mercredi 25 février 2015

Vol d'innocence

Photo du net


Ce matin, Camille pleurait. Je lui demande pourquoi. 
«Mon père m'a frappée.»
C'est vrai, elle a un gros bleu sur la joue. Et de grands yeux immenses où je lis de la détresse. Elle me raconte. 
« Ce n'est pas la première fois, souvent il s'énerve...»
Elle a peur qu'il apprenne qu'elle s'est confiée,  elle me supplie de ne rien dire. Je la rassure. J'ai envie de pleurer.
Je me dis que je dois la signaler aux services sociaux. Je remplis mon papier le coeur lourd.

A midi, une infirmière de PMI m'appelle : je dois garder Sophia et Angèle, les mettre à la cantine. Ne les laisser partir avec personne. Leur maman a eu un « souci »...
Je me dis :   « Ah flûte... ça semble grave... »

A quatorze heures, une femme arrive, pour venir chercher les fillettes. Elle se fait passer pour la grand-mère maternelle. Mais je me dis qu'elle n'a pas l'air clean, je ne la « sens » pas. Je refuse de lui donner les enfants. 

A seize heures, la maman arrive. Elle s'écroule. Sombre histoire. Séparation. Drame. Ses beaux-frères ont tout cassé dans l'appartement. Puis ils l'ont rouée de coups. Commissariat. Elle me montre ses bras. Me laisse deviner le reste. Les deux fillettes sont comme deux feuilles tremblantes. J'ai la nausée. La grand-mère mytho est en fait sa belle-mère, qui voulait lui « voler » ses filles.  La maman est sous le choc. Les petites pleurent. Je suis abasourdie.
Je ne juge pas, je me dis : « Les passions humaines sont si compliquées... Et les protagonistes  se retrouvent souvent de pauvres victimes incapables d'éteindre les incendies qu'ils ont allumés malgré eux. Démunis, impuissants. »
Mais les enfants, les enfants...ne peut-on les préserver  de cette violence ? De ce vol manifeste d'innocence...

A dix-huit heures, un père vient me chier une pendule parce que sa fille a trébuché toute seule dans la cour, qu'elle s'est légèrement éraflé le bras et qu'on ne l'a pas prévenu. Je m'excuse platement, l'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois, mais en moi-même je me dis  « Reste zen, il mérite un bourre-pif, mais reste zen »...
Vous voyez bien, que la violence engendre la violence ! Y a pourtant pas plus pacifique que moi...

Ce soir, je ne me dis plus rien. Je suis vidée.



84 commentaires:

  1. Lorsque tu partages des moments comme ça, je ne regrette pas d'avoir choisi des matières inertes pour fabriquer des machines...
    Coluche disait: "Y a des gens qui ont des gosses parce qu'on leur a refusé un chien."
    Drôle de destin que celui de nombreux gosses dans cette société...
    Etre l'exutoire d'un père (ou une mère) qui taperait bien sur son parton, mais comme il n'ose pas...
    Dans un divorce, être soit une monnaie d'échange, soit un objet de chantage, voir de vengeance.
    Sans parler des femmes battues parce qu'elles sont la possession du mari et qu'il se sent libre de faire ce qu'il veut de ce qui lui appartient.
    On vit une société de fous.
    Comment on fait pour arrêter la machine à décerveler...
    Baci tutti dolci e buona notte

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    1. je n'aurais pas pu travailler sur des machines, tu t'en doutes.
      Et comme disait ma grand mère, pour avoir les hauts, il faut avoir les bas. Ce métier m'a donné tellement de bonheurs et de joies, que j'en ai toujours accepté le revers de la médaille...
      Les enfants et les femmes battues, c'est vieux comme le monde. Simplement ça nous choque davantage depuis qu'on a entendu parler des droits de l'homme...Il y a encore beaucoup de pays où il ne fait pas bon être ni une femme, ni un enfant.
      Molto baci caro
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Y a Bogspot qui merdouille mon commentaire est perdu....
      Je te disais en gros que:
      1° la seule machine qui te siérait d'utiliser est un télescope.
      2° Que je serais incapable de faire ton métier parce que je ne suis pas fabriqué pour ça.
      3° Que je me sens bien à créer mes machines.
      4° Que je t'admire de faire ton métier comme tu le fais, avec cette vision volontairement optimiste pour forcer le destin vers un mieux pour tes Schtroumpfs.
      5° Que l'on vit dans une société qui n'a jamais été aussi sûre, mais que la violence résiduelle est exacerbée par les infos, mais aussi par un mode de vie compétitive absurde.
      Ti bacio forte carrissima

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    3. Ah ou ! Un télescope, super idée.
      mais j'aime bien aussi regarder les étoiles dans les yeux, sans intermédiaires...
      Baci
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  2. La vie est ainsi...
    Ce n'est pas parce qu'on ne voit pas une chose qu'elle n'existe pas.
    Il ne faut rien laisser passer lorsqu'on est témoin de violence sur un enfant. Il n'y a pas de circonstances atténuantes. Se taire, c'est cautionner l'abus sur l'enfant...
    Je ne suis ni juge, ni juré, ni bourreau. Heureusement pour ces "choses" qui se disent adultes (hommes et femmes confondus !).
    Tu as eu un bon discernement quant à la belle-mère...
    Une bonne action pour la fillette...
    Et une impuissance pour la mère...
    Ne te flagelles pas, tu es quelqu'un de bien ! Continues à être vigilante, et continues d'être ce que tu es : une étoile au firmament...
    Bisous doux.

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    1. Tes mots me font beaucoup de bien. Dans ce métier éminemment difficile puisque l'on travaille sur de l'humain, on avance en terrain miné, et le doute est toujours présent.
      Là où il n'y a aucune hésitation à avoir, c'est dans la protection des enfants. Et jamais je ne pourrais cautionner aucune violence...
      Merci vraiment. Il y a des jours où l'étoile se sent bien seule au milieu du firmament, et les paroles amicales ne sont pas de refus !
      Bises étoilées
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  3. j'ai récemment quitté ce monde de violences professionnellement mais aussi personnellement .. Ce soir, j'avais beau tourner et virer dans ma recherche d'emploi, rien ne trouvait grâce à mes yeux. au détour de mes liens virtuels, je tombais sur les regards de détresse d'animaux, et j'en voulais aux hommes de ce monde. Je caresse mon chien, on ne m'y reprendra plus avec leurs blas-blas, la majorité des emplois, c'est du vent, asphyxiant, étouffant, avilissant, te bouffant tout ton temps. Après 20 ans, j'ai plus envie, et pourtant, j'en ai encore pour 20 ans. Toute la journée, je garde la pêche, le sourire. Et puis, quand je dois sérieusement penser à quitter ma bulle d'amour pour toute cette violence, je m'éteins à nouveau. Le monde dehors me débecte à un point.
    C'est terrifiant.. de ne plus avoir envie, non par fainéantise mais parce qu'on n'y croit plus. A l'humain, oui, mais pas au système qui a engendré des monstres. Souvent, la violence est générée par le manque d'argent, de cette frustration de ne pas avoir. Alors, que souvent, quand on a des enfants et des animaux, on a tout, le bonheur est là..
    je ne sais pas si je pourrais à nouveau affronter tout çà, que j'ai bien connu aussi malheureusement. Je suis lasse de vouloir pleurer à chaque fois, le coeur brisé..

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    1. Je suis si désolée que mon billet évoque pour toi des pensées si négatives...Tout n'est pas si affreux dans le monde, et je crois que tu as choisi le bon chemin dans tes engagements pour la cause animale. Depuis que je t'ai lue, j'en parle beaucoup autour de moi. Semer des graines, c'est important. Tu as semé une petite graine dans mon esprit. Elle ne demandait qu'à germer, c'est vrai, le terreau était déjà là. J'ai vu Julien Doré dire que sa vie avait changé après avoir rencontré Pierre Rahbi et Hubert Reeves. Chaque jour, il y a des êtres humains qui se "réveillent" et ça c'est plutôt encourageant.

      Et puis se dire que même s'il y a encore des enfants maltraités, il nous faut préserver les institutions de notre beau pays, quoi qu'on en dise, nos lois imparfaites certes, protègent encore les individus, mieux que dans beaucoup de pays...
      je t'embrasse, courage ma belle
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  4. oui, tu dis très bien, je reconnais
    je reconnais aussi ce grand sentiment de relative impuissance et d'injustice
    protection de l'enfance, protection des femmes, il y a du boulot

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    1. Cela prend beaucoup d'énergie, c'est vrai, mais ce n'est qu'ainsi que je comprends ce métier.
      En mouillant la chemise et en adoucissant les angles pointus de la vie, qui écharpent la peau fragile de nos élèves...
      L'instruction est la seule chance de se sortir de cet engrenage pour ces enfants qui sont nés au mauvais endroit, au mauvais moment...
      bises solidaires
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  5. Un(e) lecteur(rice)mercredi, 25 février, 2015

    Tout le mystère du mal résumé en quelques heures. Quelque chose qu'on ne maîtrise pas, du diffus, de l'indescriptible et de l'insoutenable qui se mélange à un incident a l'air presque anodin, une sottise ordinaire. Au milieu de tout ça l'homme ( la femme) se débat entre devoir, amour, assistance, responsabilité et pardon.
    Certains jours se présentent ainsi, trop riches en contenus passionnels. Il faut répondre vite, engager toute son intelligence, toutes ses émotions. Le soir venu, on se demande même si on a vraiment vécu ces scènes.
    Qui peut nous aider devant de tels désordres ? Savoir que notre société est claire et ses règles si bien établies que sa réponse sera sans équivoque parce que les limites sont nettes et qu'elle sait y maintenir ceux qui ne le sont pas. Croire qu'au delà de tout ça il y a une réalité plus grande qui transcende notre monde, une référence absolue dont les règles sont précises, qui imposera....un jour, sa logique.
    Enfin une dernière solution (qui n'est pas parfaite non plus) qui, à défaut de solution, participera au grand mystère de l'apaisement et même du bonheur : savoir, comme un enfant exposer sa peine dans le coeur d'un(e) plus grand(e) ou simplement d'un(e) autre. Ne pas attendre de réponse : il (elle) n'en a pas plus que toi, mais simplement compassion ou sympathie , deux mots, qui veulent dire la même chose. L'autre à ce moment accepte simplement de partager la peine et la part qu'il prend rend celle de l'autre tellement plus légère. Comme deux êtres blessés sont capables d'avancer en se soutenant, le chemin se poursuit et le lendemain est un autre jour.
    Ça s'appelle l'amitié, et si tu as la chance de te savoir des amis, court dans les bras de l'un(e) d'entre eux(elles) y partager ta peine.
    Ce que j'écris là, chère amie, n'importe lequel de tes lecteurs (rices) aurait pu le faire.
    Alors choisis un coeur, une épaule ....ou plusieurs et permet nous de partager avec toi.

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    1. Merci cher(e) inconnu(e)
      L'amitié est quelque chose de très important, une douceur extrême, un cadeau de la vie. Et tu as raison, c'est mon premier réflexe quand j'ai vécu quelque chose de difficile: partager ma peine avec mes amis, et me blottir contre leur épaule.
      C'est un très beau message d'empathie, je suis très touchée.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  6. Sans commentaire, sans forfanterie, et sans beaucoup d'espoir en l'homme hélas. Je t'embrasse, ma Grande. ATTB.

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    1. Je sais que c'est une grande pudeur qui t'anime en déposant ces mots tout simples.
      Et c'est une qualité que j'apprécie beaucoup en toi.
      Attb
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  7. Terrible. Dans mon entourage immédiat, j'ai entendu déjà ce qu'on peut appeler ces "faits divers" terme fourre-tout plat insensible, alors oui c'est terriblement scandaleux maintenant en dehors des mots que faire... j'avoue que je n'en sais rien, sinon semer l'innocence et le respect autour de moi et agrandir ce ce petit cercle autour de moi autant que je le peux...
    Maintenant, le pôvre type ou bien la "gentille" Môman qui râle pour une griffure, pour de la tôle froissée, pour dix minutes de retard ou d'avance pour un mot ma placé pour... rien, lui (elle) m'emmerde profond et là oui, je me permets de juger.

    Fais pour le mieux, et comme tu le sens toi essaye également de te protéger un chouïa, je crois que tu en vaut la peine.

    Bleck

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    1. "semer l'innocence et le respect autour de moi et agrandir ce ce petit cercle autour de moi autant que je le peux..."
      C'est exactement ce que j'essaie de faire depuis toujours. Rendre heureux les gens autour de moi, adoucir leur peine quand je le peux, je me sens davantage apte à ce genre de cause.
      merci pour tes derniers mots, ils me touchent, comme toutes les paroles positives que je découvre ce soir.
      Bises émues
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  8. Ce que j'aime tant chez toi, ma Célestine, c'est que malgré les enfants, malgré le vol d'innocence, tu parviens encore à dire « Les passions humaines sont si compliquées... Et les protagonistes se retrouvent souvent de pauvres victimes incapables d'éteindre les incendies qu'ils ont allumés malgré eux. Démunis, impuissants. » Et cela, c'est très rare.... C'est pour cela que je t'estime infiniment....

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    1. Oh, Myo, si tu savais comme tes mots résonnent profondément en moi...
      Peut-être que ta faculté à déceler ce qui fit la rareté d'un être, c'est aussi une qualité rare...
      Voir l'autre comme un individu unique, en mettant en relief son individualité.
      Cela demande beaucoup d'empathie, qui est une forme très belle d'amour.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  9. Dire qu'il n'est pas si loin que cela le temps où parents brutaux et instits limités en rajoutaient une couche l'un après l'autre, juste pour mater !
    Aujourd'hui, après avoir fait du placement et de la maison d'enfants à tour de bras dans les années 70, sous couvert de préserver le lien filial, mais plutôt à bout de moyens, les juges placent les enfants victimes, "mais pas trop grave", chez leurs parents suspectés maltraitants ; ils y ajoutent une mesure éducative qui prend la forme d'un éducateur passant au domicile de temps en temps, tant qu'il le peut...
    Il faut beaucoup de courage et de conviction au pédagogue pour changer ainsi de registre et passer de relations de confiance, de partage, d'écoute, d'échanges, d'exigences, de découvertes avec les enfants à la relation sur le papier lourd de ce qui peut être pris comme une suspicion, voire une accusation à l'égard des parents. Rester factuel, précis, il a dit..., il a fait..., ne pas aller au-delà, honorer ses obligations citoyennes et passer le relais à ceux dont c'est le métier d'enquêter et de juger avec tout le discernement qu'on espère d'eux. Facile à dire, et quand bien même, souvent, toujours l'enseignant signalant restera seul avec ses questionnements. Sur qu'avec une chouette poésie, une bonne partie de Poules-renards-vipères... Camille, Sophia, Angèle et les autres mordront dans l'école à pleines dents souriantes.

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    1. Tu as un regard très vrai sur tout cela, Francis, et ton témoignage est intéressant.
      La part de l'enseignant ? Apporter un peu de rêve à des enfants que la vie ne ménage pas, dans cette période si fragile que l'on appelle l'enfance...Je m'y suis dévouée avec passion durent toute ma carrière. La part du JAF est déterminante et digne d'admiration. Je n'aurais pas pu faire ce métier.
      Bises
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  10. Tu me rappelles le jour où l'instituteur de mon patelin passait un gamin à sa mère par une des fenêtres arrières de l'école tandis que les gendarmes traversaient la cour pour l'emmener par décision de justice apparemment mal reçue dans le patelin. Pas un de nous n'a moufté quand les gendarmes sont entrés dans la classe tandis que la mère emmenait son gosse par la porte du jardin de l'instit.
    Drôle de vie l'enseignement, n'est-ce pas ma belle ? Courage !

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    1. Il y a des moments où il faut laisser parler son coeur, même si on a l'impression d'être hors la loi...
      C'est un peu à cela que l'on reconnaît les vrais héros de la vie ordinaire, notamment pendant les conflits. Le courage de défendre la veuve et l'orphelin devant le gendarme...
      Drôle de vie, oui, car l'humain est complexe. Mais passionnant aussi, heureusement, ça compense.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  11. .....Terme nébuleux, filandreux..... Cette violence-là s'insinue partout, insensible elle détruit tout sur son passage... qu'elle soit physique, psychologique.. on l' appelle aussi le harcèlement...suffisamment mesquin pour ne pas le voir venir.... tant il peut être ambigu et trompeur, destructeur... évidemment, toutes ces agressivités sont inacceptables,... intolérables... d'autant plus que des enfants en sont les victimes ici.... des femmes aussi... que dire, que faire.... ? ne pas se taire dans tous les cas.. la vie est en train de basculer dans la folie.. je le crois...que se passe-t-il quand la porte se referme sur les intimités... ?
    C'est terrible !!
    du courage en coeur'.
    Den

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    1. Je dis souvent que la moitié de l'humanité passe son temps à nuire à l'autre moitié...Et je crois que je ne suis pas loin de la vérité. Et que cela dure depuis que le monde est monde.
      Malgré ces propos un peu cyniques, en tous cas qui peuvent sembler désabusés, je reste profondément optimiste, et je pense que les hommes parviennent parfois à vivre ensemble et à s'accepter. Goutte d'eau par goutte d'eau, un monde meilleur peut donc espérer naitre.
      C'est cet espoir qui me donne la force de me battre pour les enfants. Pour leur léguer autre chose que cette folie dont tu parles.
      Bises Den, et merci de ton témoignage.
      ¸¸.•*¨*• ☆


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  12. Je comprends la sensation d'être vidée… le coeur lourd… même si on agit avec la distance professionnelle nécessaire en posant les actes indispensables comme tu l'as fait, il reste la sensibilité personnelle, et cette atteinte à« l'humanité», même si ça semble un bien grand mot…
    je comprends d'autant mieux que j'ai vécu des choses comparables dans l'aide aux personnes. La nécessité de saisir les autorités, parce que si l'on peut chercher à comprendre le vécu de la personne, les actes commis ne peuvent rester sans suite.
    Je connais par ailleurs très bien et de près le travail des juges des enfants. Ce que tu décris là est le tout petit ordinaire, il faudrait dire, hélas, le plus anodin du travail du juge. Après tout, pas de séquestration de l'enfant par ma mère, laquelle déclare avoir bien le droit de battre de son enfant puisqu'il n'obéit pas… et de lui faire passer la nuit dans un cagibi parce qu'il pisse au lit… c'est normal non?! Ils l'ont dit à la télé, il faut faire preuve d'autorité désormais !
    La juge dont je parle a retrouvé ses quatre pneus crevés… l'enquête n'a rien donné… en conséquence elle a payé de sa poche les quatre pneus neufs… l'état s'en fout !
    Donc réjouis-toi! Les pneus ta voiture sont toujours intacts je suppose…

    Elle a tenu neuf ans ! Avant de jeter l'éponge, en postulant pour une autre fonction… trop de nuits blanches ! Trop de cauchemars ! Et trop de critiques acerbes des services sociaux qui n'aiment pas les juges des enfants… et, cerise sur le gâteau, la politique pénale de Sarkozy qui avait décidé de mettre tous les gosses en prison, on sait bien que tous les jeunes sont délinquants en puissance… . Il est vrai qu'en prison ils le deviennent. On les met en taule pour avoir joué les guetteurs des dealers à 18 ans, tout ça parce qu'il ont volé trois pommes à 14 ans, ils en ressortent fin prêts pour des braquage à la kalachnikov…(politique des peines planchers pour séduire les électeurs du Front National…)
    Bon… je m'égare....
    Le monde est pétri de violence.
    Qu'est-ce qu'on peut faire? Lutter contre sa propre violence… parce qu'elle est aussi en nous… qu'on le veuille ou non…

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    1. Bien sûr qu'elle est en nous, cette violence. Mais il y a aussi l'amour.
      Et ces deux forces contradictoires mènent une ronde éternelle en chacun de nos atomes et jusqu'aux confins de la terre. Parfois elles se conjuguent pour donner la passion, destructrice.
      Je n'ai pas peut d'être taxée de pédophile en disant que j'aime les enfants. Je les aime parce qu'ils sont demain. et en même temps le miroir de notre passé. En les protégeant, on protège l'enfant qui est en nous. En les abîmant, on détruit notre part d'enfance, et donc l'humanité profonde qui nous relie.
      Tu sembles bien connaître l'énorme difficulté d'être juge pour enfant. Cette juge te touchait sans doute de près?
      Mes pneus sont toujours intacts, mais je ne suis pas à l'abri d'un coup de couteau...Directrice d'école est devenu un métier à haut risque...
      Merci pour tes mots compréhensifs qui me font beaucoup de bien.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  13. il ne faut pas répondre à la violence par la violence cela ne servira à rien et ne fera qu'empirer les choses mais il faut tenter de protéger les gens qui subissent des violences : plaintes à la police, aux services sociaux..

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    1. Je ne dis pas autre chose dans ce billet, Flipperine...

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  14. Je résume :
    - Une gosse battue;
    - Une maman tabassée, et ses deux fillettes traumatisées.
    - Une fillette légèrement éraflée, un père enragé..
    C'est tout ? Y'en a qui se la coule douce tout de même !!

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    1. Tu as oublié "une dirlette effondrée"...
      Mais c'est vrai que je n'ai pas à me plaindre: le toit de l'école, lui, est resté en place.
      LOL
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  15. Je tente quelque chose pour les réponses aux comms, je suis repassée sous IE, c'est peut-être la clé, je coche "m'informer"... Je te dirai... Bises ;)

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    1. J'espère bien que tu me diras ... je sais que Mozilla ne fonctionne plus avec blogger. On peut rêver...
      Bises copine
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  16. J'aurais tellement aimé que ce soit une romance issue de ta généreuse imagination... malheureusement non.
    Tu fais bien de t'appuyer sur ce récit pour rappeler que la violence appelle la violence... Ce n'est pas un détour inutile.
    Que va-t-il leur rester de tout cela à ces gosses ? hein ? de la douleur ? de la violence ? de l'instabilité psychologique ? des carences affectives ? une obésité émotionnelle ?

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    1. Ma phrase était à prendre sur le ton de l'humour, mais le fond n'en reste pas moins vrai.
      Ces enfants traumatisés, c'est du boulot pour les psys pour les cinquante prochaines années...
      Et non, malheureusement, j'ai vécu ce cauchemar et ce n'était pas du cinéma. Pauvres gosses !
      Bises
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  17. jE VOIS QUE c'est la reprise pour toi tandis que je croque ma première semaine de vacances grippée sous la couette mais bonheur quand même.

    Le blog sert aussi à cela, raconter ce quotidien parfois bien compliqué de notre métier. heureusement il y a aussi les collègues avec qui partager.

    Ces histoires ne datent pas d'hier malheureusement mais la violence n'est est pas moindre.

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    1. Et quelle reprise sur les chapeaux de roues, hein ?
      j'ai l'impression de n'avoir pas eu de vacances...
      Profite bien des tiennes.
      Bisous ma belle LN
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  18. Terrible histoire. Merci de l'avoir partagé, ça nous fait réfléchir et ça doit te faire un petit peu de bien. J'espère que ces fillettes seront bien entourées pour s'en sortir.

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    1. Elles sont aussi bien entourées que possible, c'est ce que je disais plus haut, elles ont quand même la chance de vivre dans un pays qui prend en compte leur souffrance.
      Et, oui, ça me fait beaucoup de bien de découvrir tous ces témoignages d'amitié.
      Bises
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  19. Éprouvante psychologiquement cette journée... :-(

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    1. Très. D'où l'impression que j'ai eue d'être vidée, alors que je sors de vacances.
      C'est ce que les gens ne parviennent pas à comprendre: travailler avec des enfants, en temps normal déjà, c'est usant, mais quand en plus il faut gérer ce genre de conflit psychosocial, c'est bouffeur d'énergie puissance dix...
      Bisous mon étoile, j'espère que ça va toi.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  20. Éprouvant, assurément. Tu ressens cet épuisement en toi et tu l'accueilles. Tu en fais part, aussi, pour t'en soulager un peu. Il n'y a pas grand chose d'autre à faire et tu le sais. Accepter l'impuissance face à des enjeux qui nous dépassent et sur lesquels nous n'avons pas de pouvoir. Être témoin et ne pouvoir être que passif…

    Bises amicales

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    1. Ce sont de sages paroles, Pierre.
      J'ai quand même eu l'impression d'être active et pas seulement passive. En rédigent la fiche de signalement, en repoussant la grand-mère, en écoutant la mère, en crassurant les fillettes...Il y a cent façons d'agir à son petit niveau, même si on ne résout pas le problème de société dans son ensemble que représente la maltraitance...
      Bises de gratitude
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Oui, bien sûr, c'est ainsi que je l'entendais : tu as agi à la mesure de ce qui t'était possible. Et tu as bien fait. Sur le reste tu ne pouvais rien…

      Je pensais à ces personnes qui s'en veulent de ne pouvoir faire davantage. Et ça, c'est corrosif pour soi.

      Bises actives

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    3. Le quatrième accord toltèque dit " faire de son mieux"... j'aime bien ces bons vieux toltèques.
      Pas une bible pour moi, mais des phrases pleines de bon sens.
      Je travaille dans l'idée de ne pas (plus) être corrosive pour moi-même.
      L'estime de soi, c'est la meilleure des crèmes de soin...
      Bises sages
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  21. tout ça me rappelle tant de choses. Je reçois encore des news d'une maman que j'ai aidé à fuir avec ses deux enfants pour échapper au papa incestueux; des moments épuisants et révoltants. Prends soin de toi

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    1. J'imagine que tu as dû en voir des vertes et des pas mûres aussi... et savoir mouiller la chemise fait partie du jeu.
      Je vais suivre ton conseil et me protéger le plus que je peux.
      je t'embrasse fort
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  22. On a beau savoir qu'il faudrait mettre de la distance , ces drames humains viennent percuter le coeur des professionnels
    Ellen ma grande fille se trouve déjà confrontée à ça , elle est comme toi , si sensible
    la violence sous toutes les formes est inacceptable

    tu vas faire ton travail , je le sais
    bises réconfortantes

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    1. Merci Jeanne
      Ellen a une longue carrière devant elle, elle est jeune, pleine d'enthousiasme comme je l'étais à son âge, et comme je le suis toujours à bien des égards.
      La relève est ainsi assurée. On ne fait rien dans l'humain si on n'a pas cette sensibilité qui fait tant défaut à certains, qui se vautrent alors copieusement en essayant de n'apporter que des réponses stéréotypées. Dans ce domaine, le coeur et l'imprévisible ont une grande place, même s'il faut aussi savoir se montrer parfois professionnel et rigoureux.
      Bises solidaires
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  23. *Glups*

    Que dire, qu'ajouter, sinon qu'on n'a pas la droit de faire ça à des gamins ? Irresponsabilité quand tu nous tient... :~/

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    1. C'est sûr que, quand on voit comment certains enfants sont entourés d'amour et éduqués correctement par leurs parents, on se demande comment d'autres peuvent subir tout ce qu'ils endurent, et surtout au nom de quoi ?
      Et le plus ironiquement comique, c'est quand ces gens viennent nous faire un flan parce que l'on a donné dix lignes de punition à leur enfant...
      tssss....
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  24. On a beau dire, on a beau faire, l'humanité, malgré les progrès accomplis en droits humains, droits de l'homme, de la femme, de l'enfant, des minorités, s'accroche toujours à son instinct bestial, primitif pour taper sur tout ce qui bouge. Et cela quelque soit le niveau: familial ou planétaire (avec les guerres qui se multiplient et ce n'est pas ce "machin" de L'ONU qui changera quelque chose). Vivement la solitude.... dans le désert!!

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    1. Dis donc cher Prince du désert, tu me sembles un peu désabusé ce soir...
      Je suis d'accord, il y a beaucoup de raisons de se lamenter, mais il y a aussi tellement de raisons de se réjouir...Allez, on oublie la folie des hommes et on regarde les étoiles.
      kiss étoilé
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Allez d'accord je regarde les étoiles en te citant ce merveilleux petit texte du crépuscule du désert: "
      Plus grande que ses compagnes, elle voilait à demi la beauté de son visage et la splendeur de ses yeux, sous un vieux haïk de laine blanche qu'elle retenait de la main. Sa grande amphore de terre cuite à la main, elle était montée sur un tas de décombres et elle semblait regarder, songeuse, l'incendie crépusculaire qui l'empourprait toute et qui mettait comme un nimbe léger autour de sa silhouette svelte" Extrait de Ain Djaboub d'Isabelle Eberhardt
      Kiss étoilé, chère Célestine, comme un bouquet que j'envoie au ciel et qui retombe en perle de pluie!

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    3. En "perle de pluie venue d'un pays où il ne pleut pas"...
      comme disait le grand Jacques...un autre poète.
      Ah...je te retrouve là. Et j'aime bien ça.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  25. Je connais des situations similaires, et certains enfants ont vraiment des vies compliquées et difficiles. Notre métier n'est pas facile, et il faut avoir des nerfs solides d'une part, et un certain recul malgré tout d'autre part sinon, on prend trop à cœur. A bientôt Célestine.

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    1. Je sais que tu as les nerfs solides, Petit Belge, et le recul nécessaire pour faire un bon enseignant.
      Mon recul à moi, c'est mon auto-protection, une bonne dose de naïveté et l'humour, que j'appelle de tous mes voeux... mais je sens qu'il revient !
      Merci de ton passage.
      J'apprécie toujours autant tes articles.
      Notre amitié bloguesque commence à se faire vieille, hein ?
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  26. Camille s'est confiée et c'est ce qui me rassure un peu, certains enfants se terrent dans le silence parce qu'ils n'ont pas le sentiment qu'une oreille attentive peut recevoir leurs confidences. Prends bien soin de tes petits, ils ont de la chance de t'avoir et tu resteras un adulte dont ils se souviendront, quelqu'un qui a pris sur ses épaules leur lourd fardeau pour alerter et faire en sorte qu'elle et sa famille aient de l'aide, c'est pas rien ma belle.
    bises et courage !

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    1. Non tu as raison, ce n'est pas rien. j'ai conscience d'avoir vraiment aidé cette maman en détresse, quand je lui ai dit : "vous n'êtes pas seule, je suis là".
      Et la petite Camille ne m'oubliera pas comme je ne l'oublierai pas. C'est comme un diamant dans un coffret. Ça n'a pas de prix...
      bises ma très chère Manon
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  27. Il est beaucoup trop facile de faire des enfants et beaucoup trop difficile d'être de bons parents... C'est pourquoi il faut de bons enseignants :-)

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    1. J'adore ce commentaire !!!
      Moi ce que je me demande, c'est comment font les enseignants pour être des parents et faire des enfants...Ça doit être dur !
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  28. bouleversant ma belle, poignant... mais les enfants savent rire de nouveau du moment qu'on les a entendu, du moment qu'ils pu dire...

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    1. C'est vrai, tu as raison, les enfants ont beaucoup plus de résilience que les adultes...
      Cela dit, ça marche aussi pour les adultes. L'écoute est un bien précieux.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  29. Nous vivons dans un monde plus qu'en dérive ... Les enfants sont souvent pris en otages ... Quel égoïsme d'adulte ... Et qui va en souffrir toute sa vie, à toujours rechercher une identité, une raison d'exister ... L'enfant ... Cela me met hors de moi :-( et quelle impuissance !!!
    Bisou et de tout coeur avec toi ;-)

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    1. Oui, Marie, et encore, je travaille dans une école assez "protégée" on va dire...
      Mais il y a des écoles où c'est un lot presque quotidien... je comprends ton sentiment de révolte.
      C'est pourquoi je me suis gardée de mettre une photo d'enfant : inutile de creuser le coeur des lecteurs en en rajoutant...
      Je t'embrasse ma douce amie
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Ta photo est très neutre et emplie de sens, surtout avec le titre du billet ;-)
      Je t'embrasse fort ♥

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    3. Je travaille le "land art" avec mes élèves et c'est étonnant comme ils aiment ça... les matières naturelles, les pierres, le bois, les feuilles, ont un pouvoir réellement calmant sur eux. C'est magique. Et le résultat est toujours splendide.
      Peut être ai-je voulu m'apaiser moi même après cette rude journée...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    4. Marcher dans les bois, serrer un arbre contre soi, et se sentir en totale osmose avec la nature ;-)
      Bisou

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    5. Ah Marie, c'est exactement ça...
      Gros bisou dominical
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  30. La petite Camille a parlé à son institutrice ainsi que sa maman. Il s'agit bien de deux appels à l'aide...dans une situation de gravité et d'urgence.
    L'institutrice a réagi en leur venant en aide avec son cœur et sa raison, les deux à la fois. Responsable, elle a fait ce qu'il fallait et tout ce qu'elle pouvait faire.
    Bon courage Célestine

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    1. Merci pour tes encouragements, Mart.
      Si tu lis bien, il y a même eu ce jour-là deux affaires différentes, touchant deux familles distinctes, et je crois que c'est le cumul qui a occasionné ce billet...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. En effet, j'ai pensé que les trois fillettes étaient de la même famille, donc du coup, je trouvais ce drame familial extrêmement complexe et d'une gravité déconcertante ( même si ces 2 affaires le sont bien sûr).
      Tu as bien fait de pointer ma confusion. Je serai passée à coté.
      Après ce retour à l'école bien difficile, bon week end apaisant, Célestine.

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    3. Le week-end va être très bienvenu, merci.. Et merci pour tes précisions, également.
      Bises étoilées
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  31. Vu le contexte, en effet il fallait je crois saisir les services sociaux, je ne connais rien à ce genre de cas mais cela dépasse ton travail à toi. C'est très grave et très triste, bien que plus répandu qu'on ne le croit. L'école n'est pas ce sanctuaire impénétrable, cette bulle déconnectée, ce temple du savoir dont on nous rabat les oreilles...elle ne l'est plus tout au moins. Bises.

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    1. Il faudrait que l'école redevienne ce lieu protégé...J'y crois beaucoup. Les enfants ont le temps d'être confrontés aux dures réalités de la vie.
      En attendant, c'est toujours un choc pour moi de voir souffrir des enfants...
      Bises
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  32. Dans un premier temps, je n'ai pas lu ton texte. La photo m'a fait penser à l'hélice de l'avion de Saint-Exupéry échoué sur le sable du désert. Le vol de l'innocence prenait tout son sens !
    Et puis j'ai lu et peu à peu ai pris conscience de mon contresens le plus total !
    Et puis j'ai relu. Les images du Petit Prince sont revenues. Les enfants ont encore cette capacité à s'envoler, et c'est tant mieux. N'est-ce pas ton rôle d'ailleurs ? Cultiver l'imaginaire, le beau, les traces éphémères dans le sable des déserts des enfants qui auraient mille raisons de ne plus pouvoir rêver.

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    1. Très intéressant ton commentaire, Anne**.
      Tu as raison, l'image s'est imposée à moi, sans doute par un cheminement assez nébuleux de mon cerveau...Et le parallèle acvec le Petit Prince me touche, tu sais comme j'y suis attachée...
      Très bon week-end, je t'embrasse
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. La photo ressemble également beaucoup à une parisette à cinq feuilles. Mais ça, c'est une autre histoire .....

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    3. Curieuse je suis allée lire l'histoire de cette plante que je ne connaissais pas...Merci d'avoir enrichi ma culture, Anne **
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  33. C est triste, mais heureusement qu'il y a des funambules qui sont pleines d'initiatives... mais trinquent surement dans leur intérieur.
    Bon courage ma très chère Célestine.
    et merci pour écrits sur le sable... je le lis c'est u régal, et je pense encore plus à toi
    amitiés ♥ Jak

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    1. Oh, Jak, comme je suis heuresue qu'il te plaise, ce livre...
      J'apprends à me protéger, peut-être que d'être un peu funambule ça m'empêche de sombrer...
      N'empêche que ça égratigne une journée telle que celle-là...
      Je t'embrasse affectueusement
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    2. Tu as mon soutien professionnel et toute mon amitié ♥

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  34. Mais comment fais tu pour vivre ces situations ? On se rend à peine compte.... moi je suis dans mes commandes, mes factures, loin de tout ça.... les litiges, ce sont des retours de marchandises, des erreurs de quantités, etc. Je pense que je n'aurais pas pu faire ton métier. Tu as vraiment le sens de l'humanité, c'est incroyable .... ils ont de la chance ceux qui croisent ton chemin (d'école ou autre).

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    1. Mel, tu sais, c'est super gentil ce que tu dis. Je crois que pour vivre ces situations, comme tu dis, je reste moi-même en toutes circonstances. je ne suis pas "directrice d'école" je suis une femme en face d'un enfant ou d'une autre femme. J'écoute mon coeur. En revanche, il me faut beaucoup d'énergie car ça en bouffe un maximum. C'est pour ça que j'étais vidée à la fin.
      bises étoilées
      ¸¸.•*¨*• ☆

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Je lis tous vos petits grains de sel. Je n'ai pas toujours le temps de répondre tout de suite. Mais je finis toujours par le faire. Vous êtes mon eau vive, mon rayon de soleil, ma force tranquille.
Merci par avance pour tout ce que vous écrirez.
Merci de faire vivre mes mots par votre écoute.