chose à un être humain, par sa façon de dire ou d'écrire, est quelque chose d'extraordinaire.
      Il n'y a pas de hasard. Ce que tu nommes hasard est le résultat de la synchronicité, cette splendide connivence de l'univers qui nous fait rencontrer des êtres et vivre des événements en phase parfaite avec notre état vibratoire du moment. On ne trouve en fait que ce que l'on cherche.
      Reviens quand tu veux chère Juliette. Tu fais désormais partie de mon totem.

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  25. Je lis et dis "punaise" à longueur de phrases. Oui, punaise... c'est incroyable, il doit y avoir pour de vrai des gens connectés sur terre sans le savoir. C'est fou, troublant, énigmatique et un soupçon bouleversant. Et même la référence à la perle qui fût le fil conducteur de ce billet pour une raison on ne peut plus hasardeuse de recherche sur un collier très ancien qui m'a été offert.
    Moi je ne dis plus rien, tellement c'est troublant et en même temps rassurant. La fraternité dépasse le sang, c'est une évidence, oui une évidence.

    On croirait que j'ai parlé au nom de cette fille dont tu fais le portrait en fin de billet. La magie

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    1. Troublant et rassurant. Merveilleux.
      Comme l'amour, bien sûr.
      Ce formidable moteur de la force vitale.
      Punaise, c'est beau ce que tu dis, Julia!

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  26. Voilà! tu as trouvé ou plutôt retrouvé la Vie qui t'habite! tu respires et ton coeur bat, ton esprit pense et ton corps vit ici et maintenant. Rien ne dure, tout passe, c'est le principe fondamental de la vie, l'impertinence. Voilà comment j'ai acquis ma force de vie, comme La Fontaine l'a si bien dépeinte dans le roseau de sa la fable. Bravo Célestine, la vie c'est maintenant.

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    1. La vie c'est maintenant! troublant, là encore, que tu utilises les mêmes mots que Coumarine dans son dernier billet...
      Comme si un fil invisible reliait tous mes amis pour me faire passer lemême message.
      Et vous voudriez que je crois au hasard?

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    2. Oui, la vie c'est maintenant et je compte bien en profiter un maximum! Surtout que ce sont les vacances exactement et précisément ce soir.
      Ce qui est étonnant, c'est que c'est exactement le titre que Coumarine a choisi pour son dernier billet.
      Comme quoi, les blogueurs sont vraiment connectés.
      Avec toi, je sais que la connexion est très forte...
      Je t'embrasse.

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    3. Bonnes bonnes bonnes vacances mademoiselle Céleste ( je reviens de jours avec les enfants, Babar et autres lectures bien précieuses pour eux! )

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  27. magnifiquement raconté et ressenti !

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  28. À vrai dire, je ne suis pas trop surpris par la grève blonde. Les blondes ne sont jamais contentes (ce n'est point misogynie que de le dire).

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    1. En tant que brune congénitale, je ne vais pas dire le contraire! Contenter une blonde tient de la démonstration de l'influence de la masturbation des crabes sur le recul des falaises. Une gageure.

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  29. Ouais...
    Vous écrivez trop bien, je suis pas sûr d'avoir tous les neurones pour comprendre, mettre en forme et commenter. J' y arriverais p'têt' dan une conversation, mais ici... Un peu handicapé qu'il est quand faut écrire, le Candide.
    Qoique... Si je dis que ça me fait penser à quand je grimpais tout seul... C'est dense, t'es à fond dans ta bulle, cette foutue cervelle qui d'habitude n'arrête pas une seconde toute seule dan son coin sans te demander ton avis, pour une fois elle ne pense qu'à ça, rien qu'à ça (obsédée !). Tu te surprends à parler au rocher, à l'amadouer ou l'engueuler, c'est selon...
    C'est dense et intense, nourrissant, équilibrant, et quand tu sors... tu pousses pas de cri primal pasque quand même sortir du 5, même tout seul, ça mérite pas de faire peur aux z'oizeaux et autres z'écureuils.
    Pis d'abord t'es fatigué...

    Mais je me sentais, euh, "entier". Ca se comprend, ça ?
    Tiens, y'a longtemps que ça m'est pas arrivé, je devrais m'y remettre...

    :o))

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  30. Oui la grimpe, comme n'importe quelle activité qui mobilise le corps et le mental sur des gestes précis, nous fait prendre conscience de ce qu'est vivrée intensément et absolument.
    Et tu écris très très bien, malgré ce que tu crois. C'est très clair et j'ai tout compris.
    Et plus haut j'ai répondu a ta candide question sur l'implosion...
    Merci d'avoir pris sur ton temps précieux pour revenir.

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  31. "...mobilise le corps et le mental sur des gestes précis...", c'est vrai aussi pour la pétanque !
    Mais n'oublions pas l'engagement : à 30 ou 40 mètres du sol, la marche n'est pas la même ! Même si j'ai toujours pris toutes les précautions nécessaires à arriver entier, car je suis bien trop douillet pour risquer de me planter) !

    Je sais bien que t'as tout compris, sinon tu serais pas une fée-maîtresse, pfff !

    Réponse évaporée ?...

    "...temps précieux..." : dis pas ça, les z'ôtres y vont m'prendre pour un ministre !

    ;oDDD

    Tiens, vais faire une 'tite sieste... ;o)

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    1. Ah bon? t'es pas ministre?
      Ah ben pourtant, moi, j'aimerais bien avoir un ministre du temps libre et des nuages. ce serait chouette.
      Sinon, la pétanque, ça mobilise quand même pas le même mental que l'escalade! La preuve, on peut tirer, pointer, boire le pastis et draguer les filles en même temps, à la pétanque...

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    2. Té ouiiii et parfois mêême emmmbrasser Fanny :-D

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    3. Je ne savais point que les Helvètes pratiquaient ce sport hautement compliqué!

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    4. Ministre, moi ? Non, mais Gérard Lenorman prévoyait un ministre de la rigolade (et des plus compétents), vois de ce côté.

      En revanche je prends un coup au moral, car je réalise qu'avec les filles j'ai rien compris : j'ai jamais appris à danser pasque je pensais que c'était un truc de gonzesses, et je découvre en jouant de la zik qu'elles sont toutes dans les bras de ceux qui dansent ! Je pensais que la pétanque était une activité (j'ai pas écrit "sport", hein) de retraités rhumatisants, et tu m'apprends que j'aurais pu tomber des filles sans me fatiguer ?
      'tain, j'ai rien compris moi (en même temps, c'est pas ce que la culture victorienne des lignées féminines familiales pouvait m'apprendre qu'aurait pu m'aider) !
      Il est temps que je me corrige !

      Eh, mine de rien, on revient au thème de ton billet : la force vitale...
      Non ?

      :o)

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  32. Oui je comprends. Je comprends. Moi aussi, aujourd'hui, je suis capable de rebondir.
    Cette force vitale n'est pas évidente pour tout le monde.
    J'ai pu éviter, parfois, ces grèves du bonheur, ces pauses de la vie grâce à mon rendez-vous parisien. Grâce à lui j'ai compris que des émotions devaient se dire pour dissiper les brouillards du cœur; il faut lâcher le soupir, verser le sanglot qui se bloque dans la gorge , qui empêche les mots de sortir.
    J'ai parfois traîné de gros cafards dont j'ignorais la signification. L'élaboration de sens par les mots le pulvérisait en deux secondes: le temps de la prise de conscience.
    Mais le douleur d’aujourd’hui est toujours une douleur ancienne.
    J'ai pris le temps de comprendre ces larmes nées sous les coups de ma tueuse de collègue, elles parlaient des larmes que moi enfant je n'avais jamais versées. Des larmes qui parlent d'espoir éconduit, un chagrin d'enfant qui rêve d'être reconnu, le seul reconnu même, aux yeux de l'institution parentale.
    On sait le poids d'un chagrin d'enfant.
    Mais la réalité a des urgences qui ne permettent pas toujours d'entendre l'enfant qui est en soi.
    Bon retour à la vie, Célestine!!!!

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    1. Merci Mélodie pour tes commentaires toujours très profonds.
      Je suppose que tes rendez-vous parisiens étaient avec un professionnel de l'écoute. C'est important de parvenir à extirper certaines choses de soi.
      Même si c'est très difficile.
      Je t'embrasse

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.