samedi 4 avril 2009

J'écris ton nom

Une jeune femme que j'apprécie depuis longtemps à embrassé le beau métier de journaliste. Elle m'apprend deux nouvelles en même temps: d'abord qu'elle est une lectrice assidue de Célestine Troussecotte, et là, j'en rougis de plaisir.Ensuite que sa profession est en train de s'éteindre peu à peu, sous les coups de boutoir des patrons de presse , et là je rougis de colère. C'est vrai que les journaux indépendants ne sont pas légion, qu'ils ont du mal à subsister dans cette tempête de pensée unique et de propagande. C'est vrai que tous les journalistes ne peuvent pas être embauchés par Marianne ou le Canard. Ils doivent donc continuer à faire leur travail du mieux qu'ils peuvent, avec cette épée de Damoclès : être virés...
Alors ça veut dire que les journalistes sont pris en otages, et ça, c'est gravissime. Il n'y a plus de liberté de la presse, la vraie liberté de traiter, en toute tranquillité intellectuelle, les grands problèmes de société, d'y jeter un regard neuf, et sans complaisance, de ne pas aliéner ses écrits à un quelconque diktat pré-établi par le pouvoir en place. La liberté de ne pas obéir aux injonctions des puissants.N'y a-t-il plus moyen que des journalistes posent les vraies questions aux politiques, les questions qui dérangent, les questions qui engagent? Plus d'espoir qu'aucun journaliste ne puisse faire son travail sans se voir retirer sa carte de presse?
« Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ? »Victor Hugo, "Le Gouvernement", livre deuxième, chapitre 5.
Reviens, Victor!

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Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.