lundi 1 juin 2009

les fleurs de mon jardin...





Ce fut un long week-end encore, avec beaucoup de soleil et de repos. Et quelques contrariétés, que dis-je...des escarmouches, rien de plus. Alors j'ai décidé , pour recouvrer ma zénitude, de photographier mes fleurs, maintenant que je commence à avoir les doigts verts...Et j'avoue que le résultat est assez joli.


Quand j'avais cinq ans, mes parents m'avaient offert une petite bêche en plastique et je suivis mon père dans le potager brandissant mon nouveau jouet comme un trophée. Mon père voulut me montrer comment il fallait s'y prendre, il cala l'outil sous son pied qui me parut bien énorme , et donna un vigoureux coup de jarret pour enfoncer l'engin dans la terre pourtant meuble. Celui-ci se fendit en deux en gémissant sous le poids de mon paternel avec un craquement sinistre. Je partis en hurlant et pleurai pendant dix jours au moins sur le sort de cet objet que je n'avais même pas eu le loisir d'essayer moi-même. Je m'en souviens encore aujourd'hui. Ce fut mon premier chagrin d'enfant.

Chaque fois que je jardine je repense à cette petite blessure avec un sourire ému. Car cette sensibilité exacerbée ne devait plus jamais me quitter. Je ne pleurais pas , alors, sur ce misérable bout de plastique mais sur ma déception devant l'écroulement de mes rêves et la perte de mes illusions: mon père, ce héros, avait été capable de me faire pleurer, bien involontairement, et je ne sais si cela vient de cet épisode de mon enfance qui m'aurait programmée à jamais, mais je me prépare toujours , dans la vie, à ne pas être surprise quand un être cher me fait mal, involontairement ou pas. Je me dis que nul n'est parfait, que les amis et les parents ont le droit d'avoir leurs faiblesses, leurs sautes d'humeur et leurs réactions incontrôlées. Quelque part, il n'est pas hasardeux d'affirmer que ce simple morceau de plastique m'ait rendue plutôt indulgente pour la nature humaine.






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