mardi 21 février 2017

La cabane du poète









Loisobleu est un enchanteur.
De Merlin, il a la barbe blanche et le petit éclair joyeux au fond de l’œil. Intact comme une poussière d’étoile égarée dans son regard depuis l’enfance. Il repeint le monde en bleu à la plume et au pinceau, avec des mots forts et caressants, pleins de fièvre de corps serrés, de cheveux fous de mer, de vent, de mouettes. Des mots luxuriants comme une femme, profonds comme ses tableaux. Et tout plein d’amour, oui. De l'amour dans tout, du grain de sable aux pointes d'essaims, en passant par les roues des charrettes sur les pierres herbues des chemins. 
Il aime se réfugier dans sa cabane de pêcheur, à l’estran, pour respirer l’air de la mer et mieux emplir son âme et la nôtre de ses mélanges de couleurs. Pour peindre le parfum des choses. Et tricoter les mots entre eux pour de fabuleux et foisonnants songes éveillés. 

Et puis hier matin au goût de cendre, les gendarmes sont venus lui dire que des butors, des pignoufs, des malappris,  des gougnafiers de la pire espèce de paltoquets, avaient violé sa cabane et saccagé les rêves qu’elle porte. 
Mais enfin,  bande de cercopithèques à poil dur, et vous, tous les autres, les destructeurs fanatiques et barjots de la planète, les dégommeurs de vestiges antiques, les autodafeurs de bibliothèques, les profanateurs de temples et de tombeaux, dites-moi, au bout du fond de l'espèce de morceau de haricot sec qui vous sert de cerveau, vous ne voyez pas que c’est vous-mêmes que vous détruisez en vous en prenant à l'art ou aux poètes ? Non, bien sûr, vous ne voyez pas...votre encéphalogramme de bas-du-front est plat comme une limande...
J’ai mal pour toi, loisobleu. J’ai mal à Neruda, à Cézanne, à Rodin. J’ai mal à la terre qu'on déchire et au ciel qu'on obscurcit. Et à Mozart qu'on assassine en corps et à cris.



¸¸.•*¨*• ☆




Musique Almost Blue, Chet baker

87 commentaires:

  1. Triste chose que la bêtise humaine.
    Et dire que non content d'être des prédateurs imbéciles, ils font des gosses et ils ont le droit de vote...
    Pas vraiment folichon, mais dans l'esprit du billet:
    https://www.youtube.com/watch?v=YajAf5sRHtE

    Ti bacio Cara

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    1. Je ne la connaissais pas cette chanson. Le début est très beau...On n'est pas obligé de l'écouter jusqu'à la fin, en somme...
      Moi, ce que je me demande toujours, c'est : « qu'est-ce qui se passe dans un cerveau au moment de la destruction bête et méchante » ?
      Je sais, c'est idiot comme question... ;-)
      Baci
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Chelon n'est pas d'un naturel très joyeux et optimiste, en effet... Excepté dans ses chansons libertines (que je viens de découvrir)
      Pour changer un peu:
      https://www.youtube.com/watch?v=e3C7ATA1Z1Q

      La question n'est pas idiote, c'est juste qu'il n'y a pas de réponse.
      Pourquoi peut-on dire: "Vas et tue parce que la vérité, c'est moi."
      Et pourquoi l'autre y va?

      Je crois que détruire et la réponse absurde à un sentiment de frustration.
      "Pourquoi il a ça et pas moi?"
      Tu n'as pas fait exprès, mais tu me ramènes à une problématique qui m'a touché de près et que je n'avais pas encore décidé de résoudre (ou tenter de le faire).
      Baci e buona notte

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    3. Ah oui, « l'albatros » est très chouette (si j'ose ce parallélisme ornithologique)
      Il n'y a pas de réponse, ça veut dire que ça ne s'arrêtera jamais...c'est vrai qu'il y a de quoi ne pas être folichon...
      Pour ta problématique, j'espère que cela ne va pas te rendre encore triste.
      Je m'en voudrais, même sans l'avoir fait exprès...
      Buona notte per te, caro
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    4. Pour guérir et accepter, j'ai besoin de pouvoir répondre à ces "pourquoi" qui parfois m'envahissent. Dans ce genre de deuil, il n'y a qu'une façon d'en sortir, et c'est par le haut. C'est en sachant pourquoi il n'a pas pu trouver les bonnes réponses à ses interrogations. Tu as juste soulevé un coin de voile qui va me permettre de compléter un "pourquoi" par un "parce que"... Je t'en remercie.
      Ti bacio forte

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    5. J'en suis ravie et émue.
      tvb

      ¸¸.•*¨*• ☆

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  2. Bonjour Célestine. Je me réveille ce matin en ayant mal dormi, des pensées qui m'assaillent et qui me laissent songeuse. Et je viens te dire bonjour en lisant ton billet qui me rend triste. Triste car la bêtise humaine est partout, même dans les petites cabanes de rêves. Mais je suis sûre d'une chose, c'est que ceux qui saccagent ont mal à leur propre âme et un jour ou l'autre, ils seront envahis par cette noirceur qu'ils distillent partout. Et ils n'auront pas de rêves pour s'échapper au-dessus de cette fange.
    Contrairement aux artistes, aux poètes, aux gens qui offrent le beau, les Rodin, lest Cezanne et les zozios bleus.

    Restons au-dessus de ces turpitudes, l'esprit du beau nous le permet, encore... Bisous et belle journée dans le beau et l'espoir.

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    1. Merci d'être allée mettre un joli mot pour panser sa peine.
      Oui bien sûr la violence s'explique, il faudrait arriver à la comprendre pour la désamorcer, mais c'est vraiment très difficile d'excuser ou de pardonner, même quand on sait que derrière chaque violence se cache une souffrance.
      Je repense à cette vidéo d'Isabelle Padovani sur la non-violence. (elle commence à 1'57)
      Mais déjà, en nous élevant vers le beau et en gardant l'espoir, nous faisons un pas de fourmi vers un monde moins violent.
      Le bien avance à pas de fourmis, quand le mal y va au bulldozer, hélas...
      Bisous dédé
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  3. je ne me sens moi-même pas très vaillante ces jours-ci et mon accablement s'accroît en lisant ce genre de choses (vivement que je trouve une réponse à "l'à-quoi-bon?" qui m'assaille ces temps-ci... je fatigue)

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    1. Pas de vacances en vue, madame Adrienne ?
      Je suis bien désolée. Remarque, dans l'état où j'étais ces jours-ci, ça m'a aussi accablée.
      La réponse à l'a-quoi bon reviendra, j'en suis sûre. La nature est une grande consolatrice, comme dit ma copine Chinou.
      belle journée
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  4. Bonjour Celestine. Je ne connais pas Loisobleu mais je viens de lui laisser un petit mot. Tout cela est à pleurer. Hasardeusement je present dnas quelques jours Born to be bleu le film sur Chet Baker. ATTB My funny Celestine, sweet lovin' Celestine...

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    1. Merci pour lui. Le bleu est sa couleur. D'où le choix de ma chanson.
      J'irais bin voir le film présenté par toi, si je pouvais....
      Kiss you, gentleman of blues
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  5. Ce qui m'enfle particulièrement c'est qu'il n'y a pas (pour beaucoup) d'évolution, l'évolution est technologique pas chez l'autre...
    Ton illustration (de marée basse) est le reflet de ce paysage qui est situé à deux petits kilomètres de ce bureau où j'écris ces pauvres phrases d'ailleurs tiens, je pose le clavier et y vais de suite à bicyclette.

    Bleck

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    1. Si ça se trouve il n'habite pas loin de chez toi, et tu vas le croiser sur ta bicyclette...
      C'est un bon endroit pour oublier les turpitudes de ce monde...
      belle balade, Bleck, salue la mer pour moi.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  6. Quelle bêtise méchante ou bien méchanceté bête je ne sais pas!!! Je ne comprendrai jamais le plaisir de la destruction qu'elle soit physique ou mentale. Je lui souhaite de trouver de l'aide pour reconstruire encore plus belle sa cabane...

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    1. Oh oui, moi aussi, j'espère qu'il pourra rapidement retrouver tout comme avant.
      Parfois, on peut éprouver du plaisir à jeter de vieilles choses encombrantes, à donner un coup de propre, à casser un vieil objet, symboliquement pour se débarrasser du symbole qu'il représente.
      Mais aller bousiller la vie d'un autre, sans raison, juste comme ça...
      Pour moi, il n'y a aucun plaisir dans la destruction gratuite.
      Bizou, Brizou belle journée.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  7. La caractéristique première de notre espèce est l'agressivité. Nous essayons bien d'arrondir les angles, mais au fond de nous...

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    1. Bien sûr, Boss. Mais l'agressivité ne nous est pas exclusive, c'est une qualité à la base, de tous les êtres vivants, surtout les animaux. Les plantes ont d'autres combines, plus défensives, comme les piquants, les épines, la glu, le poison...
      Elle permet de survivre dans un monde hostile, de ne pas se laisser marcher sur les pieds, comme elle a permis à nos ancêtres de dégoter leur mangeaille et de protéger leur précieux feu.
      Le problème, c'est quand on l'utilise sous forme de violence. Surtout gratuite. Juste pour asseoir un dérisoire pouvoir sur l'autre. Et ça, par contre c'est propre à notre espèce. Enfin, je pense ...
      Bisous célestes
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Exactement, j'irais jusqu'au besoin, au plaisir de détruire...
      Je pense que dès qu'on a eu inventé les carreaux, les enfants se sont mis à les briser à coups de cailloux...

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    3. Et on leur a mis des coups de pieds aux fesses et des torgnoles, ce qui n'a été qu'une réponse violente à leur violence...Difficile d'enrayer le processus...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  8. Le bonjour Dame Céleste. Merci pour ce lien de Loisobleu que je me dépêche d'ajouter à notre liste de blogs, car sans poésie ce monde est foutu. Et merci pour ce coup de gueule qui fait du bien. Pour célébrer l'ensemble, voici mon modeste et solidaire présent :

    Image

    Au sud de ma mémoire
    Il est un monde à part
    Peuplé de bêtes extravagantes
    A deux
    A quatre
    A cinq
    A mille pattes
    Un monde
    Sans queue ni chaussettes
    Fait de bric et de broc
    De pinces à linge
    De bariolage
    De choses plus étranges encore
    Une belle demeure
    Toute de traviole
    Sans ligne droite
    Sans barbelés
    Sans miradors
    Sans mouchards aux fenêtres
    Une bâtisse où
    Le froid
    Les vents
    Les pluies
    Les orages
    Les plaintes
    Y sont admis
    Car si comme on le dit
    Dans la vie tout est bon
    On prend le mauvais aussi
    On danse ensemble
    Ou chacun son tour
    Cigales et fourmis
    Font pour une fois
    Un concerto à deux voix
    Ni dieu
    Crient les premières
    Ni maître
    Enchaînent les secondes
    Enfin délivrées
    Du maléfice des légendes

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    1. Les coups de gueule, c'est une libération salutaire...ça permet de recharger les piles. Et de faire vivre la solidarité.
      Il y a toujours un peu de Zola en nous, sans prétention aucune de ma part, je parle juste de la démarche qui nous pousse à prendre la plume pour soutenir quelqu'un dans la peine et dénoncer sans relâche la bêtise et l'injustice..
      Qu'est-ce qu'elle me plaît ta demeure au sud de toi !
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. J'adore l'équilibre chancelant de ton frontispice de blog entre deux galets incertains.

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    3. C'est pour cela que je les appelle mes « f funambulles »...

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  9. Chaque texte de Célestine est une prairie où, si l’on s’aventure, chaque pas fait s’envoler des sauterelles et autres insectes-brindilles qui chatoient. Et pourtant quelle triste histoire. J'irai aujourd'hui dans les marais, voir si la gorge bleue à miroir est arrivée, mais je ne sais pas si j'oserai m'y regarder

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    1. Qu'elle est jolie ta première phrase, Bricabrac !
      J'aime ça depuis l'enfance, faire envoler les sauterelles sous mes pas.
      Mais pourquoi n'oserais-tu pas regarder ton image dans le miroir de l'étang, toi qui écris de si belles choses ?
      Pourtant tu as raison quelque part. Nous portons tous une responsabilité dans la marche du monde...même si elle est infime.
      Je te souhaite de trouver la gorge-bleue.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  10. Chère Céleste,

    Vandales ou autres Goths, l'histoire se répète
    Aujourd'hui c'est daech, demain ce sera.....
    L'enseignante espère éviter que cela pète
    Mais, comme l'Albatros, le poète dit "ce qui fut sera"

    Les grandes ailes du poète ne l'empêchent de penser
    Qu'entre l'acte et l'être il faille distinguer
    Et garder l'espoir que toujours la vie l'emporte
    Si à l'amour on laisse encore entrouverte la porte

    Il m'arriva ici de constater, comme je te l'avais conté,
    Que jeunes en fureur avaient ma stupeur provoquée
    Initiant un acte d'empathie, puis déchirant fleur arrachée
    Pour le simple plaisir inculte d'être remarqués


    A l'air de la bêtise , de Brel :

    "Mère des gens sans inquiétude
    Mère de ceux que l'on dit forts
    Mère des saintes habitudes
    Princesse des gens sans remords
    Salut à toi, dame Bêtise
    Toi dont le règne est méconnu
    Salut à toi, Dame Bêtise
    Mais dis-le moi, comment fais-tu
    Pour avoir tant d'amants
    Et tant de fiancés
    Tant de représentants
    Et tant de prisonniers
    Pour tisser de tes mains
    Tant de malentendus
    Et faire croire aux crétins
    Que nous sommes vaincus
    Pour fleurir notre vie
    De basses révérences
    De mesquines envies
    De noble intolérance
    De mesquines envies
    De noble intolérance
    De mesquines envies
    De noble intolérance"

    Je préfère quand il affirme :

    https://youtu.be/wwJyNCgdyfQ

    Tous les enfants sont comme les tiens !

    Bises d'espérance

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    1. Oui, tu rejoins Isabelle Padovani qui parle du chemin de vie : aucun enfant ne naît terroriste, bien sûr, ni malfrat, ni violeur, ni tyran...mais c'est après, que le chemin de vie fait que certains deviennent mère Térésa et d'autres Hitler ... (Tiens, le point Godwin... ;-))
      il y aurait donc quelque chose à faire pour changer tout ça, au niveau de l'éducation...
      C'est ce que je pense, sincèrement.
      Faire péter le poids des traditions qui perpétuent les mêmes erreurs depuis des siècles, oui, ça pourrait être possible.
      Devra-t-on en arriver aux conditionnements en couveuse du Meilleur des Mondes ?
      Merci pour ta contribution, Petrus
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  11. Le jour ou l'homme cessera de vivre à genoux, de se prosterner, ou de parler à un mur, le jour ou il comprendra que le ciel n'est pas habité par un, voire plusieurs dieux, ce jour là il aura peut-être fait un pas en avant... Enfin ];-(

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    1. Espérons alors qu'il n'attendra pas d'être au bord du gouffre... :-D
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  12. On enchaine la clarté du soleil par des chaines affreuses et obscures, pour fermer l’idéal humain de naitre et de resplendir. Je m’insurge de ces démolitions des cœurs et des libertés qu’on entrave à coup de machette et détritus. Je condamne tout mal et effronterie qui assiège les hommes et les femmes libres ; je m’insurge de la lâcheté des hommes à tuer ce reste de l’amour dans l’art, dans la vie.
    Mais il ne sied pas à l’homme d’éteindre le soleil, de ligoter les étoiles et tous les autres astres et c’est cela qui me fait remonter le moral, et me montre le chemin à suivre, pour construire et non détruire car la vie est toujours dans le renouvellement et non dans le néant. Merci Céleste pour tes mots qui ont rendu, j’en suis convaincu, le sourire à l’oiseau bleu, et pour nous de nous avoir ouvert les yeux sur ce crime de lèse-idéal commis pas les casseurs de rêve.

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    1. J'aime les accents de révolte de ton texte qui confirme ce que je disais un peu plus haut à Lediazec.
      Il y a du Zola dans ton "je m'insurge" !
      Heureusement tu le dis très bien, certaines choses échappent à la soif de pouvoir et remettront tout le monde d'équerre le moment venu. Le ciel, les astres, oui...
      L'eau, l'air, la nourriture de la Terre nourricière voilà ce qu'il faudrait protéger de la folie humaine, parce que les pauvres cendres de conséquence des rois pharaons, malgré leur illusion de puissance, ne pourront rien contre une catastrophe climatique.
      Merci Bizak, toi qui es aussi un poète, de soutenir Loisobleu de tes mots profonds.
      Bisous en fontaine d'étoiles
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Je suis désolé d'avoir mal écrit, le nom de Loisobleu ^^ dont acte.Bisous ma chère amie

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    3. Je ne pense pas qu'il t'en tienne rigueur. Ce Zoizo là est de la même espèce que toi: il sait où sont les choses importantes... ;-)
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    4. T'as raison, il vient ce Zoizo là de me commenter( juste au dessous du tien) mon dernier billet avec des mots intervertis où tu as la liberté de les lire comme bon te semble, c'est un peu Den avec ses mots voltigeants et roucoulants. Oui on sait où sont les choses importantes. Merci Céleste.

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  13. 8

    Des croquenots d'azur
    Ça flambe
    immensément
    et dissèque des cathédrales les fémurs
    irisés
    Bégaiements
    crachats d'or et de pourpre, veines sanguinaires
    goélettes valsées
    corps convulsionnaires
    Varlopes les vents d'août, chevelure versée
    sataniques, balisent l'organdi de murs
    impalpables
    Mêlant
    muscades crevassées
    à leurs chevauchements
    des tigres pulmonaires
    Et les âmes ont des fragrances insensées !

    Louis Calaferte (In Rag-time, suivi de Londoniennes et de Poèmes ébouillantés, © Poésie/Gallimard 1996, p 2)

    Les sables sont colonisés par les lises de maux mal écrits, faute d'or t'ô graphe. Au clavier aux dents jaunes d'un ch'val de troie, ils sèment le virus de la haine à foison. L'homme-nain se prend pour un géant. Si tu lui parles de Rabelais, il te dit moi j'bois qu'du rouge. Ainsi va la décadence...
    Une cabane ça t'en tient la tête hors de la fosse.
    M'aime que tu parles de rêve comme d'une rélité au coeur d'un quotidien on ne plus horrible.Tu écris au peint saut bleu, Nietzsche dans la mémoire vive, un grand passage de vécu avec les vrais problèmes de la guerre, le surréalisme,les gens de Flore, du Tabou, St-Germain-des-Prés, Juju, Léo, Le Grand Jacques et Tonton Georges, l'Ecluse, Barbara, Moustaki et j'en passe....reste qu'une vision lucide de l'utopie, que ça te donne plus de nerfs que toute forme d'acides sans te faire bouffer que des maux quêtes.
    J'ai fait le monde pour savoir d'un bout à l'autre quoi en dire. Dans mon art à l'abri de la renommée.
    Voilà la seule raison qui me fait protéger l'humanité qui reste.
    T'es adorable ma Céleste, on a tant de choses en commun, que de me donner le sein aujourd'hui, ça me requinque mieux qu'une promesse. C'est un acte.
    Merci à toutes et à tous qui passez me voir sur WP.
    Je t'embrasse tout soleil malgré l'eau qui pleut!

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  14. C'était la moindre des choses, mon Zoizo, j'ai été tellement bouleversée par ta mésaventure. Bouleversée et dépitée, vraiment.
    Les gens que tu cites, ont tissé chacun à sa façon cette grande toile, ils ont ouvert les vannes de la poésie et nous nous devons de perpétuer le fil de leur eau, qui n'est pas cassé, qui est intact malgré tous les coups des divisions de panzers qui déboulent sur l'art pour le laminer, le damer sous le goudron de l'intolérance et de la bêtise, de tous nos bras, de toutes nos bouches de tous nos corps, avec tous les moyens et s'ils nous volent nos pinceaux il restera les oyats, et s'ils nous volent nos plumes il y aura celles des oiseaux, les poils des marcassins et l'encre des seiches et l'eau de la pluie pour nos aquarelles, serrés contre le vent et le soleil, nous ne risquerons rien à faire couler l'amour en fontaines de nos seins en nuages de lait et de coton
    Bisous célestes
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Art je te darde heur, encore vivant de la portée de Léo, témoin d'un vouloir fer sans monter à la croix, enfant de pute d'une guerre où le mot couilles se mesurait sur le tas et non dans des pètes-shows d'eunuques et de femmes sans barbe là où qu'être assis près du poêle instruit bon âne. Les avortons d'une fausse-couche ont perdu le souffle se marier pour tousse.L'amour à force de lui marcher dessus ça regimbe !

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    2. Ton art d'heure fait plaisir, Zoizo !
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  15. Puis-je ajouter "australopithèque" ! Et encore c'est faire injure à nos ancêtres descendus des arbres pour évoluer vers nous. Mais quand on voit le résultat !???
    Alors je vais dire "Hippocampéléphantocamélos" et encore inapproprié car absence de la moindre trace de neurone nécessaire à avoir des Lettres ni même l'approche d'une seule !
    Je veux bien venir peindre une planche ou même une toile pour "réparer" l'irréparable !

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    1. Kangourou Agile21 février, 2017

      Je rajouterais aussi bougres de troglodytes à la graisse de hérissons!
      Et iconoclastes, bien sûr.
      :)

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    2. @Lou,

      Le message de kangourou est venu s'intercaler et du coup j'ai oublié de te répondre.
      Ah oui, il est vrai que si les vandales connaissaient Cyrano de bergerac, on serait sauvés...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    3. @Kangourou

      Evidemment, cela s'impose !
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  16. Pourquoi la bêtise, la violence, la destruction? Parce que c'est plus facile.
    c'est plus facile de suivre que d'inventer, de détruire que de construire. Le bonheur, la paix, la tolérance, la beauté, ça demande plus d'invention que le malheur. Celui qui abîme ne prend aucune responsabilité, il ne remontera jamais le courant, il profite des choses telles qu'il les trouve et les laissent dans un état lamentable, après en avoir abusé.
    Mais n'en déplaise aux réducteurs de vie, de lumière, de créativité, il restera toujours des chercheurs d'absolu comme Loisobleu, des funambules de la confiance comme toi, des voyageurs du cœur comme tant de ceuzécelles qui viennent ici déposer leur "grain de sel"!
    Les sales cons n'auront jamais la peau des zoisos, encore moins des zoisobleus!

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    1. Oups! J'en ai fait des fôtes...

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    2. C'est vrai, il y a une certaine facilité à détruire...
      C'est une loi naturelle. Il faut des heures pour installer mille soldats de plomb sur une table, et seulement une seconde pour renverser cette table d'un mouvement rageur...Construire demande de l'intelligence, de la patience, de l'amour, alors que détruire ne fait appel qu'aux bas instincts de haine, de vengeance, ou simplement de bêtise aveugle...
      Je suis d'accord avec toi, sur ta dernière phrase. Et ton cri est si sincère que je n'ai pas eu le temps de voir les fautes.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  17. Bonjour Célestine, la lecture de ton billet me rend bien triste pour Loisobleu. Cela me met hors de moi de lire que la cabane bleu soit saccagée par une bande qui viennent casser pour casser. Un endroit qui fut un havre de paix pour pêcher ou écrire de beaux poèmes.
    J'espère de tout coeur que sa cabane soit plus belle et qu'il pourra revenir entendre le clapotement de l'eau.
    Bisous ♥

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    1. Oui, c'est un homme debout, il a déjà commencé à tout remettre en place.
      merci Denise.
      Bisous émus par tous ces messages solidaires.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  18. Que dire ? La bêtise humaine. Ici en banlieue parisienne on la côtoie souvent la violence! Alors on s'est adapté. On ferme les portes, on met des alarmes, on prend des chiens, les digicodes deviennent des gardiens !!

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    1. Disons que cela permet de soigner les symptômes...mais pas la maladie...
      Les hippies le disaient avec des fleurs...
      Faire progresser la non-violence, voilà un bon défi, non ?
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  19. Il va donc falloir que j'en invente cinq autres des insultes hadockiennes ? Mais ces iconoclastes savent-ils lire au moins ? On en doute parfois !

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    1. Oh oui oh oui ! J'adore quand tu inventes des insultes hadockiennes !
      Quant à savoir lire...je crois qu'ils n'ont jamais mis hélas les pieds dans une bibli...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  20. Comme toi, comment cesser d'être étonné par la bêtise de certaines personnes. De leurs actes inutiles, de leur vaine violence. Et d'ailleurs comme tu le dis si bien qu'ils touchent aux poètes aux artistes comme Loisobleu ou à qui que ce soit n'ayant rien fait pour ça.
    Maintenant dois-je le dire, j'aime beaucoup ton texte et ta plume trempée à ton encrier et un peu à celui de Desproges.
    A bientôt. Bises.

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    1. Bien sûr que tu peux le dire. J'aime quand on est sensible à ce que j'écris, Patrick.
      Quant à Desprosges, oui, il fait partie de mes inspirateurs, c'est certain. :-)
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  21. Cet incident déplorable m'a permis de faire connaissance avec cet artiste.
    Donc, d'une certaine manière, merci pour cela.
    La peinture du début me fait penser à Saint-Trojan (ile d'Oléron), où j'ai passé des vacances il y a trois ans.
    Est-ce là-bas sa cabane ?

    Je reprends ici le début du commentaire laissé chez lui, qui me semble avoir quelque chose d' « universel », je puis oser ce terme.
    Nos lieux intimes, personnels et essentiels, telle cette cabane, sont des prolongements de nous-mêmes, comme la main prolonge le bras. Y porter atteinte, c’est nous provoquer une blessure au corps. Et à l’âme.

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    1. C'est vrai que cela ressemble beaucoup à Trojan. Quoiqu'il en soit, ses textes, ses mots, ses peintures sont de partout et de nulle part, comme tout ce qui est universel.
      Effectivement, ce lieu intime, essentiel et personnel, à la même force que ma colline, ma pierre chaude sur laquelle je vais m'asseoir, la rivière où j'aime méditer.
      Et j'aime beaucoup l'idée que ce soit des prolongements de nous-mêmes.
      Bises émues
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  22. Je n'ai pas très bien compris l'événement à la base de ton article, je ne sais pas s'il fait allusion à un fait de terrorisme, ou de terreur, vis-à-vis d'un artiste ou d'une personne que tu connaîtrais ou d'un artiste qui aurait un site, un blogue... Bref, j'ai grosso-modo compris la teneur de ton article, bien sûr, et je fais chorus, le dernier événement de l'actualité que j'ai suivi est un accident de train dans plus ou moins ma région (un mort et quelques blessés), je décroche un peu en essayant de rester accrochée... Et t'embrasse quand même vaillamment. Enfin, presque.

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    1. En fait, un de mes blogueurs-amis a trouvé sa cabane saccagée par des vandales avant-hier.
      C'est un acte de violence gratuite, contre un poète qui ne fait de mal à personne et passe son temps à peindre et à écrire des poèmes.
      La fin de mon article extrapole sur tous les gens qui, de par le monde, s'en prennent aux poètes, et à l'art en général (comme dernièrement à Palmyre, par exemple.)
      Je voulais simplement, à la base, manifester mon indignation devant cet acte qui a touché mon ami.
      Mais ce n'est pas passé au journal télévisé.
      Moi aussi je t'embrasse
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. OK, Célestine, j'ai suivi le lien et découvert le blogue de ton ami.

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  23. Il y a peut-être une explication de l'ombre par la clarté...
    Renier le passé et l'annihiler, c'est une manière de vivre le présent, de créer l'avenir ?...
    Car on ne construit pas sur des ruines, ni sur des vétusteries...
    On rase et on créé de nouveau. Rien ne se perd tout se transforme...
    Juste un point de vue.

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    1. Je suis entièrement d'accord avec ton point de vue. Je rentre d'une soirée avec une amie qui m'a conseillé un livre exceptionnel (d'après elle)
      Et là, je vois (par synchronicité) que tu viens commenter, et que le livre est en PDF gratuit sur internet.
      Le pouvoir du moment présent, par Eckhart Tollé
      C'est cadeau. sachant que je ne l'ai pas lu, et que je vais le découvrir en même temps que toi (peut-être)
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Je vais le lire de ce pas... Lecture à deux, peut-être... (Cela en serait presque émouvant pour moi, puisque je n'ai jamais lu à deux ; mais l'émotion est à prendre avec des pincettes...)
      Biz

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    3. Se débarrasser du mental qui nous tyrannise semble être le point clé de 'accession à la paix intérieure...
      ^^

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    4. Il faut aussi se débarrasser du temps passé et du temps futur qui nous intoxique justement ce mental, mais ne se concentrer que sur le temps présent qui est l'essentiel et le plus sûr.^^

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    5. Tout à fait, c'est l'essence même de ce livre.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  24. Je découvre par ton intermédiaire cet artiste et son blog,que je reviendrai visité. Je suis dépité et ému par sa "mésaventure",ému aussi par tous les commentaires de soutien qu'il a eu,virtuels,mais aussi authentiques,francs,honnêtes,sincères,amicaux,bref tout le contraire de ceux qui ...sont portés de"bonne volonté" pour casser,violer,détruire ...
    Alors ,comme un petit message d'espoir à son encontre

    Que ce soit en vers ou en prose
    Créer
    Dans la pierre ou le marbre rose
    Tailler
    Dans le bonheur ou la souffrance
    Aimer
    c'est notre marque de puissance
    Créer....Georges Chelon
    https://www.youtube.com/watch?v=Y-Uw1l0ot0Y
    Interprété par Isabelle Aubret

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    1. Jolie texte de Chelon, un artiste bien oublié aussi, c'est dommage.
      Créer, oui, bien sûr, parce que la création est symbole de joie.
      merci xoulec pour ce beau partage
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  25. Un très beau texte empathique comme vous seule en avez le secret.
    Vous êtes notre soleil.
    ~L~

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    1. Certains mots lumineux transforment le noir en lumière, comme le plomb en or.
      Merci Lorenzaccio
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  26. Magnifique et haut en couleur, comment peut-on détruire de telles beautés, ça me dépasse, la connerie humaine !

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    1. Cela dépasse tous les gens respectueux et admirant la beauté.
      Nous avons cette mauvaise graine en nous, mais nous ne l'arrosons pas.
      Bisous Miss
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  27. Pourtant certains volent aiment la beauté puisqu'ils volent des tableaux dans les musées et que certains les gardent, ces petits voleurs n'avaient aucun goût.

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    1. J'ai bien peur que ceux qui volent dans les musées soient surtout intéressés par la valeur marchande des tableaux (à part quelques collectionneurs fous)
      Quant aux malfrats de Loisobleu, ce n'étaient même pas des voleurs, juste des casseurs...

      ¸¸.•*¨*• ☆

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  28. Tu as tout dit, et très bien...hélas, qui entend ce discours ??

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    1. C'est un large problème que tu soulèves-là...qui entend n'importe quel discours ?
      Qui entend les poètes sous les dictatures ? Qui entend John Lennon quand il chante imagine ?
      Dénoncer le mal, c'est juste rajouter du bien à l'humanité. Qui en a bien besoin.
      Et semer des petites graines qui finiront peut-être par germer...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  29. Je suis passé chez "loisobleu".
    Et je n'ai rien à dire sauf "Mais pourquoi, bon sang ?"

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    1. Oui, on en est toujours là, devant l'incompréhensible besoin de faire (ou de dire) du mal ...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  30. Quel désastre de toujours saccager... Et quel plaisir ?
    Je ne comprendrai jamais, moi non plus.
    Bises
    Angela

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    1. Peut-on comprendre la folie ? non, je ne le crois pas...
      Qu'une espèce soit capable de se faire tant de mal depuis la nuit des temps, c'est tout simplement incompréhensible par l'esprit.
      Bisous ma belle
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  31. Je suis désolée de ce qui est arrivé à ton ami, Célestine. Certaines personnes n'ont aucun respect pour le travail des autres, aucun sentiment, et j'en suis navrée autant que toi. C'est tellement facile de détruire ce que font les autres. Je vais aller mettre un mot de soutien à Loisobleu. Bisous, ma belle Amie.

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    1. Ah je suis contente de te voir de retour, Françoise.
      Merci pour lui.
      Bisous belle d'âme
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  32. Bonjour Célestine,

    Je suis allée voir le blog de loiseaubleu que je ne connaissais pas.
    Il a un univers très poétique et très beau et je pense que c'est quelqu'un de sensible.

    Il a été victime de violence gratuite semble-t-il, ce que je n'arrive pas à comprendre : le plaisir de faire du mal...

    Bises
    Mo

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    1. Oui, il faut croire que les univers poétiques et très beaux dérangent les gens nuisibles qui n'ont d'autre plaisir que de détruire...
      Bien sûr, que c'est facile de s'en prendre à quelqu'un de sensible. Tellement facile.
      Bisous chère Mo.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.