Je suis bouleversée par le dernier billet de Delphine. Un maelstrom de sentiments tourbillonne dans ma tête. Le "spleen du blogueur" l'a prise de plein fouet, il paraît que cela arrive à tous, d'ailleurs moi-même, il y a quelque temps, je me demande si je n'ai pas fait une petite atteinte bénigne, quand je dissertais sur le virtuel et le réel, et le nécessaire choix entre les deux ( dimanche 13 septembre)
Il faut croire que toute activité humaine est immanquablement soumise au jugement de celui qui la pratique, et au regard inquisiteur des autres aussi. On se questionne, on se demande pourquoi on fait cela, si c'est bien, si c'est mal, si on n'en néglige pas autre chose.Quoi que l'on fasse. Parce que les journées ne font toujours que 24 heures, et que le temps n'est pas extensible, même si on le désire très fort. Que l'on décide de sauter à l'élastique ou d'apprendre le Taï Kwen Do, dès que l'on fait quelque chose pour soi, il arrive fatalement le moment où on se met à culpabiliser, pour peu que l'on soit paramétré en mode "mère Thérésa" comme je le suis. En mode "autrui" au lieu d"égo".
Cela dit, comme toute aventure humaine, le blog est un fleuve inconnu avec des rapides bouillonnants et de longs et calmes méandres, et il nous emmène parfois là on on n'avait pas prévu d'aller. Je n'avais pas prévu la tournure de mon propre blog, et ce qui , au départ, n'était qu'une façon moderne de réagir à l'actualité par des billets d'humeur s'est transformé en un véritable journal de bord de ma vie au quotidien (et non un journal intime, nuance) une piste d'envol pour mes ailes d'apprentie-écrivain, une tribune, un club de rencontre, un forum, un salon où l'on cause, une chronique de mes coups de coeur, de sang, de fièvre...déclinables à l'infini puisque "tous les coups sont permis".
Oui, c'est vrai, on ne peut pas tout prévoir , mais en bon capitaine de ce bateau improbable, il faut garder le contrôle de la situation. Et s'arrêter sur la rive pour se reposer, aussi longtemps que le réclament les affaires qui nous appellent à terre, et reprendre le cours du voyage une fois qu'on l'a décidé, sans contrainte, libre comme le vent, ne pas se sentir prisonnier des autres et, au final, de soi-même.
Ne sens-tu pas, chère Delphine, avec quelle bienveillance on est toujours accueilli dans le monde doux et chaud de la blogosphère? Combien chacun s'ingénie à écrire ses commentaires avec beaucoup de respect, d'enthousiasme, de compassion parfois, d'admiration souvent, mais en tous cas toujours une énorme gentillesse. Si les collègues de travail, les voisins, les copains ou les inconnus dans la rue avaient toujours cette délicatesse, combien le monde serait-il plus beau! Qui songerait à nous en vouloir de ne pas écrire tous les jours, ou de ne pas visiter les blogs amis? Je me sens un peu responsable si tu l'as pensé, à cause de notre petit malentendu de l'autre jour, mais mon billet était plutôt guidé par l'inquiétude de t'avoir blessée.
FD fait une pause , elle aussi, elle nous manque mais c'est son choix. Comme Hutte des Bois qui prend sa pause, comme on reprend son souffle, son " hibernage" que j'ai appris à respecter, tu as le droit de privilégier d'autres activités, et d'ailleurs, tout le monde , à l'unisson, t'a dit la même chose. On te garde ta place au chaud.
Et dans ce monde impitoyable, savoir qu'il y a , quelque part un îlot où l'on est toujours le bienvenu, même après une absence, un lieu où l'on n'a aucun compte à rendre, où les gens sont gentils, c'est peut-être fleur bleue, bisounours et compagnie, mais ce que ça peut faire du bien!
Merci à Coumarine pour m'avoir fait découvrir la très belle musique que vous entendez.
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