mardi 23 mars 2010

Guillemets

Certes, la "correction" infligée aux gouvernants en place tient de la "raclée historique." Certes, dimanche soir ressemblait à un "grand soir". Certes, la démocratie fonctionne encore un peu dans notre "beau"pays des Lumières. Certes, il serait malvenu de bouder notre "plaisir", je dis notre parce qu'il y a quand même quelques millions de gens à le penser.Et à reprendre un peu "d'espoir". Certes.
Mais si les Français ont choisi de confier à nouveau les régions au PS, LE grand parti de "gauche," ne nous méprenons pas. Tout reste à faire dans ce pays pour redonner confiance à des électeurs épuisés par leurs luttes quotidiennes, écœurés par la langue de bois, laminés par tant de coups bas, de veuleries politiques, de traitrises, de retournements de vestes, de votes consensuels quand il s'agit de préserver les avantages de la caste politique dominante. De droite, comme de "gauche". Et les guillemets, c'est exprès. Parce qu'à y bien regarder, a-t-on jamais eu la vraie Gauche au pouvoir depuis le front Populaire? A part peut-être dans les toutes premières années après 1981, où quelques avancées sociales ont été obtenues avec un certain bonheur. Mais c'étaient les dernières du vingtième siècle, qui en avait pourtant connu, et d'immenses, en 36 et en 45. 
Bien sûr, à tout prendre, il vaut toujours mieux une gauche "social démocrate" qu'une "droite décomplexée." Mais quand on voit combien les "grands" partis ne sont pas étanches, comme il est facile de passer de l'un à l'autre comme à travers un gâteau spongieux, au gré de son envie de carrière ou de ses ambitions, et sur la moindre injonction de notre "grand" empereur président , on peut légitimement douter que l'intérêt "général" soit le seul moteur qui les anime, tous. On peut légitimement se demander s'il faut faire confiance à des pachydermes ou des éléphanteaux -et les éléphantes ne sont pas en reste dans ce combat pour le "trône"- dont le seul projet est d'accéder à la présidentielle, au mépris de l'intérêt général susdit. 
Quand on voit des Mitterrand, Besson, Kouchner, Strausskann, Lang, s'asseoir confortablement sur leur image d'icones médiatiques en cousant, avec le  fil blanc de la désillusion , leur gros coussin de billets de banque, quand on entend la première dame jurer ses grands dieux qu'au fond elle est toujours de "gauche", quand on serre de près les manœuvres politiques, les petits "arrangements" et les grosses compromissions de tous ces gens qui usurpent la mémoire de Jaurès, leur illustre prédécesseur , et abusent de la ferveur aveuglée de leurs militants de base, on peut légitimement se demander si notre vote de dimanche  et tous les prochains ne nous mèneront pas de toutes façons au même endroit: croyant  faire tomber un mur, et si nous n'étions réduits qu'à changer de mur? La bosse sur le front, le traumatisme crânien en seront-ils moins douloureux?

dessin de Reiser, internet

14 commentaires:

  1. l'extraordinaire désaffection pour les « hommes politiques » a de quoi inquiéter...
    à défaut d'un pouvoir politique suffisamment fort et crédible, qui gouverne le pays ? : la Finance Internationale.
    Cette sorte de monstre invisible et dévoreur d'humanité.
    Je finis même par ne plus oser brocarder la classe politique,de l'extrême gauche à l'extrême droite,tellement je me demande s'il ne faut pas sauver le soldat politique !
    On finira par ne plus avoir le choix qu'entre Satan et Lucifer...

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  2. j'ai été militant toute ma vie. Syndicaliste à la CGT, secrétaire du syndicat dans une usine sidérurgique de plus de 3000 salariés (Thionville)
    secrétaire du CE, mais au bout de 10 ans j'ai quitté l'usine,j'étais lessivé physiquement.Pour ne pas subir de pression j'ai préféré partir. En 68, j'ai été licencié de la société allemande où je travaillais comme meneur de grève. J'ai du déménager car je ne trouvais plus d'embauche dans l'Est et venir en Isère.
    Politique, j'ai fait parti du MLP (mouvement de libération du peuple) dans les années 52, puis UGS (union des gauches socialistes) et enfin au PSU. Mais quand Roccard est entré au PS contre la position de la majorité des militants, je n'ai pas suivi.
    Je suis compagnon maître-ouvrier, et nous vivons toujours en HLM et dans un quartier dit sensible, où nous nous trouvons très bien !!

    Il y en a encore des militants sincères !!

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  3. AlainX, je note que toi aussi, tu mets des guillemets autour des mots "hommes politiques" Comme si cette fonction éminemment respectable de citoyen avait fichu le camp de la République, au profit de professionnels du mensonge, de la magouille et de la compromission.
    Je ne perds pas espoir, je dis juste qu'il faut rester vigilant quant à ce que les uns et les autres veulent faire de la "Chose publique" Res Publica...

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  4. Patriarch, je ne dis pas autre chose: les militants de base sont sincères dans leur grande majorité. Bravo pour tes engagements et la fidélité à tes idées. Peut-être parce que tu as vu de près la misère du peuple, ses difficultés, ses aspirations. On ne peut pas en dire autant de certains "ténors" (encore des guillemets!)

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  5. Et bien dis donc. qu'est ce qu'il est bien troussé, cet article.
    hier, je dis à mon mari: "tu as vu, la droite a pris une deculottée... Peut être qu'il va y avoir un peu d'embauche" (je cherche à retravailler, pour me séparer de mon mari)...
    lui: "ca ne veut rien dire... les région étaient déjà à gauche, ça ne changera rien".
    Bon, il a toujours été un pessimiste indécrottable, c'est pas à 55ans qu'il va changer...

    Nous vivons assez mal, tous les deux, le fait que je ne puisse pas "financièrement", encore, prendre mon appart. Mais pour une fois qu'on s'adressait la parole, j'aurai aimé qu'il fasse un petit effort pour être un peu moins pessimiste. Et mêmes les bons résultats de la gauche, là, dimanche, n'ont pas réussi à titiller un peu son âme politicienne.

    Quand tu dis que plus personne ne croit en eux, les "pilitiques", c'est bien là le problème. Mais si les relations entre un peuple et ses dirigeants sont à l'image de ce qu'elle est dans mon couple, je crains fort que ce soit vraiment très mal barré....
    Pour le peuple .
    Et la confiance ? Et bien c'est pareil, en bien mauvaise posture, chez moi... Il ne reste plus que quelques ficelles de cette étoffe, bien fragile. Cette ficelle est elle plus ou moins solide que celle qui relie le peuple aux politiques ?
    Mais enfin, soyons optimistes, ne soyons pas comme lui...
    Par nature, j'ai toujours cru en la nature humaine. Naïve , moi....non non. Simplement optimiste. Comme beaucoup de femmes, je crois aux petites rivières qui font les grands fleuves, y compris dans la politique.J'admire les gens qui se battent, pour défendre un idéal.

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  6. Je dirais comme Patriarch, il y a des militants de base sincères, d'ailleurs tous le sont, en bas. Mais "le pouvoir corrompt" (d'ailleurs Platon a écrit des choses intéressantes sur le sujet...ne pas donner le pouvoir à ceux qui veulent gouverner mais le donner à ceux qui se demandent comment bien gouverner, soit donc aux philosophes...)
    C'est donc "plus haut" que ça se gâte... si on associe cet adage au principe de Peters, on comprend mieux pourquoi, à défaut de comprendre comment.

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  7. Merci Salpiglossis et bienvenue chez moi! Il y a longtemps que je vois ton nom chez mes copines sans avoir jamais eu la curiosité d'aller chez toi..Eh bien c'est chose faite. Quatre blogs, rien que ça!
    Merci pour ton commentaire fleuve, il résume assez bien les deux tendances des français, lutter ou céder au découragement. Je fais partie de ceux qui luttent , les optimistes.
    tu peux aller voir cet article que j'avais écrit pour remonter lemoral de quelqu'un de pessimiste.
    http://celestinetroussecotte.blogspot.com/2010/02/comment-faire-jai-ma-petite-ideepour.html

    ****bises

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  8. Oui FD tu as raison, nos gouvernants ont beaucoup trop le nez dans leur caca et manquent cruellement du recul de tout bon philosophe.En même temps, quand on voit la tronche de certain, on se demande même s'ils ont un cerveau.

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  9. Droite,centre ou gauche, France Belgique ou autre, tous pareils, d'accord avec toi. Mais je sais qu'il y a encore des personnes sincères et elles font de la politique et j'en connais personnellement. Mais comme elles sont sincères, elles se font évincer par les coups bas, les gros bras, les grandes gueules démagos... Mais je continuerai à vôter pour ces politiciens de l'ombre et je sais que ce n'est pas un vote blanc, un vote perdu parce que ça encourage la res publica, la vraie et ça me permet d'être en paix avec moi-même. Très beau coup de gueule Cel!

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  10. Tout ça est bien triste!et c'est bien vrai que "Tout reste à faire dans ce pays pour redonner confiance à des électeurs épuisés" mais est-ce encore possible?
    NB là, les guillemets sont mis pour te citer, simplement ;-)

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  11. Je viens d'écouter les infos ... le message n'est apparamment pas passé. Il est des personnes qui ne semblent pas tirer de leçon de quoi que ce soit. La vie politique en France (et ailleurs soyons honnête) me désespère surtout si l'on songe à ces gens qui ont des convictions réelles, qui se battent pour faire avancer les choses. Sont ils encore entendus face à ces personnes (gauche ou droite) surtout avides de pouvoir ?

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  12. Tout reste à faire c'est sûr mais la France est quand même plus jolie en rose qu'en bleue:-)!

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  13. oui mammilou, je le concède,c'est un bel avertissement que tout ce rose, mais-et là je rejoins MS- le message n'est pas passé, ce matin Sarko annonce qu'il ne changera pas de cap...Désespérant!

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  14. Je ne crois plus en personne, je pense qu’ils se moquent tous de nous.
    Leur seule véritable préoccupation est la chasse au pouvoir…
    Bisous
    Math

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.