15 juillet 2016

Cassé, le petit ressort ?

Yep, that's life right there on the end of your noise... sometimes it will make you smile and sometimes it won't, but it's only life and you have so much of it yet to live... *~<3*Jo*<3~*:

Bien sûr, Antiblues, que le petit ressort a du mou dans la spirale depuis hier. 
Nissa, Nissa la Bella, dont j'ai parlé ici avec passion, la ville de mon enfance, de mes vacances insouciantes, Nice du Carnaval, des batailles de fleurs, de la socca et des petits farcis...Nice pleure ce matin et je pleure aussi.
Bien sûr, aujourd'hui, j'ai l'air un peu ridicule avec mon texte sur le petit ressort du réveil.  
Et pourtant, ce matin, comme les autres jours, nous nous sommes levés. Un peu la tête dans le seau, mais levés quand même. Certains ont découvert l'horreur, d'autres la savaient déjà depuis la veille au soir.
Nous sommes éplorés, indignés, révoltés, c'est normal. C'est l'émotion. 
C'est trop tôt. On pleure. On exprime.


Mais il faudra quand même bien un jour ( après combien de massacres encore ? ) que vienne le temps de comprendre. D'analyser. Et de tirer des leçons de vie collective, de la même façon que nous essayons de tirer des leçons de vie individuelle après les épreuves ou les accidents qui nous blessent.

Les Bouddhistes disent qu'il y a en chacun de nous  toutes les graines. Les pires comme les meilleures. Et que nous choisissons simplement celles que nous arrosons. 
Mais les choses ne sont pas binaires. 
Nous ne sommes pas « les bons » et eux, ceux d'en face,  « les méchants ». Pas plus que le contraire, d'ailleurs.
Il nous faut comprendre pourquoi notre société occidentale capitaliste outrancière précipite dans l'abîme les valeurs humaines fondamentales. Pourquoi l'on privilégie la compétition à l'excès, le chacun pour soi...où l'on va jusqu'à écraser les autres.  En oubliant d'enseigner le partage et l'entraide. Pourquoi le gaspillage, l'indécence de certaines fortunes,  la surabondance,  l'arrogance des décideurs, le profit comme maître-mot, la course éperdue à l'argent creusent les écarts dans les consciences, entre ceux qui ont trop tout, et ceux qui ont moins que rien depuis qu'ils sont nés. 
Pourquoi nos modèles médiatiques de réussite et d'argent facile égarent les esprits sur ce qu'est le bonheur, et privent certains jeunes de repères moraux en laissant la porte grande ouverte aux lobotomisations de l'âme. Jusqu'à fabriquer des « machines à tuer » en se fondant sur des croyances ahurissantes. 
Et surtout pourquoi répondre à la haine par la haine fait le lit de la haine dans un cercle vicié jusqu'à la nausée. 

Alors malgré tout, mon petit ressort n'est pas cassé. Parce que l'enjeu, lui, n'est pas mort : il nous faut continuer la lutte pacifique pour faire triompher un jour les valeurs humanistes. Et croyez-moi, c'est pour moi un boulot à temps plein. 
Chacun de nos gestes quotidiens a une infime part d'influence sur la marche du monde. Mais une part quand même.
C'est la théorie du papillon.  Et le fait que j'y croie n'enlève rien à autrui et surtout pas la vie. Et ça, c'est déjà bien.


¸¸.•*¨*• ☆




12 juillet 2016

Le petit ressort caché


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Que se passe-t-il au réveil, chaque matin,  quand nous émergeons doucement des limbes nocturnes pour nous laisser envahir peu à peu par le jour qui point ?
Quelle pièce de notre mécanisme se met alors imperturbablement à vibrer en nous pour agiter nos cellules et défroisser nos neurones engourdis ?
Quelle est cette chose qui nous meut, nous met sur pied et nous donne envie de nous lever à l'aube d'une nouvelle journée ? 
Où, dans quoi, grâce à qui puisons-nous l'énergie de nous remettre en selle ?

C'est étonnant de diversité, chez chacun d'entre nous. Mais réfléchissez. Chaque jour, il y a un petit quelque chose, malgré tous les aléas de l'existence, qui joue le rôle du petit ressort mystérieux. Même chez les plus râleurs, les plus blasés, qui jureront que ce n'est que contraints et forcés qu'ils doivent se lever. Ceux qui vous diront que leur vie est nulle et sans saveur. Oui, même ceux-là se lèvent, et repartent bon gré mal gré à l'assaut de leurs 84600 secondes. Car dans leur journée, il y a ce quelque chose qui les attend. Ils ne le verront peut-être pas. Ils passeront leur journée en bougonnant sans le voir. Mais demain...ils se relèveront. Parce qu' ils en ont l'intuition, au fond, même s'ils s'en défendent. Même pour ceux qui ont le sang glacé, la vie s'accroche.
Il y a toujours quelque chose.

Cherchez bien. Vous avez trouvé votre petit ressort ? Est-ce le même qu'hier ? Ou change-t-il au fil du temps ? Prenez-le dans vos mains, caressez-le,  sentez comme c'est vivant. Comme ça bat tel un coeur de montre. Un quartz. 
C'est qu'en réalité vous tenez votre trésor. Votre sel. Ce qui fait sens dans votre vie. 


¸¸.•*¨*• ☆

10 juillet 2016

En équilibre


Annick Bouvattier:
Tableau  Annick Bouvattier


- Qu'est-ce qu'il était beau ce film...
- Quel film ?
- En Equilibre.  Une histoire tendre et sensible, avec Cécile de France et Albert Dupontel.
- Ah, oui, j'adore ces acteurs... Dupontel ...ce qu'il est sexy !
- Il est vibrant, oui, il dégage un charisme fou...Dans le film, il est handicapé après un accident de cheval...
- Ne me raconte pas ! j'ai envie de le voir...
- Je ne dis rien. Seulement une des plus belles répliques du film, tu permets que je l'offre à mes lecteurs ?
- Oh alors, si c'est pour tes lecteurs, vas-y envoie, je me bouche les oreilles ...
-Tu ne sais pas ce que tu perds...


 - On ne fait pas forcément ce qu'on veut dans la vie !
 - Si ... 




 Vaste débat...




06 juillet 2016

Le saut de l'ange


sunset:


La grande salle blafarde des urgences a clignoté dans ma nuit d'été. Le personnel soignant qui passe et va et vient, muets fantômes verts et blancs feutrant leurs pas au long des couloirs. L'angoisse qui monte. Je n'ai rien dit. Je n'ai pas voulu vous plomber le début des vacances. Mais je peux vous dire que j'ai balisé !

De joyeux jeunes gens qui vont se baigner dans une rivière non loin de la maison. Des cris de joie, de plaisir fauve, je les imagine, insouciants, beaux et bruyants et puis soudain mon fils saute dans un trou d'eau  profond et s'ouvre le tibia sur un rocher qui était là sans permission. 
Mais où se trouvait donc la méchante bestiole qui a envahi son corps ? 
Dans l'eau ? Ou à l'hôpital ? On ne le saura jamais. Peu importe d'ailleurs. je ne vais pas intenter un procès au destin.  Deux jours après la blessure, il faut rouvrir, nettoyer le champ de bataille des leucocytes et des bactéries, un vrai charnier...Les infirmières, le chirurgien ont fait leur possible. Je leur tire mon chapeau. On peut même dire que dans l'état actuel du service public, ils font des miracles...

Mais voir souffrir son enfant, c'est affreux. Et je ne vous cache pas que l'ombre de Guillaume Depardieu est venue hanter mes insomnies. Il faut trouver l'antibiotique adéquat et il n'y en a plus tant que ça...
Aujourd'hui, l'hôpital est venu dans ma maison. 
HAD, ça s'appelle. Le traitement sera long et fastidieux. 
 Mais je crois que j'ai le droit de dire qu'il est en bonne voie de guérison. 
Je sais, c'est un peu décousu comme billet. Depuis huit jours je donne le change, je fais la fière, la bravache mais ce soir, mon coeur lâche la bonde.


¸¸.•*¨*• ☆

03 juillet 2016

Prémonition

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Ce mois-ci, la consigne de Filigrane était d'écrire un sonnet commençant par le premier vers d'un sonnet célèbre.
J'ai choisi le premier vers du poème de Baudelaire « A une passante » pour écrire un billet à durée (très) limitée...






*


La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Des fanions éclairés tremblaient dans les chaumières
Une meute agitée brandissant des bannières
Lançait des cris étranges aux accents javanais

Je marchais, l’œil surpris, sans savoir où menaient
Ce flot intempestif se jouant des barrières
Ces ostrogoths courant après quelle chimère …
Invasifs conquérants qui par ma rue passaient

Affublés de peintures aux allures guerrières
Pour tout dire, le corps tout imbibé de bière,
Epandant bruyamment des relents de vieux rots

Que pasa ? Demandai-je à l’un de ces compères
Qui loucha comme si j’étais de Jupiter :
« Quoi ? Vous ne savez pas ? La France a eu l’Euro !»

¸¸.•*¨*• ☆


(Oh la la...je vais me faire maudire par les supporterstitieux !)

30 juin 2016

Dans ma valise


Partir à l'aventure  #MicraAttitude #France:




Si vous ouvrez ma valise en cuiracier, vous y trouverez ma clarminette dont je joue depuis que je suis toute gosse, ma clouche pour sonner l’heure du repas et servir la soupe en même temps, et mon abribuste en satin dentelé. Un androjean,  un pantalontano italien pour aller loin, et mon yankeemono en soie que j’ai rapporté de New-York.
Je laisserai mes vieilles chaussures fatiguées au savatorium, leur préférant des sandaltoniennes aux couleurs difficiles à distinguer, à part pour un expert de la camaïeutique socratique.
Comme je suis cosméticuleuse, je n’oublierai pas mon savion (pour me laver en vol) ainsi que du shambonpooing pour mes cheveux gras, au cas où (aimant parler avec les mains) je trouverais un charmant voisin avec qui palpoter.
Dans un petit sacchaprose à côté, j’emporterai mon babaoromètre, pour mesurer  le taux d’alcool dans les gâteaux, une bouteille de quetschup, la fameuse sauce aux prunes, et, pour satisfaire mon éboulimie, quelques rochers au chocolat qui tomberont dans mon estomac au moment iguoine. Quelques préservatifs achetés chez le capothicaire, afin d’éviter les vizizitudes, et de ne pas me faire transformer en tapinhambourg, ces belles plantes qui poussent dans les vitrines hollandaises. Et puis, bien sûr mon livre sur Bazarathoustra (le philosophe bordélique) dont je ne me sépare jamais. Toutes choses qui permettront de prévenir les crises de scepticémie qui guettent les zérotomanes.
Les cycloptimistes me regarderont d’un bon œil, alors que, risquant la tandémie,  les cyclystères pédaleront à lavement dans la semoule, en me tirant un nez de cyranosaure. Mais peu me chaut.
Une fois sur place, j’irai dans la forêt observer les apachydermes à plumes (rebelléphants assez dangereux)  les ventilopes (qui courent si vite qu’elles rafraîchissent l’air) et les velcrocodiles (qui ne lâchent jamais leur proie). J’aurai sûrement la chance de voir le chien musicien appelé discoteckel, ami du hamsteréo, petit rongeur de haute fidélité.
Mais ma joie serait vraiment complète si je pouvais enfin, enfin,  observer un colibrius, cette espèce de drôle d’oiseau à bec fin…

C’est pour cela que je vais accomplir ce voyage. Je dois vous laisser. Il me faut terminer ma valise de mots.

¸¸.•*¨*• ☆



Pour vous amusiquer 

Pour les impromptus littéraires.
Mots-valises créés à l'atelier du Pornithorynque.

28 juin 2016

Ah ! l'eau...

féérique:

Un jour, mon ami Saoul-Fifre, dans une de ses fulgurances littéraire dont il est, hélas,  de plus en plus radin, malgré les demandes pressantes et itératives de ses amis, a écrit un hymne à l'eau d'une beauté galactique et ferrugineuse absolument suréminente.
C'était méritoire,  quand on sait que l'eau est censée faire rouiller les amateurs de vin comme lui.  La première phrase qui lui servait d'incipit y est d'une grâce absolue. Un poème au souffle lyrique d'une grande élégance.
« Au commencement était l'atome primordial, le bâtisseur d'étoiles, le tourneur de planètes, le faiseur d'eau... » 

Plus tard, mon ami au Lorgnon Mélancolique en chantait les louanges avec ce texte sublime de Paul Valéry, dont voici quelques lignes :
« Parfois, visible et claire, rapide ou lente, elle se fuit avec un murmure de mystère qui se change tout à coup en mugissement de torrent rebondissant pour se fondre au tonnerre perpétuel des chutes écrasantes et éblouissantes, porteuses d’arcs-en-ciel dans la vapeur. »

Et moi dans tout ça ? Moi, je bois. J'adore l'eau depuis qu'un jour, j'ai compris à quel point c'était un remède simplissime et efficace qui m'évite quotidiennement des dizaines d'affections. Quelle chance nous avons, ici, de posséder de l'eau ! 
Je ne vous fais pas la liste complète des améliorations que j'ai notées sur ma sublime peau de déesse  ( qui tenait auparavant davantage du crocodile, là, sur les tibias, vous savez). Mais sachez que, depuis que j'ai retrouvé la soif bénéfique, hop ! envolés les peaux de lézard, les tiraillements, les courbatures, les petites douleurs articulaires, les migraines, les tendinites, les gingivites, les conjonctivites...Plus de problèmes de tuyauterie encombrée, de bouchons circulatoires,  de calculs rénaux, de digestion lourde, de somnolence. J'ai le visage lisse et le cheveu brillant...

Vous réalisez  ? Vous possédez un médicament miracle et universel, un véritable sirop typhon, doublé d'un sérum anti-âge hyper concentré plus plus, et tout ça, juste en ouvrant le robinet ... Si ça venait à se savoir,  ce serait la ruine totale de Sanofi ou de Loréal... mais en revanche ça comblerait largement le trou des Halles de la Sécu...
Chut ! C'est mon secret de juvénilité. Deux litres d'eau par jour et je vous promets des lendemains qui chantent, et feront jaillir la vie en vous comme d'une fontaine ! 


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24 juin 2016

Le Lac

photo celestine


Ecrin de chlorophylle. Eaux vertes. Cygnes blancs.
C'est mon lac. Ce sont mes potes. 
 Quand je suis passée, tout à l'heure, ils étaient là. Comme à chaque fois que je vais courir. Calmes, majestueux, insouciants. Le genre qui s'en fiche du Brexit et de la chute des cours boursiers comme de l'an quarante...
Si tu avais couru avec moi, tu aurais aimé les voir se rapprocher, silencieusement, comme s'ils voulaient être sûrs d'être bien sur la photo. Cabotins, va ! 
Je suis sûre qu'ils me reconnaissent. A chaque fois, ils me demandent poliment si je suis contente de mon temps de course et de ma moyenne. Mais à leur regard, je crois bien qu'ils ne se font plus guère d'illusions sur la santé mentale des êtres humains,  et qu'ils me désapprouvent de m'agiter comme ça en tenue de flamant rose, alors qu'il fait si chaud et que l'eau est si douce...
Je n'ose leur dire que, quand j'étais petite, j'ai fait rat dans le Lac des Cygnes. Ils seraient capables de se vexer.

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