dimanche 31 juillet 2016

Les blés onduleront toujours



"Quelques-uns d’entre vous disent, « La joie est plus grande que la tristesse », et d’autres disent,
 « Non, c’est la tristesse qui est la plus grande ». Mais je vous dis, elles sont inséparables. Elles viennent ensemble, et quand l’une est assise seule avec vous à votre table, n’oubliez pas que l’autre est endormie sur votre lit."

Khalil Gibran.

Champ de blé au pied des massifs du Champsaur, dans les Hautes-Alpes, en Provence-Alpes-Côte-d'Azur.:






















« Mon cher Papa. »

Voilà tout ce que j’ai écrit de cette lettre qui tourne en boucle dans ma tête depuis des jours et que je ne parviens pas à commencer.
 Il faut que j’écrive à mon père. Je n’y arrive pas. Je sens comme une urgence, et l’ombre du regret immense qui m’envahirait si je n’avais pas le temps, si je me laissais prendre de court par la camarde. Une ombre comme celle d'un vautour.

 Mon père, ce héros, qui m’a appris la vie sans jamais rien dire ou presque de la sienne. Quatre vingt-quatre ans de mutisme sage, d’humour caustique, de petites fantaisies irrationnelles, et de fatalisme goguenard. Une montagne. Cette énigme va partir sans être résolue, emportant ses secrets dans un monde qu’on dit meilleur.

Mon père a un nénuphar dans la poitrine, lui qui aimait Boris Vian, vla t’y pas qu’il se prend pour Chloé, et que j’essuie chaque matin l’écume des jours sur mes joues en me disant : aujourd'hui ? 
 L’écume de ses  jours qui sont comptés. Mais les médecins sont souvent fâchés avec la mathématique céleste…Ils évoquent des trucs sans se demander ce que l’on peut en faire…
Trois jours ? Cent jours ? Un an ? Combien de temps encore ?
Et cette bestiole visqueuse qui lui mite les éponges, et bloque le nerf des cordes vocales. Total, sono cassée depuis deux mois. Tuyaux d’oxygène dans le nez.
Le colosse, ancien rugbyman, maigrit à vue d’œil. Mais l’œil est toujours vif derrière les carreaux. Et Frédéric Dard, et Brassens, et Léo Ferré, et René Fallet, et Bécaud, ses pères putatifs, lui donnent la main et se poussent du coude en rigolant, comme s'ils lui disaient viens, on te garde une place.

Comment lui dire sans l’effrayer ? Comment faire en sorte que ma lettre ne ressemble pas à une funeste oraison ? Et en même temps, comment lui faire comprendre qu’il peut être rassuré, partir en paix, dans l’amour des siens ?
Je suis sûre qu’il le sait. Mais je veux quand même lui dire deux trois choses essentielles.
Et je ne sais pas par où commencer.

Le colosse tremble, ses pieds d’argile ont du mal à le porter. Je me prépare doucement à son départ. C’est un peu dérisoire. Comme empiler des sacs de sable avant un tsunami.  Je prépare les étais, les échafaudages, la truelle et le ciment. Parce que je sais que vacillera  en moi tout un pan de mes fondations. Mais je sais aussi qu’il ne voudra pas que l’on pleure parce que la vie est courte et belle, et qu’il aime rire et faire l’andouille. Et une fois de plus, il aura raison.  Les blés onduleront toujours.


155 commentaires:

  1. Me voilà devant toi, saisi de mutisme.
    Je n'ai aucune expérience du lien filial. Rien qui concerne la relation d'une fille à un père (ou d'un fils à un père)...
    Je suis maladroit pareillement devant le départ des autres... Mais, peut-être ai-je une vague idée de l'expression...
    Ta lettre ne peut pas être prise pour une oraison funeste. Tu sais fort bien que ton père, éternel confident, dévorerait tes mots avec reconnaissance ; car tu es une belle personne, une belle âme... Être touché par un être de ta trempe est un pur bonheur.
    Ainsi laisse couler les mots comme les larmes. Les larmes ne sont pas une condamnation, mais un "trop plein" de sentiments, une source de tendresse offerte aux aimés...
    Ton père partira quand le temps sera venu... Chaque instant porte sa valeur. Ma belle-sœur, à l'orée de son départ m'avait dit : vous pleurez alors que je pars ? Mais c'est moi qui devrait pleurer !
    Le sourire n'est pas moquerie, c'est une tendresse qui panse la souffrance... To père a besoin de tes sourires, de ton amour si pur et si violent...
    Au moment voulu, acceptes et laisses-le partir, parce qu'en fait il perdurera en toi.
    Tu le dis si bien "les blés onduleront toujours"...
    Profonde amitié.

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    1. C'est très beau ce que tu écris, Gilles. me voilà à mon tour saisie du même mutisme. Pleine d'admiration et de gratitude en même temps.
      Tu comprends si bien les sentiments qui m'animent...
      Tout en étant très émue de ce que tu dis de ma relation entre mon père et moi, je sens poindre autre chose derrière tes mots, autre chose de ton intime à toi. Et te connaissant je suis fière de ce que je découvre et ressens dans ces "larmes source de tendresse offerte aux ainés"
      Merci du fond du coeur ce message me fait beaucoup de bien.
      Bises étoilées
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. et moi je reste sans voix devant vos mots à vous deux....

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    3. Célestine,
      Je te suis différent sur tellement de points que je ne coris pas que tu aies la moindre idée de l'être que je suis. Ce n'est point ici une prise de position hautaine ou méprisante de ma part ; c'est juste une information.
      Mes mots sont un soutien, une façon de t'épauler maladroitement. Mes mots sont pour toi selon l'empathie que j'ai avec toi... Ce n'est ni le lieu ni le temps de m'étendre sur mon ressentis sur les liens filiaux. Brièvement je n'ai eu aucun lien paternel ou maternel dans le sens commun des mortels.
      Les larmes, les sourires, les mots sont des choses "humaines"... Peut-être mes conseils résonnent dans le temps, celui où j'avais des parents ; ou celui où j'aurai des parents.
      Qu'importe "quand", c'est le "comment" qui est important...
      Tendres pensées à toi et aux tiens.

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    4. Gilles, je te lis depuis assez longtemps pour savoir deux ou trois choses de toi. Et notamment ta difficulté d'enfance.
      Tu démens le principe qui voudrait que l'on ne soit pas capable d'amour si l'on n'a pas eu d'amour pendant son enfance.
      Tu es capable d'amour, d'empathie et de tous ces sentiments nobles et donc vrais. ne les classe plus dans la catégorie "trompeurs".
      laisse toi bercer dans la vie et ne refuse pas les mains qui se tendent. Puisque tu sais bercer de tes mots et tendre la main. ;-)
      Pensées en retour
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    5. Quand on a été profondément blessé, on a la peur constante de souffrir encore. La main qui se tend, parfois elle caresse... parfois elle cogne!

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    6. Oh oui, tu as raison. J'ai été blessée moi aussi, peut-être pas de la même façon que toi, mais quand même, j'en ai gardé des cicatrices...
      Cependant, mon sixième sens m'a appris à repérer les mains qui se tendent en qui je peux avoir confiance...
      Je t'embrasse fort, petit sucre.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  2. Écris-lui, parle-lui même si lui ne le peut plus, donne-lui la main.
    Fais tout ce qui te paraît important.
    Je t'embrasse affectueusement.

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    1. Berthoise, je suis touchée que tu interrompes ta pause estivale rien que pour moi. Je sais la valeur de ce conseils précieux. Je sais qu'ils viennent du coeur de quelqu'un qui a perdu ce phare qu'est un père.
      Merci beaucoup, moi aussi je t'embrasse
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  3. Ce billet transpire ton amour pour lui, et à te lire on aimerait le connaître.
    Mieux encore que toi, il sait où il en est, ce qui l'attend. Plus encore que toi parce qu'il a parcouru le chemin, il a eu le temps d'y penser, de s'y préparer.
    Sans doute écrire une telle lettre est-il inquiétant, mais dire ton souvenir et ton amour n'est pas condamner. Tu sais les idées et les mots et tu sais laisser parler ton coeur. Simplement être toi, sa fille aimante, sensible et fragile, sa petite fille, pour lui dire que tu l'aimes et qu'il peut partir dans cet amour ? Ecrire simplement, nue et sans armes, comme au premier jour ?
    Laisse parler ton cœur.
    Je pense à toi...

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    1. Nue et sans armes ? Peut-être que ma bannière n'est pas choisie au hasard...
      Peut-être, oui, qu'il faut que je laisse parler mon coeur comme je l'ai fait en écrivant ce billet...
      Comment me connais-tu si bien ?
      Oui tu aimerais le connaître, mon père est génial (mais je ne suis pas objective...) :-)
      Merci pour tes mots chaleureux
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  4. Vous devez lui dire.
    Courage.
    Mme Chapeau.

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    1. J'en suis convaincue. le problème, c'est plutôt "comment ?" sachant qu'il est loin et que'il ne veut pas nous voir de toutes façons. Je ne tiens pas à aller me mettre en travers de sa volonté.
      D'où l'idée de la lettre.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Il est des "je ne veux pas voir voir" qui disent "viens ne tarde plus"....

      (écrit à qq minutes de prendre la route.... je reviendrai plus tard si je le peux...)

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    3. Oui tu as sans doute raison, Alain. Quoi qu'il en soit, si j'avais la possibilité d'aller le voir, j'irais, ce soir même. Je ne tiens pas à raconter tous les tenants et les aboutissants familiaux complexes qui me mettent en position de ne pas pouvoir me rendre auprès de lui. Et notamment le fait que je ne peux pas me couper en deux matériellement (sauf à rencontrer un spécialiste de la magie à grand spectacle ^^) Et que j'ai aussi une mère, fragile, dont il me faut tenir compte. Mon souci, est de donc lui écrire certaines choses au cas où il partirait avant que ce soit à mon tour d'aller le voir.
      Merci de ton passage, j'apprécie dans ces moments incertains ce fantastique réseau d'amitié.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  5. Tes mots la Céleste exprime ta bonté, ta sensibilité, ta reconnaissance à tes parents, à ceux qui t’ont donné vie, t’ont accompagné sur le chemin de la vie. Tu sens aujourd’hui que la vie n’est pas éternelle même pour nos plus chers parents, mais n’est-ce pas que cela est naturel ? Parler de tes parents comme tu le fais, est en lui-même noble et plein de gratitude à leur endroit et à tous les autres parents, dans un sens. Partager tes émotions aussi vives et tes ressentis avec nous, dans des moments aussi difficiles que la maladie de tes parents est en soi un acte plein d’amour et d’amitié.
    En cela je te dis merci La Céleste

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    1. Il y’aura toujours les mots pour dire l’amour, ils viendront d’eux-mêmes, ils couleront comme une eau limpide d’une rivière cristalline, ils sauront être au rendez-vous pour dire l’amour à ton papa. Lui saura les prendre, les lire, les embrasser, les garder sous son oreiller. Ils lui parleront au moment du départ comme un accompagnement du dernier voyage après une vie riche et accomplie.
      Bise

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    2. Je me rends compte que l'éducation qui nous modèle ressort intacte dans les moments clés de l'existence.
      Tes mots me touchent énormément, en ce sens qu'ils font surgir en moi ce côté universel qui me conforte dans le bien que je pense de l'écriture, comme trait d'union, je dirais presque de communion, entre les êtres. Comme fil rouge de la pensée commune.
      Perdre ses parents est sans doute comme mettre au monde des enfants: un événement banal pour l'humanité, et pourtant unique et très fort quand il nous arrive personnellement.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    3. Les mots fluides et qui transcendent l'être viennent du fond de toi, il suffit de les attraper et de leur dire, je vous aime beaux mots, ils se transformeront alors en lumière du ciel et viendront se poser sur l’épaule de ton papa, sur laquelle tu appuieras ta tête.

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    4. Voila j'ai terminé ma lettre.
      Je ne sais pas ce que deviendront mes mots, mais je sais que ce billet et tous les commentaires m'ont donné le courage de les faire sortir de moi.
      ^^
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    5. Souvent, c'est dans la douleur que l'homme retrouve son humanité et sa lumière et lui viennent beaucoup de questionnements sur le sens de la vie. Nazim Hikmet poète turc qui avait vécu la moitié de sa vie dans les geôles turques qui avait toujours sa flamme pour la liberté et la vie, avait dit un jour: “Si je ne brûle pas, si tu ne brûles pas, si nous ne brûlons pas, comment veux-tu que les ténèbres deviendront-elles clarté ?”

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    6. Un grand poète écorché vif, comme je le suis parfois (écorchée vive, pas grand poète ^^)
      Brûler oui, mais en essayant de ne pas trop SE brûler les ailes...Là est tout l'équilibre du papillon funambule...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  6. Célestine j'te propose un tri porteur, tout dans le désordre comme si Fallet pas prendre les mômes du bon diou pour pour des cas narre qui diraient pas sauvages. Prends ta p'tite pelle et à toi toute seule fait Sète merveilles de le voir en son monde. Chui là où y t'a mis. Avec cet oeil unique qui en fait d'oeufs. T'es sa continuité, avec toi tout restera pas sang lui. C'est ce qui règle le trou de l'uniformité, le banal, le sans goût, fadasse d'une itération du nul par l'EXCEPTION que tu es. Toi sa fille qu'a ses couilles.

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    1. « Moi la fille qu'à ses couilles »
      C'est tellement vrai ! Mon côté iconoclaste, franc du collier, mon côté Célestoche, c'est à lui et à ses pères putatifs que je les dois.
      Un jour un prof de math m'a dit que j'étais une « identité remarquable » Tu as mis le doigt dessus: mon père m'a rendue unique et j'en ai pleine conscience. Voilà une chose que je ne manquerai pas de lui dire.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Cette sensation forte d'avoir le doigt tellement dessus que toute ma main en tremble.Je te lis par Lui qui m'est frère bien plus que de quelque part, au point que j'te fous notre pudeur en travers de la tronche pour que surtout tu n'es que des ô de coeur de Lui, Célestine qu'il a si bien réussie !

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    3. Je suis épantelée...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  7. C'est tout simplement magnifique et émouvant.
    La coutume hindoue dit que la mort est une libération de l'état présent pour passer à un état meilleur. C'est plutôt réjouissant.
    Il est sûr que quelque soit la manière de se préparer à un départ, le vide laissé reste irremplaçable.
    En tout cas, ton cœur s'est épanché dans cette lettre au père et agira peut-être, je l'espère, comme un emplâtre pour t'empêcher de vaciller.

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    1. J'aime ce côté optimiste de la coutume hindoue.
      La mort et la vie sont les deux points communs à tous les hommes, on l'oublie beaucoup trop.
      On l'appelle la grande égalisatrice. Je me sens la soeur de tous ceux qui ont eu ou auront à l'affronter. C'est à dire l'ensemble des êtres humains.
      merci JC
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  8. C'est avec les plus proches qu'on a le plus de mal à dire les choses...
    Comme je te comprends...moi aussi, j'ai eu un père "taiseux" et ce n'est pas facile, quand les paroles ont toujours été rares, de les trouver...
    Les gestes sont aussi importants, après tout...un regard, une pression de la main...disent beaucoup.
    Je me pose en ce moment le même genre de questions (mon père n'est pas malade mais...il a 90 ans).
    Et même si on sait, si l'on sent, si l'on croit ou si l'on espère que le "grand passage" n'est pas la fin, même si l'on pressent que c'est encore et toujours la vie...on voudrait que les derniers moments soient d'amour...
    Je suis sûre que tu vas trouver la bonne façon de dire tes sentiments.

    Et si la lettre est si difficile...une petite chanson ?

    Bises.

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    1. « On voudrait que les derniers moments soient d'amour »
      Je sens de grandes vagues d'émotion qui me traversent régulièrement comme une houle. Elle surgit de façon inopinée en écoutant une musique, en cueillant une fleur.
      Mine de rien, son départ a commencé à s'inscrire en moi et me bouleverse, préparant mon coeur à la nouvelle inéluctable.
      Son message est subtil : il me dit en ne voulant pas que je vienne trop vite, que, comme les vieux éléphants, il va bientôt partir rejoindre le Vieux Leon et toute la bande.
      Une chanson...j'ai déjà en tête celle que je chanterai pour lui.
      Bises émues
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  9. Et si, plutôt que de les écrire, tu les lui murmurais ces mots, Célestine, en prenant sa main dans la tienne, pour être encore un peu au plus près de lui ? Car là où ira ton papa, les écrits ne resteront pas, mais il emportera dans son coeur la musique des mots tendres portés par la voix de sa chère fille. Et ta tristesse aura alors une délicate saveur de joie d'avoir pu lui dire comme tu l'aimais. Je te prends dans mes bras avec toutes mes pensées.

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    1. Bien sûr, Aimedjee. J'aurais dû rajouter dans mon billet que tout ceci est provisoire, c'est juste une période où je ne peux matériellement me trouver près de lui, comme je l'ai dit plus haut.
      Mais quoi qu'il en soit, je prendrai sa main, bien sûr, je lui murmurerai des mots tendres et bienveillants pour faciliter son passage. Mais il n'en reste pas moins que certaines choses sont plus faciles à écrire qu'à dire. Et puis tu es bien placée pour savoir qu'écrire est aussi ma façon d'avancer, sur mon fil, de me soigner et d'exorciser mes craintes et mes failles.
      L'un n'empêchera pas l'autre au moment ultime. Et la lettre sera mon dernier cadeau qu'il emportera avec lui.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  10. La lettre, elle est déjà écrite : il suffit que tu remplaces "mon père" par "toi".

    Une amie, il y a longtemps, venant de perdre son père, m'avait dit : "parle à ton père avant qu'il ne soit trop tard". Je ne l'ai pas oublié… mais je ne l'ai pas (encore ?) fait.

    Tendres pensées

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    1. C'est vrai, on croit toujours qu'on a le temps...tu te souviens mon billet sur André Brahic ?
      On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime...
      Tendres pensées en retour
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Bien sûr que je me souviens de ton billet. Il nous rappelait que le futur est toujours incertain. Mais que seraient nos vies si nous vivions dans l'inquiétude permanente de ne pouvoir dire, ou faire, tout ce qui nous importe ? Nous faisons des choix. Nous reportons certains actes… et parfois on se rend compte qu'il est devenu trop tard pour les réaliser. Nous ne pouvons tout contrôler.

      Aux gens qu'on aime on ne le dit pas autant qu'on l'aurait pu… si seulement on avait cette conscience permanente de la fin de toute chose. Je crois que nous trouvons un compromis entre l'insouciance qui nous fait croire que la vie est sans fin et l'angoisse de savoir qu'il n'en est rien. Personnellement je n'ai pas envie d'imaginer que chaque séparation d'avec un être cher puisse être la dernière. Cela dit, il est des circonstances ou cette conscience de l'approche de la fin devient inévitable…

      Nous y sommes.


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    3. Oh Pierre désolée, je n'avais pas vu ta réponse.
      J'ai la conscience aiguë de la fin de toute choses, comme tu dis, mais il est vrai que je tâche souvent de retrouver un peu de l'insouciance qui nous fait apprécier la vie. Sans quoi nous vivrions dans une angoisse absolue.
      la sagesse de tes paroles (nous ne pouvons tout contrôler) me fait du bien, en me confortant sur ma juste place: sur mon fil.
      Bises philosophes
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  11. Ce que je lis entre les lignes, c'est qu'avec lui, tu as pu communiquer, peut-être pas toujours, toujours mais souvent. Si c'est vraiment le cas alors l'essentiel a été dit.
    Ce que j'aurais envie de te dire aujourd'hui, c'est de ne pas perdre une miette de ces instants qu'il vous reste ensemble, de ces moments où le temps semble s'arrêter et où l'on perçoit tout avec une extrême acuité: les chuchotements, les soupirs, les odeurs, le grain de la peau aimée. Les sens en éveil chassent le vide, accompagnent celui qui part et apaisent celui qui reste en lui fournissant ces tout petits cadeaux ténus qui nourrissent, après,longtemps.
    Je ne trouve pas la formule finale mais le cœur y est.

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    1. Magnifique. Et très émouvant. Merci MissA
      Moi non plus, je n'ai pas de formule pour te remercier mieux que ça...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  12. Commence ta lettre par Papa, "je t'aime", et tout le reste coulera doucement sous ta plume...
    Je suis bien en pensée avec toi car ce n'est pas drôle de devoir faire cache-cache avec la Camarde pour dire lui encore une fois je t'aime et que tu as tant reçu d'amour que tu as du stock pour te garnir la vie jusqu'au bout de ton âge.
    Pose tes mots sur le papier sans réfléchir, ce seront ceux qu'il aura besoin de lire.
    Ti bacio forte Carrissima

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    1. Misère, moi j'avais écrit une lettre à mon père mais elle ne commençait pas comme ça...
      Blutchy tu sais toujours trouver le mot juste.
      Te voglio bene pour ça, aussi.
      (Flûte alors, te trouverais-je un jour, une fois, rien qu'une petite fois, un bon gros défaut? ;-))

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    2. @Ambre

      Ne dis pas ça, malheureuse! déjà qu'il a du mal à faire passer ses chevilles dans son pantalon ^^
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    3. Arrêtez avec ses chevilles, ses pantalons sont parfaitement adaptés! Et je continuerai à le dire tant que ce sera vrai!

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    4. Arrêtez? Tu me vouvoies maintenant ? ^^
      Mais c'était de l'humour et il adore qu'on parle de ses chevilles...
      Je continuerai donc à en parler :-)
      ¸.•*¨*• ☆

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    5. Mais pourquoi diable ne devrais-je avoir qu'une de mes "Pas Communes" qui me trouve parfait... :-D
      Et pour les chevilles, je suis définitivement passé aux shorts
      Bisous e baci

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    6. Peut-être parce que j'aime tes défauts aussi, qui te rendent tellement humain... ^^
      ¸.•*¨*• ☆

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    7. Ben faudra que tu les énumères à Ambre, elle qui se désespère de ne pas m'en trouver :-)
      Ti bacio

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    8. Enumères? carrément? Parce qu'il y en a une liste?

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    9. Ben Célestoche parlait de MES défauts et l'énumération commence dès qu'on parle au pluriel.
      J'espère tout de même qu'elle ne trouvera pas de quoi remplir un bottin téléphonique :-D
      Bisous

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    10. Ça fait deux jours que je ne dors plus, je ne mange presque plus, je me creuse les méninges, j'ai même sorti mon cerveau pour l'observer dans un saladier avec un binoculaire, j'erre dans la campagne comme une âme en peine, mais force est de constater que je ne parviens pas à te trouver l'ombre du soupçon du moindre défaut...
      Au temps pour moi, je me rends à l'évidence,

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    11. ...tu es parfait !

      ¸.•*¨*• ☆

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    12. Jdissa, en mode Jdissamercredi, 03 août, 2016

      ...'tain, ça va faire des envieux !

      Et où et quand pourra-t-on un jour rencontrer ce monument ?

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    13. Naïf : « ce monument, quand le visite-t-on ? »
      Cyrano, sors de ce corps !
      ¸.•*¨*• ☆

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    14. @ Jdissa
      Ca dépend de toi, car faut pas t'imaginer que je vais réparer la motogodille pour aller te trouver aux Îles de la Désolation....
      Quand tu te pointes en France, tu t'annonces au rapport et comme je suis (presque) certain que Céleste est partante...

      @ Céleste
      Tu es bien indulgente avec moi. Pour ma part, je me reconnais un défaut: La modestie...
      Ti bacio Cara mia

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    15. Bien sûr que je suis partante pour rencontrer Jdissa ^^
      Indulgente moi ? objective, simplement.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    16. Ah! Tout de même!!!!!
      Ceci dit, si, je t'ai quand même trouvé un défaut (enfin, qq chose qui est un défaut pour moi ;-)) mais qui en fait n'est qu'un trait de ton caractère: cela consiste à édulcorer certaines de mes questions absolument, mais absolument pas indiscrètes!!!! ..........

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    17. Ah bon ? quel genre de questions, par exemple ?
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    18. @ Ambre
      Mais qui pourrait avoir l'idée saugrenue de penser, ne serait-ce qu'un instant, que tu puisses prêter à la moindre suspicion de pouvoir être tant soit peu indiscrète... ?
      D'abord, il n'y a pas de questions indiscrètes, seules les réponses peuvent l'être.
      Gros bisous et ho baciato la taulière.

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    19. Oh bah avec toi, on ne risque pas de crouler sous les "réponses" indiscrètes!

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  13. On se fait une montagne des mots et puis souvent ils sont là quand on a besoin d'eux, fidèles au rendez-vous, et puis des fois le silence suffit, tant de choses peuvent passer par la simple présence, par le regard ou par des canaux encore inexplorés...

    "Parler à mon père" est la chanson-chouchou de Céline Dion. Elle ne loupe pas une occasion de la chanter et elle s'y montre sincère.

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    1. Oui mais je crois avoir compris que son papa est loin.
      Le mien, avant de mourir, il ne voulait plus voir personne et avait coupé son téléphone. Je devenais folle, car je n'étais pas encore aussi calme et posée qu'aujourd'hui.... Et quand je me suis retrouvée à ses côtés aux derniers instants (à l'hôpital) les mots étaient bloqués... La présence, oui c'est vrai, la présence il y a beaucoup de choses qui passent, même si peut être pas tout ce qu'on voudrait...

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    2. @ Ambre
      Lorsque deux âmes s'effleurent, il n'y a plus de distance. Les émotions et les sentiments passent librement.
      Les mots, parlés ou écrits ne sont que des agents de transmission pour certifier l'échange, pour rassurer.
      Gros bisous et baci à la patronne.

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    3. @ Saoul Fifre
      Je crois à la télépathie, mais 400 kilomètres ça fait beaucoup.
      Il sait que j'appelle souvent (même s'il ne peut plus répondre au tel)
      Il sait que je l'aime, mais j'ai quand même envie de le lui dire par mon canal inexploré à moi : l'écriture.
      Bises sincères mon saoulf
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    4. @Ambre
      Tu as raison, il ne faut pas privilégier un moyen plutôt qu'un autre.
      La présence, les mots, les gestes sont les mêmes brins de coton du même tissu...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  14. "Vous n'avez jamais vu l'aube. La vraie. Pas celle du premier train de banlieue. Seul le pêcheur sait le goût exact du matin, le goût du pain et celui du café de l'aurore. Il a, seul, ces privilèges exorbitants. Né subtil, il n'en parle pas. Il garde tout cela pour lui. C'est un secret entre le poisson et lui, l'herbe et lui, l'eau et lui. Poisson, roseau pensant dans les roseaux, je te salue ! Tu mérites, plus que la guêpe, un coup de chapeau. Un soleil d'Austerlitz monte sur Jaligny ébloui par tant de gloire et de lumière. Je pêche dans une toile de Monet. Me voilà au Salon de l'Été, accroché à un mur de verdure. J'habite tous les châteaux d'eau. J'aime toutes les pêches. Toutes les rivières. Tous les canaux. Tous les étangs. Je peux même pêcher le poisson-chat, ce Frankenstein des eaux, dans une mare de ferme, lancer ma ligne entre deux canards. Je pourrais vous raconter mes très modestes histoires de pêche jusqu'à la nuit, niais c'est déjà la nuit. L'oiseau bleu file au ras de l'eau, sur coussin d'air. Ça, c'est une loutre et ça, c'est une bécassine. Il pleut à peine sur la rivière, si peu que l'on pourrait croire qu'il s'agit des ablettes qui moucheronnent. C'est le soir. Déjà le soir. Des gouttes d'angélus tombent d'un peuplier..."
    René Fallet (Les pieds dans l'eau)

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    1. Sublime. Un autre beau cadeau pour mon père.
      En guise de viatique, René Fallet, c'est vraiment bien.
      Merci Alain
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. On a les m'aime copains de bord, tu peux lui dire Célestine.

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    3. Je lui dirai que j'ai rencontré un authentique pote à Brassens...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  15. Alors dans le désordre parce que la vie est comme ça, ta lettre est pleine d'espoir je trouve malgré la mort qui approche. Donc elle est belle et touchante. Ta nouvelle bannière me plait beaucoup, je profite de te le dire aujourd'hui. Et ta citation initiale me fait penser à une autre dont j'ai oublié l'auteur : " Il faut se méfier du bonheur...ça veut dire que le malheur n'est jamais loin". Pas très optimiste...
    Bisous.

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    1. Je renverserais ta citation en disant:
      "N'ayez pas peur du malheur, car le bonheur n'est jamais loin..." (indécrottable Célestine ^^)
      Merci pour la bannière, j'y ai mis tout mon coeur.
      Bisous Mind
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Je crois que c'est Larochefoucault qui a écrit cette pensée...

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    3. Ah merci de cette précision, Mind
      ¸.•*¨*• ☆

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  16. C'est lui qui te parles pendant que cette fois tu l'accompagnes sur un chemin d'à Dieu pour l'ores, lui qui t'a accueillie sur un chemin qui serait longuement commun. Il sait, bien sûr, et aucun mot n'est nécessaire.

    Mon papounet est parti comme ça aussi, avec un nénuphar. Lui qui avait beaucoup craint la mort - intellectuellement et philosophiquement - il m'a un jour, alors que je m'en allais en disant d'un ton faussement insouciant "je reviendrai demain", pris la main et l'a baisée. Si gentiment.

    Il avait des larmes dans les yeux. Il n'a rien dit. Il ne pleurait jamais, mon papounet, n'était pas un émotif. Mais il savait et me l'a dit de cette manière. Il est mort un mois plus tard... très très heureux, vraiment, sachant que nous étions prêts et avertis.

    Aussi affreuse que cette période puisse être à vivre, crois-moi, nous nous illuminons quand nous en parlons, mes frères et ma soeur et moi... Car tout ce départ fut un travail d'amour, nous tous avec lui.

    Courage, courage, car les arrachements sont si douloureux. Et un sourire à ton guerrier de père qui va vers son repos...

    Baci

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    1. Ton témoignage prouve une fois de plus que l'amour qui circule entre les êtres peut tout (je sais, Walrus va encore dire que c'est mon obsession)
      Il transcende la peine, il éclaire l'obscurité, il éclaire les derniers instants.
      Je récite ça de façon un peu incantatoire, mais ça vaut mieux que de sombrer dans un désespoir incompressible.
      Accepter la mort: n'est-ce pas le sens premier de la vie.
      j'ai lu quelque part que lorsque l'on donne la vie à un enfant, on lui donne aussi la mort, comme les deux faces d'un indissociable miroir.
      J'aurai du courage, puisque j'aime.
      Baci sorellina♥︎
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  17. Tu peux être sûre d'une chose, son absence te fera mal mais il t'accompagnera tout au long de te vie, je vis avec mes morts, ils sont toujours vivants tant que quelqu'un pense à eux.

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    1. Deux de mes amies les plus chères sont passées par là, et elles me montrent la route.
      Penser à eux, oui, bien sûr, chaque fois que je me regarde dans les yeux, je vois mon père. Je ne risquerai jamais de l'oublier...
      Bises
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Heureuse es-tu! Il fut un temps où je me rasais sans regarder le miroir, car j'y voyais mon père. Plus tard, ce fut l'inverse : en voyant la photo sur son son cercueil, et Dieu sait si j'ai eu le temps de la contempler, c'est moi que je voyais. Depuis, j'ai eu le temps de réaliser que j'aurais dû profiter des dernières semaines de sa vie (il était aux soins palliatifs) pour lui dire . Quoi au fait ? Que j'avais beaucoup d'affection pour lui, que j'étais fier d'être son fils. Heureusement, au moment du grand saut, j'ai pu être à ses côtés et lui serrer la main. Mais c'est plus qu'un excès de pudeur, je ne sais pas ce qu'est l'amour filial. Je me suis senti orphelin bien avant son décès. Ma mère est toujours en vie, mais elle n'est plus pour moi qu'une étrangère. Oui, heureuse es-tu de pouvoir pleurer un père qui s'en va. Vivez pleinement vos derniers moments pour te faire des souvenirs de roc, et prends bien soin de ta maman.
      Bises.

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    3. Je sais que j'ai les mêmes yeux que mon père, ce n'est pas forcément pour cela que je l'ai placé sur un piédestal...il a ses défauts et ses qualités comme tout le monde, mais globalement, je garderai de lui un bon souvenir.
      L'amour filial est le même que l'amour tout court. Il ne peut se commander.
      C'est une vue de l'esprit que de croire qu'on est obligé d'aimer ses parents. Et ça a culpabilisé beaucoup trop de monde depuis deux mille ans.
      En réalité, les liens se tissent peu à peu, et s'ils ne se tissent pas, c'est que c'est impossible, Voilà tout.
      merci de ton passage cher ami.
      ¸.•*¨*• ☆

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    4. Depuis 2000 ans ?? Décidément tu as des comptes à rendre avec le christianisme !! :-)
      Encore que ce soit bien plus vieux que ça... Déjà la Grèce antique et tout les sages des civilisations les plus anciennes parlent de l'attitude des enfants envers leurs parents.
      Sauf qu'il n'est quasi jamais question de les aimer.... mais de les "honorer" (terme repris par la Bible), ce qui veut dire avec du respect envers eux, en paroles et en actes...
      La moindre des choses en quelque sorte... Non ?
      :-)
      Il est vrai qu'aujourd'hui.. le vieux.... faut en débarrasser la société, d'autant que le vieux coute de plus en plus cher à la collectivité à entretenir inutilement....
      (propos de mon ancien coiffeur... qui ne me revit plus de ce fait.... dommage, il coiffait bien.. comme quoi on peut être un fieffé connard et habile du ciseau....)

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    5. @ AlainX
      La société fait des efforts méritoires pour plaire à ton ex-coiffeur...
      - Maltraitance jamais punie dans les maisons de retraites.
      - Désoeuvrement des pensionnaires systématisé pour ne pas leur donner l'envie de jouer l'incrust.....
      - Accès des soins limités par la sécu (il faut savoir si un traitement cher est "rentable" en fonction de l'âge et l'espérance de vie du malade.
      - Date de péremption des vieux pour tout ce qui concerne le dépistage et la prévention.
      Un cancer du colon, c'est mortel à 5 (ev. 10) ans.
      L'espérance de vie moyenne est de + ou - 78 ans. Il est donc dans la logique de la SECU de ne plus le dépister à partir de 74 ans...
      Idem pour le cancer du sein et les autres....
      S'ils ne sont pas d'anciens politocards, la société n'a rien à foutre d'une pléthore de centenaires...

      Comme quoi ton coiffeur est très écouté dans les instances gouvernementales...

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    6. Alain, oui j'ai un compte à régler avec non pas le christianisme, mais ses indignes "représentants"...Mais n'y revenons pas, tu connais l'histoire.
      Honorer ses parents...bien sûr, cela semble être une évidence. Mais certains parents se comportent très mal envers leurs enfant et c'est là que le bât blesse....
      Ton coiffeur est un connard, c'est certain...Moi j'ai beaucoup de respect pour les vieux (d'ailleurs je n'aime pas dire "personnes âgées") et j'aime leur compagnie, ils m'apprennent plein de choses. (je dois avoir un côté africain... ^^)
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  18. N'écris pas, parle! Rien de public comme dans cette lettre. Dans l'intimité parle lui. Remercie le pour sa vie, et surtout dis lui que tu l'aimes et que tu le garderas dans ton cœur, qu'il peut partir quand il le voudra. C'est ainsi que tu le libéreras, pas dans une lettre mais dans la chaleur de ta présence et dans la vérité de ton regard

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    1. Je sais, chère marie-Madeleine, que rien ne remplace la présence. Tu écris : « Rien de public comme dans cette lettre »
      Bien sûr, mais d'abord ce n'est pas une lettre, c'est un billet qui dit ma difficulté du moment. Je ne saurais envoyer ça à mon père, même si je la mettais à la deuxième personne. C'est un billet qui m'aide à voir clair en moi, grâce à la gentillesse et la bienveillance des commentaires.
      J'explique plus haut pourquoi j'éprouve la nécessité d'écrire cette lettre.
      Mais en aucun cas je ne veux écrire pour me dédouaner d'aller lui tenir la main. Je serais triste que l'on puisse interpréter ainsi ma démarche...
      C'est juste au cas où la Camarde aurait le mauvais goût de l'emporter avant que j'aie eu le temps de m'organiser et de partir le voir.
      Il est vrai que je n'aurais pas écrit ce billet si j'habitais à trois pâtés de maison de chez mes parents... ^^
      Bisous
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Je comprends et en aucun cas ne voulais te blesser! Je sais pour l'avoir vécu comme on a besoin d'intimité avec un père ou une mère à la fin de leur vie, c'est juste ce que je voulais te dire.

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    3. Je t'en sais gré,marie-Madeleine.
      j'aime que les malentendus se dissipent comme la brume du matin.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  19. Quand ma mère était entre ces deux mondes, je lui ai demandé si elle était prête, oui m'a t-elle répondu.
    Elle allait retrouver deux de ses enfants, ses petits enfants, son mari et tous ceux qu'elle avait aimé.
    Je lui ai dit "je t'aime" je crois bien que c'était la première fois que je le lui disais, on ne dit pas bien ces choses là chez nous, mais on les pense très fort.
    Va lui dire que tu l'aimes...

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    1. Je lui dirai. Promis.
      Et je continuerai de me bagarrer pour que "je t'aime" devienne une chose qu'on dit, partout, tout le temps, et à plein de gens.

      ¸¸.•*¨*• ☆

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  20. Parfois une simple présence, même brève, même silencieuse, peut être préférable aux mots, de toute façon toujours insuffisants... Mais qui suis-je pour donner un conseil ? La détresse est tellement personnelle...

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    1. Tu es Un Homme, et ton avis est aussi important que ceux des autres.
      Et la détresse, comme je le dis plus haut, est à la fois unique et universelle, mais quand on parle de la mort, on n'en est pas à un paradoxe près.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  21. Fais pour le mieux Célestine, toi qui manie si bien les mots. Ce sont des moments si durs à vivre et à mourir. Moi qui aime modestement les mots, je n'ai pas su ni en dire ni en écrire. J'ai laissé partir mon père comme ça, j'étais trop jeune, je ne savais pas, pourtant il aurait eu tant besoin. Ma mère, c'est plutôt par quelques gestes aimants que j'ai réussi à lui dire. Je suis sure que tu vas trouver comment. Courage !

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    1. Je me sens bien petite et bien humble, devant ce grand mystère. Pourquoi la vie nous donne-t-elle à aimer des êtres chers pour finir par nous les reprendre ?
      Alors manier les mots, oui, bien sûr, j'aime ça, mais j'ai hâte de pouvoir aller le voir, quand il sentira que c'est le moment, et que je n'aurai pas besoin de passer outre son désir de rester seul : tant qu'il est dans cette demande, le forcer me semble vain. Mais je ne suis sûre de rien. Dois-je comme le préconise Alain X, l'interpréter à l'inverse comme un appel au secours ?
      Merci Mel. C'est vrai parfois, on est trop jeune pour mesurer certiaines choses.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Ton père doit se mettre à jour dans sa tête. Lorsqu'on part pour un long voyage, il faut faire l'inventaire de ce qu'il faut emporter et mettre en ordre ce que l'on laisse. C'est une période de solitude nécessaire.
      Après, il viendra la période des adieux, les derniers instants de bonheur, glanés ça et là. Ces instants si précieux au goût étrange de petit miracle.
      Dans les ultimes instants, il faudra lui laisser le choix de pouvoir partir seul ou dans des bras aimés. Ton colosse de père risque bien d'opter pour la première solution...
      C'est après que son âme aura besoin de votre amour pour partir sereinement.
      Mais pour l'heure, ton père est vivant et il prend avec bonheur toutes les pensées positives que tu lui envoies....
      C'est une période éprouvante, difficile, mais qui fait grandir...
      Ti bacio Carrissima.

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    3. je ne peux rien ajouter.
      (sanglots dans la gorge, hum hum)
      merci ♥︎
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  22. S'il est tel que tu le décris, il sait déjà tout ce que tu pourrais vouloir lui dire et, si tu veux mon avis, il est plus inquiet pour toi que pour lui.

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    1. Bien sûr que je veux ton avis, cher Boss. Il est toujours pertinent et éclairé.
      Je vais donc le rassurer.
      Bisous célestes
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  23. Bonjour Célestine,
    J'ai perdu mon papa le 1 er mai ...je sais ce que tu peux ressentir .
    Pour ma part je n'ai pas attendu le dernier instant pour lui dire tout mon amour et ma reconnaissance ...
    Tu connais les mots mieux que personne...mon avis : va le voir et dit lui de vive vois que tu l'aimes ...

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    1. Votre billet me donne la mesure de ce que mes enfants éprouveront peut-être quand approchera l'heure de mon départ.
      C'est sans doute en cela qu'il a quelque chose qui touche tout le monde.
      Permettez que je vous serre dans mes bras, douce enfant. Je comprends mieux quel homme admirable est votre papa d'avoir mis au monde une femme telle que vous.
      ~L~

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    2. @Anonyme

      Je ne sais pas qui tu es cher(e) anonyme qui a oublié de signer.
      Mais je te remercie pour ces mots et conseils de sagesse.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    3. @Lorenzaccio

      Une femme comme toutes les femmes, je crois...peut-être un rien plus sensible.
      mais j'accepte volontiers que vous me serriez sur votre coeur, les effusions sont très positives et font circuler l'amour universel, je le crois très fort.
      Merci Cher ami.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  24. Oh ma belle, tiens-lui la main, dis-lui d'être rassuré, il peut déplier ses ailes et prendre son envol quand il le désirera. Il t'a donné à toi tout ce qu'il pouvait t'offrir sur notre belle terre et tu garderas dans ton cœur ses petits grains de sel qui brilleront comme des étoiles. Bises, céleste Célestine, de belles pensées vers toi, je t'embrasse.

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    1. Il m'a donné ses idées, ses faiblesses, sa force, sa générosité, son amour de bon vivant qui a tellement aimé les bonnes choses de la vie.
      Tes pensées m'enveloppent et me caressent telle la plume que tu es, en cette fin d'après midi d'été où les ombres s'étirent doucement et où la vie recommence à me paraître insolemment belle...Peut-être un effet de tous ces messages positifs auxquels je répond depuis plus d'une heure.
      Merci chère Plume d'ange
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  25. Bien sûr je n'ai pas, loin s'en faut, ton talent littéraire, mon point de vue (je ne peux parler de conseils en la matière) va te paraître bien pauvre...
    Sois déjà sûre du nombre de choses essentielles que tu "dois" lui dire: 2? 3? ... Essentielles pour lui ? pour toi ?
    Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement !
    Il y a des non-dits qui valent tous les discours du monde. Dis lui dans les yeux que tu l'aimes, et dans une affectueuse accolade, souffle lui à l'oreille qu'un père est irremplaçable... Au fond, ces "2,3 choses essentielles", je suis bien certain qu'il les connaît déjà !!
    Les hommes ont beaucoup de pudeur quand il s'agit de parler de sentiments, inutile de s'étendre: revenir aux fondamentaux. La seule chose essentielle est votre amour mutuel. Il suffit simplement de l'exprimer. Le reste c'est... de la littérature.

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    1. Tu connais bien certains hommes, cher Antiblues, et leur pudeur à parler sentiments...Certaines femmes le sont aussi.
      J'en connais quand même certains autres (hommes et femmes) qui savent très bien les exprimer, ces sentiments, les poètes, les chanteurs, les écrivains...
      Pour ma part, j'ai toujours été un peu meilleure à l'écrit qu'à l'oral.
      C'est pour cette raison que dire je t'aime à mon père (qui est d'une génération où on ne disait pas ce genre de chose) ça m'a toujours été plus facile par écrit, ou au téléphone, plutôt que les yeux dans les yeux...
      Les choses essentielles, c'est surtout de lui dire merci pour m'avoir faite comme je suis, de lui dire que je l'aimerai toute ma vie, et de le rassurer par rapport à ma mère, pour qu'il puisse partir tranquille, on s'occupera d'elle.
      Merci pour tes mots. Tu as beaucoup de talent, sois-en persuadé. (l'estime de soi, tu connais)
      Bises célestes de mon sud
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  26. les mots me manquent pour ce genre de situation
    les mêmes mots qui m'ont manqués...
    alors,"cent" mots dans un regard en sachant tous les deux que c'était le dernier.c'est la seule chose que j'ai su faire.
    petite chanson tendre pour moments de tendresse:Linda Lemay,le plus fort c'est mon père.

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    1. Merci pour cette splendide chanson de Lynda Lemay.
      Emotion ...
      Merci cher ami de partager ton vécu, même et surtout s'il a été difficile pour toi...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. désolé d'avoir provoqué en toi un trop plein d'émotion!
      si j'avais été une femme,j'aurai pleuré à l'écoute de cette chanson.
      mais un homme,ça ne pleure pas(encore une autre belle c...)
      les émotions fortes sont grandes consommatrices d'oligo-éléments,essaie le magnésium,pas seulement dans le chocolat!

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    3. J'aime les hommes qui pleurent personnellement...
      Alors si tu te laisses aller à verser une larme, je ne te ferai pas les gros yeux ^^
      ¸.•*¨*• ☆

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    4. alors, pleurer des rivières,j'en ai pleuré pour ... naguère! v. lazlo
      en plus de "faire du bien"ça nettoie les yeux !

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    5. Magnifique chanteuse encore !
      merci de m'avoir rappelé cette belle chanson.

      ¸¸.•*¨*• ☆

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  27. on est dans le coeur des choses, qui réunit tout...

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    1. C'est très bien dit, avec ton sens de la synthèse.
      merci chère âmie
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  28. j'ai lu plus haut que tu as écrit ta lettre...
    tu as laissé parler le profond de ton être et les mots ont suivi!
    ils ont accepté d'écrire ce que tu tenais à lui dire encore...
    C'est une lettre qui pèsera son poids d'or: les pères aiment recevoir des mots d'amour de leur fille...

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    1. Merci Coumarine. Les mots se sont domptés, assagis au soleil de cette amitié qui a fait circuler son effusion dans les mots de chacun.
      Je suis émue que tu poses toi aussi ton petit grain de sel.
      ♥︎

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  29. Depuis que tu as écrit ce billet, tu as écrit aussi ta lettre, une lettre. Tant qu'elle n'est pas entre les mains de ton père, elle peut évoluer. Comme les choses sont en train d'évoluer entre vous, mis sur un chemin non désiré qui vous oblige à vivre une autre forme d'amour. Avec ou sans mots.
    Les gens existent puis n'existent plus. L'amour peut rester. Bises

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    1. Elle voyage désormais quelque part entre ici et là-bas.
      Pleine de sa petite cargaison d'amour.
      J'espère que la poste ne la gardera pas trop longtemps...
      Bises
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  30. La vie est si fragile. Elle ne tient qu' à un souffle. Nous partirons tous un jour pour aller vers un autre monde car je pense que la mort n'est pas une fin en soi. Il y a autre chose ou alors ce serait bien triste.
    Tes propos sont émouvants et plein d'amour. Ila de la chance ton père d'avoir une fille comme toi !!

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    1. Merci Daniel pour ces mots dont mon père serait fier..
      La séparation sera toujours difficile, même quand on y est préparé.
      Heureusement on a des gens autour de nous pour les moments durs.
      Bises
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  31. Comme ton dernier paragraphe résonne en moi, me fait frissonner : non on ne se prépare pas à ce tsunami, tu vas chavirer mais petit à petit tu sentiras la force et l'amour de ton père en toi, à tes côtés. Oui, les blés onduleront toujours et l'amour paternel ne meurt jamais. Tu trouveras les mots, les gestes pour lui dire ton amour, ta confiance ds les jours qui viennent, tu sauras lui donner la force et la paix - dans ces moments la, le cœur sait nous guider. Je t'embrasse avec toute ma tendresse.

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    1. Je t'embrasse moi aussi, chère Miss.
      Je pense à toi, beaucoup.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  32. Les nuls en sciences du vivant dans mon genre ont du mal à imaginer que certaines étoiles puissent s'éteindre.

    Orage ? Courage !

    Amitiés avunculaires (ce n'est pas un gros mot ni le nom d'un sixième doigt, c'est juste un mot moche que les latinistes éclairées comprendront du premier coup). ;-)

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    1. Ah mon oncle ! Avunculaire n'est pas un mot employé tous les jours, mais les amateurs de mots fléchés n'en font qu'une bouchée...
      Que serait le beau temps sans les orages ? Hein, je me le demande un peu...
      ¸.•*¨*• ☆

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  33. Et tu pleureras... forcément mais le rire reviendra avec la multitude de souvenirs que tu auras accumulé, toutes ces choses qu'il t'a apprise. Mon papa est mort il y a déjà quelques années et quelques semaines après m'avoir enfin dit qu'il m'aimait. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de nous, ou des pas bons, des douloureux, sauf celui-là. Bien sûr moi aussi je le lui ai dit, mon amour, tant de fois sans réponse et cette fois là peu de temps avant son ultime départ.

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    1. Pourquoi tant de gens ont-ils du mal à dire "je t'aime" ?
      Au nom de quelle pudeur, retenue ou peur se refusent-ils si souvent à prononcer des mots qui font du bien ?
      Et pourquoi toujours attendre l'urgence absolue...
      Voilà bien des questions qui resteront sans réponse....
      Bizou ma Brizou
      Merci de ton grain de sel.
      ¸.•*¨*• ☆

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  34. Le temps passe ... Tu voudrais écrire à ton père pour lui exprimer, une fois encore (et pas la dernière), ton amour. Pourquoi ne pas tout simplement commencer par lui lire ton texte "Cette part de moi" qui, je suis sûr, le fera sourire ?
    Et puis, dis lui que tu l'aimes et que grâce à lui, à ta maman, tu es devenue cette personne pleine d'empathie ayant su garder cette part d'enfance...
    Courage

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    1. Ah oui, c'est une bonne idée.
      J'ai déjà écrit ma lettre, mais je vais lui rajouter un supplément ^^
      merci Tiger
      ¸.•*¨*• ☆

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  35. J'aime décidément beaucoup ton blog.

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    1. Tu vas me faire rougir, mon Bof ^^
      Et si tu me disais pourquoi t'est venue cette phrase, juste aujourd'hui ?
      (Bien que j'aie ma petite idée quand même...)
      Bisettes
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  36. Ta lettre est très émouvante. J'ai grandi dans une famille où on ne disait jamais que l'on s'aimait.Quand mon père est décédé, il y a de cela bientôt 27 ans, j'ai regretté qu'il soit parti sans savoir combien il comptait pour moi.
    On devrait toujours dire avant, l'importance que les gens prennent tant qu'il est encore temps...
    Bonne journée Célestine

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    1. 27 ans...ah oui quand même...
      Je suppose qu'il est parti de façon imprévisible...
      Quand on est jeune on croit toujours qu'on a le temps et on ne mesure pas la portée des choses...
      Merci de ton passage cher ange.
      ¸¸.•*¨*• ☆
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Il avait un cancer généralisé, mais il est parti rapidement (une dizaine de jours à l'hôpital) où il est décédé.Je n'avais que 22 ans et il allait en avoir 65...C'est dur, encore aujourd'hui après toutes ces longues années, il me manque énormément :(
      Bonne soirée Célestine

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    3. Merci pour ce témoignage poignant, cher Ange
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  37. Oui, Céleste, les blés onduleront toujours, et ton colosse ne s'effondrera pas; tout comme le phœnix, il renaîtra de ses cendres. Ses pieds d'argile le porteront bien haut, dans tes étoiles, celles que tu pointes de ton rayon laser. Souviens toi de notre conversation à Montpellier......même si nous n'avions pas le même avis sur le sujet. Pense à lui dire "je t'aime" et à le lui prouver. Et, lorsqu'il sera dans son "paradis blanc" tu pourras lui téléphoner. Je te donnerai le n° de mon papa, c'est le même. Et j'arrête là mon verbiage car ton texte me fait pleurer. Je pense très fort à toi. Courage sœurette.

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    1. Merci, Chinou, je trouve enfin le temps de revenir sur ces commentaires, comme je l'avais promis.
      Oui je me souviens de notre conversation à Montpellier
      ET je ne voulais pas te faire pleurer...
      Rétrospectivement, je te serre sur mon coeur.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  38. Il a mis du temps à pousser son nénuphar...
    Il a éclos dix-sept ans plus tôt chez mon père.
    Tous deux ont, enfin un avait et l'autre a, l'âme du "poète à contretemps".
    J'espère quand même que tu n'écriras pas cette lettre à ton père.
    D'abord il te dirait "attends que je sois mort avant de m'enterrer, ma fille, c'est mollement encouragé par la justice..." je suis sûr qu'il te dirait quelque chose comme ça.
    En plus, il a déjà les jetons, c'est pas la peine de lui faire remarquer qu'il va sauter dans la boîte, ni qu'il est parti pour vérifier que les racines de pissenlit ont le même goût que les feuilles.
    De toute façon, tu lui aurais demandé des choses qu'il n'a pas envie de te dire, dis lui plutôt que tu l'aimes.
    Non, ne lui dis rien, tiens lui la main.
    Souvent c'est ça qui manque, pas les paroles, encore moins les questions.
    Juste quelqu'un qui te tient la main.
    Ça c'est important.

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    1. Je reviens de lui tenir la main, tous les jours j'y suis allée. Il a fallu que je reparte, il est toujours là, il se bat, il est fort mon père.
      J'ai dû repartir mais un morceau de mon coeur est resté là-bas, accroché à cette chambre d'hôpital.
      merci pour tes mots.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  39. oui, je comprends, je comprends, il y a tant de similitudes avec mon père...
    Lui parler, vers la fin, c'était difficile, il y avait la morphine qui le faisait somnoler... tu peux lui tenir la main, je suis sûre qu'il le sent et qu'il comprend.
    Bises à toi

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    1. Il n'est pas encore sous morphine, il dit qu'il n'a pas mal...mais mon père est un guerrier des étoiles, un jedi. Un chevalier ...il ne s'est jamais plaint, il ne va pas commencer à 84 ans.
      A part de la bouffe quand même, mais il faut dire qu'elle est vraiment pas terrible la bouffe de l'hôpital.
      Bises madame
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  40. Je comprends ce que tu vis ... enfin un peu... j'ai accompagné il n'y a pas encore deux ans ma petite maman 3 longs mois durant, difficile, éprouvant, triste oui mais aussi en paix parce présente et à ses côtés jusqu'au bout, le sentiment d'accompagner dans la dignité, dans l'amour, dans la joie aussi fugace soit-elle...
    je t'envoie pleins de courage....et des bises

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    1. Tes mots sont magnifiques et me donnent beaucoup d'espoir.
      merci Seïa.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  41. Une présence et de l'amour sont les meilleurs remèdes de vos (maux mots) à tous deux!
    Courage dans ces moments difficiles Célestine!
    gros bisous

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    1. Merci Cath !
      Et je sais que tu sais de quoi tu parles...
      gros bisous en retour
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  42. Quand ma mère est partie, elle m'a dit des choses qui flattent l'ego, du moins lorsqu'on y croit, ce qui n'était pas mon cas. Du coup, cela m'a glissé dessus comme l'eau sur les plumes d'un canard et je me suis sentie vide. Cela partait d'une bonne intention, n'empêche que je me suis sentie vide ... En fait, j'attendais qu'elle me dise : "Je t'aime tu sais", mais elle ne l'a pas dit. Du coup, j'ai passé les années qui ont suivi à me remémorer tous les gestes, toutes les attentions, qui pouvaient vouloir dire "Je t'aime", et même si ça y ressemblait, même si cela avait la couleur de l'amour, manquait les mots. C'est pas rien, les mots.

    De mon côté, j'avais envie de lui poser la question avant qu'elle ne s'en aille mais cela m'a paru indécent. Je n'ai pas osé. Je n'ai pas voulu forcer sa parole. Peut-être que c'était une évidence pour elle. Je n'en sais rien. Je ne saurai jamais. Ce que je sais, en revanche, c'est que rien n'est plus important que dire simplement "je t'aime" à ceux qu'on chérit. Dire "je t'aime" n'est jamais superfétatoire, ce n'est jamais une évidence pour celui qui l'entend. Dire "je t'aime" n'est jamais redondant car, pour celui à qui ces mots sont adressés, c'est toujours comme si c'était la première fois qu'il les entendait. Ce sont des mots qui accompagnent et celui qui reste, et celui qui part, et l'aident à cheminer.

    Je t'embrasse, Célestine.

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    1. Merci Aukazou pour ce témoignage très sincère et qui te ressemble : tu es quelqu'un qui dit les choses, j'ai appris à te connaître et je sais que ce que tu dis correspond vraiment au fond de ta pensée.
      Tu as raison, rien n'est plus important de dire "je t'aime" et de l'avoir dit à mon père m'a rendue heureuse.
      Je t'embrasse en retour
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  43. quelle belle lettre, est il nécessaire de dire "je t'aime" quand on le sent si fort ? le dire n'est il pas un peu théâtral, genre film américain ? peut être faut il l’écrire quand on n'a jamais su ou pu le dire ?

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    1. C'est exactement ça. Je lui ai déjà dit, dans ma vie, pas très souvent. Mais j'avais besoin de l'écrire. J'avais besoin qu'il sache que lorsque l'heure sera venue, il pourra partir tranquille.
      Le lui dire sans avoir l'air de lui faire penser qu'il y avait urgence fut un véritable défi d'écriture.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  44. Je dirai la même chose que d'autres personnes plus haut (tu peux écrire ta lettre, on peut toujours écrire une lettre, déjà pour soi) mais, mais, si matériellement c'est difficile...

    En tout cas, oui, avec un grand malade, ou une personne fort âgée, le langage qui passe toujours, c'est prendre la main, ou un petit message, ou un petit coup de fil. Une main fraîche que l'on garde dans la sienne se réchauffe, par une simple re-circulation du sang. Et la personne le sent (déjà rien que médicalement, exception faite des comas peut-être)

    Quant au timing, tu sais... Mon frère et moi avions convenu de répartir nos visites à mon père, lui le vendredi, moi le samedi ou le dimanche et le jeudi suivant. Foin de nos calculs, que j'y aille le samedi ou le dimanche, c'était fini la nuit. Ni le jour ni l'heure...

    Mais voilà, en juin, j'ai organisé son anniversaire, et comme il a admiré le "fanzine" que j'avais fait en infographie... Et qu'il me l'a demandé en cadeau d'anniversaire et que tout fier il l'a montré autour de lui à sa maison de repos, je lui ai envoyé un petit message : merci d'aimer et d'apprécier mon travail et de le montrer autour de toi. Ce message était important, parce que finalement, lui, il était là et bien là, et il était toujours fier de ce que nous faisions de bien... Mais il le témoignait si discrètement.

    Maintenant, je sais que ce message-là (un texto) lui a fait plaisir, même si on n'en a pas trop parlé après... (En plus en juillet, partant plusieurs fois deux ou trois, quatre jours, je ne l'ai pas beaucoup vu...) et je suis contente d'avoir fait ce que j'ai fait. Mais j'aurais pu mieux faire bien sûr. Mais bon, j'ai fait ce que j'ai pu avec ce que j'avais, ce n'était pas facile d'aller le voir dans sa MRS avec tout ce que j'y voyais... Mais j'y allais quand même.

    Maintenant, je n'y vais plus, je cafarde moins, c'est clair, mais en même temps, je marche sur ce gouffre où il n'y a plus personne, mais j'avance en essayant d'occuper utilement mes journées, et il y a des moments de paix (hier, dans une salle du musée d'Ixelles, devant certains tableaux). Et des moments de vide..............................

    Courage Célestine. Tant qu'il est là, le fait que tu sois là est un acte et les actes parlent autant que les mots. Comme me le dit mon fils, "tu l'as fait, voilà, c'est ce qui compte."

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    1. Merci Pivoine.
      Ton témoignage m'a été d'une grande luminosité, je sais grâce à toi combien on se sent bien de n'avoir pas été prises de court et de pouvoir faire et dire certaines choses avant l'inéluctable...
      Tu m'as donné beaucoup de courage.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  45. Bonjour Célestine
    Je suis de retour de ma semaine en Bretagne, et je lis ton billet. Je ne sais où tu en es, ou du moins où en est ton père à ce jour, mais je tiens à te dire que je pense très fort à toi, à lui. Je t'envoie toute ma douce amitié.

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    1. Chère Françoise, je réponds un peu tardivement mais j'avais promis de le faire à tous.
      je n'aime pas laisser les messages de mes lecteurs sans réponse, surtout lorsqu'ils prennent tous le temps de m'écrire des mots pleins de sollicitude dans un moment délicat de ma vie.
      Merci pour ton amitié que je sais sincère.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  46. Je vous répondrai à chacun.
    laissez-moi un peu de temps.
    merci pour vos mots
    ¸¸.•*¨*• ☆

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  47. Bon courage❤️
    Gros gros bisous

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  48. Est-il bien nécessaire d'écrire une lettre ? Il y a des gestes et des silences si éloquents ! Deux mains qui se serrent et tout est dit.
    J'ai été touchée par ton commentaire suivant la perte irrémédiable d'Hervé qui n'aimerait me voir plonger.
    Je suis sûre que ton papa te préfère forte. Essayez de rire. C'est ce qui nous a aidés avant ses ultimes moments.
    Je penserai à toi, à lui

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    1. Bienvenue chez moi, Gwen. Tu prends place dans mon totem.
      Ce que tu viens de vivre n'a pas de commune mesure avec ce que je vis avec mon père: la maladie d'un parent âgé est certes triste et perturbante, mais elle est dans "l'ordre des choses".
      perdre un enfant, en revanche...
      je te serre dans mes bras, chere bourlingueuse que je viens de découvrir.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.