
Bien sûr, Antiblues, que le petit ressort a du mou dans la spirale depuis hier.
Nissa, Nissa la Bella, dont j'ai parlé ici avec passion, la ville de mon enfance, de mes vacances insouciantes, Nice du Carnaval, des batailles de fleurs, de la socca et des petits farcis...Nice pleure ce matin et je pleure aussi.
Bien sûr, aujourd'hui, j'ai l'air un peu ridicule avec mon texte sur le petit ressort du réveil.
Et pourtant, ce matin, comme les autres jours, nous nous sommes levés. Un peu la tête dans le seau, mais levés quand même. Certains ont découvert l'horreur, d'autres la savaient déjà depuis la veille au soir.
Nous sommes éplorés, indignés, révoltés, c'est normal. C'est l'émotion.
C'est trop tôt. On pleure. On exprime.
Mais il faudra quand même bien un jour ( après combien de massacres encore ? ) que vienne le temps de comprendre. D'analyser. Et de tirer des leçons de vie collective, de la même façon que nous essayons de tirer des leçons de vie individuelle après les épreuves ou les accidents qui nous blessent.
Les Bouddhistes disent qu'il y a en chacun de nous toutes les graines. Les pires comme les meilleures. Et que nous choisissons simplement celles que nous arrosons.
Mais les choses ne sont pas binaires.
Nous ne sommes pas « les bons » et eux, ceux d'en face, « les méchants ». Pas plus que le contraire, d'ailleurs.
Il nous faut comprendre pourquoi notre société occidentale capitaliste outrancière précipite dans l'abîme les valeurs humaines fondamentales. Pourquoi l'on privilégie la compétition à l'excès, le chacun pour soi...où l'on va jusqu'à écraser les autres. En oubliant d'enseigner le partage et l'entraide. Pourquoi le gaspillage, l'indécence de certaines fortunes, la surabondance, l'arrogance des décideurs, le profit comme maître-mot, la course éperdue à l'argent creusent les écarts dans les consciences, entre ceux qui ont trop tout, et ceux qui ont moins que rien depuis qu'ils sont nés.
Pourquoi nos modèles médiatiques de réussite et d'argent facile égarent les esprits sur ce qu'est le bonheur, et privent certains jeunes de repères moraux en laissant la porte grande ouverte aux lobotomisations de l'âme. Jusqu'à fabriquer des « machines à tuer » en se fondant sur des croyances ahurissantes.
Et surtout pourquoi répondre à la haine par la haine fait le lit de la haine dans un cercle vicié jusqu'à la nausée.
Alors malgré tout, mon petit ressort n'est pas cassé. Parce que l'enjeu, lui, n'est pas mort : il nous faut continuer la lutte pacifique pour faire triompher un jour les valeurs humanistes. Et croyez-moi, c'est pour moi un boulot à temps plein.
Chacun de nos gestes quotidiens a une infime part d'influence sur la marche du monde. Mais une part quand même.
C'est la théorie du papillon. Et le fait que j'y croie n'enlève rien à autrui et surtout pas la vie. Et ça, c'est déjà bien.
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