mercredi 15 juin 2022

Lettres d'Irlande (8) De Cohb à Kilkenny



 




Un soleil généreux brillait sur le fameux Rock of Cashel quand nous l'avons gravi. Une forteresse monstrueuse perché sur son rocher, empreinte de mille ans d'histoire. Un joueur de tin-whistle  donnait à l'air un son médiéval. C'était méditatif de l'écouter jouer en contemplant le panorama.
Auparavant, nous avions passé de longues heures sur la grande île où se trouve Cohb, la ville du Titanic. J'ai réussi à trouver l'endroit (pas très facilement) d'où a été prise cette photo superbe que l'on voit partout, sur laquelle les maisons multicolores se serrent en enfilade devant la cathédrale. 
C'est à l'intérieur de celle-ci qu'une Terre géante et luminescente, tournant lentement sur elle-même, rappelait aux pèlerins combien notre planète-maison est précieuse.
Tiens justement, en parlant d'écologie, nous fîmes une halte au bord d'un golf. Là, un lac empli d'oiseaux, véritable refuge de biodiversité, était entouré d'un jardin exubérant de fougères géantes et d'arbres centenaires. En Irlande, un golf, c'est logique. Ça ne pompe pas des tonnes d'eau comme dans nos régions assoiffées. L'Irlande est un comme immense green. Leurs gazons me font pâlir d'admiration.
Pour Petrus qui s'en inquiétait,  j'ai quand même réussi, aujourd'hui à photographier trois châteaux, sans compter le Rock of Cashel. 
Ce soir, à Kilkenny, il faisait vraiment bon. Un temps à boire un thé en terrasse au soleil. J'ai même quitté mon pull en mérinos, n'est-ce pas, Biche ?  De jeunes intrépides sautaient dans la rivière en slip de bain. Les fous ! L'eau devait être à quatorze. Alors ça y est, pour les Irlandais, vingt degrés, c'est l'été ! Une grande leçon de relativité...

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Lettres d'Irlande (7) De Baltimore à Cork



Ce matin, il n'y avait personne au pied de la balise Beacon. Non, ce n'est pas un mémorial du Ku Klux Klan, comme l'a suggéré mon espiègle de fils en découvrant la photo.  Mais un phare original dominant l'océan. Un très beau moment de contemplation du haut des falaises, à observer le sillage blanc des ferries et le vol des goélands. 
A défaut de visiter le château de Baltimore qui ouvrait à onze heures, bien trop tard, donc.  
Entre Baltimore et Kinsale, sur les routes sinueuses qui longent la mer, on goûte à ce mariage permanent entre la terre et l'eau. L'agriculture et la pêche. Les moutons et les bateaux. Ah, les bateaux...il y a de quoi satisfaire l'âme d'un marin d'eau douce !
L'Irlande est un plat raffiné aux saveurs terre-mer. 
Un détour par le Dombeg stones circle m'a plongée au coeur du mystère celtique, à la table des druides. Un site mégalithique bien plus impressionnant que le dolmen dont je vous parlais dimanche. C'est là que le renard est apparu. Une adorable apparition.
Au terme de la journée, nous découvrons Cork. 
A défaut de visiter le château de Blaney qui fermait à dix-sept heures, bien trop tôt, donc. 
Sous le soleil revenu généreusement, la ville avait perdu son côté austère, dû sans doute à ses maisons de briques alignées comme des corons.. Demain, nous irons faire un tour à Cobh, l'île aux couleurs magiques. On aura sans doute plus de chances qu'avec les châteaux...
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mardi 14 juin 2022

Lettres d'Irlande (6) De Mizen Head à Skibberen

 




 Chaque endroit a son bout du monde. Mizen Head, c'est celui de l'Irlande. Une fine pointe de rochers qui percute la mer, tout près du mythique phare « Fast Net », bien connu des amateurs de voile. Un chaos minéral et sublime qui percute aussi le coeur. Cette beauté se mérite : des centaines de marches permettent d'accéder à une étroite passerelle au-dessus du vide, d'où l'on contemple le travail de l'érosion. Et bien sûr, comme pour les falaises de Moher, on doit payer pour voir. 
Avant cela, nous gravîmes la Healy Pass, un col aussi pelé et sauvage que le Galibier. Un endroit où l'on se sent les rois du monde. Le temps s'est éclairci au fil de la journée, rendant les photos de plus en plus belles. 
Pour une jardinière amatrice comme moi, la végétation d'ici me fiche une grande claque. Les bords de route sont des massifs qui semblent avoir été arrangés par des paysagistes de renom. Ici ou là, des rocailles explosent de mille couleurs, des fougères de deux mètres de haut forment des murs de verdure, les arums, marguerites, digitales poussent à l'envie. Partout, le moindre creux dans le rocher est colonisé par une touffe de quelque chose. Les yuccas sont de vrais arbres.
Quant aux façades des maisons, elles rivalisent avec les fleurs de coloris éblouissants.